Dans cet article, je vais vous partager mes 12 meilleurs conseils de productivité pour enfin terminer d’écrire votre livre.
Pour me présenter, j’ai écrit deux livres aux éditions Eyrolles. J’ai aussi réalisé le documentaire Chemins de vie.
Ces dernières années, j’ai exploré des méthodes pour écrire de manière plus efficace malgré un emploi du temps chargé.
J’ai longtemps cru que les écrivains étaient constamment traversés par l’inspiration.
En écrivant mon premier livre, j’ai réalisé que créer les bonnes conditions était essentiel pour laisser l’inspiration venir, car les écrivains ne sont pas toujours inspirés.
Parfois même, ils n’ont pas envie d’écrire. Ce qui fait la différence entre quelqu’un qui écrit un livre et quelqu’un qui ne l’écrit pas, c’est que dans les moments de découragements, les premiers persévèrent. Parce qu’ils ont une vision, une méthode et une discipline pour avancer efficacement.
Écrire un livre demande du temps, de l’énergie, de la persévérance. Votre mental vous proposera des tas de bonnes excuses pour ne pas écrire comme :
Je n’ai pas le temps, je n’ai pas d’idées, je ne sais pas comment m’y prendre, j’ai d’autres choses à gérer qui sont plus prioritaires.
Je connais très bien ça. Ce qui aide à déjouer notre mental, c’est de s’engager sur une date de rendu du premier jet.
J’ai déjà parlé de ce conseil dans l’article « comment je me discipline pour écrire mes livres », que je vous encourage à lire.
Je vous propose de choisir une date réaliste dans votre agenda et de décider qu’à cette date, vous aurez écrit votre premier jet.
En tant qu’écrivain débutant, on peut écrire entre 500 et 1000 mots par heure (sans se relire et sans transformer chaque phrase après l’avoir écrite). Si vous pouvez écrire 7 heures par semaine (1 heure par jour), vous allez écrire environ 5000 mots par semaine. Et donc il vous faudra 10 semaines (2 mois et demi) pour avoir un premier jet d’un livre de 50 000 mots. À cela, vous pouvez prévoir au moins un mois en plus pour finaliser votre plan, effectuer ou terminer vos recherches, faire face à d’autres imprévus, donc ça fait 3 mois et demi. Ça reste approximatif, mais au moins, ça vous permet de voir si votre objectif de 1ᵉʳ jet est réalisable. Ces estimations ne tiennent pas compte de toute la phase de relecture et de retravail du texte, ni de tous les moments où nous n’avons pas d’inspiration, où nous sommes fatigués, ni les phases de réorganisation de nos idées.
Fixer une date pour votre premier jet vous motive. Vous accepterez plus facilement les contraintes, car vous saurez qu’elles ne dureront pas. Et en même temps, je vous conseille de ne pas vous mettre trop de pression pour y arriver. Autorisez-vous à décaler cette deadline autant de fois que nécessaire.
Aussi, je vous suggère d’annoncer à vos proches ou votre communauté que vous écrivez un livre et que vous aurez terminé à une date précise, cela va vous engager.
Souvent, on a du mal à se motiver pour avancer, car nous n’avons pas une raison assez forte et importante de le faire. C’est pourquoi je demande à toute personne souhaitant écrire un livre :
quel est le message principal que tu souhaites passer dans ce livre ? Qui est ton lecteur ou ta lectrice idéale ?
Pour ma part, en 2017, j’ai quitté mon travail dans le secteur bancaire parce que j’avais la sensation de m’éteindre et que je ne pouvais pas exprimer ma créativité dans ce travail. Je savais que je voulais changer de vie et la seule chose qui avait du sens était d’écrire. J’aimais écrire car je sentais que je me connectais à mes profondeurs, mais aussi à une forme de sagesse. Et j’avais envie d’apporter quelque chose au monde qui venait de mon cœur, de mes tripes et qui allait inspirer d’autres personnes à marcher elles aussi vers leur essentiel, après ces années dans le salariat à exécuter ce qu’on me demandait. En me levant le matin, je remerciais la vie de ne pas être dans le métro parisien, et ma façon de le faire était de m’engager pleinement dans mon projet de livre. J’imaginais celle que j’étais, bloquée dans son travail salarié dans lequel elle s’éteignait. Je la visualisais en train de lire mon livre et d’être inspirée à changer de vie. Cela me motivait.
Ce qui m’aide à aller au bout de l’écriture de mes livres, c’est qu’à un moment, le livre devient mon objectif prioritaire pendant un temps donné (souvent 3 mois). Je peux avoir deux objectifs prioritaires dans ma vie, mais pas beaucoup plus.
Nous disposons d’un temps et d’une énergie limités.
Lorsque je suis en phase d’écriture du premier jet d’un livre, je dis « non » à beaucoup de sollicitations pour garder un maximum de temps et d’énergie pour mon livre.
Un exercice intéressant est d’observer le déroulement de votre journée et d’écrire tout ce que vous faites, pendant 3 jours. Notez tout — ce qui est lié à l’écriture comme ce qui ne l’est pas — et mettez tout cela à plat devant vous. C’est en faisant cela que j’ai réalisé que je passais trop d’heures devant des vidéos youtube par exemple. À partir de là, voyez comment vous pouvez gagner du temps en réduisant certaines tâches. Il s’agit de discerner les tâches qui doivent être réalisées maintenant et celles qui peuvent attendre quelques mois, le temps d’écrire votre premier jet. Vous pouvez vous créer une liste des « choses à faire plus tard ». Par exemple, ces dernières années, j’ai souvent donné des conférences et projeté mon film Chemins de vie, parfois à l’autre bout de la France (ça prend tout un week-end). En phase d’écriture du premier jet, je peux décider de reporter des propositions de conférence. Aussi, dans les moments intenses d’écriture d’un 1er jet, je peux, si mes moyens me le permettent, investir dans un service de ménage ou me faire livrer mes courses par exemple, pour libérer encore plus de temps pour écrire.
Lorsque l’on me fait une proposition, je pars du principe, dans ma tête, que ce sera « non » avant de dire « oui ». Le fait de dire non par défaut m’incite à chercher des bonnes raisons pour que le non se transforme en oui. Ainsi, je ne me lance que dans les projets qui sont vraiment essentiels.
Quant il s’agit d’écrire un livre, la régularité est très importante. Il vaut mieux écrire 30 minutes par jour que 7 heures, un dimanche sur deux.
Je vous propose de déterminer des créneaux d’écriture dans votre agenda. Soyez réaliste, avec votre temps disponible chaque semaine. Il vaut mieux avoir moins de créneaux et s’y tenir que d’en avoir trop et sans cesse culpabiliser de ne pas être au rendez-vous.
L’idée est d’être prêt à écrire dès les premières minutes de votre créneau. Notre mental a besoin de savoir à quelle tâche il doit s’atteler. Pour cela, prenez un moment la veille au soir pour être au clair sur le chapitre sur lequel vous allez écrire le lendemain. Pour ma part, j’aime bien imprimer mon plan détaillé et mon synopsis pour les avoir sous les yeux.
Considérez que votre créneau d’écriture n’est pas facultatif : vous serez au rendez-vous. Vous vous sentiez fiers de vous juste après. Évidemment, si on est vraiment très fatigué, on peut s’offrir un peu de tolérance, mais souvent, on a juste peur d’être face à l’inconnu et à la page blanche. Dites-vous que si écrire était votre travail salarié, vous iriez quand même. Souvent, le plaisir vient en chemin.
Il y a des jours où j’ai l’impression d’être traversée par une énergie qui écrit à ma place, où c’est très fluide et il y a des jours où je me sens sans inspiration, où rien ne sort.
Ne culpabilisez pas si vous êtes moins productifs. Faites de votre mieux.
Si vous n’avez aucune inspiration, vous pouvez utiliser des contraintes d’écriture. Par exemple, commencez par écrire « je n’ai rien à écrire », 15 fois. Vous pouvez aussi prendre un livre au hasard, l’ouvrir à la page 15, ligne 8. Puis, il s’agit de noter la phrase qui s’y trouve et d’essayer de l’intégrer dans le chapitre de votre livre. En général les mots commencent à se délier.
J’essaie de voir mes créneaux d’écriture comme des moments chouettes plutôt que comme des contraintes. Pour cela, il y a des rituels qui m’aident à amorcer le processus d’écriture et à être plus apaisée et concentrée pendant mes séances. Les voici :
– Je commence par faire quelques mouvements du corps en secouant mes bras et en faisant des étirements. Et je prends une profonde inspiration et expiration.
– Je me prépare une boisson chaude (tisane, thé matcha selon le moment de la journée).
– J’allume une bougie.
– Je mets une musique inspirante (sans paroles). J’aime écouter des sons binauraux, ils m’aident à me concentrer
– Je mets mon téléphone en mode avion et je coupe internet de mon ordinateur. Ainsi, je ne peux qu’écrire. Parfois, la tentation surgit de scroller sur les réseaux sociaux ou de répondre à un email. Il m’arrive de craquer, mais globalement, j’essaie de ne pas être interrompue pendant l’écriture. Plusieurs recherches ont démontré qu’à chaque fois qu’une distraction nous sort d’une tache, nous perdons beaucoup de temps à nous concentrer à nouveau.
– Aussi, j’aime aller dans des cafés ou dans des bibliothèques pour m’inspirer d’autres énergies que celle de mon appartement. Chaque nouveau lieu éveille ma créativité différemment. Comme certains de ces lieux sont payants (il faut au moins consommer une boisson), cela peut même m’inciter à écrire si ma motivation est défaillante.
Je vous conseille de faire un plan détaillé de votre livre dès le début du processus d’écriture. Cela vous aidera à structurer votre récit.
Aussi, cela vous permettra de ne pas tourner en rond et à ne pas vous perdre en cours de route. Ce plan vous évite de chercher quoi écrire. Car vous savez où vous allez et comment. Cette clarté vous donne de la liberté.
Ce plan va changer au fil de l’écriture, évidemment. Vous pouvez être en train d’écrire votre livre et vous rendre compte à mi-chemin que vous souhaitez déplacer certains chapitres ou que vous souhaitez en couper. Cela n’est pas un problème, ce qui compte, c’est de pouvoir s’appuyer sur une structure.
Dans ma formation « Ecrire son premier livre, pas à pas », je partage une méthode pour créer son plan détaillé dès le début de l’écriture alors qu’on n’a pas encore les idées claires.
À mesure que la journée avance, notre fatigue s’accumule et notre détermination s’étiole.
Quand on écrit avec un réservoir d’énergie presque vide, le résultat est souvent moyen. C’est pourquoi j’aime écrire environ une heure le matin, juste après mon réveil. C’est le moment de la journée où j’ai le plus d’énergie.
Je vous propose de repérer les moments de la journée où vous êtes le plus créatif. C’est là qu’il conviendra, dans l’idéal, de placer vos séances d’écriture. Êtes-vous du matin ou du soir ? À quel moment, de la journée ou de la semaine, êtes-vous généralement le plus fatigué ou, au contraire, le plus dynamique ? Il s’agit de travailler avec son corps, avec ses rythmes biologiques propres. Vous n’en serez que plus efficace.
