
Depuis les premières œuvres importantes de Jules Verne — figure fondatrice à la fois par le contenu de ses romans et par son succès populaire — jusqu’au début de la Deuxième Guerre mondiale, cet ouvrage porte sur l’anticipation dans la francophonie et en propose une archéologie. D’où vient ce nouveau genre? Comment s’est-il développé? Les désignations génériques « anticipation » et « science-fiction » n’étant intervenues que tardivement, comment cette identité a-t-elle pu se dégager au fil des décennies, tant dans l’espace médiatique que dans le discours social fin de siècle?
Les auteurs de ce livre font valoir les dimensions historiques et sociales du genre et croisent des lectures axées sur la socialité des textes, tout en décodant les fictions et en les ancrant dans la réalité de leur époque. Ils offrent au lecteur — amateur de science-fiction, d’anticipation et, plus largement, d’histoire littéraire — une somme sur les premiers temps d’un genre indissociable des avancées de la science et des débats en cours.
Claire Barel-Moisan est chargée de recherches au CNRS (École normale supérieure de Lyon). Elle enseigne à Hamilton College (Paris) et à Middlebury College (Vermont). Spécialiste de la poétique romanesque balzacienne, elle s’intéresse également aux sciences dans le roman français et dans la presse.
Jean-François Chassay est professeur au Département d’études littéraires de L’Université du Québec à Montréal. Il a publié une trentaine de livres portant essentiellement sur les liens entre littérature et science, ainsi que sur l’américanité.

Colloque Les Temps de l’anticipation (1860-1940)
Les lecteurs contemporains ont l’habitude d’associer la littérature d’anticipation au principe d’une expérience originale du temps, qu’il s’agisse de projeter des personnages dans le futur, de dévoiler des sociétés imaginaires archaïques ou plus avancées que les nôtres, ou de dessiner l’avenir des progrès des sciences et des technologies. De fait, ces thèmes sont constamment mobilisés par les récits d’anticipation. Mais pour saisir véritablement les enjeux qu’ils soulèvent, il importe de recontextualiser ce rapport au temps, indissociable de son insertion dans la presse et la culture médiatique contemporaine. Cette production romanesque s’inscrit par ailleurs dans le cadre plus large d’un changement de paradigme anthropologique, social et psychologique, caractéristique du régime moderne d’historicité.
Même lorsque le décalage temporel ne s’actualise pas par un bouleversement complet de la représentation, mais se joue par exemple dans le secret du laboratoire avec l’invention de technologies nouvelles découpant un îlot de futur dans la trame ordinaire des jours, le récit d’anticipation présente une temporalité innovante qui amène le lecteur à réfléchir sur son présent : la projection vers l’avenir n’empêche pas un « présento-centrisme ». Avec le recul du temps, le lecteur actuel est aussi amené à porter un autre regard sur ces textes, envisagés comme des « rétrofictions » dont le futur peut nous apparaître daté, davantage porteuses d’un imaginaire passé que d’un avenir encore envisageable. On pourra s’interroger sur les lectures contemporaines du récit d’anticipation, pour se demander en quoi nos représentations du futur ont évolué, et dans quelle mesure elles croisent aujourd’hui encore la lignée de l’anticipation.
Jeudi 10 octobre
9h45 : Accueil des participants à la Maison des Sciences de l’homme de Lyon
10h15 : Introduction : Claire Barel-Moisan (CNRS. ENS-Lyon. ANR Anticipation)
Présidence : Martine Lavaud (Université d’Artois)
10h30 : Emilie Pézard (Université de Poitiers. ANR Anticipation) : La place de l’avenir dans la généricité de l’anticipation
Emmanuel Boldrini (Université Lumière – Lyon 2) : Le futur au prisme du passé : anticiper l’avenir depuis la période fin-de-siècle
Delphine Gleizes (Université Grenoble-Alpes. ANR Anticipation) : Image d’anticipation et construction de la temporalité
12h30 : Déjeuner
Présidence : Marie-Eve Thérenty (Université Paul Valéry – Montpellier 3)
14h : Conférence de Richard Saint-Gelais (Université de Laval) : En attendant le futur : formules narratives et fictionnelles de la science-fiction des premiers temps
Yoan Vérilhac (Université de Nîmes) : Fiction d’anticipation et rythme médiatique de la crise
Pause
Présidence : Matthieu Letourneux (Université Paris Nanterre. ANR Anticipation)
Irène Langlet (Université Paris Est) : Des étranges « qualités de futur » : urgence et fin du monde de 1919 à 2019
Pause
17h15 : Promenade cinématique : Autant en emporte le temps. L’anticipation sur grand écran
Présentation de Laurent Bazin (Université Paris-Saclay. ANR Anticipation), avec images et extraits.
