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Twitter comme pratique d'écriture
Thu, 20 Oct 2022 05:24:02 +0000
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En être ou ne pas en être (#UniteAgainstClimateFailure)
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Wed, 19 Oct 2022 19:48:32 +0000
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Le prélude était en mon nom, et la distance parcourue réelle, pour rejoindre la grande ville, là où l’on n’est pas seule.
On my way. #UniteAgainstClimateFailure pic.twitter.com/Q6SlPU6Fxe— Anne Baillot ( @anne_baillot@mamot.fr) (@AnneBaillot) October 15, 2022
Et pourtant, flottait encore la question: être la révolte ou ne pas l’être? Se dévoiler, être le visage de la rébellion, ou rester cachée – pour quelque chose qui n’est pas à propos d’une personne, mais de toutes les personnes: où commence l’héroïsme et où s’arrête l’égotisme?
L’angoisse de la première ligne est pire que l’angoisse de la première page. Les héros, n’ont-ils pas d’ailleurs, par définition, une cape et des bottes?
La rébellion, c'est un plan pour les super-héros. Cc @SciRebFr pic.twitter.com/BgS8QKt6Em— Anne Baillot ( @anne_baillot@mamot.fr) (@AnneBaillot) October 15, 2022
Rester derrière, c’était plus simple.
Hier, derrière la bannière. #UniteAgainstClimateFailure (Merci à Alice pour 3 photos sur 4) pic.twitter.com/VI0WWAt5SY— Anne Baillot ( @anne_baillot@mamot.fr) (@AnneBaillot) October 16, 2022
Derrière l’écran, derrière l’appareil photo, derrière le clavier: parler pour les autres, les rendre visibles en écrivant. En être, et ne pas en être, en faisant être. Cela a un nom: le livetweet.
J’ai toujours aimé les livetweets. Sentir les pulsations de l’événement, et les donner à sentir en retour: la lumière, l’atmosphère, le rythme. Sonder les visages autour pour discerner le gai du triste. Choisir les images. Ecrire peu, puis beaucoup. Dire les noms de celles et ceux qui parlent, dire leurs mots.
Pour le prélude, j’ai fait simple:
Carte postale d’un samedi à Paris en bonne compagnie, où la révolution s’est si bien fondue dans le paysage qu’on la croyait inscrite au programme. Mais la révolution, la vraie? Elle était ailleurs, et je n’y étais pas. Le retour à la maison ne m’a pas emmenée à Berlin – pas cette fois.
Acte 1: dimanche soir, à l’heure des galettes jambon-oeuf-fromage, la rébellion est arrivée. Un live qui démarre, et alors oubliées, les galettes. Commençaient quatre jours, quatre actes à la théâtralité orchestrée, à suivre de loin mais comme si on y était, avec les directs retransmis par les organisteurices.
Alors j’ai continué à écrire. Sans y être, sans sentir les pulsations, sans voir les visages, parce que l’émettrice donnait si bien à montrer (merci, Karina!). En transformant les images en mots. En imaginant les sensations: le tapis rouge dimanche, la pluie qui ruisselle mardi, le mépris mercredi. En écoutant, en allemand, en anglais.
Dimanche, acte 1; premier fil à dérouler:
Le lendemain matin, le fer était encore chaud:
Lundi on m’attendait. L’acte 2 a dû rester un pauvre non sequitur:
A partir de l’acte 3, il y avait du sang, symbolique, jeté sur les façades. Le drame pouvait encore escalader.
L’acte 4 s’est déplacé, hors des murs de la ville:
A l’heure où j’écris, il n’est pas fini:
Maintenant je sais: non, je n’y étais pas. Je ne sais pas, la pluie sur le visage à tenir la banderole sous les sommations de la police. Je ne sais pas, gluer la main au sol et y rester des heures, par 15 degrés, sans lumière. Je ne sais rien, pour dire le vrai, que les mots des choses, et comment ne pas perdre le fil.
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88 miles in May (un album photo de voyage)
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Thu, 09 Jun 2022 17:55:11 +0000
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Mon téléphone me le dit: j’ai marché 88 miles en mai. Il a abandonné les kilomètres de lui-même. Il savait.
C’est surtout un chemin, le matin et le soir, qui s’est gravé dans mes pieds, mes jambes, mes yeux. Photo après photo je me suis surprise à essayer de le dire en le montrant et je l’ai montré en le vidant.