J’ai compris ces dernières années que mieux je me sens (physiquement, mentalement), plus mon écriture est fluide.
Écrire demande un effort intellectuel intense et notre cerveau requiert du temps de sommeil pour se régénérer. Lorsque j’écrivais mon premier livre, je me suis installée sur une île au milieu de l’océan Pacifique : Isabela, aux Galapagos. Je cherchais du calme, mais les coqs chantaient fort à partir de 4h du matin. J’ai d’abord cru que j’allais m’habituer à me réveiller plus tôt et à ne dormir que 6 heures par nuit. Mais j’ai vite constaté que ma productivité en pâtissait fortement. J’ai fini par réarranger mon rythme de sommeil en allant dormir vers 19h, afin d’être sûre d’avoir 9 heures de sommeil. Ainsi, j’étais plus concentrée, mon cerveau fonctionnait bien mieux.
En phase intense d’écriture, ce qui m’aide à me régénérer, c’est de faire des petites siestes. Même si je ne dors que quelques minutes ou même que je somnole, le simple fait de m’allonger avec l’intention de dormir me détend et me permet de me relever avec un regain d’énergie.
Je vous propose d’éviter de trop vous attarder sur les corrections en cours de rédaction de votre premier jet. Dans cette phase, il s’agit d’écrire comme si personne ne vous lisait. Ne soyez pas perfectionnistes pendant cette phase du 1ᵉʳ jet. Écrivez d’abord, construisez votre première version, créez la matière première. Ne vous jugez pas. Ne faites pas attention aux fautes d’orthographe et de grammaire. Vous pourrez peaufiner par la suite, corriger l’orthographe, la grammaire, enlever et ajouter des phrases.
Votre moral ira mieux, car vous aurez déjà une ébauche de livre sur laquelle vous appuyer.
Aussi, vous n’êtes pas obligés d’écrire votre livre en linéaire, vous pouvez avancer sur les chapitres qui vous inspirent le plus au début de votre phase d’écriture.
Lorsque je me sens stressée et sous pression du temps, je peux avoir tendance à me forcer à écrire davantage pour avancer. J’entre alors dans un cercle vicieux où je suis de plus en plus stressée, et où je peux me mettre à saboter mon manuscrit en y travaillant dans cet état. Chaque once d’effort supplémentaire fourni en étant fatiguée est préjudiciable. Parce qu’un texte moyen nous rajoute du travail, car il consomme du temps pour être revu.
Vous savez ce qui m’aide à faire une pause ? Savoir que je n’ai pas le choix. Au-delà d’un certain point, mes batteries doivent être rechargées. Selon l’auteur du livre Zéro effort, l’idéal serait de faire trois sessions de travail le matin, de 60 à 90 minutes, avec des pauses de 15 minutes entre les sessions. Après un certain point, chaque heure de travail en plus ferait baisser notre productivité et saboterait notre travail (les économistes appellent cela la loi des rendements décroissants). Par exemple, si j’écris pendant 2 heures, je peux produire 2 pages. Mais si j’écris pendant 4 heures, je peux produire 3 pages. Lisa Jewell, qui est l’auteur de 18 romans aime écrire 1000 mots par jour, ça lui permet de maintenir un bon rythme, sans perdre son élan, ni s’épuiser.
Lorsque je suis en phase d’écriture du premier jet, j’aime écrire durant 60 minutes et me prendre des pauses, qui durent de 30 minutes pour aller marcher autour de chez moi. Je marche en réfléchissant aux scènes de mon livre, aux idées que je vais développer. C’est dans ces moments où j’ai eu mes meilleures idées.
Je vous recommande d’utiliser la dictée sur votre téléphone pour capturer vos idées à tout moment. Moi, ça me permet de marcher tout en parlant si une idée me vient, je dicte des phrases dans les Notes de mon iphone. Vous pouvez choisir entre deux types de dictées : la conversion parole texte en temps réel, ou parler dans un dictaphone maintenant, et transcrire plus tard.
Ecrire demande un grand effort ! C’est pourquoi il est important de se récompenser, pour se motiver à continuer.
Je me demande régulièrement : de quoi ai-je besoin, pour me motiver à aller au bout de l’écriture de ce chapitre ? Puis au bout du premier jet ?
Pendant l’écriture du premier jet, je m’encourage avec des petits plaisirs comme une tasse de cacao après 500 mots, un cours de danse, ou une sortie au cinéma.
Aussi, j’aime me faire une promesse du style : quand tu auras fini d’écrire ton premier jet, tu partiras en vacances (ou en week-end) à tel endroit. Je sais que je profiterai à fond de ces vacances, car j’aurai la sensation du travail accompli.
Lorsque j’écris un livre, je me répète que je suis écrivain. Et les écrivains, ils font quoi ? Les écrivains écrivent. Cela me permet de tenir mes créneaux d’écriture avec moins d’excuse. Je sens toute la puissance derrière le fait de dire : « je suis » (parmi d’autres choses), écrivain. Ça me permet de contacter la part de moi qui sait écrire et d’entrer pleinement dans ce rôle. Alors que si je me dis que j’essaie d’écrire un livre, même si c’est plus humble, je fais l’expérience d’essayer.
Je suis ce sur quoi je consacre le plus de temps. Et à cet instant, c’est à écrire. Donc oui, je suis écrivain. Pas forcément un écrivain connu, qui vend des millions de livres. Mais un écrivain.
J’accorde de l’importance à comment je parle, d’abord à moi-même. D’ailleurs, je vous conseille d’observer vos pensées d’auto-sabotage, comme : je suis nulle, je n’y arriverai pas, je ne suis pas à la hauteur. Et questionnez ces pensées : ah bon ? Suis-je sûre que c’est vrai ? Ai-je des preuves que je ne suis PAS nulle (vous pouvez penser à tout ce que vous avez déjà accompli jusque-là) ? Lâchez la pensée, ne l’alimentez plus, ne lui accordez plus d’importance, laissez-la passer comme un nuage.
Vous pouvez aussi vous rappeler, que de toute façon, vous êtes écrivain et vous suivez une inspiration qui est plus vaste que vous, donc au pire que vous soyez nulle ou pas, ça n’a pas d’importance, car c’est cette inspiration qui va vous guider, pas à pas. J’en parle dans l’article « surmonter le syndrome de l’imposteur en 8 étapes ».
Ça m’aide aussi de me dire que mon livre existe déjà, dans l’invisible. J’ai toute la matière, je dois juste agencer les idées, faire des liens et matérialiser ce livre.
Je vous propose de vous poser cette question :
De quoi ai-je besoin pour enfin terminer d’écrire ce livre ? Quelles sont les actions que je peux mettre en place dans mon quotidien pour écrire plus efficacement ?
Écrire dans un café ? écrire le matin ? écouter des sons binauraux ? Des balades en nature ? n’avoir qu’une heure devant moi ou avoir 4 heures devant moi ? moins de réseaux sociaux ?
Répondez-moi en commentaire ! Je serais ravie de vous lire.
Créer les bonnes conditions pour écrire, c’est important. Et en même temps, il s’agit aussi de ne pas se créer des conditions trop rigides. Se mettre trop de pression, c’est contre-productif. Respecter les créneaux d’écriture qui sont dans mon agenda, c’est important, mais si un jour, je suis vraiment fatiguée, je saute le créneau et je ne me juge pas, je ne culpabilise pas pour cela. Je fais de mon mieux.
J’ai déjà fait un burn-out quand je travaillais dans le secteur bancaire à Paris, je ne souhaite surtout pas en refaire un en écrivant mes livres. Au final, ce qui compte, c’est surtout dans quel état j’écris ce livre et comment j’évolue et je me transforme en l’écrivant.
Je vous souhaite de beaux moments d’écriture. Et si vous avez un projet de livre et que vous sentez que vous êtes bloqués pour avancer, je me ferais une joie de vous accompagner dans ma formation en ligne « Ecrire son premier livre, pas à pas« .
Voici la vidéo YouTube associée à l’article :
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J’ai longtemps vu la discipline et la routine comme quelque chose d’ennuyeux, voire comme une atteinte à ma liberté. Si je me prive de dessert, alors ça restreint mon expérience gustative. Si j’écris plusieurs heures par jour, alors ça m’empêche d’utiliser ce temps à des activités plus agréables.
Aussi, j’ai longtemps cru qu’écrire un livre, c’était suivre une inspiration. Lorsque j’ai commencé à écrire mon 1er livre, j’ai échangé avec d’autres auteurs et j’ai compris qu’il ne suffisait pas d’avoir de l’inspiration. Il fallait créer un cadre, un contenant pour laisser l’inspiration me traverser. Se créer une routine, c’est offrir un espace à cette inspiration.
Avant de vous présenter comment je me discipline en 10 étapes, je vais vous parler des avantages de la discipline.
« Certaines personnes considèrent la discipline comme une corvée. Pour moi, c’est une sorte d’ordonnance qui me rend libre de voler. » JULIE ANDREWS
Écrire un livre nécessite de s’engager, à y dédier un peu de temps chaque jour/ semaine. Et quand on s’engage, on est aidée.
« Tant que nous ne nous engageons pas, le doute règne, l’inefficacité prévaut. Dès le moment où l’on s’engage pleinement, la providence se met en marche. Toutes sortes de choses se produisent qui viennent à l’aide de celui qui s’est mis sur sa voie, alors qu’elles ne se seraient jamais révélées autrement. » GOETHE
C’est lorsque je me suis vraiment engagée dans l’écriture que j’ai rencontré ma future éditrice de chez Eyrolles et que mes meilleures idées me sont venues.
Aussi, me discipliner a renforcé la confiance que j’avais en moi. Car la confiance en soi vient du fait de pouvoir compter du soi. Si je me réveille et que je suis happée par mon téléphone et que je scrolle sur les réseaux sociaux pendant une heure, comment je me sens ? Et comment je me sens si chaque matin, au réveil, je me mets à écrire sans même allumer mon téléphone ?
Il s’agit de savoir retarder la satisfaction immédiate pour supporter cette douleur momentanée d’être seule, face à ce document word. Il s’agit de s’aimer suffisamment pour continuer à faire ça chaque jour. La discipline, c’est de l’amour de soi. C’est se prendre par la main comme un parent prendrait la main de son enfant et se dire : « tu as de la valeur, utilise ton temps de la meilleure façon, en apportant cette valeur au monde plutôt qu’en te laissant vider par lui ».
Pourquoi j’ai envie de l’écrire ? Quel est mon message et à qui s’adresse-t-il ? En quoi ce message va aider mes lecteurs et lectrices ?
Ces questions sont importantes, car c’est parce que notre grand pourquoi et notre message, nous animent, que nous aurons la force de nous discipliner. Par exemple, mon grand pourquoi, pour mon livre « Marcher vers son essentiel » était de montrer aux personnes qui me liront qu’elles peuvent s’écouter et marcher vers leur essentiel. J’aime aussi imaginer le livre dans les mains de mes lecteurs et ressentir ce que ça me fait.