Vendredi 11 octobre
Présidence Stéphanie Dord-Crouslé (CNRS. ENS-Lyon. ANR Anticipation)
9h 30 : Patrick Désile (UMR Thalim) : Blaguer sur l’avenir : café-concert, cirque, cinéma
Sarah Mombert (ENS-Lyon. ANR Anticipation) : L’amour aujourd’hui et demain. Pragmatique des récits d’anticipation grivois publiés dans la presse (1860-1940)
Pause
Présidence : Irène Langlet (Université Paris Est)
Philippe Ethuin (Université de Picardie Jules Verne) : L’Uchronie dans la presse française (1857-1940) : classification, statut et usage d’un genre
Christèle Couleau (Université Paris 13. ANR Anticipation) : Faut-il prendre l’avenir au sérieux ?
12h30 : Déjeuner
Présidence : Claire Barel-Moisan (CNRS. ENS-Lyon. ANR Anticipation)
14h : Paul Faggiannelli-Brocart (Université Paris-Nanterre) : Perspectives de l’épuisement du monde en contexte impérial : expositions, sciences coloniales et anticipation chez Jules Verne et Rosny Aîné.
Laurent Bazin (Université Paris-Saclay. ANR Anticipation) : L’esprit du temps : variations chronogénétiques autour de la fiction d’anticipation
Pause
Simon Bréan (Sorbonne Université. ANR Anticipation) : Un genre toujours fécond ? Devenirs contemporains de l’anticipation
16h30 : Clôture du colloque
Comité d’organisation :
Claire Barel-Moisan (CNRS. ENS-Lyon. ANR Anticipation)
claire.barel-moisan@ens-lyon.fr
Christèle Couleau (Université Paris 13. ANR Anticipation)
Hugues Chabot (Université Lyon 1. ANR Anticipation)
Matthieu Letourneux (Université Paris Nanterre. ANR Anticipation)
Sarah Mombert (ENS-Lyon. ANR Anticipation)
Emilie Pézard (Université de Poitiers. ANR Anticipation)
Valérie Stiénon (Université Paris 13. ANR Anticipation)
Comité scientifique :
Éric Bordas (ENS-Lyon)
Jean-François Chassay (Université du Québec à Montréal)
François Kerlouégan (Université Lumière Lyon 2)
Guillaume Pinson (Université Laval, Québec)
Marie-Ève Thérenty (Université Paul Valéry – Montpellier 3)
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Science et aventure : quelle vulgarisation pour la jeunesse?
L’exemple de Voyage au centre de la terre de Jules Verne.

“From Jules Verne to Barjavel :
Anticipation Literature and the Construction of a literary Genre”
At the turn of the nineteenth century and until second World War, representations of the future are presented in novels, in the press, in caricatures, in such proportions that this appears as a viral mediatic phenomenon. How does this social imagery agregate to form a literary genre? Is Anticipation a paradigm for contempary authors to understand modernity?
This conference will analyse how a literary genre is constructed, and the possible discrepancy between what the public comments at the time, and what the historian of literature reconstructs, through his a posteriori posture.
Colloque organisé par l’ANR Anticipation
9-11 octobre 2019 – Lyon
Les lecteurs contemporains ont l’habitude d’associer la littérature d’anticipation au principe d’une expérience originale du temps, qu’il s’agisse de projeter des personnages dans le futur, de dévoiler des sociétés imaginaires archaïques ou plus avancées que les nôtres, ou de dessiner l’avenir des progrès des sciences et des technologies. De fait, ces thèmes sont constamment mobilisés par les récits d’anticipation. Mais pour saisir véritablement les enjeux qu’ils soulèvent, il importe de recontextualiser le rapport au temps dans l’anticipation. Derrière l’apparente permanence des interrogations, les questions se posent assurément différemment dans la dynamique positiviste des années 1860, au tournant du siècle ou dans le contexte de l’entre-deux-guerres. La spécificité du rapport au temps construit dans l’anticipation est indissociable de son insertion dans la presse et la culture médiatique contemporaine. La temporalité de l’anticipation est en effet directement influencée par le temps médiatique et elle ne saurait se comprendre indépendamment de ses supports de diffusion.
