En date du 15 décembre 2025, les personnels de l’IUT Sénart-Fontainebleau reçoivent un mail de la présidente de l’UPEC les informant que leur directeur est « empêché » d’exercer ses fonctions et qu’une direction provisoire prend le relais.
Les enseignant-es, personnels, présent-es alors au sein de l’établissement s’inquiètent : le directeur a t-il eu un accident ? Un problème de santé ? C’est un grand fumeur… Auprès de qui peuvent-ils prendre des nouvelles, peut-on l’appeler ?
Dès lors, un silence épais, entrecoupé de bruits de couloir et de rumeurs diverses, s’installe à l’IUT. « c’est une affaire de harcèlement moral », « non, pas moral, sexuel » « c’est une affaire de viol », « telle BIATSS est concernée », « oui, mais aussi une enseignante » « et apparemment des étudiantes », « il paraît que telle étudiante était mineure », « mais moi il ne m’a jamais rien fait, je ne peux pas y croire », « oui mais tel collègue masculin qui a longtemps travaillé avec lui savait », « on sait bien de toute façon, il n’est pas le seul concerné, tel autre enseignant est connu pour des attitudes déplacées vis-à-vis des étudiantes ».
Comme dans toutes ces affaires, tout le monde sait ou croit savoir. Comme dans toutes ces affaires, certain-es brandissent la présomption d’innocence et salissent d’ores et déjà des plaignantes dont le comportement n’aurait pas été exemplaire.
Le 2 mai, soit près de 6 mois après ce mail laconique et lacunaire, stupeur et sidération des collègues à la lecture du Parisien.
L’article parle-t-il du directeur « empêché » ? S’agit-il d’un autre ? Après tout, les cadres formateurs ne manquent pas à l’IUT… et les affaires de VSS ne manquent pas dans l’enseignement supérieur comme ailleurs.
Alors, les personnels attendent : un mail, une réunion, quelque chose. L’université ne va quand même pas laisser ses personnels être informés par le Parisien de ce qui s’est produit dans leur établissement ? L’université va proposer des cellules d’écoute ? Du soutien à ses personnels qui en auraient besoin ? Les personnels, les étudiantes, vont certainement être interrogé-es, peut-être y a-t-il d’autres victimes, plus anciennes, le cadre formateur dont on pense qu’il est question est depuis très longtemps à l’IUT… A nouveau, rien ne se passe. Si des personnels ou des enseignantes ont été victimes, personne ne viendra les chercher, il faudra qu’elles-mêmes trouvent les interlocuteur-ices, les procédures, le chemin vers la cellule de signalement. Par ailleurs, en pleine procédure Parcours Sup, des consignes seront peut-être données pour répondre à d’éventuelles questions de parents inquiets ?
Mais non, à nouveau, le silence, total, « circulez, il n’y a rien à voir ».
Les voies du silence
Les rumeurs continuent, il y aurait eu une commission disciplinaire, seraient prévues des sanctions exemplaires, des élections seraient organisées prochainement…
Il devrait être possible, au sein d’une université réellement engagée, que cessent la loi du silence et l’omerta, que ces questions soient enfin saisies à bras le corps et non comme prétextes à un féminisme de façade. Il devrait être possible, au sein d’une université réellement engagée, d’arrêter d’avoir peur que de parler, débattre, mettre sur la place publique ces violences les fasse surgir. Cessons de les accepter, scandale après scandale, victime après victime, comme une fatalité. Elles existent, elles sont là, et nous avons les ressources, notamment à travers les travaux de recherche dont nous devrions être les premiers à pouvoir nous saisir, d’y mettre un terme. Mais il est impératif, pour employer une métaphore qui devrait parler à l’équipe précédente, de crever et débrider l’abcès.
Officiellement, en ce 29 mai 2026, le directeur de l’IUT de Sénart est toujours « empêché » d’exercer ses fonctions.
Plus récemment, une de nos étudiantes aurait été victime d’un féminicide. Là encore, des bruits de couloir à ce jour (plus de 8 jours après les faits découverts dans la presse).

Quelle que soit la nature des VSS, il faut que cela cesse. Pour cela, brisons le silence.
Mise à jour — Ce jeudi 11 juin, nous apprenons par un article du Parisien que le directeur de l’IUT de Sénart-Fontainebleau a été définitivement interdit d’exercer des fonctions d’enseignement ou de recherche dans tout établissement public d’enseignement supérieur par la section disciplinaire de l’UPEC (il peut faire appel). Il sera jugé le 16 juillet à Melun pour harcèlement sexuel sur six étudiantes et harcèlement moral sur une membre du personnel. La présidence s’est contentée d’afficher la décision de la section disciplinaire discrètement au siège à Créteil, mais envers l’IUT c’est toujours silence radio.

La commission permanente du CNU (CP-CNU) s’est réunie en assemblée plénière le 18 juin 2026.
Depuis un an, plusieurs dizaines de vacataires de l’Université Paris 1, accompagné·es par le collectif doctorant·es & vacataires de la CGT Ferc, ont engagé 

Dans le cadre des élections aux conseils centraux de l’Université Paris-Est Créteil (16 et 17 juin 2026), les listes “Union des personnels pour l’UPEC” — des listes intercatégorielles et soutenues par l’intersyndicale CFDT, CGT, FSU (SNESUP et SNASUB) et SUD — ont ouvert un blog afin de documenter les pratiques d’une université de banlieue qui, bien que portée au quotidien par une multitude de personnels remarquables, dysfonctionne en tant qu’institution, ainsi qu’Academia l’a déjà documenté plusieurs fois. Les situations relatées dans ce blog ne relèvent évidemment pas seulement d’enjeux locaux ; elles illustrent, souvent de manière particulièrement visible, des évolutions qui traversent aujourd’hui l’ensemble de l’ESR. C’est pourquoi plusieurs de ces billets sont reproduits sur notre carnet. Documentons encore et encore ce qui est en cours.




Les personnels du Muséum national d’histoire naturelle ont entamé depuis plusieurs semaines une lutte pour l’augmentation de leurs primes et la rémunération majorée des samedis travaillés, n’ayant actuellement pas d’autres choix que de récupérer en temps majoré ce travail.
Trois enseignants-chercheurs et une gestionnaire de scolarité partie à la retraite ont obtenu la condamnation de l’Université de Caen Normandie par la justice administrative. Après avoir examiné les trois mémoires déposés, le tribunal a estimé que les plaignants avaient prouvé que l’université avait manqué à son obligation d’assurer la sécurité et la protection de la santé physique et morale des agents de l’UFR Staps entre juin 2016 et novembre 2020.
Le ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche (MESR) a récemment produit plusieurs rapports : sur l’emploi scientifique, sur la trajectoire professionnelle des enseignants-chercheurs et enseignantes-chercheuses (EC), sur lesprévisions des départs en retraite, et sur le panorama des personnels enseignants de l’enseignement supérieur. Dans cette note, la commission permanente du CNU (CP-CNU) reprend les données de ces rapports en mettant l’accent sur la démographie des EC.


Le 6 novembre dernier, les syndicats CGT et Sud Education de l’Université Montpellier Paul-Valéry (UPMV) appelaient à la grève et à la mobilisation, en soutien à 16 vacataires administratifs.ves mis.es à la porte du jour au lendemain par la direction de l’établissement.