

Pour ce projet, j’ai réfléchie la maison comme un personnage silencieux lui aussi dont les murs révèleraient un peu des histoires qui se jouent en secret.
Pour que le décor ajoute une strate à la lecture que le spectateur aurait des personnages et aide les comédiens à se projeter dans le passé de cette famille, j’ai imaginé une maison dans laquelle la famille se serait installé il y a longtemps, lorsque François avait commencé son activité de conseil et alors que le couple avait le projet d’adopter un second enfant.
La surface de la maison et sa double entrée permettait cette idée de lier vie professionnelle et vie privée. Et sa circulation suggérait déjà une frontière trop flou entres ses deux mondes.
Pour ce qui est des matériaux et des couleurs, j’ai travaillé autour de la contrainte donnée par la surface énorme et les sols que je ne pouvais pas changer. La pierre apportait cette sensation de froideur et de rigueur que m’avait inspiré mes premières lectures du scénario. Aussi, j’ai opté pour des lignes strictes, des symétries, des matières froides et des couleurs pâles dans les pièces de réception et les longs couloirs qui lient espace de travail et espaces à vivre. J’avais en tête certains plans de « Safe » de Todd Haynes dans lequel la solitude du personnage est perceptible à travers les matières et les espaces trop vide. Tout est très bien rangé, tout a sa place et la maison semble toujours prête à donner le change de la normalité dont on tient à se revêtir si besoin. Pourtant, à travers tout cet ordre et ces espaces quelque chose semble inquiétant.
Pour accentuer cette sensation, j’ai travailler avec des motifs antiques. Dans le salon et la salle à manger notamment, un trompe l’oeil de fresque romaine et les motifs égyptiens des rideaux semblent vendre la mèche de la perception hors norme, au dessus des lois que François a de lui même. D’une certaine façon, je pourrais aussi dire que la décoration est virile.
Dans la chambre de François et Astrid, je voulais quelque chose d’inquiétant et de beau en même temps. Un endroit où l’on aimerait pouvoir se reposer car les matières sont nobles, les couleurs rassurantes mais où l’atmosphère paraîtrait tout de même menaçante. Le papier peint paysage évoquant une tapisserie de sous bois jouait à mes yeux ce rôle et évoquant les forêts des contes de fées dans lesquelles rôdent parfois les monstres et les loups.







Bureau de François /









Salon et salle à manger /



















Un Buddy movie au féminin dans des Cyclades fantasmées.















Un tournage entre Lanzarote, Charleroi et Bruxelles. Une toute petite équipe qui joue collective. Des moments privilégiés et beaucoup de fous rires.







C’est aussi une collaboration avec un artiste peintre anversois Piet Raemdonck et les retrouvailles avec Joachim Lafosse pour qui j’avais fait mes premiers décors.
Pour Leila et Damien, artiste peintre diagnostiqué bi-polaire et restauratrice de meubles, j’ai imaginé un intérieur chaotique, inspiré, emprunt d’Art et de poésie. Un équilibre fragile, une harmonie que seul leur couple pouvait imaginer. Matérialiser ces deux esprits singuliers qui s’entraident, se heurtent et partage un amour du beau.
Deux esthètes qui s’entourent d’objets qui les touchent et oublient le pratique pour privilégier l’histoire de l’objet, sa forme ou son volume plutôt que sa valeur ou son ergonomie.
J’ai travaillé sur une juxtaposition hétéroclite et singulière d’époques, de matières, d’influences et de valeurs. Une collection d’objets pour lesquels le couple aurait eu des coup de coeur, dans lesquels qui ils percevaient un sens intime ou une histoire qu’ils auraient eu envie de garder près d’eux.
Des objets qu’ils auraient investis d’une croyance, comme pour conjurer le mauvais sort. Une façon inconsciente de protéger la famille, et de croire à la vie à laquelle ils aspirent dans cette nouvelle maison. En somme, des grigris personnels qui par leurs juxtapositions et leurs combinaisons, leur donneraient le courage qu’il s’épuisent quotidiennement à retrouver.

Nous avons construit l’atelier de Damien dans l’espace vide qui prolongeait les anciennes granges. Je voulais des éléments anciens et les plans ont été dessinés à partir des dimensions des anciens châssis d’atelier en métal et des grandes portes de garage que j’avais trouvé. Le vide s’est transformé en atelier d’artiste avec ces ouvertures de verre donnant sur la nature.













LA MAISON INTERIEURE









CHAMBRE DAMIEN & LEILA
Avant / Après






ESPACE DE VIE








CHAMBRE D’AMINE




PIET RAEMDONCK


Un face à face angoissant entre deux femmes qui étaient les meilleures amies du monde jusqu’à ce qu’un évènement tragique vienne bouleverser leur quotidien.
Un thriller emprunt de références américaines et d’hommages au design de l’après guerre.
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]]>Nous sommes au début des années 70.
Avec mon équipe, nous avons épluché les films des années alentours, les artistes de l’époque, les publicités et les façons de faire quotidiennes. En feuilletant les anciens catalogues de vente par correspondance des années 68/69 nous rêvions bien souvent de commander ces jolies valises en tartan ou autres magnifiques vélos aux pneus blancs.
J’avais à cœur de mélanger les périodes, il fallait signifier la fin des années soixante et garder un peu de l’esprit d’après guerre qui subsistait encore parfois dans quelques détails intérieurs et particulièrement à la campagne.
Chambre de bonne Delphine
Local des filles
Appartement Carole et Manuel
La campagne
Photos de Delphine petite
La ferme
]]>Je ne connaissais pas l’histoire de la French Touch, j’avais seulement des amis de fac qui arrivaient tard parfois après avoir passé leur soirées au Queen. Ma relation à cette musique s’arrêtait là.
J’ai adorée découvrir cet univers et rencontrer toutes ces personnalités hautes en couleurs qui nous ont aidés à reconstituer chaque détails de la période. Le plaisir d’étudier pour la première fois avec attention une époque que j’avais connue et dans laquelle le rythme des innovations comme celui de la musique s’accéléraient comme jamais. L’obsolescence rentrait dans notre vie à coups de pieds et la jeunesse tentait d’y répondre par une célébration perpétuelle, un renoncement aux limites. Tout mon travail a été d’essayer de le traduire dans le film.
Les débuts

Dessin préparatoire peinture sous marin par Giorgia /// 6 ans
Les flyers
Chez David Blot dans les années 90. Un jour comme les autres.
Le repère pour les raves de Champigny.
Appartement Cyril / Dessins originaux de Mathias Cousin et « à la façon de » par Ugo Bienvenu