Cette production romanesque s’inscrit par ailleurs dans le cadre plus large d’un changement de paradigme anthropologique, social et psychologique, caractéristique du régime moderne d’historicité (François Hartog) : abandonnant peu à peu une pensée circulaire du temps, on se met à envisager son déroulement comme une pure linéarité. L’eschatologie ancienne se voit reconfigurée en termes positivistes de progrès ou d’inéluctable déchéance de l’espèce humaine dans une perspective darwinienne. La tentation est alors de se projeter vers l’avenir (progrès, planification), d’élaborer des modèles prédictifs (météo, bourse, paris), bref, d’anticiper – les fictions portent l’empreinte de ce bouleversement.
Les titres mêmes des œuvres affichent souvent un tropisme vers l’avenir (Le Vingtième siècle d’Albert Robida ou L’Ève future de Villiers de l’Isle-Adam), que le futur soit proche (Colère sur Paris, roman de demain matin de Pierre Dominique) ou lointain (Les Ruines de Paris en 4875, d’Alfred Franklin). Même lorsque le décalage temporel ne s’actualise pas par un bouleversement complet de la représentation, mais se joue par exemple dans le secret du laboratoire avec l’invention de technologies nouvelles découpant un îlot de futur dans la trame ordinaire des jours, le récit d’anticipation présente une temporalité innovante qui amène le lecteur à réfléchir sur son présent : la projection vers l’avenir n’empêche pas un « présento-centrisme » (Saint-Gelais).
Du point de vue de l’histoire littéraire, cette perspective temporelle éclaire la vie des œuvres : dans quel contexte naissent-elles, dans quel processus prennent-elles place (réclame, diffusion, critique, légitimation, oubli), quel effet de traîne peuvent-elles avoir (rééditions, adaptations, percolation socio-médiatique, intertextualité, postérité) ? Le prisme de la temporalité permet également de prendre en compte les rythmes éditoriaux et médiatiques (feuilleton, sérialité). Les étapes de l’institutionnalisation de l’anticipation, l’évolution de ses appellations, des textes qui la théorisent, la succession des auteurs emblématiques, peuvent fournir des points d’entrée à cette réflexion.
Avec le recul du temps, le lecteur actuel est aussi amené à porter un autre regard sur ces textes, envisagés comme des « rétrofictions » (Costes et Altairac) dont le futur peut nous apparaître daté, davantage porteuses d’un imaginaire passé que d’un avenir encore envisageable. On pourra s’interroger sur les lectures contemporaines du récit d’anticipation, pour se demander en quoi nos représentations du futur ont évolué, et dans quelle mesure elles croisent aujourd’hui encore la lignée de l’anticipation (steampunk, rétrofuturisme…). Le fait que les récits d’anticipation du XIXe siècle et de la première moitié du XXe deviennent une matière réexploitable dans une esthétique « vintage » suggère que les paradigmes de temps liés à ces fictions ne sont plus ceux qui dominent aujourd’hui.
Ce colloque étudiera ces différents enjeux dans les récits d’anticipation francophones de la période (1860-1940) ainsi que dans leur réception jusqu’à nos jours, en observant de quelle manière ils se déclinent selon les sous-genres, les publics visés et les modes de publication. L’ensemble de ces réflexions pourra prendre appui sur les analyses statistiques issues de la base de données de l’ANR Anticipation.
Dans un souci de prise en compte globale des phénomènes observés, on évitera les monographies.
Pistes de réflexion
Modélisations du temps dans le récit d’anticipation
Quelle représentation du temps les œuvres proposent-elles : âge d’or, décadence, temps cyclique ? On pourra analyser la présence du progrès dans les œuvres, tel qu’il est mis en scène dans la diégèse comme dans les discours qu’il suscite.
Le changement des modes de vie, à la fin du XIXe siècle, se traduit par un sentiment d’accélération du temps : comment celui-ci s’exprime-t-il dans les œuvres ? Comment les récits manifestent-ils le principe d’un présent toujours déjà porteur du futur, en lien avec les discours socio-médiatiques ou l’évolution anthropologique ?
Le temps au cœur de la diégèse : uchronies, voyages temporels, récits contrefactuels
Quelles sont les particularités du sous-genre de l’uchronie ? Quelles périodes concerne-t-il ? De quels enjeux idéologiques et philosophiques les uchronies sont-elles porteuses ?