J’ai parlé des absentes et des absents, qui n’y étaient pas,
Ceci est le coin préféréTM des étudiantes et étudiants pour se faire photographier après leur graduation. Il y a plus de monde à 18h qu'à 8h du matin… #Oxfordlife pic.twitter.com/rF5tgB6rWa— Anne Baillot ( @anne_baillot@mamot.fr) (@AnneBaillot) June 8, 2022
et au début, c’était un peu comme si je les avais bien attrapées, de passer alors qu’iels n’étaient pas là,
Bridge of sighs exceptionnellement sans camion de livraison ni horde de touristes ce matin, rien que pour vous. pic.twitter.com/OMxyZDLaGd— Anne Baillot ( @anne_baillot@mamot.fr) (@AnneBaillot) May 18, 2022
Et puis c’est devenu ce que je voulais faire: dire ce qui ne se voit pas, le montrer en l’absence des autres, là, sur la photo, mais pour les autres, là qui justement n’y sont pas et ne savent pas, ne sentent pas, le lilas et la glycine,
Quite cloudy, but still: Queen's Lane smells so good these days! pic.twitter.com/kbnMevCiSh— Anne Baillot ( @anne_baillot@mamot.fr) (@AnneBaillot) May 4, 2022
en insistant, pour que ce soit bien clair, à voir, comme si cela suffisait à sentir meilleur:
Blue sky version. pic.twitter.com/Tva4B2V1HA— Anne Baillot ( @anne_baillot@mamot.fr) (@AnneBaillot) May 10, 2022
De Queen’s Lane, il manque là pourtant l’essentiel: le bruit des pas sur les pierres, marcher chaque fois sur le bord du trottoir pour retrouver les pierres instables, croire perdre pied à chaque fois, entendre ce bruit de flaques après la pluie quand la pierre bouge, être sûre, une fraction de seconde, de basculer dans un autre monde, et pourtant rien ne change: pas de passage secret, juste les pierres du trottoir de Queen’s Lane, comme de vieilles dents qui font mine de se déchausser.
Avant d’y arriver, je passais sur High Street. Moins intimiste à première vue, et pourtant, là encore, je l’ai montrée, comme si elle était toujours vide:
High Street turning pink. pic.twitter.com/Jtpvn4gkBX— Anne Baillot ( @anne_baillot@mamot.fr) (@AnneBaillot) June 3, 2022
Le matin, et aussi la nuit, pour parler de faux fantômes
End of our Oxford Ghost Tour (a nice way to improve your teens' guided tour vocabulary, with a slight risk of nightmares). pic.twitter.com/yGTeMvGKKj— Anne Baillot ( @anne_baillot@mamot.fr) (@AnneBaillot) May 21, 2022
et rappeler de quoi il faut avoir peur, vraiment,
Who is prepping for May Morning now? pic.twitter.com/jUH8cbmfeO— Anne Baillot ( @anne_baillot@mamot.fr) (@AnneBaillot) April 30, 2022
Le chemin du quotidien, inchangé de jour en jour, ou presque, comme s’il n’était que pour moi, qu’il fallait le partager, mais pas avec les passants, touristes, étudiantes, parents croisés matin et soir. La répétition à l’identique comme fil d’Ariane de l’espace réel, qui finit par se confondre avec l’espace mental,
Cher journal, aujourd'hui c'est un peu triste, il n'y a pas eu le thé de 11h, et je pense qu'il n'y aura pas le thé de 16h.Je reviendrai demain.(c'était notre rubrique: les chercheur·es aiment leur petit confort et prennent leurs aises à Oxford)— Anne Baillot ( @anne_baillot@mamot.fr) (@AnneBaillot) June 6, 2022
l’espace vidé d’humains qui se remplit d’autre chose, mais ai-je vraiment montré la beauté sidérale de cette solitude entourée, et donnée en cadeau, dans ces quelques photos.
