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]]>Dans de nombreuses entreprises, les équipes financières concentrent naturellement leurs efforts sur les “gros dossiers” : créances importantes, clients stratégiques ou contentieux sensibles.
Pendant ce temps, des centaines — parfois des milliers — de petites créances impayées s’accumulent silencieusement.
Individuellement modestes, elles finissent collectivement par représenter des montants considérables.
C’est ce que l’on appelle : la longue traîne des recouvrements.
Au CABINET D’ORMANE, nous considérons depuis longtemps que cette longue traîne constitue l’un des enjeux les plus sous-estimés de la gestion du poste client moderne.
La longue traîne désigne :
Ces dossiers présentent généralement :
Pourtant, leur accumulation crée un véritable enjeu financier.
Prenons un exemple simple :
| Type de créances |
Nombre |
Montant moyen |
Encours total |
|---|---|---|---|
| Gros dossiers |
15 |
10 000,00 € |
150.000 M€ |
| Longue traîne |
2 300 |
150,00 € |
345.000 M€ |
Dans de nombreuses organisations, la longue traîne finit par représenter :
Une créance de :
Mais multipliée par plusieurs centaines de dossiers, elle devient stratégique.
Les équipes internes hésitent souvent à mobiliser du temps sur :
Résultat :
Historiquement, le recouvrement a été conçu autour :
La longue traîne nécessite au contraire :
Le traitement efficace de la longue traîne repose aujourd’hui sur :
Le sujet n’est plus seulement juridique.
Il est devenu :
technologique, organisationnel et comportemental.
Les approches traditionnelles présentent plusieurs limites :
Le débiteur perd progressivement le sentiment d’urgence.
Tous les dossiers sont traités de manière identique, alors que les comportements diffèrent fortement.
Plus une créance vieillit :
Les coûts opérationnels explosent lorsque les processus restent manuels.
Au CABINET D’ORMANE, nous avons développé une approche spécifique de gestion de la longue traîne des recouvrements.
Notre conviction est simple :
une petite créance n’est pas une créance sans valeur.
Le traitement de masse ne signifie pas déshumanisation.
Au contraire :
Notre méthode combine :
Nous analysons notamment :
Cette approche permet :
L’une des erreurs fréquentes consiste à abandonner trop vite certains dossiers.
Or, dans la longue traîne :
Certaines créances deviennent recouvrables plusieurs mois après leur apparition.
Contrairement à une idée reçue, les faibles montants peuvent être recouvrés de façon rentable:
La mutualisation des traitements et l’automatisation permettent aujourd’hui de traiter efficacement des portefeuilles très fragmentés.
Dans un contexte de :
les entreprises ne peuvent plus se permettre de négliger une partie de leurs créances.
La longue traîne représente souvent :
un gisement caché de trésorerie immédiatement mobilisable.
La longue traîne des recouvrements est longtemps restée un angle mort de la gestion du poste client.
Aujourd’hui, elle devient un sujet central :
Les entreprises qui sauront industrialiser intelligemment le traitement de leurs petits impayés disposeront d’un avantage concurrentiel réel.
Au CABINET D’ORMANE, nous sommes convaincus que l’avenir du recouvrement repose autant sur la technologie et la data que sur la compréhension humaine des comportements de paiement.
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]]>GESTION DES CRÉANCES COMMERCIALES
Pénalités de retard : pourquoi le taux BCE + 10 % est votre meilleur allié
Les pénalités de retard sont souvent sous-estimées par les créanciers, qui hésitent à les appliquer de peur de froisser leurs clients. C’est une erreur stratégique. Bien rédigées dans vos contrats et correctement calculées, elles constituent un levier de paiement puissant — et la loi vous y autorise pleinement. Encore faut-il choisir le bon taux.
L’article L. 441-10 du Code de commerce est le texte fondateur en matière de pénalités de retard entre professionnels. Il pose plusieurs règles impératives que tout créancier doit connaître.
Premier principe essentiel : les pénalités de retard sont dues de plein droit, sans qu’il soit nécessaire de mettre le débiteur en demeure au préalable. Dès le lendemain de la date d’échéance de la facture et jusqu’au jour du paiement effectif, les pénalités courent automatiquement.
L’article L. 441-10 dispose que « tout professionnel en situation de retard de paiement est de plein droit débiteur, à l’égard du créancier, de pénalités de retard exigibles le jour suivant la date de règlement figurant sur la facture ».
| Contrairement à ce que beaucoup de dirigeants croient, vous n’avez pas à envoyer une mise en demeure pour déclencher les pénalités. Elles courent dès le premier jour de retard. La mise en demeure est utile pour d’autres effets, tels que la preuve, mais elle n’est pas un prérequis aux pénalités. |
L’article L. 441-10 fixe un taux plancher pour les pénalités de retard : elles ne peuvent pas être inférieures à trois fois le taux d’intérêt légal.
Mais surtout, il prévoit un taux de référence alternatif : le taux directeur de la Banque centrale européenne (BCE), majoré de 10 points de pourcentage.
En pratique, deux options s’offrent à vous dans la rédaction de vos contrats et conditions générales de vente :
Ces deux taux sont légaux. Mais comme nous allons le voir, ils ne sont pas équivalents — et le choix entre eux peut faire une différence significative.
Le taux d’intérêt légal est fixé chaque année par arrêté ministériel. Il comporte deux composantes : un taux pour les créances entre professionnels et particuliers, et un taux pour les autres créances. Pour les pénalités de retard B2B, c’est le taux applicable aux professionnels qui sert de base.
Au 2ème semestre 2025, ce taux était fixé à 2,76 % par an. Au 1er semestre 2026, il est de 2,62%. Multiplié par trois, cela donne un taux de pénalités de 7,86 % par an.
Le taux d’intérêt légal est le résultat d’un calcul complexe, fondé sur le taux directeur de la BCE et le coût moyen des nouveaux emprunts des entreprises.
Le taux de refinancement de la BCE (également appelé taux « refi » ou taux directeur principal) est le taux auquel la BCE prête aux banques commerciales. Il est révisé régulièrement par le Conseil des gouverneurs de la BCE et publié officiellement.
Majoré de 10 points de pourcentage, il constitue le taux de référence préconisé par la directive européenne 2011/7/UE relative à la lutte contre le retard de paiement dans les transactions commerciales — directive que la France a transposée dans son droit national.
Au 1er janvier 2026, le taux BCE s’établissait à 2,15 %. Le taux de pénalités de retard applicable était donc de 12,15 % par an.
Ce taux est donc plus avantageux actuellement, ce qui est le cas la plupart du temps.
Le taux BCE est le principal baromètre du coût de l’argent en zone euro. En période de hausse des taux (comme entre 2022 et 2024, où le taux BCE est passé de 0 % à 4,5 %), le taux BCE + 10 % reflète fidèlement le coût réel d’un retard de paiement pour votre entreprise : c’est ce que vous payez — ou pourriez payer — pour financer votre trésorerie en attendant d’être réglé.
La directive 2011/7/UE, qui harmonise les règles sur les retards de paiement au sein de l’Union européenne, retient expressément le taux BCE + 8 points comme taux minimum de référence pour les États membres. La France va au-delà en autorisant le taux BCE + 10 points, ce qui renforce encore la protection du créancier.
Mentionner le taux BCE + 10% dans vos CGV ou contrats vous place donc dans la continuité directe de l’esprit du droit européen — ce qui peut avoir son importance si vous traitez avec des partenaires ou des juridictions d’autres États membres.
En inscrivant dans vos conditions générales de vente le taux BCE + 10 points plutôt qu’une référence au triple du taux légal, vous gagnez en clarté et en prévisibilité :
| « En cas de retard de paiement, des pénalités de retard sont dues de plein droit, à un taux égal au taux de refinancement de la Banque centrale européenne en vigueur, majoré de 10 points de pourcentage, conformément à l’article L. 441-10 du Code de commerce. Une indemnité forfaitaire de 40 € par facture pour frais de recouvrement sera également exigible. » |
Un taux clairement défini et objectivement ancré dans un référentiel officiel (le taux BCE) est plus difficile à contester par votre débiteur qu’un taux multiple d’un taux légal que beaucoup ne connaissent pas. C’est un argument de fermeté dans la négociation : vous appliquez le droit, rien de plus.
Le tableau suivant récapitule les principales différences entre les deux taux autorisés par l’article L. 441-10 du Code de commerce :
|
3× taux d’intérêt légal |
Taux BCE + 10 points |
|
| Base légale |
Art. L. 441-10 C. com. |
Art. L. 441-10 C. com. |
| Nature du taux |
Variable chaque semestre |
Variable chaque semestre |
| Taux légal 2025 (S2) |
2,76 % × 3 = 8,28 % |
2,15 % + 10 = 12,15 % |
| Taux légal 2026 (S1) |
2,62 % × 3 = 7,86 % |
2,15 % + 10 = 12,15 % |
| Dissuasif pour le débiteur ? |
Moyen |
Oui — taux plancher réel |
| Conforme aux pratiques UE ? |
Non — spécificité FR |
Oui — directive 2011/7/UE |
| Recommandé par Dormane ? |
Non |
|
Supposons une facture de 12 000 € ttc, échue depuis 90 jours, dans le deuxième semestre 2025 (taux BCE : 2,15 %).
| Données de l’exemple |
3× taux légal |
Taux BCE + 10 % |
| Montant de la facture |
12 000,00 € |
12 000,00 € |
| Retard de paiement |
90 jours |
90 jours |
| Taux annuel applicable (2025 S1) |
8,28% |
12,15% |
| Calcul |
12000 * 0,0828 * 90 / 365 |
12000 * 0,1215 * 90 / 365 |
| Pénalités pour 90 jours |
245,00 € |
359,51 € |
| Indemnité forfaitaire (L. 441-10) |
+ 40 € |
+ 40 € |
| TOTAL réclamable |
285,00 € |
399,51 € |
Dans cet exemple, l’écart est d’environ 115 € en faveur du taux BCE + 10%.
| Pénalités = Montant TTC de la facture × taux annuel × (nombre de jours de retard / 365). Le calcul se fait sur le montant TTC, car la TVA non récupérée représente un coût pour le créancier tant que la facture n’est pas réglée. |
Les pénalités de retard de l’article L. 441-10 du Code de commerce s’appliquent exclusivement dans les relations entre professionnels (B2B). Elles ne s’appliquent pas aux relations avec des consommateurs (B2C), qui relèvent de règles spécifiques du Code de la consommation.
Depuis la loi de modernisation de l’économie (LME) de 2008, les conditions de règlement et le taux des pénalités de retard exigibles doivent figurer obligatoirement sur la facture (article L. 441-9 du Code de commerce). L’absence de cette mention est sanctionnée d’une amende administrative pouvant atteindre 75 000 € pour une personne morale.
| Si votre facture ne mentionne pas le taux de pénalités de retard, vous n’êtes pas pour autant privé de votre droit aux pénalités (elles s’appliquent de plein droit.) Mais vous vous exposez à une sanction administrative. Mettez à jour vos modèles de factures et vos CGV sans tarder. |
Techniquement, les pénalités courent automatiquement. En pratique, il convient de les réclamer explicitement :
Le créancier peut également choisir de ne pas les réclamer — par exemple dans le cadre d’une négociation amiable où une remise partielle des pénalités est utilisée comme levier pour obtenir un paiement rapide.
Contrairement aux clauses pénales classiques (article 1231-5 du Code civil), les pénalités de retard prévues par l’article L. 441-10 ne sont pas soumises au pouvoir de modération du juge. Le juge ne peut pas les réduire au motif qu’elles seraient excessives : elles résultent d’une disposition légale impérative d’ordre public, selon un arrêt de la Cour de Cassation.
| Les pénalités de retard fondées sur l’article L. 441-10 du Code de commerce sont d’ordre public. Votre débiteur ne peut pas contractuellement y renoncer à l’avance, et le juge ne peut pas les diminuer. C’est une protection forte pour le créancier. |
Les pénalités de retard ne sont pas qu’une formalité contractuelle : elles sont un outil de gestion financière et de recouvrement à part entière. L’article L. 441-10 du Code de commerce vous donne un droit puissant — encore faut-il l’exercer efficacement.
Entre le triple du taux légal et le taux BCE + 10 points, notre recommandation est claire : optez pour le taux BCE + 10 points. La plupart du temps, il est le plus avantageux. Enfin, plus ancré dans la réalité économique, mieux aligné avec le droit européen, il donne à vos pénalités une légitimité incontestable et un effet dissuasif réel.
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]]>The post Prestations en mode SAAS: Comment sécuriser vos contrats et votre facturation. appeared first on Cabinet Dormane.
]]>Les prestations de services Internet en mode SaaS sont aujourd’hui une source importante de litiges et d’impayés.
Contrat signé en ligne, service dématérialisé, reconduction automatique : autant de points régulièrement contestés par les clients débiteurs.
Pour les éditeurs SaaS, la sécurisation de la preuve est déterminante pour un recouvrement efficace.
Un contrat conclu en ligne a la même valeur juridique qu’un contrat papier, à condition de pouvoir démontrer :
→ À retenir
Sans preuve claire du consentement, la créance devient fragile, voire inexploitable en contentieux. Il convient donc de conserver les logs de l’acceptation du contrat, et si possible l’édition en format pdf signé et horodaté du contrat.