Comment est mobilisé le récit contrefactuel (« Que se serait-il passé si… »), non seulement dans l’histoire littéraire mais aussi dans la discipline historique et l’historiographie, pour lesquelles il a pu constituer un moyen de révision des principes de causalité et d’exploration ludique ou académique des discours passés ? Comment ces modalités spécifiques de récit renouvellent-elles les croisements disciplinaires entre Histoire et littérature ?
Quel usage les romanciers font-ils du motif narratif du voyage temporel ?
Les rythmes du récit
Certaines œuvres concentrent la diégèse dans la durée d’une journée, d’autres racontent une vie, d’autres enfin présentent une intrigue se déroulant sur des milliers d’années. Comment sont traitées ces échelles temporelles spécifiques ? On pourra s’intéresser à la structuration des fictions, pour analyser les accélérations et les pauses dans la narration, les ellipses, les différents niveaux de récits, et s’interroger sur les effets de lecture ainsi suscités.
L’anticipation, l’actualité et le temps de la lecture
Les lecteurs contemporains pouvaient lire les récits d’anticipation comme des fictions en prise avec l’actualité : dans un lien d’étroite dépendance avec le contexte médiatique, nombre de ces récits fourmillent d’allusions à la situation politique du jour, proposent des commentaires des évolutions de la société, voire constituent des « romans à clés ». Comment cette actualité s’inscrit-elle dans le texte et quelle est la postérité possible pour ces œuvres intimement ancrées dans l’époque de leur publication ? Quels sont les effets de décalage, de tension ou d’écho entre la temporalité des supports et celle des fictions ?

Des avenirs datés ?
Le décalage entre la date de première parution d’un récit et le moment de la lecture est tout aussi sensible quand la diégèse se situe dans l’avenir. Quand l’avenir décrit par l’œuvre appartient au passé du lecteur, peut-être subsiste-t-il un « effet-anticipation » qui reste à décrire. On pourra s’interroger sur le rapport entre le succès contemporain et la postérité (dévaluation, légitimation, revalorisation). Y a-t-il une péremption de l’anticipation ? Ou, à l’inverse, le plaisir de lecture suscité par ces œuvres repose-t-il sur le charme démodé de fictions perçues comme « vintage », au fondement du steampunk ? Comment la chronologie de développement du genre du steampunk s’articule-t-elle avec celle de la relecture des récits d’anticipation et leur réédition?
Les périodisations de l’anticipation
Quelles grandes scansions découpent l’évolution du corpus ? Loin de constituer un genre homogène, les récits d’anticipation sont marqués par une très grande diversité qui s’observe aussi bien au niveau de l’idéologie que du style, autant dans le profil des auteurs que dans les supports de publication, et les publics visés.
Quelle histoire peut-on dresser du développement de sous-genres ou de sous-corpus de l’anticipation ? Comment se juxtaposent différentes chronologies de l’anticipation selon que l’on considère l’influence d’une théorie scientifique, d’un mouvement littéraire ou d’un autre genre ?
Temporalités éditoriales
Une histoire des rééditions de l’anticipation reste à écrire – quelles sont les grandes vagues de réédition des œuvres ? quels textes, quels auteurs font l’objet d’une réédition, par qui, et selon quels critères ? Oublis et fidélités – quelle proportion d’œuvres ne sont jamais reprises ? Peut-on dresser une histoire des collections, des revues, des éditeurs ayant accueilli de l’anticipation ?
Circulation transmédiatique et traductions de l’anticipation
Selon quelles temporalités et quelles modalités l’anticipation constitue-t-elle un phénomène transmédiatique : spectacle vivant, premier cinéma, récits en images et bandes dessinées, fictions radiophoniques ?
Comment se déploient les traductions des récits d’anticipation ? Quels auteurs, quelles aires linguistiques privilégient-elles ? Peut-on périodiser ces phénomènes de circulation européenne et mondiale du genre ?
Historicité de la valeur, relectures et hiérarchisations
Quel rôle joue la dimension temporelle dans la valeur que l’on attribue au récit d’anticipation ? On peut louer dans un texte sa capacité à annoncer l’avenir (valeur prophétique), le fait qu’il soit le premier à exploiter un thème devenu courant par la suite dans l’histoire de la science-fiction (valeur pionnière), ou le reflet qu’il constitue de l’imaginaire social et scientifique de son temps (valeur documentaire). Peut-on retracer l’histoire de ces lectures ? Plus généralement, y a-t-il évolution des critères de valeur adoptés par la critique face aux récits d’anticipation, du XIXe siècle à nos jours ?