Aujourd'hui j'ai la bibliothèque @MFOxford pour moi toute seule ou quasi: merci aux autres résident-es pour ce cadeau inattendu #thelibraryismyoyster pic.twitter.com/eFsFTTeqKh— Anne Baillot ( @anne_baillot@mamot.fr) (@AnneBaillot) May 4, 2022
Le tiers-lieu sans ses habitantes et ses habitants, comme un espace magique qui s’ouvrait jour après jour, par la répétition de la marche à travers les rues. Twitter servait sans doute à cela: graver dans le marbre ces lieux ouverts rien que pour moi, sans les autres, prothèse mnésique du souvenir idéal que je me fabrique. Qui sent la glycine, qui marche sur les bords des trottoirs, et qui choisit la chaise à roulettes grise de la bibliothèque, parce qu’elle est plus confortable. A mnesic feast for the senses –
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Naigeon (dans son élément)
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Wed, 18 May 2022 11:30:08 +0000
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Diderot est un bot, depuis 2018.
Pas du pied, mais du manuscrit de Léningrad. Et je le prouve (on est matérialiste ou on ne l’est pas):
Je reçois donc chaque jour la sagesse diderotienne du manuscrit des Eléments de physiologie distillée, en allemand, et en 280 caractères, par la grâce dudit bot.
Cela reste mystérieux, parfois:
Die erste ist eine Wirkung der Empfindlichkeit, des organischen Baus, des Lebens.— Denis Diderot (Elemente der Physiologie) (@diderotbot) May 17, 2022
Dramatique, à l’occasion:
„Sie haben dem Mann wohl geraten, die Krankheit seiner Frau zu simulieren?“ – Wahrhaftig. – „Und schon vergißt jene Frau ihre eigenen Launen, um sich mit den Launen ihres Gatten zu beschäftigen?“ – Richtig.— Denis Diderot (Elemente der Physiologie) (@diderotbot) May 10, 2022
Définitif, souvent:
Das Lebewesen empfindet das.— Denis Diderot (Elemente der Physiologie) (@diderotbot) May 15, 2022
Je ne m’en formalise pas. On est sur twitter. Et puis, on trouve des choses étranges dans les manuscrits. Surtout à Léningrad. Enfin, c’est ce que je me dis.
Ce matin, il regarde encore au loin, dans son coin en haut à gauche, cheveux au vent ou presque, pour conter l’air de rien la membrane cellulaire:
Das Zellgewebe bildet und überzieht alles. Alles geht in ihm auf. Ein sehr fester Sack, der die Hohlkörper zusammenhält.— Denis Diderot (Elemente der Physiologie) (@diderotbot) May 18, 2022
Mais je le vois autrement maintenant. Je suis passée de l’autre côté de la Manche, et j’ai Naigeon dans la manche. Ce n’est plus Léningrad, c’est l’Oulipo des Lumières.
Parce que je sais maintenant que le bot est un copieur. Il y a 200 ans déjà, Naigeon découpait le manuscrit pour en faire des tresses à sa façon. Je prends une phrase, j’en prends une autre, je les réarrange, et revoilà les Eléments de physiologie façon puzzle à la sauce Naigeon.
Parce que nous vivons une époque formidable et que toute visite à Oxford peut devenir un voyage au bout de vos rêves philologiques les plus fous, vous pouvez retrouver la dissection scientifique tout à fait sérieuse de ce copier-coller facétieux sur la page web Naigeon’s Diderot adossée à l’ouvrage de Caroline Warman, The Atheist’s Bible.
Enjoy!
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Vollständig Geimpfte dürfen (enfin quelque chose de drôle)
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Sat, 31 Jul 2021 06:14:40 +0000
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Oui, parce que globalement tout est sinistre. Les gens sont énervés (encore). J’ai pris des mesures, drastiques mêmes, en arrêtant de suivre presque une centaine de personnes. Pour éviter toute cette angoisse qui vous prend à la gorge. Pour retrouver un peu de légèreté (il en faut). On fait comme on peut.
D’abord, il faut que je vous présente un bot: Satire darf, la satire a le droit de. Les phrases commencent toujours par Satire darf et sont complétées à partir du dictionnaire en ligne DWDS et de ses exemples. Les publications sont régulières, plusieurs fois par jour. Le style varie.
La satire a le droit de faire des choses juridiques:
Satire darf sich vererben.— Satire darf… (@satiredarf) July 30, 2021
Ici, on a le droit d’hériter de la satire.