Au moins pour les prochains mois… Lire le livre The One thing – Passez à l’essentiel m’a rappelée à quel point mon temps est limité et précieux. Je ne peux pas tout faire. Je dois choisir chaque jour LA chose la plus essentielle à faire. L’auteur explique que nous ne manquons pas de temps pour réaliser nos projets. Nous manquons de priorités claires. Il nous viendrait en moyenne 4000 idées par jour. À chaque instant, nous sommes tentés de sauter sur nos nouvelles idées pour les concrétiser. Il vaut mieux avoir 1 ou 2 priorités qui nous tiennent vraiment à cœur. Plutôt que s’éparpiller avec 10 objectifs et les réaliser à moitié en se stressant.
Ayant déjà vécu le burn-out, je sais que plus je me disperse, plus je m’épuise.
« Si tu ne priorises pas ta vie, quelqu’un le fera à ta place » Greg Mc Keown
Il s’agit de devenir la gardienne de son agenda. Comme sur le chemin de Compostelle, je dois choisir ce que je mets dans mon sac à dos, pour n’y laisser que l’essentiel, afin d’avancer avec plus de légèreté. Je vous conseille de passer au moins 20 minutes à observer votre agenda et à vous demander pour les différentes tâches :
Est-ce que ça me met en joie ? Est-ce que c’est nécessaire, essentiel dans ma vie ? Est-ce que ça sert mon projet de livre ? À quoi pouvez-vous dire NON pour avoir plus de temps pour écrire ?
Par exemple, je me dis non quand j’ai envie de scroller trop longtemps sur les réseaux, je dis non à certaines sorties. Cette étape est fondamentale, car vous allez avoir besoin d’assez de temps et d’énergie pour votre livre.
Quelles sont les différentes étapes pour écrire ce livre ? Quel est le prochain petit pas ?
Vous ne connaissez sans doute pas toutes ces actions à l’avance, concentrez-vous sur les prochaines actions. Quand j’ai une nouvelle idée de livre:
– je commence par me demander quel est mon message, mon intention.
– Puis il y a une phase de préparation où je pense au sujet, où je note dans mon téléphone ou dans des carnets mes réflexions et les choses intéressantes que je lis.
– Ensuite, je fais le point sur toutes les anecdotes qui sont en lien avec le message de mon livre.
– Je rassemble toutes les notes que j’ai déjà écrites dans un même fichier.
– Et je me crée un document excel avec les chapitres du livre (en lien avec les anecdotes), pour savoir où je vais. Ce plan va évidemment évoluer, mais il va m’aider à ne pas m’éparpiller.
Je vois ces créneaux pour mon livre comme des rendez-vous amoureux, qui entretiennent la flamme.
Il y a des jours où je me sens pleine d’inspiration et d’autres où je me contente de retravailler les textes déjà écrits. Mais je suis au rendez-vous chaque matin. J’ai lu qu’il faudrait environ 350 heures pour écrire un livre. Ça paraît énorme. Pourtant, quand on divise ces heures sur une année, ça fait environ 1 heure par jour, ou 2 heures par jour pendant 6 mois, 4 heures par jour pendant 3 mois… Je crois en la régularité, aux petites actions répétées chaque jour, aux petits pas. Ce qui nous sépare de notre livre, ce n’est que quelques créneaux dans un agenda chaque semaine.
– si elle est trop rapprochée dans le temps, ça crée du stress
– et si elle est trop éloignée, nous n’avons pas l’effet « motivation ».
L’avantage d’avoir une deadline, c’est que j’accepte plus facilement les contraintes, car je sais qu’elles ne dureront pas. L’absence de deadline provoque un ennui, une intensité moindre.
Mais ne l’utilisons pas pour trop nous stresser et nous taper dessus. Moi, il m’arrive de décaler ma deadline à une autre date si je vois qu’elle n’est pas adaptée à mon avancement réel. Le problème n’est pas la deadline, mais le fait qu’on se met trop de pression et qu’on culpabilise de ne pas l’atteindre. Si c’est trop stressant de fixer cette date de rendu, vous pouvez aussi vous contenter de garder vos créneaux dans l’agenda (c’est déjà énorme et ça vous permettra d’avancer dans tous les cas).
Il y a plein de moments où je n’ai pas l’envie ni la force d’écrire. J’ai réalisé que je ne procrastinais pas, car je suis fainéante, ou que je manque de volonté. Non, c’est bien plus profond que ça. Souvent, je procrastine, parce que j’ai peur. Peur de ce qu’il va se passer si j’écris ce livre. Ça peut être la peur que ce soit un mauvais livre, voire d’être ridiculisée à sa sortie ou même qu’il passe inaperçu… ou de m’ennuyer une fois qu’il sera terminé. Alors, je me connecte à cette peur, je la prends dans mes bras, je l’écoute. Si la peur qui vous empêche d’avancer est la peur de ne pas être à la hauteur (le syndrome de l’imposteur), alors je vous suggère de lire cet article de blog « comment surmonter le syndrome de l’imposteur? ».
Puis je reviens à mon pourquoi.
Pourquoi j’ai envie d’écrire ce livre ? Quelle est ma motivation profonde ?
Je pense aux personnes qui me liront. Il ne s’agit plus que de moi. Il s’agit d’un message à partager au monde.
Aussi, je n’oublie pas de me récompenser pour les efforts fournis ! Par exemple, je me parle comme un parent parlerait à son enfant. « Lis encore un chapitre et tu auras droit à un thé matcha, ou à une barre de chocolat ». J’aime aussi me demander :
« Qu’est-ce que le fait d’avoir écrit ce livre me permettra de faire et d’être et même peut-être d’avoir ? En quoi ce livre nourrit la vision de la vie que j’ai envie d’avoir ? Et la personne que j’ai envie de devenir ?
Ce sujet de la discipline est plus profond qu’il en a l’air, car il vient nous chercher dans notre relation à la discipline qu’on a reçue de nos parents et nos professeurs à l’école. Qu’on ait connu des parents trop autoritaires ou trop laxistes, explorer ce sujet nous amène à aller rencontrer l’enfant qu’on a été. Et nous invite à nous demander : quel parent suis-je pour moi-même aujourd’hui ? Est-ce que je me laisse une liberté totale ou est-ce que je me fouette pour avancer ?
La discipline peut être difficile à mettre en place au début, mais elle a un impact énorme sur notre avancement. Et au bout d’un moment, elle se transforme en une habitude comme se brosser les dents, ce n’est plus un effort et ça nous manque quand on ne le fait pas.
Moi-même, j’ai tendance à m’éparpiller, à sauter sur un nouveau projet, à scroller des heures sur les réseaux sociaux. Ça me demande un effort de chaque jour de tenir mon objectif d’écriture. Et je ne veux pas une vie avec trop de discipline. Alors, je m’offre une juste dose de discipline, avec cette heure du matin que j’essaie de préserver quoi qu’il arrive. Aller au bout de l’écriture d’un livre n’est pas facile. Mais ça vaut tellement le coup. Vous aurez partagé votre message au monde. Vous serez fières de vous.
Je vous souhaite de beaux moments d’écriture. Prenez soin de votre énergie.
Et vous, comment vous vous disciplinez ? Dites-moi en commentaire.
Sachez que je lance ma formation en ligne « 3 mois pour écrire son premier livre« . Si vous avez le projet d’écrire un livre, mon intention est de vous fournir le mode d’emploi, les outils et le soutien nécessaires pour aller au bout. On démarre le 17 septembre février, je me réjouis!
Voici la vidéo YouTube associée à l’article :
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En janvier 2023, je fais une poussée de rectocolite hémorragique (RCH), une maladie inflammatoire chronique de l’intestin.
J’arrive dans une cabane de montagne en Équateur pour écrire mon 2ᵉ livre. On me dit que je peux boire l’eau du robinet, à condition de la faire bouillir. J’en bois une tasse et 30 minutes plus tard, me voilà terrassée par une violente diarrhée. Je pensais que ce n’était qu’une tourista, mais mes diarrhées empirent, au point d’atteindre 15 diarrhées par jour, avec du sang.
Cet article n’incite pas à arrêter son traitement médicamenteux. Je l’écris pour partager mon témoignage afin qu’il éclaire d’autres personnes.
Les conseils que je partage sont également valables pour les personnes souffrant du syndrome de l’intestin irritable ou du côlon irritable (une version moins grave de la rectocolite hémorragique).
J’éclate en sanglot après notre première consultation. Une vague d’espoir m’envahit, enfin ! Alors que je sombrais dans les eaux troubles, une main tendue surgit pour me ramener à la surface. Je passe ensuite deux mois à observer comment mon corps réagit quand je lui donne tel ou tel aliment. C’est passionnant. Je réalise, par exemple, que les poivrons ne passent pas, mais que la carotte passe très bien. Lara me donne accès à une liste d’aliments qui sont considérés comme soignants. Mais il s’agit de s’adapter aux réactions de mon propre côlon. Je suis heureuse d’être aidée par Lara. Ce n’est pas évident de faire ce travail seule, car on a nos idées préconçues sur les aliments, comme : « les légumes et les fruits, c’est bon » ou encore, « la viande, c’est mauvais ».
En 2015, je suis devenue végétarienne, puis végane pendant plusieurs années. Des années durant lesquelles j’étais très souvent ballonnée après avoir mangé, sans me demander si ce régime alimentaire était adapté à moi. D’ailleurs, si vous avez lu mon 1ᵉʳ livre Marcher vers son essentiel, vous savez que je souffrais déjà de troubles intestinaux à cette période.
Je le suis encore quasiment à cette période, j’essaie d’éviter les produits animaux pour des raisons éthiques et environnementales. Malgré ma résistance à l’idée de réintroduire des produits d’origine animale, force est de constater qu’une daurade fraîchement pêchée ne me provoque pas de diarrhées.
J’arrête de consommer du café à jeun, ainsi que les jus verres et le verre d’eau tiède au réveil (qui m’avait été préconisé par un médecin ayurvédique) car je remarque que ça empire ma situation.
Je réalise aussi que le gluten de « four » comme la pizza a des conséquences plus graves sur mon ventre que le gluten « d’eau » comme les pâtes.
Voici la recette détaillée (en vidéo ici):
– Vous cassez 1 œuf dans un bol
– Vous ajoutez 2 cuillères à soupe de farine de tapioca
– Vous mélangez jusqu’à obtenir une texture homogène
– Dès que votre poêle est suffisamment chaude, vous y versez le mélange
– Vous attendez que les bords commencent un peu à se détacher et vous la tourner dans l’autre sens avec une spatule
– Au bout de 5-10 secondes, c’est prêt, vous pouvez ajouter un peu de miel ou de la purée de pomme avec de la cannelle.
J’ai commencé à aller mieux quand je me suis mise à écouter profondément mon corps. Et à ne lui donner que ce qui ne l’empoisonnait pas. Peu à peu, j’ai de moins en moins de diarrhées et de sang dans les selles.
