L’analyse ici montre que certains propos autour de l’hydroxychloroquine ont été relayés avec des biais méthodologiques et des raccourcis rhétoriques, au lieu de s’appuyer sur des données solides et des essais bien conduits — ce qui peut produire autant de confusion qu’un régime déséquilibré rempli de promesses sans fondement.
En période de crise, il est essentiel de privilégier la rigueur, la vérification des faits et l’esprit critique, un peu comme on compose une routine de bien‑être équilibrée (alimentation, micronutriments essentiels, hygiène de vie) plutôt que de croire à un seul remède miracle. Merci pour ce regard analytique
]]>Merci pour votre commentaire et pour ce témoignage. Je suis comme vous perplexe face à l’aveuglement de tant de gens, d’autant plus ces dernières années car les progrès de la sénilité me semblent manifestes chez lui (je l’ai vu à l’un de ses passages dans La grande librairie il y a environ un an, où il m’a presque fait pitié). J’espère qu’un jour quelqu’un se penchera de manière plus approfondie que moi sur les ressorts de ce phénomène qui aura duré plusieurs décennies.
]]>Une amie m’a invité hier à une conférence de Boris cyrulnik, et j’en suis sorti tellement interrogé que je suis immédiatement allé regarder sur la toile si les gens se posaient des questions.
La première chose étonnante était la ferveur et la foi avec laquelle lest 1200 personnes se sont levées et ont applaudi au moment de son entrée, comme s’il avait visiblement révolutionné un domaine fondamental des sciences.
Et quand il a commencé à parler, j’ai été encore plus interloqué. C’était une succession d’approximations, d’incohérences et d’erreurs. Il passé 1h30 à mi chemin entre le “mes pairs et mes maîtres ont tout vu – tout lu – tout fait, et donc moi aussi” et le “moi je, me myself and I”.
C’est très particulier, on a l’impression qu’il dit qu’il a tout inventé, et en même temps on se rend compte qu’il n’a rien inventé du tout car il passe son temps à citer d’autres auteurs. Il passe son temps à essayer de vulgariser, et il le fait extrêmement mal, il se perd dans ce qu’il raconte. Bref, en un mot comme en 1000, il semble être exactement ce que vous écrivez dans vos deux articles qui lui sont consacrés.
C’était en 2013 donc vous n’y prêtez surement plus attention, mais il est toujours là et il ressemble toujours à un gourou..
Merci donc pour vos articles.
Dommage que mon ami soit aveuglée par son envie d’aduler cette personne. Elle ne vous lira pas.
Chaleureusement,
Romain
]]>Merci pour votre message.
Je précise que l’autrice du livre Hormones, sexe et cerveau (Belin, 2016), version française de Brainstorm, the flaws in the science of sex differences (Harvard University Press, 2010), est Rebecca Jordan-Young. J’en ai seulement assuré la traduction (à sa demande). De mon côté j’ai récemment publié https://www.laroutedelasoie-editions.com/notre-catalogue/m%C3%A9ta-de-choc/cerveau-et-stereotypes/.
Je n’ai malheureusement pas connaissance d’une formation qui serait pointue / solide sur ces sujets.
Merci pour votre message. Je ne suis pas motivée à prendre le temps de regarder de près ce sujet, aussi je fais juste quelques remarques après avoir jeté un œil à cet article de Futura-sciences et à l’étude publiée dans la revue Nature Communications qui en est la source.
1) Le chapeau de Futura-science “Selon une récente étude américaine, les œstrogènes pousseraient les femmes à boire de manière excessive dans les 30 minutes qui suivent la première gorgée” relève de l’extrapolation éhontée. Cette extrapolation ne provient pas de l’étude en question mais est inspirée du communiqué de presse rédigé par les chargé-es de comm de l’université de l’autrice correspondante, qui ont pour job de faire de la pub aux productions maison et ont eu recours à une généralisation abusive pour ce faire (https://research.weill.cornell.edu/about-us/news-updates/preclinical-study-finds-surges-estrogen-promote-binge-drinking-females). Business as usual. Et comme d’habitude, le conditionnel (“pousseraient”) permet aux journalistes de se prémunir contre l’accusation d’avoir affirmé quelque chose qui pourrait s’avérer faux. Cette pratique massive de l’insinuation vs l’information est vraiment propre à la vulgarisation scientifique, me semble-t-il, et elle m’indigne toujours autant.