La satire a également le droit de coûter quelque chose:
Satire darf etwas kosten.— Satire darf… (@satiredarf) July 29, 2021
Mais attention, interdiction de trouver ça trop mignon:
Satire darf nicht verniedlicht werden.— Satire darf… (@satiredarf) July 30, 2021
Et puis de temps, en temps, ça part en vrille et là, ça devient drôle:
Satire darf weiterhin regeln, welche Haar- und Bartlänge für Soldaten zulässig ist.— Satire darf… (@satiredarf) July 30, 2021
La satire est toujours autorisée à déterminer la longueur de cheveux et de barbe autorisée pour les soldats.
Satire darf zusätzlich auch bis zu fünf Prozent kakaofremdes Fett enthalten, zum Beispiel Kokosfett.— Satire darf… (@satiredarf) July 30, 2021
La satire peut également contenir jusqu’à cinq pourcent de gras non issu de cacao, par exemple de l’huile de coco.
Parce que la satire, Mesdames Messieurs, a bien le droit d’emprunter une autre voie que celle de la science! Elle le dit elle-même d’ailleurs:
Satire darf eben andere Wege gehen als die Wissenschaft.— Satire darf… (@satiredarf) July 29, 2021
La drôlerie vient notamment du choix du verbe dürfen, avoir le droit de, qui renvoie à tout un corpus de règlementations diverses et variées – règlementations qui ne manquent pas d’être enrichies régulièrement en ces temps d’épidémie de covid. Les règles changent au premier août d’ailleurs (demain), pour instaurer une société à deux vitesses: il y aura celleux qui sont double-vacciné·s, et les autres.
Les double-vacciné·es, ce sont les Vollständig Geimpfte, ou Durchgeimpfte. Et à partir du 1er août, ces gens-là auront des droits que les autres n’auront pas, comme l’explique le gouvernement allemand par exemple sur cette page.
Mais qu’auront donc le droit de faire ces doubles vacciné·es priviliégié·es? Sur twitter, les transgressions les plus folles sont envisagées:
Les doubles vacciné·es auront le droit de manger au lit à partir du mois d’août.
Vollständig geimpfte dürfen dieses Jahr ihren Weihnachtskalender schon am 1. Dezember komplett öffnen.— Marcus Cyron (@MarcusCyron) July 28, 2021
Les doubles vacciné·es auront cette année le droit d’ouvrir tout leur calendrier de l’avent dès le 1er décembre.
Vollständig geimpfte dürfen ab August ihr Auto sonntags in ihrer Einfahrt waschen. Mit umweltschädlichem Reinigungsmittel. — 𝕭𝖎ՑՑɎᒿᦲᒿ4 (@MrsLovett666) July 28, 2021
Les doubles vacciné·es auront le droit de laver leur voiture le dimanche. Avec des produits toxiques pour l’environnement. Tweet intégré: Les doubles vacciné·es auront de le droit de fumer à la crèche à partir du mois d’août.
Les doubles vacciné·es auront même le droit de mettre des chaussettes quand iels sont en sandales! C’est à se demander ce que fait la satire…
Vollständig Geimpfte dürfen ab August Socken in den Sandalen tragen — Jan Skudlarek (@janskudlarek) July 28, 2021
A suivre donc: le hashtag #VollstaendigGeimpfte. Une petite anthologie principalement en lien avec le foot est également présentée ici chez 11 Freunde.
(Et n’oubliez pas de continuer à porter le masque, même si vous êtes double vacciné·e!)
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Etre Hanna ou ne pas être (une life twitter-style)
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Mon, 12 Jul 2021 08:47:45 +0000
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Il se passe des choses. Je veux dire, pour moi. Et ce n’est même pas vraiment de ma faute.
11 juillet 2021
Et encore, ça fut pire. Enfin, mieux. Enfin, plus.
Juin 2021
C’est à cause de lui, là:
Pourquoi lui? Pourquoi moi?
Pourquoi moi, parce que je suis Hanna, enfin ich bin Hanna. Hanna, c’est la petite meuf qui incarne les chercheur·es moisissant dans le précariat. C’est sympa d’avoir dessiné une petite meuf jeune. C’est pratique.
En plus, Hanna, elle est pas si rageuse. Elle en a juste marre.
Das ist Hanna
Elle fait bien le petit sourire gentil pour la caméra, mais elle en a ras-la-casquette, c’est net.