Dans ses articles parus au début du XXe siècle, Maurice Renard privilégiait une poétique de l’anticipation contre une autre, ce qui l’amenait à rejeter Jules Verne au profit de Wells et de Rosny aîné. Dans les multiples essais de définition d’un genre de l’anticipation, observe-t-on une hiérarchisation du corpus, et en fonction de quels critères ? Quel a pu être l’impact des prix, des rééditions, des discours critiques et des « redécouvertes » sur le panthéon des romanciers?
De façon plus générale, quels aspects de l’anticipation sont mis en valeur lors de ces différentes périodes de relecture, tout au long du XXe siècle et jusqu’à nos jours ?


Les mutations de la temporalité à l’époque de l’anticipation
Le récit d’anticipation, on l’a dit, s’inscrit dans le cadre plus vaste d’un changement de régime dans la façon d’appréhender la temporalité, tant au niveau individuel qu’à l’échelle collective. Quelles en sont les marques et les modalités, non plus seulement telles qu’on peut les relever dans les récits mais, plus généralement, dans l’ensemble des domaines liés au savoir comme aux activités de la vie en société ? Quelles nouvelles conceptions du temps se font jour dans les sciences (humaines, sociales et/ou exactes) en constitution ? Quels en sont les effets sur le discours social, en particulier dans le domaine politique ? De quelle façon ces représentations se traduisent-elles dans le quotidien des usages et des comportements ?
Les propositions de communication (environ 2000 signes), accompagnées d’une brève notice bio-bibliographique, sont à envoyer avant le 31 mai 2019 à l’adresse suivante : emilie.pezard@univ-poitiers.fr. Après évaluation par le comité scientifique, la réponse sera envoyée à la fin du mois de juin.
Comité scientifique : Éric Bordas, Jean-François Chassay, François Kerlouégan, Guillaume Pinson, Marie-Ève Thérenty.
Comité d’organisation : Claire Barel-Moisan, Christèle Couleau, Hugues Chabot, Matthieu Letourneux, Sarah Mombert, Émilie Pézard, Valérie Stiénon.
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Claire Barel-Moisan donnera une conférence à l’Université de Salerne le 26 avril 2019 intitulée “L’engagement par l’usage de la fiction”, portant sur l’écho des tensions européennes dans la littérature d’anticipation entre 1870 et 1940 et l’imaginaire des conflits futurs.
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Du 8 au 10 avril 2019 se tiendra à l’Université de Southampton le 17e colloque annuel de la Society of Dix-neuviémistes (SDN), sur le thème “Découvertes et explorations”. Les deux keynote speakers seront Mary Orr (Université St Andrews) et Claire Barel-Moisan (CNRS, ANR Anticipation).
La conférence de Claire Barel-Moisan aura lieu le 10 avril de 11h à 12h15, sous la présidence de Nigel Harkness (Newcastle University) et portera sur l’anticipation :
“Explorer l’avenir? la littérature d’anticipation et les mécanismes de construction d’un genre”.
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Les principes d’élaboration de ce livre intitulé Sciences et merveilles. Le roman d’anticipation (1860 – 1940) seront présentés par Claire BAREL-MOISAN (IHRIM-ENS), Laurent BAZIN (Université Versailles-Saint-Quentin en Yvelines), Christèle COULEAU (Université Paris XIII) et Sarah MOMBERT (IHRIM-ENS).
]]>Les historiens de la science-fiction évoquent souvent les grands « précurseurs » qui ont bâti une œuvre de fiction sur une invention scientifique ou sur la description d’une société imaginaire, utopique ou dystopique. À rebours de cette perspective téléologique consistant à lire ces récits d’anticipation comme l’annonce ou l’esquisse d’un genre, la science-fiction, qui ne se développera que plus tard, on adoptera dans cette séance de séminaire une approche historique pour s’interroger sur ce que signifie « lire le récit d’anticipation » pour un lecteur entre 1860 et 1940. Le progrès scientifique et les transformations sociales qui ont marqué la France à partir de la seconde moitié du XIXe siècle ont constitué une source d’inspiration pour de très nombreux romanciers. Comment ces textes ont-ils été lus à l’époque de leur parution ? Cette multitude d’œuvres émanant d’auteurs venus d’horizons très différents a-t-elle représenté un genre homogène aux yeux des lecteurs contemporains ? En quoi la définition des genres de l’anticipation et de la dystopie est-elle tributaire des lectures qu’on fait des œuvres qui les constituent ?