2) Un petit morceau de phrase au début de l’article de Futura-science contient déjà deux bêtises : “la présence en grande quantité d’œstrogènes, hormone produite par les ovaires”. En effet, d’une part les œstrogènes sont (comme leur pluriel l’indique) un ensemble d’hormones et non “une hormone”, et d’autre part l’œstrogène en question ici (l’œstradiol) n’est pas produit que par les ovaires, ce qui explique par exemple qu’un homme adulte et une femme ménopausée en produisent en moyenne une quantité similaire.
3) L’étude en question a été réalisée sur des souris. Comme ses auteur-ices l’écrivent, “It has been broadly reported that female rodents consume more alcohol than their male counterparts […]. Ovarian hormones contribute to this phenomenon, as removal of the ovaries reduces alcohol drinking and increases avoidance behavior […]”. Partir du principe que le mécanisme mis en évidence chez des souris dans la présente étude est sans doute similaire dans notre espèce, alors qu’à ma connaissance on n’observe pas que les femmes tendent à boire davantage que les hommes à l’instar des souris femelles vs mâles, me paraît relever d’un raisonnement motivé / biaisé.
4) Dans cet article publié dans Nature Communication, je relève ce passage destiné à suggérer que cette étude sur des souris pourrait constituer une piste pour la compréhension de ce qui se passe dans notre espèce : “a recent meta-analysis reported that alcohol consumption in women is indeed elevated during ovulation when ovarian-derived E2 concentrations are high[82]”, avec 82 = Handy et al 2024 (https://link.springer.com/article/10.1007/s00737-024-01483-9). Or, je remarque que :
– Handy et al 2024 n’est pas une méta-analyse mais une revue de la littérature ;
– cette revue conclut que “acute alcohol use temporarily increases estradiol in women”, mais pour ce qui est de la causalité inverse susceptible de produire une association entre niveau d’œstradiol et consommation d’alcool, les auteurs écrivent : “due to methodological concerns within the experimental studies (e.g., small sample size), and the minimal data in humans examining the effect of estradiol on alcohol use, more research is needed in this area” ;
– de fait, Handy et al relèvent qu’une seule étude publiée a examiné le lien entre variation du niveau d’estradiol et consommation d’alcool au cours du cycle menstruel chez les femmes (Martel et al 2017, https://doi.org/10.1037/abn0000304), que cette étude n’a été faite que sur 22 femmes et qu’elle rapporte une association positive entre niveau d’œstradiol et consommation d’alcool & binge drinking le jour suivant, et ce uniquement le weekend ;
– Handy et al écrivent aussi ceci : “Though animal models provide important foundational information on these relationships, they do not necessarily translate to human biology. For example, the estrus (i.e., reproductive) cycle in rats consists of proestrus, metestrus, and diestrus phases (Marcondes et al. 2002). The estrus cycle lasts for an average of four days, and estradiol, progesterone, luteinizing hormone (LH), and follicle stimulating hormone (FSH) all peak and subside prior to ovulation (Marcondes et al. 2002). In humans, however, not only is the menstrual cycle protracted in comparison (i.e., average of 28 days), but progesterone peaks and subsides following, rather than prior to, ovulation (Itriyeva 2022). Though animal models can be an important first step to understand these relationships, these differences challenge the direct application of these findings to the human literature. These models are also inherently limited in their ability to incorporate human characteristics (e.g., alcohol expectancies, social and psychological factors, among others).”
Bref, on est encore loin de savoir dans quelle mesure les œstrogènes sont susceptibles de pousser les femmes à boire de manière excessive dans les 30 minutes qui suivent la première gorgée, et encore plus loin de savoir que ce mécanisme est spécifique aux femmes – au sens où il ne concernerait pas aussi les hommes – comme le suggère le titre de Futura-sciences (“Les hormones peuvent-elles pousser les femmes à boire plus d’alcool ?”).
]]>Deux questions pour vous:
– Connaissez vous une formation pour les professionnels de la petite enfance sur ce type de sujet ?
– Pour ma part, ce sujet me passionne et j’aurais aimé peut être acquérir plus de connaissances sur le sujet, connaissez vous une université, un master, un DU qui serait plus pointu sur ces questions ?
Belle journée et merci encore pour votre travail,
]]>Je viens de tomber sur un article et j’ai immédiatement pensé à vous. Je vous ai découvert en écoutant de Méta de choc il y a quelques temps mais n’ai pas pris le temps de parcourir votre blog, ce que je vais faire à présent…
Je ne sais pas si vous avez déjà vu ces informations ni si cela vous intéresse ou en vaut la peine mais je vous donne le lien au cas où.
Je vous remercie pour votre travail.
Le lien de l’étude posté dans l’article:
https://www.nature.com/articles/s41467-024-54737-6
PS : l’ACFAS a dépublié l’article après que j’ai signalé qu’il était problématique.
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