Au bout de 2 mois à suivre sa méthode, je me mets en rémission (sans aucun traitement médicamenteux).
Aujourd’hui, après un an et demi, je suis toujours en rémission. Cela ne veut pas dire que je mange n’importe quoi sans réfléchir. Je continue à appliquer beaucoup de conseils de cette méthode. Il m’arrive de faire de mauvais choix alimentaires et de me sentir ballonnée. Par exemple, récemment, j’ai mangé un grand avocat et du saumon fumé en étant stressée. J’ai mangé un peu plus que ce que mon corps pouvait absorber et beaucoup de cru avec l’avocat. Résultat ? J’ai eu mal au ventre l’après-midi. La bonne nouvelle, c’est que j’ai su rectifier le tir rapidement en me donnant des aliments soignants, le repas suivant. Je me suis réveillée le lendemain matin, légère et complètement rétablie de l’incident de la veille. Il y a quelques années, j’aurais dîné comme d’habitude en me disant que mon ballonnement était normal ou inexplicable. Maintenant, j’arrive à savoir pourquoi je me sens comme je me sens et comment me sentir mieux. Et ça, ça vaut de l’or.
Il n’y a pas un seul jour qui passe sans que je ressente une immense gratitude d’avoir découvert le mode d’emploi de mon ventre. Cela m’a remise sur les rails de ma vie.
Et je suis persuadée que c’est en ayant un ventre en bonne santé que nous changerons le monde. Ce monde est en bonne santé quand les éléments qui le composent le sont.
Si tu as envie d’en savoir plus sur la formation Rémission Durable que propose Lara Duc, tu peux prendre RDV avec un membre de l’équipe Ptilara pour faire le point :
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Au fil des pages, je vous raconte ma guérison à la fois physique et mentale. Je vous fais part de mes peurs, de mes prises de conscience, mais aussi de ma rémission d’une maladie des intestins qui se manifeste au cours de son voyage (la rectocolite hémorragique).
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L’article Comment j’ai surmonté la rectocolite hémorragique (RCH)? est apparu en premier sur Pauline Wald.
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J’ai vécu 4 cérémonies avec l’ayahuaca (au Pérou et en Équateur), en 10 ans.
Voici les 5 enseignements les plus importants de ces cérémonies
Si vous envisagez de rencontrer l’ayahuasca, je vous propose de lire aussi cet article sur mes 7 conseils pour préparer sa cérémonie chamanique.
Cet article n’a pas pour but d’amener les gens à faire l’expérience de la plante (qui n’est pas anodine). Je l’écris pour partager mon témoignage afin qu’il éclaire d’autres personnes dans leur réflexion et leur intégration.
Pour rencontrer la joie et la lumière, je dois être prête à descendre dans mes profondeurs. En buvant l’ayahuasca, même si je peux embrasser la béatitude, je risque aussi de côtoyer mes démons.
Quand j’étudiais la psychologie, j’ai fait un stage dans un centre d’addictologie.
« 3 jours… Je m’envoie en l’air avec l’héroïne pendant les 3 premiers jours du mois, une fois que j’ai reçu mon RSA pour la payer. Puis je passe 27 autres jours à faire la manche pour pouvoir manger. »
Ce patient avait des étoiles dans les yeux quand il parlait de ces 3 jours, même s’il vivait un enfer le reste du mois. J’avais envie d’en savoir plus sur ce que l’héroïne lui faisait vivre.
Je devinais que cette envie irrépressible de consommer à nouveau cette drogue était liée au fait qu’elle l’amenait au paradis. Alors que les psychédéliques, comme l’ayahuasca, nous entraînent généralement d’abord en enfer. Nous ne pouvons pas les utiliser pour fuir notre souffrance. Ils nous montrent les zones les plus sombres en nous et ils nous poussent à plonger dedans pour les ressentir et les transcender.
« Si le traumatisme peut nous briser et changer notre vie, il est vraisemblable qu’un événement positif, d’intensité égale, de l’ordre de l’épiphanie, de l’extase mystique, ou de la Rencontre, peut la sauver, initier, et impulser le chemin vers la guérison. »
J’en parle davantage dans cet article.
Je dois ajouter ce bémol. Si la grâce peut être expérimentée, cela ne veut pas dire qu’elle reste en nous dans le temps. Après cette cérémonie, j’avais cru que j’avais atteint le sommet de la montagne et que j’allais y rester. Une nouvelle vague émotionnelle m’a terrassé pourtant les jours suivants. C’est là que m’est revenu en mémoire cette phrase de mon professeur de méditation :
« Ces plantes t’amènent au sommet de la montagne. Mais tu ne connais pas le chemin pour t’y rendre. »
L’ayahuasca est comme une mère qui nous montre ce qui est possible de vivre et de ressentir.
Ensuite, c’est à nous de faire chaque jour le chemin vers cette grâce.
Une cérémonie avec une plante est un chemin possible, parmi d’autres, pour mieux se connaître et comprendre le monde. Mais ce n’est pas le chemin que je recommanderai le plus.
L’ayahuasca est un outil, qui peut ouvrir des portes en nous. C’est à nous de nous y préparer au mieux en amont, puis d’intégrer nos prises de conscience à notre quotidien ensuite, afin qu’elles soient durablement utiles. Pour cela, écrire ce qui a été vécu, suivre une psychothérapie et mettre en place une routine pour se reconnecter à soi me paraît essentiel.
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Après avoir vécu des événements difficiles en 2022, je vends mes meubles, quitte mon appartement parisien et m’installe dans une cabane au cœur des Andes équatoriennes, à 2 000 mètres d’altitude. L’objectif de ce périple ? Me connecter à la nature et tester les méthodes de guérison alternatives pour me retrouver : méditation, cérémonies avec des plantes sacrées (ayahuasca, San Pedro), chants de mantra, etc.
C’est alors qu’une quête spirituelle profonde et transformatrice s’impose à moi.
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L’article 5 choses que l’ayahuasca m’a apportée est apparu en premier sur Pauline Wald.
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La cérémonie chamanique est une expérience profonde et potentiellement transformatrice.
En 2015, au Pérou, j’ai vécu une cérémonie avec l’Ayahuasca (j’en parle dans ce premier article). C’était la nuit la plus magnifique et aussi la plus terrifiante de toute ma vie. J’ai mis des mois à m’en remettre, car je ne m’y suis pas suffisamment préparée.
Puis en 2023, j’ai vécu une cérémonie avec du San Pedro en Équateur (un cauchemar !) et d’autres cérémonies avec l’ayahuasca par la suite (très belles cette fois).
Voici 7 conseils pour vous aider à préparer votre cérémonie chamanique.
Je n’écris pas ça pour vous dissuader de vous lancer. Mais plutôt pour vous avertir que ces cérémonies présentent des risques, notamment psychiques. Mais ces risques sont fortement réduits si on se prépare bien en amont. C’est comme faire de la plongée sous-marine. Si on a le bon matériel, et qu’on a étudié les conditions météorologiques, ça se passe bien dans la grande majorité des cas.
Si j’ai vu des personnes bénéficier des cérémonies chamaniques, j’en ai vu d’autres se retrouver chamboulées et perdues après une cérémonie.
J’ai rencontré une femme qui a eu des crises de panique à répétition suite à une cérémonie. Elle avait une fragilité psychique qui a été accentuée par l’expérience avec la plante. Elle a passé des mois dans le noir, dans son canapé (elle était ultra-sensible à la lumière, au bruit).
La cérémonie chamanique n’est pas là pour nous faire passer un beau moment. En général, elle nous confronte à nos peurs et à nos traumatismes. Parfois, on croit qu’on est prêt à visiter ses ombres, alors qu’au fond, on ne l’est pas. D’où l’importance d’être honnête avec soi sur comment on se sent et qu’elle est notre intention (je développe cela dans le 4ᵉ paragraphe)
Si vous vous sentez vraiment appelés par une cérémonie, alors allez-y. Sinon, non. Ne forcez rien surtout. Ne vous faites pas influencer par ceux qui diront qu’il faut absolument l’expérimenter, « pour guérir de ses traumatismes ».
Avant de décider d’aller à une cérémonie, j’envoie une sorte de message à la vie pour lui demander un signe. Je laisse les opportunités venir à moi.
En 2023, arrivée en Équateur, j’ai eu l’appel de faire une cérémonie avec le San Pedro. Cette fois-ci, j’ai fait l’erreur de me précipiter en choisissant le premier chaman dont on m’a parlé, par peur de ne pas avoir d’autres occasions. Je l’ai regretté, car ça ne s’est pas déroulé de façon sécurisée. J’en parle dans mon livre Enseignements de la montagne et dans cette interview sur YouTube, par Mai-Lan Ripoche.
Choisir un / une chamane en qui on a confiance, est fondamental. Souvent, n’avoir reçu qu’un seul avis d’un ami sur ce chaman ne suffit pas. Et ce n’est pas parce que le chaman est un natif réputé que vous allez vous sentir en sécurité.
Ce qui peut paraître anodin dans le quotidien (comme le fait de ressentir un léger malaise) peut nous provoquer une crise de panique lors d’une cérémonie. Prendre une plante, c’est se rendre vulnérable. On entre dans un monde dans lequel on côtoie l’ombre et la lumière. On peut tomber d’un côté ou de l’autre en un instant.
Le psychologue américain Timothy Leary décrit deux facteurs qui jouent un rôle crucial dans une expérience psychédélique : l’environnement dans lequel se déroule l’expérience et notre état d’esprit. Dans l’environnement, il inclut la confiance dans le chaman et dans le groupe, le lieu, l’ambiance, la musique.
Lors de ma 2ᵉ cérémonie d’ayahuasca en Équateur, j’avais une grande confiance en la chamane. Je ressentais aussi beaucoup d’affection pour chacune des femmes du groupe. Cela a été un pilier fondamental pour la libération émotionnelle que j’ai vécue.
Timothy Leary considère aussi que notre état d’esprit joue un rôle fondamental dans le déroulement d’une cérémonie. Dans notre état d’esprit, il y a notre état émotionnel, notre ressenti par rapport à la cérémonie, notre intention et notre santé physique. Il s’agit de se demander :
Quelle est mon intention pour cette cérémonie (connexion à la nature, guérison d’un événement du passé, etc.) ? Est-ce que je me sens suffisamment stable psychologiquement pour y aller ? Ai-je confiance dans le fait que je dois faire cette cérémonie à ce moment précis de ma vie ? Ou ai-je des doutes ?
Nos réponses influenceront la façon dont se déroulera la cérémonie. Si vous avez des peurs, n’hésitez pas à les communiquer au chaman et au groupe avant que la cérémonie démarre.
Allez-y en connaissant votre intention, mais avec un esprit ouvert, sans attente précise de comment se passera la cérémonie.
Aussi, avant la prise de certaines plantes comme l’ayahucasa, une préparation physique est nécessaire. Il y a diète d’environ une semaine (ou plus) à faire, sans café, ni alcool, ni viande rouge, ni sucre, ni excès de sel et sans rapports sexuels.