Claire Barel-Moisan (CNRS / ANR Anticipation) : Mécanismes de construction d’un genre : l’anticipation à l’épreuve de la lecture
Valérie Stiénon (Paris 13) : Les fins du monde font-elles genre ? Ou comment reconnaître une dystopie quand on en lit une
Précédant la science-fiction, dont l’émergence est identifiée aux premières collections éditoriales spécialisées apparues dans les années 1950, la littérature d’anticipation francophone est rarement considérée pour elle-même au-delà des figures de Jules Verne, Rosny aîné et Maurice Renard. Les études rassemblées dans ce numéro étudient cette production en l’inscrivant dans ses multiples contextes. Elles soulèvent ainsi des questions cruciales : quelle est la part éditoriale, médiatique et collective du genre ? En quoi l’inscription des textes dans des supports de diffusion et des cohérences discursives (feuilleton, livre de prix, littérature pour la jeunesse, vulgarisation) engage-t-elle des discours de sens et de valeurs différents ? Peut-on rendre compte des dynamiques intertextuelles et architextuelles qui organisent et définissent cette production ? Comment les discours sociaux prennent-ils sens dans leurs actualisations médiatiques ?
Faire corpus : les généricités de l’anticipation
Science, fiction et actualité : l’anticipation dans la presse
L’anticipation en contexte : discours, réseaux, valeurs
L’Anticipation au prisme des humanités numériques

22 novembre 2018, de 9h00 à 18h00
Maison de la recherche de l’université Paris-Sorbonne, 28 rue Serpente, 75006 Paris – Salle 35
Organisée par Claire Barel-Moisan et Émilie Pézard – ANR Anticipation. ANR Numapresse
PROGRAMME
MATINÉE
Ouverture de la journée Claire Barel-Moisan et Émilie Pézard
Présidence : Simon Bréan (Université Paris-Sorbonne)
Discussion et pause
Présidence : Marie-Ève Thérenty (Université Paul Valéry-Montpellier 3)
Discussion
Discussion et déjeuner
APRÈS-MIDI
Présidence : Sarah Mombert (ENS-Lyon)
Discussion et pause
Présidence : Muriel Louâpre (Université Paris-Descartes)
Discussion
Discussion et clôture de la journée
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Paru en ligne dans la collection “Savoirs en textes”, le volume La Découverte scientifique dans les arts, dirigé par Yohann Ringuedé et Azélie Fayolle regroupe plusieurs articles sur l’anticipation. Signalons notamment :
Émilie Pézard
La découverte inachevée. Enjeux des expériences de magnétisme dans quelques récits romantiques
Marta Sukiennicka
D’une découverte astronomique du futur. La Fin du monde de Camille Flammarion
Romain Enriquez
Découverte scientifique et invention littéraire dans un « conte physiologique » d’Henry Beaunis : « La légende de l’orang-outang »
Le colloque “Littérature, image, périodicité (XVIIe -XIXe siècles)” organisé par Marta Caraion et Barbara Selmeci Castioni, qui se tiendra à Lausanne les 15-16 novembre 2018, sera l’occasion d’aborder l’anticipation à travers plusieurs communications :
On trouvera plus d’informations en cliquant ici.
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En 2016 s’est tenu le Congrès de la Société des études romantiques et dix-neuviémistes intitulé : Le XIXe siècle face au futur. Penser, représenter, rêver l’avenir au XIXe siècle. Les actes viennent d’être publiés en ligne sur le site de la SERD, édités par Claire Barel-Moisan, Aude Déruelle et José-Luis Diaz.
La problématique du congrès croise celle de notre programme de recherche et le récit d’anticipation est à l’honneur dans un grand nombre de communications. On y trouvera notamment les articles de deux membres de l’ANR :
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Dirigé par Émilie Pézard et Hugues Chabot, le numéro 11 de la revue en ligne Res Futurae est entièrement consacré à Maurice Renard. Plusieurs membres de l’ANR ont participé à ce dossier :

Le numéro comporte également une édition critique des trois principaux articles que Maurice Renard a consacrés au récit d’anticipation, qu’il nomme “roman merveilleux-scientifique” puis “roman d’hypothèse” :
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L’Imaginaire nord-américain de Jules Verne
Université d’Ottawa Pavillon Hamelin, salle 509
7 et 8 juin 2018
Organisé par
Guillaume Pinson (Université Laval) Maxime Prévost (Université d’Ottawa)

Claire Barel-Moisan proposera une communication intitulée : “Le Grand Nord canadien, entre aventure et contre-utopie”.
Pour le programme complet, cliquer ici.