J’ai envie de lui dire: Allez Hanna, on se lève et on se casse.
Reste à voir si on peut se lever et se casser sur twitter.
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Un canard bavard et du rap à rallonge
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Fri, 11 Dec 2020 12:14:15 +0000
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On ne sait plus comment inventer. On peut toujours lancer des défis, certes. Vos trois auteurs préférés. Des films, des recettes, des félins. Des images à commenter. Des gens qui réussissent, et des gens fatigués. #Twitter2020, pas bien drôle…
Pire encore:
Dans le cadre du cours Usages pédagogiques et culturels du numérique, vous êtes invité.es à développer un projet de publication sur une plateforme de votre choix et à réfléchir aux modes d’interaction avec votre public.
#Twitter2020, toujours moins drôle: une consigne de cours.
Sauf que, en fait, si. C’est drôle et plein d’idées.
D’abord il y a un canard qui prend la place d’un castor, pour raconter une histoire vraie sans se mouiller les plumes:
Ca se passe ici et ça sélectionne, ça compile, ça source: ça raconte, en mode pro. Victor Hugo s’en mêle de temps en temps,
Et même, on célèbre des batailles locales, qui s’anniversairent ou quasi aujourd’hui, le sachiez-tu seulement!
Petit Canard deviendra grand; on me glisse à l’oreillette qu’il a encore bien des historiettes dans sa besace. Qu’il ne change pas, surtout, son profil de poussin pour nous accommoder de batailles sanglantes comme si de rien n’était…
Et puis il y a du rap là où on ne s’y attend pas.
Figures de street raconte en mode valse à trois temps: une figure de style, un exemple classique, un exemple rap.
Sauf qu’il y a tellement d’exemples rap. La croissance est réticulaire, les fils se prolongent, la toile se tisse. Ca commence 1/
ça continue 500, ça finit 3000, ou bien?
Ou bien à deux qui s’aiment d’amour et d’herbe tendre, n’en déplaise au crépuscule de Vigny:
Il y a des interpellations en pagaille, on parle de @ à @ .
Quand je parle de passer au blog, ça hésite. L’archivage? La visibilité? Ce qui importe, c’est la toile qui se tisse, à l’infini des possibles…
(Merci aux étudiant.es de M1 du master Etudes Culturelles Internationales de l’Université du Mans, promotion 2020-2021)
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4, 5, 6, cueillir des cerises
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Wed, 26 Aug 2020 20:11:11 +0000
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On était bien lancé, à se croire des mois en arrière. Il y avait le jour 1, le jour 2, le jour 3.
Et puis le jour 4:
Day 4/7 #PhotosOfMyLife: une photo par jour. Keine Erklärungen, keine Menschen, aber offensichtlich müsste jetzt @davidlassner ran. Danke, liebe @ClaudineMoulin, für die ursprünglicheEinladung! pic.twitter.com/bazaTMrIQW— Anne Baillot ( @anne_baillot@mamot.fr) (@AnneBaillot) May 5, 2020
Des mois en arrière, des éternités! Dont il ne reste que la mise en scène. Bureau crédible, enviable presque, de loin.
Obsolète à présent.
Parce qu’il faut bien le dire c’était insupportable de partager le bureau, voilà, c’est dit, insupportable de ne plus savoir où s’asseoir pour écrire, où marcher pour penser, où s’allonger pour rêver. Aucun espace de vie n’était préservé, le visage devenu trahison seconde par seconde, la parole justification absurde et déchirure, syllabe après syllabe. Les mots se bousculaient à l’appel du silence, sidéral, qui hurlait tout seul, de ne plus prendre sa place. Tout était trop étroit.
Mais l’été est passé, et l’espace, et le silence, et le visage – revenus. Même le temps s’est fait sa place, de manière miraculeuse.
Le désastre est ailleurs. Jour 5!
Nun haben wir Tag 5/7 der #PhotosOfMyLife : une photo par jour, keine Erklärungen, keine Menschen. @ClaudineMoulin hat mich eingeladen und ich frage mich, ob der Nachwuchs mitmachen mag – was meint Ihr, liebe @GIRAF_IFFD ? pic.twitter.com/bL0LMRpoCH— Anne Baillot ( @anne_baillot@mamot.fr) (@AnneBaillot) May 6, 2020
Rien ne reste du vert de ces promesses. Une douzaine de framboises plus tard, le pied s’est racorni. Quelques fleurs d’hydrangea juste écloses, l’hortensia est un massif brun. Les promesses du printemps, elles aussi, sont passées. Le soleil a tout brûlé.