J’ajouterais que la dose doit être adaptée. On ne peut pas donner la même quantité d’ayahuasca ou de san pedro à quelqu’un qui pèse 50 kg ou quelqu’un en pèse 100. C’est la dose d’un aliment, d’une plante, d’une expérience qui en fait un poison ou un remède.
Lors d’une cérémonie chamanique, il est fréquent d’avoir à traverser des moments très difficiles, voire terrifiants. J’ai le souvenir d’une cérémonie dans laquelle, d’un coup, tout s’écroule. Je me vois au bord d’un précipice, sur le point de vaciller d’une seconde à l’autre. Mon cœur se met à battre frénétiquement, ma tête tourne. Je n’arrive plus à penser, je ne sais plus qui je suis. Je résiste, je souhaite que tout cela s’arrête. Plus je résiste, plus l’expérience s’intensifie et me plonge davantage dans le chaos. C’est alors que je me rappelle ce que la chamane m’avait dit juste avant la cérémonie : « La plante a besoin de ta confiance et de ta tranquillité. »
J’essaie de me détendre en respirant profondément par le nez. Et je me rappelle que l’expérience va s’arrêter à un moment, au bout de quelques heures. Tout ce qui se présente finira par passer.
Une participante m’avait dit juste avant ma 3ᵉ cérémonie :
« Si ça remue autour de toi, va dans le cœur de ce que tu es, dans ce qu’il y a d’immuable. Ça, tu ne le perdras jamais. Tu ne peux pas perdre ce qu’il y a de vrai en toi. Tu es plus vaste que la peur. »
Il est crucial de se faire accompagner après une cérémonie chamanique, afin que les prises de conscience permises par l’expérience puissent s’intégrer dans le quotidien et être durablement utiles.
Quelques jours après ma première cérémonie d’ayahuasca, j’étais retournée à Paris. Assise dans le métro, puis devant des tableurs Excel sur mon ordinateur, je m’observais d’en haut, comme si j’étais à côté de mon corps. J’ai eu beaucoup de mal à reprendre pied après cette expérience. Et comme personne de mon entourage n’avait fait de cérémonies, je me sentais très seule, je n’avais personne à qui en parler. J’avais l’impression que cette cérémonie avait été un rêve.
Si vous en avez la possibilité, restez quelques jours de plus sur le lieu de la cérémonie chamanique et échangez avec les autres participants et la / le chamane.
Il me semble fondamental d’avoir quelqu’un (ami neutre et bienveillant, thérapeute, psychologue) à qui parler de l’expérience.
Aussi, écrire sur la cérémonie, peut aider à l’intégrer.
Vous pouvez, par exemple noter les grandes prises de conscience et les petites actions qui en découlent, à mettre en place dans les semaines qui suivent.
Les cérémonies chamaniques peuvent nous aider dans notre compréhension du monde et de nous-même. Certaines personnes n’auront jamais d’expériences, ça ne fait pas partie de leur chemin. Pour d’autres, une seule expérimentation peut changer leur vie. D’autres en font toutes les semaines et ont du mal à s’arrêter.
Les cérémonies m’ont aidée à me reconnecter à la grâce et m’ont montré des espaces en moi dont je n’avais pas conscience. Mais je ne peux intégrer qu’un certain nombre d’informations. Comme mon estomac avec la quantité d’aliments qu’il peut digérer. Si je mange plus que mes capacités, je me rends malade. Accumuler des cérémonies n’a pas de sens si je ne prends pas le temps de les digérer et de les intégrer à mon quotidien.
Lors de la dernière cérémonie que j’ai faite en Équateur, j’ai senti que je commençais à saturer. Et qu’il était temps d’essayer d’intégrer les enseignements dans ma vie avant de rencontrer une plante à nouveau.
Je vous souhaite une merveilleuse cérémonie chamanique.
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J’ai participé à 3 retraites de méditation, avec comme intention de retrouver la paix intérieure et non dépendante de l’extérieur :
– 1 retraite Vipassana de 10 jours en 2015 (avec 10 heures de méditation par jour)
– 2 retraites de méditation de 10 et 17 jours dans un autre centre en France (région Rhône-Alpes) en 2022 (le programme est similaire à celui de la méditation Vipassana, avec 7 heures de méditation par jour, des questions/ réponses, des conférences et du yoga en plus).
Il n’était évidemment pas possible de parler ni d’utiliser son téléphone.
Voici les 5 principaux enseignements que j’ai tirés de ces expériences.
« Est-ce que le déjeuner sera bon ? Je dois me laver les cheveux. Vais-je écrire ce deuxième livre ? Que vais-je faire après la retraite ? Pourquoi ça m’est tombé dessus ? Qui suis-je ? »
C’est en s’asseyant pendant une heure en tailleur sur un tapis que l’on constate la multitude de pensées qui nous envahissent chaque minute.
Ces pensées sont naturelles, elles sont même nécessaires pour planifier sa vie, mais elles peuvent aussi nous gâcher le quotidien si on se noie dedans. Mes retraites de méditation m’ont permis d’observer le bavardage de mon esprit et à m’en détacher un peu, en me disant « ah tiens une sensation / une pensée, voyons combien de temps elle va rester ».
« Tu ne peux pas combattre une pensée. Essayer de la combattre la renforce », affirmait notre professeur de méditation.
Je n’arrive pas à combattre mes pensées, mais je peux déplacer mon attention vers ma respiration (sentir mon ventre se gonfler d’air et le rejeter) et les laisser passer sans y accorder trop d’attention.
Aujourd’hui, quand j’ai le mental trop actif, je m’assois en tailleur et je prends une profonde inspiration. Je remplis bien mes poumons, je marque une petite pause, puis je vide tout l’air de mes poumons, je marque une petite pause et je recommence. Cela crée un peu d’espace entre mes pensées.
« L’impermanence est notre seule certitude », disait-il.
Le fait de s’asseoir et d’observer son esprit et son corps permet de faire l’expérience du fait que tout change tout le temps en nous et à l’extérieur de nous. Tout comme la nature, mon corps aussi se transforme, mes cellules se renouvellent à chaque instant. On a une douleur physique : elle arrive, s’installe quelques minutes puis passe. On a une pensée très joyeuse : on se sent bien quelques minutes puis cela passe également. Lors de certaines méditations, je me sens dans un grand bien-être, avec un mental calme et je galère la méditation suivante.
Si tout change, alors ce qui est inconfortable évoluera forcément. Je me suis répétée cela aussi, lorsque je marchais sur le chemin de Compostelle. C’est parce que cette émotion est éphémère que je peux la laisser me traverser, je n’ai rien à craindre. Ce qui est agréable ne dure pas non plus, alors je peux le savourer davantage.
Méditer m’a aidée à accepter le changement.
Lors de mes retraites de méditation, on m’a enseigné un concept fondamental provenant de l’hindouisme, qui m’aide beaucoup dans mon quotidien. Pendant que nous vivons des tas d’événements plus ou moins agréables, une conscience est toujours là qui observe. On l’appelle Brahman, c’est la source de tout ce qui existe, c’est aussi l’espace d’où émergent nos pensées. Il s’agit d’une sorte d’arrière-plan, comme l’écran au cinéma. L’écran ne bouge pas, il est figé tandis que se déroulent des scènes d’horreur ou d’amour. Toutes nos expériences adviennent au sein de cet arrière-plan, qui n’est touché par aucune épreuve. Autrement dit, nous ne sommes ni nos pensées, ni nos expériences, ni nos émotions, qui relèvent du contenu de notre vie. Nous sommes le contenant, cette conscience au sein de laquelle tout cela survient.
Le concept de Brahman est lié à celui d’Atman, l’âme individuelle qui est considérée comme une partie de Brahman. Tous les êtres vivants seraient liés à Brahman et partageraient la même essence divine. En d’autres termes, nous serions tous et toutes une petite partie du tout, nos âmes sont comme les vagues dans un grand océan.
Je peux mettre davantage mon attention sur le contenant de ma vie, cette conscience qui observe, l’écran de cinéma plutôt que le contenu, le décor. Mes pensées, mes émotions, les événements sont les nuages qui vont et viennent, cette conscience est le ciel bleu infini.
« Sentez l’énergie du feu dans votre chakra du plexus et ouvrez-vous à l’universalité de cette énergie. Le feu représente l’enthousiasme, la détermination, et aussi la colère et la frustration. Ce n’est pas votre feu, c’est le feu universel qui vous traverse. Il y a la même essence dans l’univers et dans votre corps. Nous sommes comme des antennes, nous ne faisons qu’emprunter les énergies de l’univers. »
Ces mots ont résonné en moi. Mes émotions, comme la colère, sont des énergies universelles qui me visitent et qui visitent d’autres personnes. Ce n’est pas ma colère, ce n’est pas ma tristesse, ce n’est pas ma fatigue, ce n’est pas mon inspiration pour écrire. Si ces émotions et sensations ne m’appartiennent pas, alors je peux les laisser circuler en moi et aussi les laisser aller.
« Tu m’entends ? Tu devrais investir là-dessus. Au fait, tu as lu les dernières nouvelles ? La Bourse s’effondre. Tu connais le nouveau restaurant à la mode ? »
Méditer, c’est arrêter d’essayer de naviguer et prendre le temps d’aller voir ce qui se cache tout au fond de l’océan.
Lors de mes retraites, je constate que c’est agréable de ne pas utiliser de mots. Je prends conscience que je parle trop pour combler le vide ou essayer de briller en société. Ça fait du bien de ne pas avoir à mentir. Et ça fait un bien fou de ne pas utiliser son téléphone, j’ai eu beaucoup de belles idées qui me sont venus, dont des chapitres entiers de mon 2ᵉ livre Enseignements de la montagne.
Enfin, je constate aussi mon addiction aux réseaux sociaux et mon attachement au nombre d’abonnés et de likes. Pourquoi en vouloir toujours plus ? Qui en veut plus ? Cette quête n’a pas de fin, car il y a toujours un palier supplémentaire à atteindre. Après les mille abonnés, il y a les dix mille, les cent mille, le million, etc. Assise en tailleur et dans le silence, augmenter mon nombre d’abonnés n’a plus d’importance. Rien n’a plus de valeur que ce silence. C’est alors que je m’engage envers moi-même de m’offrir des temps de silence chaque jour.
Méditer, c’est faire un pèlerinage, de sa tête à son cœur, pour se rappeler qui on est, instant après instant. Nous en avons l’occasion à chaque seconde de nos vies.
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Écrire un livre, faire une conférence, ou même simplement partager ses idées s’accompagne souvent de cet invité : le syndrome de l’imposteur. Ce sentiment auto-entretenu d’incompétence et de doute en sa personne et ses compétences, et qui persiste malgré les succès.
La conséquence de cela ? Par manque de confiance en soi, on se retient d’apporter qui on est au monde.
« Je suis nulle, je n’y arriverai pas, qui suis-je pour vouloir écrire ce livre ou réaliser ce documentaire ? »
J’ai longtemps souffert du syndrome de l’imposteur qui a failli me bloquer à réaliser mon film et écrire mes livres.
Je ne m’en suis pas totalement libérée mais il y a 8 étapes qui m’ont aidée à surmonter ce syndrome de l’imposteur.
Cette voix qui me disait que je n’étais pas à la hauteur, elle avait peur, que j’échoue, que je souffre, ou même que je sois ridiculisée en écrivant un livre. Pour elle, il vaut mieux se dire que je suis nulle et ne pas y aller, plutôt que de prendre le risque que d’autres personnes le pensent ou me le disent.
Je vous propose d’imaginer que vous prenez dans vos bras l’enfant que vous étiez et qui s’est senti jugé, ou même humilié. Demandez-lui ce qui pourrait le rassurer à se remettre à créer.
Ces dernières années, j’ai appris à écouter cet enfant que j’étais, cette part de moi qui a peur et à la rassurer, en ressentant de la compassion.
Les attentes irréalistes nous paralysent. C’est bien de s’inspirer de personnes qu’on admire, mais peut-être qu’il vaut mieux s’inspirer de quelqu’un qui est à trois marches de plus que nous dans l’escalier plutôt que trente de plus.
Nous serons toujours mieux ou moins bien que quelqu’un aux yeux de notre mental.
Alors qu’au fond, nous ne sommes ni supérieurs ni inférieurs à qui que ce soit. Nous sommes exactement conçus comme nous devons l’être, avec nos compétences et nos qualités propres. Nous avons toutes et tous quelque chose d’unique à apporter au monde, que personne ne peut apporter à notre place.
Prenez un temps pour lister quelles sont les qualités qu’on vous attribue le plus souvent et vos talents naturels. Quand j’écrivais mon premier livre Marcher vers son essentiel, on m’a dit :
« Il y a déjà tant de livres écrits sur le chemin de Compostelle, pourquoi en écrire un autre ? »
Cela m’a fait douter l’espace d’un instant. Puis j’ai senti, au fil de l’écriture, que mon expérience du Chemin était unique et que j’apportais un angle particulier du chemin dans ce livre : je donnais la parole aux personnes en quête, qui quittent tout pour se retrouver. Même si des tas de livres avaient déjà été écrits, je pouvais apporter mon témoignage unique. Et aujourd’hui, quand je lis vos retours de lectures, je suis heureuse d’être allée au bout de ce projet.
« Est-ce que ça fonctionnera ? Est-ce que ça aidera les gens ? Suis-je assez bonne ? »
Ces questions nous obsèdent quand on a le syndrome de l’imposteur. Je vous propose de rediriger votre attention vers la question :
« Est-ce que je ressens de la joie en faisant cela ? Est-ce que ça me fait du bien à moi ? »
Si vous avez de la joie à écrire ou à avancer sur n’importe quel projet, alors, c’est ce que vous avez à faire. Faites confiance en votre joie, elle est votre GPS !
Et écrivez comme si personne n’allait vous lire, juste car cela vous plaît
Les gens qui ont écrit 20 livres ont forcément commencé quelque part. Il y a peut-être des virtuoses comme Mozart qui ont un don. Mais il s’agit de cas isolés. Dans la plupart de cas, une personne qui excelle dans son domaine a consacré des milliers d’heures à son œuvre. Gardez votre précieuse énergie pour avancer sur votre projet plutôt qu’à vous demander si vous êtes assez bonne ou compétente. D’ailleurs, la seule façon de savoir si « ça marchera » est justement d’y travailler un peu chaque jour. Avoir une discipline d’écriture quotidienne m’a beaucoup aidée à moins me questionner sur ma valeur. D’ailleurs, j’essaie d’écrire le matin au réveil avant même d’allumer mon téléphone (je parle de cette routine dans cet article).
Si vous voulez écrire un livre, alors : écrivez !
Même si je laisse encore mon mental me raconter, parfois, que je ne suis pas « assez bien », je n’ai plus trop le temps de l’écouter. Nous ne choisissons pas toutes les pensées qui nous traversent, mais nous pouvons choisir de ne pas accorder trop d’attention aux pensées d’auto-sabotage. Il y a tant à créer ! Et notre énergie est limitée. Consacrons-la à ce qui compte vraiment !
« Il ne s’agit pas (que) de toi. »
Quand une femme est enceinte, ce n’est pas elle qui crée le bébé, elle ne crée pas chacun de ses ongles ou ses cheveux. Elle doit être là pour accueillir le bébé (et c’est un travail énorme !), mais c’est la vie qui crée à travers elle. C’est un peu pareil dans nos créations artistiques. Bien sûr que la discipline quotidienne est fondamentale. Mais je crois aussi en une autre énergie… En avançant dans l’écriture, je me suis sentie portée par la magie de mon projet. J’ai eu de grands moments d’inspiration où une autre énergie que la mienne semblait me dicter les mots. J’ai senti que j’étais au service, de plus grand. J’avais confiance. Pas forcément en moi, mais dans l’inspiration qui me traversait.
Il ne s’agit pas que de moi et de ma volonté. Quand on se prend la tête à se demander si on est assez bonne, on oublie que nous ne sommes pas la seule à l’œuvre. Mettre son attention sur cette inspiration nous permet de nous décentrer un peu de notre ego, qui a peur.
Toute personne ayant développé une compétence, a commencé par un petit pas. Chaque grande réalisation est moyenne au début. On a besoin de se tromper pour progresser, comme un enfant qui doit tomber plusieurs fois avant de savoir marcher. Diriez-vous à un enfant :
« Tu es nul, tu as encore échoué » ?
Évidemment que non ! Vous lui diriez sans doute :
« Tu viens de tomber, bravo d’avoir essayé, continue, tu vas y arriver. »
Récemment, au moment de publier un texte sur les réseaux sociaux, j’ai entendu cette voix en moi :
« C’est trop simple, basique, cliché, tu ne vas quand même pas partager ça ? Tu n’as pas mieux ? »
Pourtant, je sentais que l’élan était là de partager ces mots : la conclusion du texte était que dans chaque situation en apparence négative, il y a du positif. Je l’ai publié et une personne m’a remercié en me disant qu’elle avait justement besoin de lire cela, à ce moment précis de la journée. Même si à mes yeux, ce que je partage est insignifiant, je ne suis jamais sûre à l’avance de son impact. Au final, qu’est-ce que ça coûte d’essayer ?
Je me souviens de ce jour où j’ai projeté mon film Chemins de vie pour la première fois devant une dizaine de personnes, alors qu’il était encore en cours de fignolage. J’ai fait face à cette peur de montrer un film « pas assez bien ». J’ai reçu des retours très positifs et constructifs pour l’améliorer. C’est ce premier pas précis qui a mené à d’autres pas et qui font qu’aujourd’hui, grâce à tous ces pas, je suis régulièrement contactée pour projeter ce film dans des cinémas.
Le plus dur a été de subir les critiques de certains de mes proches qui projetaient leurs propres peurs sur moi. Quand j’ai dit à un proche que j’écrivais un livre, sa première réaction (maladroite) a été : mais tu crois vraiment que ça va intéresser des gens ? Même si je me suis sentie découragée, cela m’a finalement donné la force de lui prouver que oui, ça pourrait intéresser des gens.
Quand j’ai donné mes premières conférences sur le chemin de Compostelle, je me suis parfois demandée si on s’était trompé dans le casting en m’invitant. Je prenais la parole aux côtés de personnes que j’admire beaucoup (comme Linda Bortoletto). J’avais peur de dire quelque chose de ridicule et d’être jugée pour cela. Ce qui m’a aidée est de me rappeler que mon intention la plus profonde était d’être au service d’un message qui me tenait à cœur. Si mon intention est celle-là, alors je n’ai « pas le temps » de me demander si je suis assez bonne, je dois me mettre au service de mon message.
Le syndrome de l’imposteur est toujours présent en moi. Mais je lui accorde moins de crédit. À « tu es nulle, pour qui tu te prends pour écrire un livre ? », je réponds « peu importe que je sois bonne ou nulle, je suis occupée à créer, je suis au service. Pour qui je me prendrais pour ne pas réaliser ce projet et pour priver le monde de ce qui se manifeste d’unique à travers moi ? »
Et vous, qu’est-ce qui vous a aidés à surmonter le syndrome de l’imposteur ? Dites-moi en commentaire.
Sachez que je lance ma formation en ligne « 3 mois pour écrire son 1ᵉʳ livre ». Si vous avez le projet d’écrire un livre, mon intention est de vous fournir le mode d’emploi, les outils et le soutien nécessaires pour aller au bout. On démarre le 17 septembre, je me réjouis !
Voici la vidéo YouTube associée à l’article :
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Quels sont les 8 conseils que j’aurais aimé recevoir avant de me lancer sur le chemin de Compostelle?
De août à décembre 2017, j’ai marché pendant 4 mois sur le Chemin de Compostelle de Strasbourg à Saint-Jacques de Compostelle (environ 2000 kilomètres), j’ai d’ailleurs réalisé un film et écrit un livre sur cette expérience. Et j’y suis retournée en 2019 et en 2020.
On m’a souvent demandée quels conseils je donnerais à quelqu’un qui se lancerait sur le chemin.
Je vous livre ici mes 8 conseils.
« Fais confiance et n’attends rien du Chemin pour le laisser tout te donner. Quand on attend, on se focalise sur l’attente et on loupe tout le reste ! » disait Eric dans la vidéo où je demande à 8 pèlerins quels conseils ils donneraient à quelqu’un qui se lance.
Et je suis entièrement d’accord avec lui.
Vas-y le coeur ouvert. Tu as peut-être lu de nombreux témoignages du Chemin et même mon livre Marcher vers son essentiel. Pourtant, quand tu auras posé ton premier pas, ce sera ton chemin à toi. Le Chemin, la Vie, te donnera exactement ce que tu auras besoin d’expérimenter. Et il y a de grandes chances que ce soit différent de ce que tu auras imaginé / attendu.
Il peut être intéressant de poser une intention pour ce Chemin, par exemple : « j’ai envie d’apprendre à m’aimer plus », ou « j’ai envie de marcher pour avoir de la clarté sur la prochaine étape de ma vie ». Tu peux ensuite laisser cette intention de côté et revenir dessus à la toute fin de ton périple. La différence entre une attente et une intention est que lorsque tu poses une intention, tu émets un désir qui vient du coeur, sans trop te focaliser sur le résultat. Tu l’émets puis tu laisses le Chemin se charger du reste.
« Je suis d’abord partie marcher une semaine, puis j’ai décidé de continuer une semaine de plus. Et là, ça fait un mois que je marche. Le fait de me donner de petits objectifs m’a permis de partir de chez moi. Si je m’étais fixé directement l’objectif d’aller à Saint- Jacques-de-Compostelle, je ne serais pas partie. », Jeanne, pèlerine qui a marché pendant 2 mois.
Parfois, c’est bien de ne pas trop se focaliser sur le sommet de la montagne (arriver à Saint-Jacques de Compostelle) car on peut se décourager. Lorsque je suis partie marcher d’Alsace, je voulais arriver à Santiago d’une traite et cet objectif ambitieux a bien failli me faire abandonner le chemin.
Au final, je me disais « je marche vers l’Ouest, et je verrais jusqu’à où j’arrive« . Et quelque chose s’est détendu en moi.
Ne te force pas à marcher un nombre de kilomètres défini. Il y a des jours où j’ai marché dix kilomètres et d’autres trente. Si tu ne t’es pas entraîné, je te conseille de commencer par de petites étapes au début (une quinzaine de kilomètres maximum) et d’augmenter progressivement le nombre pour laisser ton corps s’habituer. S’obliger à marcher trop vite, c’est devoir ralentir par la suite, car c’est là que le corps peut développer une tendinite, des ampoules, ou d’autres maux.
Si tu as une période définie sur le chemin (par exemple 2 semaines), je te conseille de te dire « je verrais jusqu’où j’arrive dans 2 semaines » plutôt que t’imposer d’arriver à une destination (par exemple Conques). Comme ça, tu seras ouvert à ce que le chemin te proposera et tu pourras décider de rester un jour de plus à un endroit où tu te sens bien.
Je me souviens de ce moment lorsque j’arrivais au Puy en Velay après plusieurs semaines de marche. J’ai étalé l’ensemble du contenu de mon sac sur mon lit. J’avais besoin de m’assurer que chaque chose que je porte est essentielle, car chaque objet m’alourdit et peut m’empêcher d’avancer.
Voici la liste non exhaustive de ce que j’ai abandonné ce jour-là :
– Mes guêtres, que j’ai la flemme de sortir quand il pleut.
– Mon petit shampoing et dentifrice sont remplacés par le savon de Marseille que je vais désormais utiliser pour me laver le corps, les cheveux, faire ma lessive et me brosser les dents (c’est bizarre au début mais on s’y habitue !)
– Deux livres que je laisse dans l’auberge, mon guide papier de l’itinéraire et des hébergements des deux régions que j’ai déjà traversées. Je ne rachète pas de guide car le chemin est bien balisé et je suis informée des hébergements en discutant avec des pèlerins et en ouvrant les yeux.
– Mes sandales de marche sont remplacées par des tongs, plus légères.
– Ma lampe frontale, car celle de mon téléphone fait l’affaire.
– Un t-shirt, une corde qui devait me servir pour accrocher mon linge et mon drap de soie (je cumulais un sac de couchage et un drap de soie).
– Mon déodorant, mon mascara, mon anticerne, ma crème solaire et mes lunettes de soleil.
A chaque fois que tu te dis en préparant ton sac : «Je prends ça au cas où», ne le prends pas, car ça va alourdir ton chemin.
Voyage léger ! Et avec de bonnes chaussures déjà utilisées, ou au moins confortables (une pointure au moins en plus que sa pointure).
Je n’ose pas écrire ça sur des groupes facebook ni en parler à des proches mais c’est d’une souffrance de marcher… J’ai mal partout, je me sens seule, toutes mes émotions remontent à la surface. Et personne ne m’a prévenue !
Je lui ai répondu que oui, je comprenais ça très bien car j’avais vécu quelque chose de similaire, les personnes qui ont lu mon livre le savent et m’ont remerciée d’avoir été aussi claire sur les potentielles difficultés.
Je pense que c’est bien de se préparer au chemin en se disant que ce sera un effort, surtout au début, le temps que le corps et l’esprit s’habituent. Comme le dit Nicole :
« La première semaine est la plus difficile. C’est là où des petites douleurs (aux pieds, au dos, etc.) se réveillent. Si on arrive à la surmonter, le corps est échauffé et on peut enfin savourer. »
Ce que j’ai trouvé beau dans mon expérience c’est qu’au fil de mes pas, mon corps s’est en effet habitué à ce rythme de marche et mon mental aussi. Il y a des moments où je n’avais littéralement plus de pensées et où je me sentais profondément connectée à mon corps et à la nature.
Je vois beaucoup de personnes qui veulent à tout prix créer un blog ou une page sur les réseaux sociaux pour partager leur expérience du chemin. Je n’ai publié que deux textes sur les réseaux sociaux en quatre mois de marche, et je m’en remercie. C’est après avoir intégré mon expérience que je l’ai partagée autour de moi.
Il y a un temps pour vivre une expérience et un temps pour la partager.
« Il n’y a qu’une façon de marcher sur le Chemin, et c’est comme manger un éléphant. Tu dois le faire un morceau à la fois. Si tu te dépêches, tu perds tout l’intérêt du Chemin. Laisse-le s’infiltrer progressivement dans tes pensées, ton esprit et dans ton corps. C’est comme faire un câlin à quelqu’un. Pour en profiter, il ne faut pas être pressé. Tu te blottis, tu sens la chaleur et l’affection, et tu te laisses envelopper. Le Chemin, c’est comme un grand câlin. » Ces mots sont de Ian, qui nous livre cette métaphore dans cette vidéo.
J’aime cette idée de laisser le chemin agir en nous. Lorsque j’arrivais dans les gîtes le soir, la première question qu’on me posait était : « alors tu es partie d’où? tu vas jusqu’à où? ». Alors que moi, je n’avais qu’une envie : demander aux pèlerins en quoi ce chemin agissait en eux. J’ai vu des pèlerins marcher, tels des militaires, trente-cinq kilomètres par jour, ils semblaient pressés d’arriver à destination. Je me suis parfois sentie honteuse de galérer à finir des étapes à dix-huit kilomètres.
Avec du recul, je me remercie de m’être « abandonnée » au chemin, sans me presser et sans trop chercher à imposer mes propres règles.
Ahhhhh le retour, le fameux retour, ce moment appréhendé par tant de pèlerins. Bon on ne va pas se le cacher, quand on a été bercé dans une bulle de nature, de contacts bienveillants, de mouvement du corps quotidien, ça peut être difficile de revenir travailler, parfois dans un sous-sol sans fenêtres, face à son ordinateur dans une grande ville. C’est pourquoi il peut être bien de se laisser un temps de digestion comme le dit si bien Eric :
« Le Chemin nous change souvent au plus profond de nous-mêmes. Je compare le Chemin à une plongée en apnée, tu as besoin d’un sas de décompression. Le Chemin t’aura changé, et tous les gens qui t’aiment vont voir ces changements et t’assaillir de questions en te demandant de leur raconter. Mais tu auras beau leur raconter, s’ils n’ont pas vécu le Chemin, ils ne pourront pas comprendre, ça amènera une frustration pour toi et pour eux. Il est important de prendre une semaine pour digérer et revenir petit à petit en surface après avoir marché. »
Voici mes 5 conseils pour se préparer au mieux au retour, en plus de se laisser du temps :
– Entoure-toi de personnes qui comprennent ce que tu as vécu.
– Demande-toi quels sont les ingrédients du chemin qui t’ont plu et que tu pourrais mettre en place dans ta vie actuelle. Pour cela, tu peux t’inspirer de mon article dans lequel je parle de 7 ingrédients qui font du chemin de Compostelle un chemin thérapeutique.
– Fixe-toi un nouveau projet qui te tient à coeur, ça peut être de retourner sur le Chemin ou un autre voyage. Moi ce qui m’a aidée, ça a été de me lancer dans le montage de mon film « Chemins de Vie » puis d’organiser des évènements de projection.
– Écris sur ce que tu as vécu, ça peut t’aider à l’intégrer. Moi j’ai aimé écrire des anecdotes qui ont été particulièrement transformatrices et qui m’ont connectée à la magie de la vie. Ce sont ces textes qui ont donné par la suite naissance au livre Marcher vers son Essentiel. Mais ici l’idée, n’est pas d’écrire forcément un livre mais écrire pour soi, pour extérioriser ce qu’on porte.
– Ouvre les yeux sur la magie du quotidien. J’ai eu la joie d’observer de nombreuses synchronicités sur le chemin. Avec du recul, je crois que le Chemin m’y rend plus ouverte et que cette magie est partout. Dans la chanson que tu écoutes, la caresse du vent, le battement de cœur de la personne assise à côté de toi dans cette pièce.
Il s’agit d’ouvrir les yeux.
(un grand merci à Romain Robine pour sa photo de couverture.)
J’organise une e-projection de mon film Chemins de vie, sur Zoom, le mardi 26 mai à 19H30. Nous regarderons le film ensemble puis nous prendrons un temps pour échanger ensuite sur le chemin de Compostelle (comment se préparer, les peurs, comment mieux vivre le retour) et sur le chemin de la vie. Au plaisir de vous y voir. Vous pouvez réserver votre place ici.
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]]>Article écrit par Mathilde Lerède.
À l’heure où fleurissent nombre de théories sur la loi de l’attraction, de l’abondance ou de la pensée positive pour atteindre des chiffres d’affaire toujours plus astronomiques, l’entrepreneuriat vend du rêve.
Le rêve de gagner de l’argent sans trop travailler, en voyageant tous les mois aux quatre coins du monde et en sirotant des cocktails vegans dans un hamac. Pour d’autres, ce sera conduire une belle voiture, s’entourer de personnes connues et reconnues, accumuler les followers sur Instagram… et j’en passe. Les entrepreneurs « spirituels » n’échappent pas à cette ruée vers l’or. C’est vrai, disons-le, elle fait rêver. Elle devient même une sorte de norme à atteindre pour valider le fait que nous avons réussi. Mais l’abondance a-t-elle toujours ce visage ? Et si nous cheminions ensemble vers la voie du dépouillement et de l’abondance intérieure ?
Respirer, sentir son corps vivant, regarder une fleur, sentir l’air sur sa peau… sont autant d’expériences quotidiennes qui, vécues en pleine conscience, peuvent remplir notre réservoir intérieur de bonheur, de paix et de contentement.
Il arrive parfois que nous idéalisions un rêve : « si j’avais ceci, je serai plus heureux.se » , « quand j’aurai cela, je serai en paix ». Et quand vient l’expérience, le bonheur ou la paix escomptés ne sont pas au rendez-vous.
Il y a une citation bouddhiste que j’aime beaucoup :
« l’égo dit : quand tout sera en place, je trouverai la paix. L’âme dit : trouve la paix et tout se mettra en place. »
Je rajouterai à cette maxime que ce sont aussi nos actions qui construisent nos rêves et que « tout se mettra » en place quand nous ferons les premiers pas. « Fais un pas, le ciel t’aidera ».
Une autre histoire m’a aussi beaucoup marquée pour relativiser nos espoirs projetés : l’histoire du vieux paysan, de son fils et de leur cheval. Pauline y fait référence dans cet article de blog, je vous invite à aller le lire en cliquant ici.
Cette histoire est remplie de sagesse ! Nous projetons sur des événements extérieurs, l’abondance que nous recherchons : la richesse, la paix, le bonheur… Mais n’est-elle pas finalement dans l’attitude de ce vieux paysan ? Dans cette relation d’acceptation totale de ce qui est, dans l’instant présent, sans projections, ni attentes ?
Prenons un instant, ici et maintenant, pour fermer nos yeux et nous glisser dans nos sensations et posons-nous cette question : comment je me sens quand je projette mon bonheur dans la possession ou le futur ? Puis posons-nous cette deuxième question : comment je me sens quand je me mets à la place de ce paysan qui accueille chaque expérience de vie comme un enseignement ?
Prenez vraiment ce temps pour ressentir et observer tout ce qui émerge. Est-il possible pour vous d’imaginer être dans cette deuxième posture ? Votre vie est-elle suffisamment remplie de sens aujourd’hui et maintenant pour ressentir cette possibilité de se gorger de l’instant présent ?
Car oui, pour moi, il y a un prérequis à cette capacité. Celle de se reconnecter à son pouvoir personnel et créateur. Comment pourrions-nous être en paix avec le monde tel qu’il est si nous ne sommes pas en paix avec nous-mêmes et nos choix ?
Être ancrés dans la réalité et apprécier l’instant présent nécessite, pour moi, d’avoir fait un chemin vers son âme. Si nous nous soumettons à un cadre de vie ou une autorité qui va à l’encontre de nos profondeurs, nous déracine de notre fondation unique et personnelle, nous ne serons pas en phase avec la vie pour se laisser traverser par elle.
Alors parfois, pour vivre cette abondance intérieure, il est nécessaire de passer par une phase de dépouillement des masques qui recouvrent l’être …
Quelle est-elle cette richesse qui nous remplie de l’intérieur et nous laisse en paix dans l’expérience du monde ? Elle est simplicité : une respiration. J’inspire et je contemple mon être. J’expire et je relâche les tensions. J’inspire et j’accueille mes émotions, mes pensées, mes sensations. J’expire et je les laisse partir si besoin. Ces pratiques que j’ai reçu au village des pruniers par les moines et moniales disciples de Thich Nhat Hanh, m’a profondément touchée. Revenir au souffle, à la simplicité de cet acte quotidien et mécanique. En faire un support de conscience et de nettoyage de tout le superflu.
Il y a dans les pratiques de méditation un trésor que la plupart des êtres humains d’aujourd’hui ignorent. Une façon de se relier à soi-même, de mieux s’écouter, se comprendre et se connaître. Une façon de rencontrer le monde de façon plus subtile, dans l’expérience sensorielle directe et non par le biais du mental.
J’entends par mental les quelques 80 000 pensées quotidiennes qui nous traversent consciemment ou non et qui cartographient le monde selon des schémas et des jugements préétablis : j’aime, je n’aime pas, je suis comme ça, c’est bien, c’est mal … Nous classons le monde de façon automatique selon des critères souvent hérités de nos parents, de notre société ou des groupes que nous fréquentons.
La méditation nous invite à calmer ce mental pour laisser la place au silence d’abord et peut-être, laisser la place à d’autres perceptions ou façons de voir le monde. Peut-on faire un léger pas de côté pour observer, sans juger, le monde qui nous entoure et pourquoi pas, expérimenter régulièrement d’autres façons de faire ou d’être ?
Se dépouiller de l’acquis, de ce que nous pensons être la vérité ou notre vérité. Pouvons-nous laisser nos armures, nos certitudes, nos habitudes, nos peurs, nos prisons intérieures pour voguer sur les grands espaces de l’infini des possibles ?
Sortir de sa zone de confort est aussi un thème très à la mode. Encore faut-il se demander pourquoi le fait-on. Pour faire bien ? Pour se prouver des choses ? Pour montrer sa valeur et recevoir de la reconnaissance ? Je dirai qu’il me paraît essentiel de se questionner avant cette exploration de conscience : Suis-je heureux.se dans ma vie ? Est-ce que je me sens relié.e avec mon entourage de façon harmonieuse et authentique ? Est-ce que j’ai respecté mes rêves, mes aspirations profondes ? Suis-je fière de moi ? Est-ce que je prends soin du vivant en moi et tout autour de moi dans les gestes de mon quotidien ?
Ces questions peuvent bousculer… Si vous y répondez non, je dirai qu’il peut être intéressant de commencer un chemin de reconnexion avec votre âme, votre Moi profond. Plusieurs voie sont possibles. La marche (vous pouvez lire l’article de Pauline sur la marche en cliquant ici), un accompagnement thérapeutique, l’écriture, l’art, le coaching… (Découvrir mes coachings )
Il n’y a aucun traité qui a déclaré que nous devions vivre malheureux et déprimés. Il n’y a aucune obligation à continuer de fonctionner d’une certaine façon ou dans un système qui ne nous rendent pas heureux.se. Il y a uniquement vous et votre pouvoir de création. Choisir de se dépouiller des habits que nous avons mal choisis, c’est avancer vers l’abondance d’une vie à notre image. Pas celle des magazines, des réseaux sociaux ou des modes de réussite, celle de notre cœur et de notre ventre. Ce sont bien dans nos petites cellules que vibrent les pulsations du vivant. Se lever chaque matin dans la joie de réaliser sa vie et de concrétiser ses rêves personnels demande parfois du courage mais : « fais un pas, le ciel t’aidera ».
J’aimerais ajouter ici que cheminer vers l’abondance intérieure n’est en rien antagoniste avec le fait de cheminer dans l’abondance matérielle. Nous pouvons tout à fait générer de l’argent tout en ayant un très beau et profond chemin spirituel. Les questions essentielles sont, pour moi : comment je consomme ? D’où vient mon argent ? Dans quoi je l’investis? Mon utilisation de l’argent est-il en cohérence avec mes valeurs ?
Nous nous sommes tellement habitués à la croyance populaire qu’ « il faut travailler dur pour gagner sa vie » que beaucoup de personnes pensent incontournable de travailler en se faisant violence. De part mon expérience et celles des personnes que j’accompagne, je peux vous assurer que ce n’est qu’une croyance !
Je ne vais pas vous le cacher, beaucoup de personnes que j’accompagne sont entrepreneurs ou se tournent vers l’entrepreneuriat. Je ne veux pas en faire une panacée ; un autre rêve fantasmé. Tout le monde n’est peut-être pas fait.e pour ce chemin. Néanmoins, je pense que créer son entreprise peut être une magnifique expérience d’empuissancement personnel, de réalisation et un chemin spirituel.
Entreprendre, c’est se donner la possibilité de créer ses propres règles et d’innover. Tout est possible ! Vous pouvez complètement créer votre façon de travailler, de communiquer, de démarcher, de vendre, de produire… Certes cette liberté peut faire peur. Nous n’avons tellement pas été habitués à prendre des décisions à partir de nous-mêmes !
Mais c’est justement dans ce champs des possibles que notre unicité peut se déployer. La vie nous a créé uniques et, je pense, profondément faits pour la joie, l’amour, l’altruisme, le plaisir de vivre.
Nos entreprises peuvent devenir l’extension de nous-mêmes. Le prolongement de nos besoins, de nos envies et de nos aspirations. Le modèle social dans lequel nous nous épanouissons et où nous avons toute la latitude nécessaire pour faire les bons choix pour nous.
Alors, pour faire de cet idéal une réalité, il faut emprunter le chemin de la connaissance de soi. Cette plongée dans nos ressentis, nos profondeurs, nos prisons intérieures, nos illusions, nos sabotages, mais aussi notre génie, notre créativité innée (car oui, pour moi, nous sommes tous créatifs), notre zone de « kiffe ». Ce chemin est pour moi, pleinement, celui de la spiritualité. Connais toi toi-même et tu connaîtras l’univers et les dieux.
La spiritualité ce ne sont pas des dogmes pour nous asservir mais un élan d’amour qui commence par nous-mêmes et se déploie dans nos actions, pour le monde, y compris dans l’entrepreneuriat.
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]]>Vous connaissez Sylvie de RadioCamino ?
Elle partage sur son blog et sa chaîne YouTube, depuis une dizaine d’années, des conseils et des anecdotes pour les personnes qui veulent se lancer sur le Chemin de Compostelle. Je recommande vivement ses vidéos.
Elle passe une belle partie de sa vie à marcher sur les Chemins. On s’est rencontrées virtuellement il y a environ un an. On a même organisé une e-projection de mon film ensemble. Mais on ne s’était jamais vues en vrai.
Quand elle me dit qu’elle rejoint le Portugal pour marcher sur la Rota Vicentina, je saute de joie.
Alors que la date de nos retrouvailles approche, je suis fatiguée au point d’avoir du mal à sortir de mon lit. J’apprends à moins me juger d’expérimenter cela. Mais je ne veux pas que ma mauvaise humeur soit contagieuse.
Elle me donne un lieu de rencontre, à 80 kilomètres. Le jour J, je me tire hors de mon lit, prépare à la va-vite mon sac et me pose au bord de la prochaine route pour faire du stop (n’ayant pas de voiture). J’ai déjà réalisé plusieurs trajets en auto-stop en France mais c’est à chaque fois un élargissement de zone de confort. Je suis vigilante, à l’écoute de mon corps.
Une voiture s’arrête, un père et son fils au sourire charmeur. Le père me demande si je suis mariée. Le fils dit qu’il est célibataire. Je sens une tension alors que les kilomètres défilent. J’accueille cette tension. Ils me déposent plus loin, puis 5 voitures s’enchaînent et m’apportent jusqu’à ma destination.
5 histoires différentes. Le dernier insiste pour m’offrir une bière. Après tout, il m’a rendu service, je pourrais dire oui. C’est « juste une bière » comme il dit en voyant mon hésitation. Mais si je me force, est-ce que je lui rends vraiment service ? Je dis non, avec un sourire bienveillant.
Et je retrouve Sylvie. Elle me propose de marcher avec elle sur la rota vicentina.
N’ayant pas de chaussures de marche, j’y vais pieds nus, sur les sentiers de sable. On se baigne dans l’eau fraîche de l’océan. Nos échanges sont nourrissants.
Au fil de nos pas, je me déleste de tout ce qui me pesait les jours d’avant.
Je me sens comblée, par cette rencontre, par la nature, la mer.
S’il y a une chose que le Chemin m’a enseignée, c’est à prendre ma joie dans les bras comme je le ferais pour ma mélancolie. Sans trop juger, sans trop m’y attacher. Je suis encore en chemin.
Comme l’écrit Rumi, : « l’être humain est une maison d’hôte, avec chaque jour une nouvelle arrivée. Joie, tristesse, colère. Il s’agit les accueillir et d’en être reconnaissante, quelle qu’elle soit. Car chacune nous a été envoyée comme un guide venu de l’au-delà. »
Très naturellement, Sylvie me propose de m’interviewer pour que je parle de mon livre Marcher vers son essentiel qui sort le 10 mars en librairie aux Editions Eyrolles.
Dans un paysage magnifique, je lui parle de ce qui m’a motivée à l’écrire. Elle me confie à la fin de l’interview, qu’elle aussi, elle a comme intention avec RadioCamino d’amener les personnes à se mettre en Chemin.
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