En SaaS, l’obligation du prestataire est une obligation de mise à disposition, pas de résultat. Le fait pour l’utilisateur de ne pas utiliser le service acheté ne le dispense pas de le payer.
Pour sécuriser votre position, conservez :
→ Bon réflexe
Les logs d’usage sont souvent décisifs pour démontrer la réalité de la prestation.
De nombreuses contestations portent sur la reconduction automatique et le délai de résiliation.
Pour que la clause soit opposable :
→ Bonnes pratiques
Un recouvrement efficace repose sur un dossier complet, comprenant tous les éléments de preuve :
→ Plus la preuve est préparée en amont, plus le recouvrement est rapide, amiable et efficace.
En matière de SaaS, la dette se gagne avant l’impayé.
Un cadre contractuel solide et des preuves bien conservées sont vos meilleurs alliés pour sécuriser le paiement de vos factures.
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]]>The post La vérification des destinataires de virements appeared first on Cabinet Dormane.
]]>Les banques ont mis en place depuis le 9 octobre 2025 une procédure de vérification de la concordance entre le nom d’un destinataire de virement et celui qui figure sur le compte bancaire, afin de limiter les fraudes. Une alerte est envoyée lors de la saisie d’un virement, qui indique si la concordance est totale, partielle ou nulle, comme l’explique le site de la Fédération Bancaire Française.
A l’occasion de la mise en de cette nouvelle procédure bancaire, faisons le point sur les modalités de contrôle des virements à mettre en place.
Dans quel but ?
La vérification des destinataires de virements est une étape essentielle dans la prévention de la fraude, du blanchiment et des erreurs opérationnelles. Ce processus est aujourd’hui au cœur des obligations de conformité bancaire et des bonnes pratiques de gestion de trésorerie en entreprise.
Voici une présentation structurée du processus : objectifs ➝ méthodologie ➝ contrôles.
Type de contrôle |
Objectif principal |
Exemples pratiques |
|---|---|---|
Contrôle d’identité |
Vérifier que le bénéficiaire est réel et légitime |
Registre RCS, Kbis, identification fiscale |
Contrôle bancaire |
Assurer la validité de l’IBAN / RIB |
IBAN checker, confirmation bancaire |
Contrôle de conformité |
Respect des obligations légales et réglementaires |
Filtrage LCB-FT, listes de sanctions |
Contrôle de cohérence interne |
Éviter les erreurs et fraudes internes |
Double validation, droits utilisateurs |
Contrôle post-opérationnel |
Détection d’anomalies après paiement |
Rapprochements bancaires automatiques |
Notre blog avait déjà expliqué les risques des arnaques et escroqueries par virements. La nouvelle procédure de vérification, mise en place par toutes les banques, devrait aider à réduire les fraudes. Mais la vigilance individuelle reste de mise !
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]]>The post Un état taxateur appeared first on Cabinet Dormane.
]]>Pour une fois, notre lettre mensuelle ne parle pas d’un sujet lié au recouvrement de créance.
Nous voulons nous insurger contre l’addiction à la dépense publique, et son corollaire, la frénésie taxatrice.
En 2017, La France s’est rêvée en Start Up Nation. 8 ans plus tard, le rêve se transforme en cauchemar de Tax Up Nation.
Si l’augmentation des impôts était la solution miracle, la France serait le paradis sur terre, avec une croissance enviée de tous, une pauvreté éradiquée et un désendettement total. Hélas !
– l’Agence du Numérique en Santé
– l’Agence National d’Appui à la Performance des établissements de santé et médico-sociaux
– l’Agence Technique de l’Information sur l’Hospitalisation.
Suggérons la fusion des trois, ce qui permettrait l’économie des structures administratives propres à chacun d’eux.
Et que dire de Santé Publique France, agence créée en 2016, dont on a du mal à comprendre en quoi ses missions se distinguent de celles de son ministère de tutelle.
Faisons un rêve : que ceux qui président aux destinées de la Nation mettent leur énergie, leur imagination et leur créativité au service de la simplification administrative, de la réduction de l’empilement des collectivités locales, de la désintoxication normative plutôt que de l’inflation taxatrice !
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]]>The post Comment les grandes entreprises retardent (volontairement) leurs paiements : méthodes et parades appeared first on Cabinet Dormane.
]]>De nombreux créanciers PME ou indépendants se trouvent confrontés à un même problème : leurs clients, souvent de grandes ou moyennes entreprises, paient avec des semaines – voire des mois – de retard. Derrière ces délais se cachent des techniques bien rodées, rarement illégales mais souvent abusives, qui visent à préserver leur trésorerie… au détriment de la vôtre. Cet article fait le point sur les méthodes les plus courantes utilisées pour retarder les paiements fournisseurs – et pourquoi il est essentiel d’y répondre vite.
Un grand classique. Dès que la facture est reçue, le service comptabilité invoque un « manque de pièce » : bon de commande absent, numéro de contrat incorrect, mention oubliée, etc.
Exemple concret : une entreprise exige une mention spécifique dans l’objet de la facture (ex : « Commande N°xxxxx-2025 »). Si elle ne s’y trouve pas, elle « bloque » la facture pour correction… sans prévenir immédiatement. Si l’entreprise a mis en place un site fournisseurs , il se peut même qu’il soit impossible de transmettre la facture s’il manque des éléments.
Pourquoi ça marche ? Parce que tant que le dossier est “non conforme”, le compteur de délai de paiement ne commence pas à tourner. Une manière déguisée de se donner 30 jours supplémentaires.
Un client nous a récemment expliqué que ses prestations de février n’ont pu ainsi être facturées que fin mai, parce que son client ne lui avait pas adressé plus tôt les éléments nécessaires pour facturer.
La facturation électronique, obligatoire dans un an, devrait remédier en partie au problème. Sous réserve que le client transmette rapidement les informations nécessaires pour facturer.
Certaines entreprises mettent en place des processus de validation à plusieurs étages : la facture doit être approuvée par le service demandeur, puis le manager, puis la direction achats, puis la direction financière, etc. Cela se comprend pour s’assurer de la conformité de la facture et dans une logique de lutte contre les fraudes, mais c’est au détriment des fournisseurs.
Exemple concret : une PME prestataire d’un grand groupe met 20 jours à voir sa facture validée… juste pour que la comptabilité puisse ensuite la traiter dans les 30 jours réglementaires.
Résultat : des délais de traitement artificiellement allongés, que le fournisseur ne peut ni suivre ni contester facilement, surtout s’il dépend de ce client.
Certaines sociétés profitent des périodes sensibles (congés d’été, fin d’année, clôtures comptables) pour “geler” des paiements. D’autres vont jusqu’à regrouper les paiements par lots, une fois par mois, quel que soit l’échéancier initial.
Exemple concret : une entreprise annonce qu’elle ne traite les paiements fournisseurs que le 15 de chaque mois. Si la facture est due le 3, elle sera réglée… le mois suivant.
Ce que cela cache : une volonté délibérée de maîtriser les sorties de trésorerie, avec peu de considération pour l’impact côté fournisseur.
Ces méthodes, bien que légales, sont rarement transparentes. Elles fragilisent la trésorerie des entreprises fournisseurs et reposent sur un déséquilibre de pouvoir. La meilleure réponse ? Ne pas laisser traîner. Plus l’impayé vieillit, plus le rapport de force s’inverse. Espérons que la généralisation de la facturation électronique apporte un début de solution à ces problèmes récurrents.
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]]>The post Comment récupérer la TVA sur ses factures impayées ? appeared first on Cabinet Dormane.
]]>Il est désagréable de passer en perte une créance impayée. Raison de plus pour récupérer la TVA payée à l’émission de la facture.
Cependant, comme il s’agit de se faire rembourser de la TVA déjà payée, l’administration fiscale est très regardante sur les modalités. La récupération de la TVA est donc soumise à des conditions de fond et de forme très strictes.
La créance peut être irrécouvrable pour deux raisons : soit les actions de recouvrement ont été infructueuses, soit le débiteur est en liquidation judiciaire.
Si le recouvrement n’a pas été possible, il convient de démontrer que des actions de recouvrement on été entreprises, et qu’elles n’ont pas permis d’obtenir le recouvrement. C’est pourquoi il est indispensable de conserver les relances, les échanges d’e.mails ou de courriers, les résumés des entretiens téléphonique, afin d’apporter des preuves en cas de contrôle par l’administration fiscale.
Si l’impayé a été transmis à un cabinet de recouvrement, celui-ci émet un avis de poursuites infructueuses si le recouvrement n’a pas abouti positivement. Cet avis est considéré comme une preuve valable par le fisc.
Dans le cas où le débiteur est en liquidation judiciaire, le fisc admet que la TVA soit récupérée, dès la date du jugement de liquidation judiciaire. Cette possibilité est codifiée à l’article 272 du Code Général des Impôts.
Bien entendu, la créance doit être comptablement passée en perte.
L’administration fiscale exige, pour accepter l’imputation ou le remboursement de la TVA, que le créancier envoie au débiteur qui n’a pas payé un duplicata de la facture comportant la mention :
« Facture demeurée impayée pour la somme de …… euros (prix net) et pour la somme de ….. euros (TVA correspondante) qui ne peut faire l’objet d’une déduction (CGI, art. 272)« .
Il convient donc de conserver ce duplicata avec la facture d’origine. L’objectif du fisc, et c’est logique, est qu’il soit en mesure de rappeler au compte du débiteur la TVA déduite lors de la comptabilisation de la facture qu’il n’a pas payée. Au cas contraire, la TVA est déduite chez le débiteur, puis à nouveau chez le créancier qui n’a pas été payée, ce qui fait une double déduction, au préjudice du fisc.
L’envoi à son client d’un duplicata de la facture avec la mention rectificative est impérative : en cas de contrôle, le fisc aura beau jeu de refuser la récupération de la TVA si cette condition de forme n’est pas respectée.
A noter que cette mention figure expressément dans l’article du BOFIP consacré à ce sujet.
S’il y a plusieurs factures impayées, il est admis que la mention soit apposée uniquement sur un état récapitulatif des factures.
Si la facture est partiellement impayée, la mention n’indiquera que le montant net impayé et la TVA correspondante.
Le délai pour imputer ou se faire rembourser la TVA court jusqu’au 31 décembre de la deuxième année suivant celle où le fait générateur a été constaté. En pratique, on a bien entendu intérêt à demander l’imputation dès que possible.
Si le débiteur fait l’objet d’un jugement de sauvegarde ou de redressement judiciaire, il n’est pas encore possible de récupérer la TVA payée (il faut attendre la Liquidation judiciaire). La créance ne peut pas être passée en perte, mais elle fait l’objet d’une provision pour son montant hors TVA, déductible du résultat imposable, dont le calcul doit pouvoir être justifié.
Un précédent article du blog du CABINET D’ORMANE a détaillé les modalités de ces provisions.
Si le plan de sauvegarde ou de redressement prévoit que les créances ne sont pas payées en totalité, le montant impayé est passé en perte, et la TVA correspondante à la perte est imputée.
Dans le cas où le redressement judiciaire est converti en liquidation, ce qui arrive par exemple lorsque le fonds de commerce est cédé et que la société n’a donc plus d’activité commerciale, la créance peut alors être passée en perte, et la TVA récupérée.
En conclusion : Récupérer la TVA payée sur des factures impayées est en fait assez simple. Il convient cependant d’être très précis sur le respect strict des modalités formelles, afin de ne pas risquer un rejet en cas de contrôle.
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]]>The post Injonction de payer : les différentes formes de signification et leurs conséquences appeared first on Cabinet Dormane.
]]>Une injonction de payer, c’est un peu comme une piqûre de rappel… version officielle. Le Tribunal vous délivré la requête : vous avez votre ordonnance avec son titre exécutoire. Il est maintenant temps de la signifier à votre débiteur. Mais attention : selon la façon dont cette signification est faite, la suite de la procédure peut être bien plus (ou bien moins) efficace.
Alors, quels sont les modes de signification ? En quoi cela influence-t-il la capacité du débiteur à faire opposition ? On vous explique tout.
C’est le scénario idéal : l’huissier – commissaire de justice se présente chez le débiteur et… coup de chance ! Il est là pour réceptionner l’acte. On parle alors de signification à personne.
Si le débiteur est une personne morale, SARL ou SA par exemple, la signification se fait au dirigeant. Cependant, si le dirigeant n’est pas présent, elle peut se faire à toute personne qui se déclare habilitée à prendre l’acte et l’accepte. A noter que le commissaire de justice n’a pas à vérifier la qualité de la personne qui prend l’acte.
Parce que cela fait courir le délai d’opposition : à partir de cette date, le débiteur a un mois pour contester l’injonction de payer en faisant opposition.
Si le débiteur ne fait pas opposition, vous demandez au greffe du Tribunal le Certificat de Non Opposition (CNO), nécessaire pour donner instruction au commissaire de justice d’initier l’exécution forcée en faisant saisir. Le CNO est payant : 4,01 €, à payer par chèque au greffe du Tribunal, avec la demande.
M. Durand, gérant de la SARL DURAND ET ASSOCIES, reçoit son injonction de payer de la main du clerc significateur mais ne réagit pas dans le mois. Passé ce délai, vous êtes en droit de lancer une saisie, par votre commissaire de justice. Rapide, clair, efficace.
- Mais attention : ici, le délai d’opposition ne court pas tant que le commissaire de justice ne prouve pas que le débiteur a eu connaissance de l’acte. En pratique, cela veut dire que le débiteur doit récupérer l’acte à l’étude.
C’est la version “fantôme” du débiteur. Déménagement non déclaré, boîte aux lettres inexistante, entreprise radiée… Malgré ses recherches, le commissaire de justice ne trouve aucune trace du destinataire : il dresse alors un procès-verbal de recherches infructueuses, selon les modalités de l’article 659 du code de procédure civile, et envoie au débiteur copie de l’acte en courrier recommandé et en courrier simple.
– Conséquence : le délai d’opposition ne court pas.
Et si le débiteur a disparu, il sera très certainement impossible de faire exécuter le jugement, car les saisies seront vraisemblablement infructueuses.
Vous l’aurez compris, la signification d’une injonction de payer n’est pas une formalité anodine. Elle conditionne toute la suite de la procédure : exécution, saisie, opposition, et parfois même la fin du dossier.
Au CABINET D’ORMANE on pilote chaque étape du recouvrement avec précision, pour éviter les délais inutiles et maximiser vos chances de récupérer votre argent : votre intérêt d’abord.
– Vous avez des impayés en attente ? Transmettez-nous vos dossiers dès aujourd’hui, et on s’occupe de tout !
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]]>The post Comment faire un relevé de compte ? appeared first on Cabinet Dormane.
]]>Les impayés sont malheureusement une réalité à laquelle nombre d’entreprises sont confrontées. Mais savez-vous qu’un simple document peut faire toute la différence dans le recouvrement de vos créances ? Le relevé de compte, souvent sous-estimé, est pourtant un outil puissant qui peut vous aider à récupérer vos factures impayées. Voici pourquoi il est crucial d’établir un relevé de compte, comment le faire efficacement, et en quoi il peut être un atout majeur en cas de procédure judiciaire. Prêt à transformer vos impayés en paiements ? C’est parti !
Imaginez que vous êtes au restaurant et que vous demandez l’addition. Le serveur vous apporte une feuille blanche avec un montant total, sans aucun détail. Vous seriez perplexe, non ? Eh bien, c’est exactement ce que ressent un client lorsqu’il reçoit une demande de paiement sans relevé de compte.
1. Clarifier les montants dus : Il liste toutes les factures impayées, les paiements partiels, et les éventuels avoirs. Cela évite les malentendus et les contestations.
2. Montrer la transparence : En fournissant un relevé de compte, vous démontrez à votre client que vous êtes organisé et transparent. Cela peut même améliorer votre relation commerciale.
3. Faciliter le paiement : Un client qui comprend ce qu’il doit et pourquoi il le doit est plus incité à payer ses dettes rapidement.
Créer un relevé de compte n’a rien de compliqué. Voici un guide étape par étape pour vous aider :
1. Listez toutes les factures impayées : Commencez par lister toutes les factures qui n’ont pas été réglées. Incluez les dates d’émission.
2. Ajoutez les paiements partiels : Si des paiements partiels ont été effectués, mentionnez-les clairement. Cela montre que vous tenez compte de tous les efforts de paiement.
3. Calculez le solde : Faites le total des montants dus après déduction des paiements partiels et des avoirs. Ce solde est le montant que votre client doit régler. Indiquez le lettrage des factures soldées.
4. Soyez clair et concis : un extrait de compte produit par votre logiciel comptable est généralement suffisant; à défaut, on peut l’établir sur un simple tableau Excel ou un document Word.
Téléchargez un modèle de relevé de compte (Format XLS)
Voici un exemple de relevé de compte détaillé, avec une ligne par écriture, une colonne pour les débits, une colonne pour les crédits, et une colonne pour le solde. Ce relevé inclut quatre factures et des paiements partiels.
| Date | N° Facture | Montant Facture (€) | Paiement Reçu (€) | Solde Progressif (€) | Lettrage |
|---|---|---|---|---|---|
| 10/11/2023 | F-2023-101 | 1 500 | – | 1 500 | A |
| 20/12/2023 | F-2023-145 | 2 000 | – | 3 500 | Non réglée |
| 05/01/2024 | – | – | 500 | 3 000 | A |
| 15/01/2024 | – | – | 1 000 | 2 000 | A |
| 10/02/2024 | – | – | 1 000 | 1 000 | Partiel F-145 |
1. Facture F-2023-101 : Émise le 10/11/2023 pour un montant de 1500 €. Un paiement partiel de 500 € a été effectué le 05/01/2024, laissant un solde de 1000 €. Facture soldée le 15/01/2024
2. Facture F-2023-145 : Émise le 20/12/2023 pour un montant de 2000 €. Un paiement partiel de 1000 € a été effectué le 10/02/2024, laissant un solde de 1000 €.
Personne ne souhaite en arriver là, mais parfois, une procédure judiciaire est inévitable. Dans ce cas, un relevé de compte bien fait peut être votre meilleur allié :
1. Preuve de la créance : En cas de litige, le relevé de compte sert de preuve tangible de la dette. Il montre clairement ce qui est dû et pourquoi. C’est pourquoi il faut le signer et y apposer la mention : « Certifié conforme ».
2. Gain de temps : Un relevé de compte bien préparé peut accélérer la procédure judiciaire. Les juges apprécient les documents clairs et bien organisés.
3. Renforcement de votre position : En présentant un relevé de compte détaillé, vous démontrez que vous avez fait tout votre possible pour résoudre le problème à l’amiable. Cela peut jouer en votre faveur.
Le relevé de compte est bien plus qu’un simple document administratif. C’est un outil stratégique qui peut transformer vos impayés en paiements. En établissant un relevé de compte clair et détaillé, vous clarifiez les montants dus, montrez votre transparence, et facilitez le paiement. Et en cas de procédure judiciaire, il devient une preuve incontestable de votre créance.
Alors, ne laissez plus vos impayés s’accumuler. Transmettez-nous vos impayés dès aujourd’hui et laissez-nous vous aider à récupérer ce qui vous est dû. Votre trésorerie vous en remerciera !
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]]>Comment anticiper les défaillances d’entreprises ? On sait que plus de 75% des procédures collectives sont des liquidations judiciaires, ou bien des redressements convertis en liquidation. Dans 99% des cas de liquidation, les créanciers ne récupèrent rien. Il est donc essentiel d’anticiper les défaillances. Pour cela, les outils d’analyse financière et de scoring sont importants. Mais ils sont fondés sur des données comptables, qui ne sont pas toujours publiées ou connues.
Quels sont les signaux faibles, à repérer pour anticiper les défaillances de ses clients ?
Bien sûr, la comptabilité suit un référentiel très précis, et les experts comptables forment une profession réglementée et très surveillée.
La comptabilité reflète la situation passée, et l’information n’est pas disponible en temps réel : une société a un délai de 6 mois pour faire approuver ses comptes par son assemblée générale, et la publication par le greffe du Tribunal de Commerce prend encore quelques mois supplémentaires. Si les comptes d’une année ne sont pas disponibles au public avant l’automne de l’année suivante, on comprend bien que la situation financière d’une entreprise a pu évoluer défavorablement pendant l’intervalle, et se dégrader très fortement en un an !
Le scoring est une méthodologie que attribue une note aux entreprises, ainsi qu’une probabilité de défaut, en fonction de leurs états financiers. Le scoring a donc également le défaut du retard par rapport au temps réel, même s’il peut être ajusté de façon plus réactive.
De plus, le scoring n’est pas exempt de faux positifs : on voit régulièrement des sociétés notées autour de 30/100 qui se retrouvent en liquidation judiciaire simplifiée, alors que cette note, certes plutôt basse, ne devrait normalement pas annoncer une défaillance totale rapide.
Le scoring tient compte des éventuels privilèges de l’URSSAF, qui sont inscrits lorsqu’il y a du retard dans le paiement des charges sociales. Et on sait que l’URSSAF n’hésite pas à faire assigner des débiteurs en retard, comme on l’a expliqué récemment dans cet article.
Une entreprise peut décider de ne pas publier ses comptes au greffe du Tribunal de Commerce. Cette pratique est légalement interdite, mais les sanctions ne sont pas dissuasives et en réalité jamais appliquées. L’absence de publication des comptes est un premier signal : on sait que, parmi toutes les entreprises en procédure collective, une sur deux n’a pas publié ses comptes des exercices précédents. L’absence de publication des comptes n’est donc pas qu’un signe de négligence ou une volonté de discrétion, c’est aussi un signal de fragilité.
Précisons qu’il est possible de publier ses comptes de façon confidentielle : dans ce cas, les comptes ne sont pas publics , mais accessibles uniquement par les sociétés d’évaluation et de scoring, ainsi que par le système bancaire.
Il existe plusieurs signaux faibles qui doivent alerter sur la fragilité d’une entreprise, et le risque de défaut.
Au-delà des informations financières et chiffrées sur une entreprise, il existe donc différents outils pour évaluer le risque de son client. Avec du bon sens et un peu d’astuce, on peut obtenir facilement les obtenir pour prendre ses décisions de façon éclairée.
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