Et à vrai dire j’en avais tout oublié. (à se demander: faut-il avoir honte d’avoir oublié?)
Je n’ai pas oublié, en revanche, que je voulais parler du jour 6.
Day 6/7 #PhotosOfMyLife. Jeden Tag ein Foto, keine Erklärungen, keine Menschen, 7 Tage lang. Mit dem (wohl gutartigen) Virus hat mich @ClaudineMoulin angesteckt. Möchtest du dich anschließen, @NanetteRissler ? pic.twitter.com/SgxWnQ4tD2— Anne Baillot ( @anne_baillot@mamot.fr) (@AnneBaillot) May 7, 2020
Cerise sur le gâteau, et le gâteau lui-même: ce sont les repas en partage, masqués, gantés, tout sourires, le comptoir rouge, les barquettes blanches, la débauche quotidienne d’aluminium en dépit des bonnes résolutions.
4, 5, 6, cueillir des cerises: promesse à croquer, geste qui nous fait humains, souvenir sucré d’enfance et joie acidulée d’adulte. Il faudrait qu’il ne reste que cela, rien que cela, pour remplir toute mémoire, et surtout celle-là.
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Le jour 3
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Sun, 09 Aug 2020 20:17:26 +0000
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Rappelez-vous, c’était en mai. On égrenait les jours comme autant de pétales de marguerite, on se racontait en sept jours. Les jours se comptaient. Se contaient en photo.
Au jour 3, on a sorti les bougies.
Day 3/7 #PhotosOfMyLife : une photo par jour. Keine Erklärung, keine Menschen. Eingeladen hat mich @ClaudineMoulin – unter alten Freundinnen: @Mareike2405, warst du schon oder willst du noch? pic.twitter.com/5naf6LGw7Q— Anne Baillot ( @anne_baillot@mamot.fr) (@AnneBaillot) May 4, 2020
Rappelez-vous, je retraçais ici pas après pas dans l’espoir de garder l’instant pour ce qu’il était. Premier pas, deuxième pas: jour 1, jour 2.
Après, il y a eu la fatigue. Puis les semaines se sont étirées dans un éther où chaque pas coûtait une vie; comme éteinte; les mots s’échappaient.
Le 3.7., pensé-je. Le 3.7., rattraper ce 3ème jour sur 7. Ce serait du retard, mais on serait revenu là où on était resté. En un sens.
Et puis même pas là cela n’a été possible. D’autres jours se sont ajoutés aux jours, aux nuits, et les mots manquaient toujours.
Finalement je suis partie chercher la grande baleine blanche, un peu au hasard. Sur un coin de table de cuisine, on m’a posé l’idée là.
Call me Ishmael!— Anne Baillot ( @anne_baillot@mamot.fr) (@AnneBaillot) July 27, 2020
Le périple a été long. Le temps se comptait en pages.
Puis la chasse a commencé, la poursuite dans les mers du Pacifique. Jour 1, jour 2, jour 3 de l’affrontement avec la baleine. Les harpons sont affutés au sang. Périr ou rester pour dire, voilà la question. Dériver dans un cercueil reconverti en bouée, pour pouvoir raconter.
Au jour 3, on peut encore sortir vivant des tourbillons d’écume blanche, et faire croire qu’on parle de choses qui existent, qui n’existent pas, qui se comptent sur les doigts de la main, qui se partagent.
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La fatigue
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Fri, 15 May 2020 20:01:30 +0000
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Ca a d’abord été une grande vague de lassitude, dès potron-minet.
Quelle fatigue #Soutien— Nathalie Raoux (@RaouxNathalie) May 15, 2020
La fatigue. (Cette condescendance…) — Brooklynbridge @pontdebrooklyn@mamot.fr (@pontdebrooklyn) May 15, 2020
Fatigue… — Juliette Lancel (@Oniromanie) May 15, 2020
Fatigant, ça l’est, de devoir toujours, et encore, dire, et redire. Ca pique, même fleuri:
Mais après la lassitude, dit-elle (je crois), vient le temps du dégoût, et de la colère: