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]]>Dans moins de deux semaines maintenant, le 9 juin, les Français sont appelés aux urnes pour élire en un tour unique leurs députés au Parlement européen. S’y prennent des décisions très importantes. Elles conditionnent largement les politiques menées par les gouvernements nationaux et donc, contrairement aux apparences, la vie quotidienne des gens.
Ce sont les nouvelles règles budgétaires votées au Parlement européen par les socialistes, les macronistes et la droite qui justifient les politiques d’austérité annoncées par Macron, Attal et Le Maire. Ils appellent cela : « faire des économies ». Et quand Macron, Attal et Le Maire prononcent les mots « faire des économies », cela n’annonce pas les beaux jours ! Car pour eux, « faire des économies », ça ne veut évidemment jamais dire dépenser moins d’argent pour les plus riches et les grandes entreprises qui ont bénéficié à fond les ballons de leurs cadeaux fiscaux (60 milliards de baisses d’impôts et une hausse de 80% des aides versées aux entreprises sans contrepartie). Non, en macronie, « faire des économies » c’est toujours rogner sur les services publics et s’attaquer aux plus modestes. C’est ainsi par exemple que le gouvernement vient d’annoncer une énième réforme de l’assurance chômage qui va rendre les conditions d’accès à l’indemnisation encore plus difficile. Pour quels résultats ? Un retour à l’emploi ? Certainement pas. Aucune étude ne valide l’idée selon laquelle le niveau du chômage aurait un quelconque lien avec le niveau de son indemnisation. Pour quoi alors ? Pour gratter quelques milliards dans les poches des travailleurs alors que les comptes de l’UNEDIC sont au vert et ainsi éviter de devoir gratter quelques milliards dans les poches de leurs copains les riches ! Ce sont les mêmes absurdes et dogmatiques règles budgétaires décidées au niveau européen qui justifient des réformes comme la réforme des retraites à laquelle étaient opposés à juste raison 90% des travailleurs Français. Ce sont donc des rigolos, les socialistes qui votent les règles budgétaires avec les macronistes au Parlement européen mais viennent pleurer sur les plateaux télé contre les réformes qui ne sont rien d’autre que les conséquences directes de leurs votes !
C’est au niveau européen que se décident les règles du « marché européen de l’énergie » et ses mécanismes-usines-à-gaz à qui l’on doit la hausse anarchique des prix de l’énergie et donc des factures pour les entreprises, les petits commerçants comme les particuliers.
C’est au niveau européen que se décide la politique agricole commune et ses milliards d’aides aujourd’hui versées selon le nombre d’hectares, encourageant l’agriculture productiviste chimique et intensive au détriment de l’agriculture biologique paysanne et relocalisée.
C’est aussi au niveau européen que se décident les accords de libre-échange qui participent du grand et perpétuel déménagement du monde et mettent les travailleurs en concurrence déloyale.
C’est encore au niveau européen que se nouent certains partenariats commerciaux comme c’est le cas aujourd’hui entre l’Union européenne et Israël dont l’actuel gouvernement est pointé du doigt par la Cour Pénale Internationale pour ses crimes de guerre à Gaza.
Au Parlement européen, on compte environ 70 lobbyistes par député. Mieux vaut donc élire des députés de combat, fermes sur leurs convictions, et bien étanches aux sirènes des lobbys.
On pourrait continuer longtemps la liste et elle serait longue.
Par conséquent, celles et ceux qui pensent et disent que les élections européennes sont des élections sans enjeux se trompent lourdement.
Mais, celles et ceux qui refusent de voir que les élections européennes auront aussi un impact déterminant sur le paysage politique national se trompent encore plus lourdement.
Depuis des années, lorsque l’occasion m’est donnée de dire et d’expliquer d’où nous venons politiquement, nous autres les insoumis, je situe le point de départ au référendum de 2005 et la victoire du « NON » français sur les traités européens. Il faut dire que remonter à 1789 et à l’origine de la notion de souveraineté populaire et de République prendrait un temps mal adapté aux formats proposés !
En 2005, les Français ont dû se prononcer par référendum et dire « oui » ou « non » aux traités européens. Les Français ont dit « non ». Aujourd’hui, ce « non » français est injustement traduit et volontairement confondu en « non à l’Europe ». Or, en 2005, les Français n’ont pas dit « non à l’Europe ». Cela n’aurait d’ailleurs pas beaucoup de sens ! L’Europe est une réalité géographique. Personne ne propose de découper la France à ses contours et de lui faire prendre la mer pour d’autres horizons ! Les Français n’ont même pas dit « non » à l’idée d’une Union européenne. Nous pouvons sans difficulté faire nôtres les espoirs de paix, de coopération et de prospérité des fondateurs de l’Union. Voilà pourquoi les slogans creux comme « Pour l’Europe » à l’occasion des élections européennes sont ridicules et ne veulent absolument rien dire. Qui est contre ? La question n’est pas « pour ou contre l’Europe » mais « pour ou contre laquelle et comment ».
En effet, le « non » Français de 2005 est un « non » clair et net à une forme politique toute particulière, très contestable et critiquable d’organisation de l’Union européenne. Les Français ont ainsi par exemple dit « non » aux règles budgétaires absurdes gravées dans le marbre des traités qui imposent 3% de déficit. Pourquoi 3 ? Les Français ont dit « non » à une Europe-marché où la concurrence règne en maitresse de l’Union et plonge les peuples dans une compétition acharnée à grands coups de dumping social. Les Français ont dit « non » à une Europe dans laquelle les Etats-membres aux standards sociaux les plus élevés sont sommés de s’aligner sur les standards sociaux les plus bas sous couvert de compétition, plutôt que l’inverse. Ce « non » était très politique. Ce « non » était clair et éclairé. Et ce « non » a été littéralement piétiné. Sarkozy et Merkel se sont chargés de l’écrabouiller en reprenant l’ensemble de ce que les Français avaient rejeté dans le Traité de Lisbonne, sans tenir aucun compte du vote de 2005.
Ce référendum a à la fois bouleversé et clarifié le paysage politique à gauche. D’un côté, le Parti socialiste menant campagne pour le « oui » avec les néolibéraux. De l’autre, une gauche de rupture se fédérant autour des collectifs anti-libéraux. Elu socialiste à l’époque, Jean-Luc Mélenchon fit le choix du « non » contre la décision du Parti, et fit campagne à travers le pays, aux côtés du PCF, de la LCR et des organisations syndicales et associatives comme ATTAC et le courant altermondialiste. La question de l’organisation politique de l’Union européenne est structurante à gauche. Si la tentative d’une candidature commune de la gauche anti-libérale, celle du « non », à l’élection présidentielle de 2007 échoua, c’est largement de l’héritage de 2005 que naquit le Front de gauche en 2009 après que les mélenchonistes aient quitté le Parti socialiste, convaincus qu’il n’y avait plus rien à y « réorienter de l’intérieur ».
S’en sont suivies plus de dix années d’un combat politique ininterrompu pour faire en sorte que la gauche de rupture, celle du « non » de 2005 et des collectifs anti-libéraux, prenne les rennes en mains et dépasse la gauche libérale et son cortège de trahisons. Mettons de côté les atermoiements opportunistes de partenaires peu fiables changeant comme le sens du vent au gré des élections et des petits calculs d’intérêts de leurs boutiques respectives : En 2012, Jean-Luc Mélenchon mène ce camp de la rupture à l’élection présidentielle et lui donne un score à deux chiffres. En 2017, après le quinquennat de François Hollande et des écologistes et la preuve par les faits que cette gauche libérale ne fait que trahir les causes populaires, le lancement du mouvement La France insoumise permet à Jean-Luc Mélenchon d’atteindre un premier objectif avant la prise du pouvoir : être en tête de la gauche avec un score de 19% à l’élection présidentielle.
Pour nous, c’était la juste confirmation de la bonne adéquation entre notre ligne politique et la volonté populaire. Pour les autres, c’était un accident de l’histoire qui ne se reproduirait plus et qui se reproduirait d’autant moins que le pouvoir macroniste et la deuxième peau du système que constitue le parti médiatique s’acharneraient sur le chef de file des insoumis. L’acharnement a bien eu lieu : médiatique, politique et même judiciaire, comme le veut la recette bien connue qui s’applique partout dans le monde contre les partisans de la rupture et de la révolution citoyenne. On a même dit de Jean-Luc Mélenchon qu’il était politiquement mort ! Et pourtant, en 2022, ce qui ne devait être qu’un accident de l’histoire fut une confirmation politique.
Rappelons les résultats à gauche. On aurait tort de s’en priver :
Mélenchon (LFI) : 22%
Jadot (EELV) : 4,6%
Fabien Roussel (PCF) : 2,2%
Hidalgo (PS) : 1,7%
Sans négliger les évidentes qualités du candidat Mélenchon, c’est une ligne politique et un programme incarnés par le candidat insoumis qui furent plébiscités. Le second tour fut manqué de 400 000 voix, le candidat du PCF (qui soutenait Mélenchon en 2012 et 2017) neutralisant 800 000 voix dont on imagine bien qu’une large part aurait suffit à faire la différence. Emmanuel Macron et Marine Le Pen peuvent tous deux remercier Fabien Roussel, l’ami de Gérald Darmanin, pour avoir réussi à faire échouer la qualification de la gauche (et quelle gauche !) au second tour de l’élection présidentielle de 2022. Pendant toute la campagne, Jadot, Roussel et Hidalgo avaient tapé dur contre Jean-Luc Mélenchon et La France insoumise.
Privés d’un second tour que nous touchions du bout des doigts, qu’allions-nous faire de ce résultat ? Partir seuls aux élections législatives et liquider le reste de la gauche à l’Assemblée nationale ? Nous aurions pu. Aurions-nous du ? Nous ne l’avons pas fait. Nous avons préféré nous hisser à la hauteur des responsabilités conférées par notre résultat. On ne peut pas prétendre au pouvoir suprême et ne pas chercher à emprunter tous les chemins qui mènent à la possibilité de gouverner pour enfin appliquer son programme. Nous avons donc fait naître la Nouvelle Union Populaire Ecologique et Sociale (NUPES).
Pour nous, la NUPES était une alliance politique durable autour d’un programme de rupture (630 mesures sur lesquelles se sont accordés LFI, PCF, PS, EELV + Génération.s), une stratégie (l’union populaire tous azimuts de la base au sommet par delà les seuls partis politiques autour de ce programme de rupture). Pour la plupart d’entre eux, la NUPES n’était rien d’autre qu’une alliance électorale temporaire pour gagner des élus à l’Assemblée nationale et renflouer les caisses des partis respectifs pour concourir séparés ensuite aux prochaines échéances électorales.
Dire que les dissensions au sein de la NUPES auraient attendues mon histoire personnelle ou l’attaque du Hamas le 7 octobre sur le sol israélien est une fable. La NUPES n’a bien fonctionné que quelques mois à l’Assemblée nationale et uniquement par la volonté implacable du groupe parlementaire insoumis, une petite partie des dirigeants écologistes et socialistes et un PCF qui n’avait pas le choix. Tous avaient déjà dans l’idée que les prochaines élections devraient se faire séparément pour en « rééquilibrer le rapport de force ». C’était notamment la ligne de Marine Tondelier reprenant en mains les Ecologistes. La NUPES s’est déjà fracassée aux élections sénatoriales où l’éradication des insoumis était l’objectif de ceux dont nous venions pourtant de sauver la peau aux législatives !
Jusqu’au bout, nous avons tout fait, en long, en large, en travers et en diagonales pour permettre l’émergence d’une liste commune pour les élections européennes du 9 juin 2024. Nous leur avons même proposé de prendre la tête de liste. Mais non ! A l’heure où se rejoue une énième fois le face-à-face entre Macron et Le Pen et où l’extrême-droite n’a jamais été aussi proche du pouvoir, le sujet numéro un à l’ordre du jour des états-majors socialistes, écologistes et communistes, c’est, tenez-vous bien… le rééquilibrage « du rapport de force » ! En fait c’est même plus que cela puisque la NUPES n’est même plus leur sujet. Pour eux, c’est déjà du passé. Alors que le 9 juin sera le premier jour de l’après Macron, socialistes, écologistes, communistes et quelques « frondeurs » insoumis en mal de reconnaissance veulent en faire le premier jour de l’après Mélenchon ! Certains parce qu’ils attendent leur tour avec l’impatience des enfants gâtés qui attendent leurs cadeaux de Noël. D’autres, parce qu’ils sont fondamentalement en désaccord avec notre ligne politique et qu’ils voient l’occasion de se servir des premiers pour en changer et ainsi nous faire revenir dix années en arrière.
Alors que les élections présidentielles et législatives de 2022 ont confirmé l’émergence de trois blocs dans la vie politique française (le bloc macroniste, le bloc d’extrême-droite et le bloc populaire), les sondages pour les élections européennes du 9 juin prochain montrent un effondrement maximal du bloc macroniste, en chute libre. Le total gauche et le RN font jeu égal mais, à cause du choix d’éclater la NUPES fait par les écologistes, les socialistes et les communistes, l’extrême-droite tire seule les marrons du feu. Si la NUPES existait encore, elle ferait face à l’extrême-droite et le duel médiatique entre Macron – Le Pen disparaitrait instantanément comme le vampire à la lumière du jour !
Malgré nous, nous sommes donc contraints et forcés à rejouer un énième match des gauches alors qu’on pensait que les dix années de combat derrière nous étaient déjà bien assez longues. Maintenant que les listes sont officiellement déposées, on n’y peut plus rien. Alors ne tournons pas autour du pot : ce nouveau match des gauches, nous ne l’avons pas voulu. Mais puisqu’il est là, il faut le jouer, le jouer à fond et le gagner. Pourquoi faudrait-il préserver ceux qui ont tout cassé et prennent la responsabilité de laisser l’extrême-droite avancer comme elle avance ?
100% des députés socialistes, écologistes, Génération.s et communistes ont été élus avec le soutien de La France insoumise et la plupart du temps avec le nom et la photo de celui dont ils aimeraient tant pouvoir se passer. Mais le plus important c’est qu’ils ont toutes et tous étaient élus sur un programme qu’ils ont négocié, signé et pour lequel leurs électrices et électeurs ont voté.
S’il en est un à qui on ne peut pas reprocher son manque de clarté, c’est bien Raphaël Glucksmann. En choisissant Glucksmann, anti-NUPES confirmé, comme tête de liste, le PS d’Olivier Faure transforme son moratoire en rupture définitive. Tous les députés PS-NUPES ont été élus avec un programme prévoyant la retraite à 60 ans pour toutes et tous. Glucksmann se dit ouvertement contre la retraite à 60 ans pour toutes et tous ! Tous les députés PS-NUPES ont été élus avec un programme prévoyant la rupture avec le marché européen de l’énergie. Glucksmann se dit ouvertement contre la sortie du marché européen de l’énergie ! Raphaël Glucksmann soutenu ardemment par les vieux fantômes du PS ressortis de leur cimetière politique, Hollande en tête, assume : il veut que la ligne politique anti-NUPES qu’il incarne soit la base de la « reconstruction de la gauche après le 9 juin » et se dit prêt à « une confrontation » post-européenne avec le candidat de gauche des 22% de la dernière présidentielle : Jean-Luc Mélenchon. Le tout avec l’amical soutien des écologistes qui étaient pressés de « rééquilibrer le rapport de force interne à la NUPES » et que les sondages donnent en chute libre autour du seuil critique des 5% pour une élection censée être leur grand moment à eux ! Bonjour le tableau !
Dès lors, les choses sont claires : si vous aussi vous vous sentez héritiers du « non » de gauche au référendum de 2005 et du programme de la NUPES incluant la retraite à 60 ans, le 9 juin, il faut voter et faire voter pour la liste conduite par Manon Aubry et soutenue par Jean-Luc Mélenchon : celle de l’Union populaire.
Si vous voulez du retour de François Hollande, ses amis et sa ligne politique, votez Glucksmann dont le succès électoral ne peut être que le fruit pourri d’un beau tapis rouge médiatique anti-Mélenchon doublé d’une forte abstention populaire. Glucksmann, c’est pour les macronistes déçus d’Emmanuel Macron ! Voilà pourquoi pour nous, c’est non !
Il y a quelques jours, j’étais invité par des camarades à intervenir lors d’un café populaire aux côtés de plusieurs candidats de la liste conduite par Manon Aubry dont mon camarade inspecteur du travail Anthony Smith, à Denain, dans le Nord. Denain, bastion ouvrier historique, ancien fief de la gauche, avec son théâtre où son maire, Patrick Roy décédé brutalement, faisait venir les plus grands groupes de rock engagés. Denain, friche industrielle depuis les grandes fermetures. Denain où se concentrent tant de difficultés sociales. Denain grignotée par l’extrême-droite comme bien trop de territoires dans notre beau département populaire du Nord.
Sur le chemin qui me menait jusqu’au café, j’observais les gens dans la rue. Pas besoin de s’attarder trop longtemps pour comprendre combien ils souffrent de leurs conditions de vie. Et la voiture qui me conduisait stationna juste devant la permanence du député RN et désormais vice-président de l’Assemblée nationale, Sébastien Chenu. Ambiance de travail ! En moi, j’enrageais. Comment cela est possible ?
Rien. Absolument rien de ce qui se trouve dans le programme du Rassemblement national n’améliorera d’aucune façon le sort de ces braves gens que j’aimerais pouvoir convaincre et aider.
Le Rassemblement national ne propose pas de mieux partager les richesses.
A l’Assemblée nationale, le Rassemblement national vote avec la macronie contre la hausse du SMIC que nous avons proposée.
A l’Assemblée nationale, le Rassemblement national vote même le projet de loi Constitutionnel de Macron qui a foutu le feu à la Nouvelle-Calédonie.
Puis les élus du Rassemblement national s’en vont sur les plateaux de télé raconter combien Macron a fait n’importe quoi alors qu’ils y ont participé ! Le RN est une immense arnaque.
Alors quoi ?
Ces gens sont en colère ? C’est vrai.
Ont-ils raison de l’être ? Je le crois.
Mais, bon sang, en quoi voter RN serait le juste moyen d’expression de cette colère ?!
Le RN qui s’est banalisé, notabilisé, qui porte la cravate mais aussi les idées de la macronie…
Le RN est tout sauf un vote anti-système : c’est un vote profondément du système !
Quand j’étais gamin, depuis la voiture de mon père, j’observais sur la route les affiches du Front National de Jean-Marie Le Pen : 6 millions d’immigrés = 6 millions de chômeurs ! C’est factuellement faux mais ça sonne comme un slogan publicitaire et c’est tellement plus simple à comprendre et à faire entrer dans les têtes que 5 milliardaires pour 10 millions de pauvres !
Le RN est le poison anti-Union populaire : là où nous voulons faire France de tous bois et gouverner pour améliorer la vie de celles et ceux qui en ont besoin, le RN se charge de diviser le bloc populaire autour des questions d’origines ethniques ou d’appartenance religieuse. En cela, le RN protège les capitalistes.
Quand un allocataire du RSA, un chômeur, un petit commerçant, un employé ou un ouvrier vote RN, il vote profondément contre ses intérêts.
Pourtant, il n’en a pas l’impression. Charge à nous de lui donner !
Il faut bien le dire, outre que les enjeux de ces élections européennes sont graves, elles ont lieu dans un contexte bien pourri et une qualité du débat public hautement dégradée.
Faits divers surexploités masquant les problèmes sociaux et environnementaux, campagnes de calomnies contre les partisans de la paix et du droit international dans le conflit au Proche-Orient, dingueries à longueur d’antennes et de colonnes contre les insoumis sans aucune correction ni rappel à l’ordre…
Tout est déboussolé, cul par dessus tête, déraisonnable, démesuré, disproportionné, caricaturé…
A l’heure où je finalise ce post de blog, la liste de l’Union Populaire conduite par Manon Aubry et soutenue par Jean-Luc Mélenchon est créditée de 8% des intentions de vote. C’est, parmi les listes principales, celle qui subit le plus les effets de l’abstention. Sur le terrain, on le voit bien : nous sommes très soutenus mais la discipline de vote n’est pas au rendez-vous. L’abstention est notre principal adversaire.
Depuis des mois, nous menons une campagne acharnée pour encourager à l’inscription sur les listes électorales et favoriser la participation quand l’Etat est aux abonnés absents. Nous sillonnons les quartiers populaires avec enthousiasme pour expliquer et répéter les enjeux de ces élections.
Pour dire que le 9 juin, les riches et les racistes iront voter et qu’il faut donc se rendre aux urnes plus nombreux qu’eux.
Pour dire que le 9 juin, il n’y a qu’un bulletin de vote efficace pour la paix, pour le refus de l’escalade guerrière entre puissances nucléaires, pour la reconnaissance de l’Etat de Palestine, pour des sanctions contre le gouvernement d’Israël : le nôtre.
Que le 9 juin, il n’y a qu’un bulletin de vote efficace pour le pouvoir d’achat : le nôtre.
Que le 9 juin, il n’y a qu’une seule tête de liste dont le groupe au Parlement européen n’a voté aucun des accords de libre-échange qui mettent nos agriculteurs en danger : Manon Aubry.
Que le 9 juin, il n’y a qu’un seul bulletin de vote qui soit fidèle au programme et à l’esprit de la NUPES : celui de l’Union populaire.
Pour la paix, pour le pouvoir d’achat, pour le protectionnisme solidaire et écologique, pour construire sérieusement l’après Macron, pour lutter efficacement contre l’extrême-droite, pour empêcher la gauche de François Hollande de renaître de ses cendres : le 9 juin, votez et faites voter pour la liste de l’Union Populaire conduite par Manon Aubry et soutenue par Jean-Luc Mélenchon !
Si vous n’êtes pas chez vous le 9 juin, dépêchez-vous d’aller faire une procuration !
Appelez au vote vos amis, les membres de votre famille, diffusez sur vos réseaux sociaux, dans vos boucles de contacts… !
Sortons de chez nous si nombreux qu’ils n’auront pas prévu notre arrivée dans leurs sondages et poursuivons ensemble et dans les urnes le travail, qu’avec sérieux et méthode, nous menons depuis plus de dix ans.
Le 9 juin, donnons-nous la force de tout changer !
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]]>Je reprends du service derrière le clavier. Je crois le moment politique décisif. Dangereux. Il exige de penser et de parler clair. Il revêt un caractère d’urgence qui nécessite d’aller à l’essentiel. Je vois ceux qui sont aux responsabilités nous mener droit dans le mur. Mais j’observe affligé la plupart de ceux qui prétendent aux responsabilités. Ils ne sont pas à la hauteur. Le niveau des débats politiques s’est considérablement affaibli. Les uns poussent le pays à l’affrontement en son propre sein. Les autres sont prêts à tout ou presque pour obtenir leur petite part de lumière, construire leur prétendu « récit » et mettre à tout prix en avant leur « singularité », melons gonflants. Mais quand on les écoute, qu’entend-on ? De l’eau tiède. On s’ennuie, pour rester poli. Une actualité chasse l’autre. La tonalité générale est celle de l’égout éditorial. Et dans ce foisonnement, tout est confus. Modestement, je veux donc essayer de simplifier le diagnostic et tenter de dire où nous en sommes et où il nous faut aller.
De quand date le dernier porte-à-porte de ceux qui parlent au nom des « gens » à la télé ? Les gens morflent sévère. C’est l’enfer. Ils vivent dans des taudis. Dans des appartements pourris. Le chauffage ne marche pas. Pourtant il leur est facturé. Cher. Il faut laisser les manteaux à l’intérieur. Parfois, il n’y a plus d’eau chaude. Il faut pourtant se laver. Il y a du moisi sur les plafonds et les murs. Les salles de bain sont irrespirables. Les enfants sont malades. Il y a des nuisibles dans les parties communes. Il n’y a pas assez de place pour tout le monde. Pas d’intimité. On partage les chambres. Souvent, des membres de la famille dorment aussi dans le salon. L’ascenseur est en panne. Le bailleur social ne répond pas. On ne vit pas. On survit à peine.
Pourtant, on fait de son mieux. Mais on a l’impression que tout le monde s’en fout. Que quand on est pauvre, on ne compte pas. Les emplois sont précaires. Les salaires sont trop bas. Les minima sociaux aussi. Les prix sont trop hauts. On saute des repas. On mange mal. La santé se dégrade. Se soigner coûte trop cher. Et il faut attendre longtemps. D’ailleurs, tout coûte trop cher. C’est la débrouille. Le système D. Il ne reste plus que l’entraide. La télé pour seul loisir. On se sent abandonnés. On est fatigués. La vie est dure. Quel en est le sens ? Ce n’est pas drôle. Il faut se battre. Pour tout. Tout le temps. Et quand on reprend un peu de souffle, les factures arrivent qui viennent vous scier les deux jambes. On a plein de volonté mais on ne vous donne pas votre chance. On exige de vous de l’expérience que personne ne vous offre. Dehors, juste en faisant le guet, des gamins touchent en une journée ce que leurs parents en un mois ne percevront jamais. C’est la lutte pour que les enfants ne succombent pas aux sirènes du trafic.
Toute cette souffrance n’est pas vue à la télé. On n’y montre pas les causes. On exploite juste les conséquences. Au mépris des gens. Le tableau est trop sombre pour être vrai ? Allez-donc voir vous-mêmes ! Certes, ce n’est pas encore généralisé. Mais on en prend le chemin. On tombe dans la pauvreté aussi vite qu’on glisse sur un toboggan. Et une fois qu’on est en bas, bon courage pour remonter ! Le quart-monde gagne du terrain. Au milieu il y a, bien sûr, tous ceux qui n’en sont pas encore là. Pour eux, ce n’est pas simple mais ça va encore. Ça tient. Les salaires permettent de « s’en sortir ». « S’en sortir », ce n’est pas mener la grande vie, mais ça tient à flot. Cependant, la peur de la glissade est réelle. L’équilibre est fragile. Tout ou presque est précaire. On est en France. Sixième puissance économique du monde.
À quelques pas de là, il y a une autre France. Ceux qui la composent méconnaissent les premiers. Et inversement.
Pour elle, tout va bien. Elle a le sou, largement. Le pouvoir actuel lui en a redonné plus qu’elle ne lui en réclamait. Rémunérations indécentes. Baisses massives des impôts. Explosion des dividendes. Elle, elle s’en fout que les services publics se cassent la gueule. Les services publics sont le patrimoine de ceux qui n’en ont pas. Elle, du patrimoine, elle en a. Elle peut tout se payer. Même la santé ! Tout s’achète ! C’est la fête ! Cette petite île de prospérité flotte au milieu d’un océan de malheur. Elle s’en fout. Ils ne tiendraient pas trois jours dans les conditions de vie décrites au paragraphes précédent. Mais ça ne les concerne pas. Ils ne savent même pas que ça existe. Si le monde court à sa perte et que la planète brûle, s’il n’y en a plus pour longtemps, autant profiter un max tant qu’il est encore temps !
Osez les critiquer ! On dira de vous que « vous n’aimez pas les riches ». Là n’est pourtant pas la question. Nous refusons la misère. Or, elle ne tombe pas du ciel. C’est parce que certains sont trop riches que les autres sont trop pauvres. On dira qu’ils ont « pris des risques » ! Parce que les autres n’en prennent pas ? On dira qu’ils « créent la richesse », alors qu’ils se l’accaparent ! Parce que les autres n’en créent pas ? Ceux qui ont l’argent ont le pouvoir. Les politiques publiques sont faites par et pour eux. Tous les autres sont de la main d’oeuvre, des statistiques ou un encombrement. Elle est là, la fracture française. Entre ceux qui galèrent ou qui ont peur de galérer un jour, et ceux qui se gavent. Entre ceux qui subissent et ceux qui dirigent. Entre le peuple et l’oligarchie. Elle est là, la fracture française. Elle est là. Elle n’est pas ailleurs, même s’ils veulent le faire croire.
La principale préoccupation des Français et de loin, c’est évidemment le « pouvoir d’achat ». Ce sont « les revenus ». C’est en fait la possibilité de vivre, tout simplement. De se loger, se nourrir, se soigner, de s’éduquer et d’accéder à la culture et aux loisirs. Imaginez que ceux qui en sont privés et ceux qui ont peur d’en être privés un jour soient unis, rassemblés ! Imaginez qu’ils acquièrent la pleine conscience qu’aux origines de leurs malheurs, il y a ceux qui se gavent et qui jouent avec des milliards ! Pire, imaginez qu’ils sortent ensemble dans la rue ! Mieux : qu’ils aillent tous au bureau de vote avec l’envie furieuse d’en découdre, de renverser la table, sans faire dans la petite dentelle mollassonne ! L’Union populaire face à l’oligarchie ! Le cauchemar des puissants. Il leur faut donc imposer un autre clivage. Et la machine tourne à plein régime pour atteindre cet objectif.
Nommons le clivage qu’ils veulent imposer sans tourner autour du pot. Celui dont ils espèrent qu’il structurera durablement la vie politique. C’est un clivage civilisationnel. Plutôt que le peuple face à l’oligarchie, ils veulent que le peuple se sépare en son propre sein.
Les premiers séparatistes, ce sont les racistes et leurs alliés. Allumez la télé ! C’est gros comme un nez au milieu de la figure. Le problème n’est pas le financier. Le problème, c’est l’immigré ! Le clivage n’est pas entre le peuple et l’oligarchie. Le clivage, une fois les détails élagués, c’est tous contre les arabes ! Pour le dire autrement : quoi de mieux, pour empêcher le peuple de s’unir autour de ses revendications sociales communes, que de l’inviter à se diviser à propos de ses origines, de sa couleur de peau ou de son appartenance réelle ou supposée à telle ou telle autre religion ?
Soyons lucides : dans la course de vitesse pour imposer l’un de ces deux clivages (civilisationnel ou social), les partisans du clivage civilisationnel ont une longueur d’avance. Large. Cette extrême-droitisation de la France, comme elle s’opère presque partout en Europe, est d’autant plus permise que les puissants ont fait leurs calculs : s’ils ne partagent pas nécessairement ses vues identitaires, ils ont bien scruté les programmes.
Ils savent que l’accession au pouvoir de l’extrême-droite ne contraindra pas leurs intérêts. En effet, l’extrême-droite ne prévoit pas de partager les richesses. Elle ne prévoit pas d’augmenter les salaires ni les minima sociaux. Elle ne prévoit pas d’augmenter les impôts des plus riches. Elle ne prévoit pas de réparer nos services publics. Elle ne prévoit pas d’engager la planification écologique. Elle ne prévoit pas de rompre avec le capitalisme financiarisé. Les capitalistes n’ont rien à craindre de l’accession au pouvoir de l’extrême-droite. Face à l’impasse libérale incarnée par un macronisme finissant, ils préfèreront l’extrême-droite à la gauche de rupture, c’est évident.
Rappelons qu’en France, l’essentiel des médias sont tenus par neuf milliardaires. Des milliardaires qui investissent dans les médias même quand ces investissements leur font perdre de l’argent. S’ils n’investissent pas pour le gain à court-terme, quels intérêts servent-ils donc ? Il suffit de constater la nature du discours économique dominant dans les médias. Et, dans un même mouvement, de constater l’extrême-droitisation des esprits. Un pilonnage incessant. C’est ainsi qu’un Bolloré qui a exploité un port en Afrique pendant des années, et dont l’action économique a contribué aux mouvements contraints de population, finance une chaine de télé qui popularise les thèses de l’extrême-droite ! Sa récente parodie, qui a connu un certain succès en ligne, est si peu éloignée de la réalité. Mais cette avancée de l’extrême-droite est aussi et surtout rendue possible par celles et ceux qui participent à sa banalisation tout en diabolisant les partisans de l’union populaire.
De même, les fossoyeurs de la NUPES et partisans d’un retour à la gauche d’avant, par lâcheté, par opportunisme ou les deux, sont devenus des boulets plutôt que des alliés dans la lutte jusqu’au bout qui est désormais engagée.
Le traitement politique et médiatique en France de la guerre au Proche-Orient est révélateur de la recomposition qui est à l’oeuvre. Pire, nos adversaires s’en servent comme d’un alibi.
La dernière fois que je me suis installé derrière mon clavier pour vous écrire, c’était le 11 octobre. Depuis cette date, il y a eu environ 14 000 morts de plus à Gaza. Pour l’essentiel des civils. Pour plus de la moitié, des femmes et des enfants. 15 000 morts. Dont 62 journalistes et 101 membres du personnel de l’ONU tués. Plus d’1,7 million de Palestiniens déplacés. Au moins 67 700 bâtiments détruits. Plus de 206 écoles détruites ou endommagées. Plus de 20 hôpitaux rendus hors service par les bombardements. Israël a largué 40 000 tonnes d’explosifs depuis le 7 octobre.
Ces chiffres sont tellement énormes qu’on peine à imaginer ce que cela signifie.
A Gaza, les bombes pleuvent de manière incessante. L’électricité et l’eau sont coupées. C’est le blocus généralisé. Les femmes, les hommes, les enfants y sont traités en « animaux humains » comme le ministre israélien de la Défense, Yoav Gallant, en formait le souhait. En vérité, on ne supporterait pas davantage que des animaux soient traités de la sorte. C’est le même ministre israélien de la Défense auquel le ministre français des armées, Sébastien Lecornu, est allé rendre une petite visite amicale et s’y est félicité de partager avec lui « les valeurs humanistes ». En Cisjordanie, les colons israéliens poursuivent leurs raids jusqu’au coeur des villes palestiniennes.
Le droit international humanitaire n’existe plus. Ces 15 000 morts et ce traitement inhumain réservé aux Gazaouis sont la réponse du gouvernement d’extrême-droite Israélien aux crimes de guerre commis par le Hamas le 7 octobre. Cet acte de terreur avait fait 1200 morts et 240 personnes enlevées.
Face à l’effroi suscité par les actes barbares du 7 octobre contre des civils israéliens, la propagande s’est immédiatement mise en marche pour imposer sa grille de lecture et permettre, en réponse, un massacre encore bien plus important à Gaza. Elle tient en peu de mots : Hamas = terroristes = Daech = le mal = nécessaire guerre au terrorisme. Et gare à quiconque refuserait d’avaler cette grille d’analyse ! Car, comme l’a déjà déclaré le revenant Manuel Valls : « Expliquer, c’est déjà vouloir un peu excuser. » Mais lui peut, avec d’autres, se dire tranquillement opposé au cessez-le-feu ! Dès lors, quiconque oserait replacer les actes effroyables du 7 octobre dans le contexte de guerre coloniale imposée aux Palestiniens depuis des décennies serait immédiatement accusé de les « justifier ». Non, rien ne les justifie. Rien ne justifie l’assassinat de civils. Rien. Jamais.
Mais sommes-nous pour autant interdits de dire la responsabilité du gouvernement israélien dans la situation ? Sommes-nous obligés d’adhérer à la fumeuse doctrine de « guerre au terrorisme », le lot de massacres qu’elle permet et l’impasse politique dans laquelle elle mène inévitablement ? Quiconque oserait mettre en cause le gouvernement d’extrême-droite de l’État d’Israël serait immédiatement accusé d’antisémitisme. Non, nous ne sommes pas des racistes. Nous ne sommes pas antisémites. Quiconque serait mis en cause pour ses convictions religieuses nous trouverait à ses côtés. Quiconque. Quelle que soit sa religion. On doit pouvoir critiquer l’action d’un État et de son gouvernement sans être accusé d’antisémitisme. Réfléchir, analyser, comprendre et discuter vous disqualifie d’office.
Première cible de ces accusations infamantes : Jean-Luc Mélenchon. Qu’importe qu’il ait été le premier responsable politique français à réagir et à condamner l’attaque du Hamas et à exprimer l’horreur et la compassion pour toutes les victimes civiles. Parce qu’il a été le premier à réclamer le cessez-le-feu et à réaffirmer que c’est une guerre de territoire qui se joue au Proche-Orient, Jean-Luc Mélenchon fait l’objet d’une diabolisation médiatique et politique incessante. Matin, midi, soir et même la nuit, de façon continue ! La machine infernale fonctionne à plein régime.
Qu’importe que Mélenchon affirme sa « compassion » pour toutes les victimes, les médias lui reprochent son « manque de compassion » ! Qu’importe que Mélenchon rappelle qu’il s’agit d’une guerre de territoire et prône la solution à deux États comme le prévoit le droit international, les médias lui reprochent ses prétendues « ambiguïtés » ! Mélenchon critique le gouvernement d’extrême-droite d’Israël, donc « Mélenchon est antisémite » ou « complice du Hamas » !
Mais pourquoi Jean-Luc Mélenchon tout spécialement ? C’est vrai après tout. Est-il le seul à dire ce qu’il dit ? Non, loin de là.
Dominique de Villepin, ancien ministre des Affaires Étrangères et Premier ministre de Jacques Chirac le dit. Gérard Araud, ancien ambassadeur de France aux Etats-Unis et en Israël et tellement d’autres experts et organisations le disent. Amnesty International, l’AFP et tant d’autres refusent de résumer le Hamas au qualificatif de « terroriste » par souci de précision. Minorent-ils les actes de terreur et les crimes de guerre du Hamas ? Assurément non. Ils parlent de « crimes de guerre ». Est-ce un caprice rhétorique de leur part ? Non. C’est une référence précise au droit et un refus de succomber à des injonctions purement politiciennes. Sont-ils tous antisémites ? Surement pas.
Dès lors, si Jean-Luc Mélenchon est loin d’être le seul à porter la même analyse et la même explication de cette guerre, pourquoi est-il, lui spécialement, visé par des accusations infamantes ?
La première raison de cela, c’est que contrairement aux autres, Jean-Luc Mélenchon a fait 22% à l’élection présidentielle et porte un programme de rupture.
L’autre raison, c’est la recomposition politique que tentent d’imposer en France la macronie, la droite et l’extrême-droite sur le dos de la guerre de territoire qui se joue au Proche-Orient. Un « nouveau front républicain » (dont on voit mal ce qui lui reste de République) contre La France insoumise, comme le décrivait Jean-Pierre Raffarin.
La marche du 12 novembre appelée par Yaël Braun-Pivet et Gérard Larcher fut une honte. Elle aurait pu, et même elle aurait dû, être un grand moment de rassemblement républicain. Au lieu de quoi, elle fut une instrumentalisation dangereuse de la lutte contre l’antisémitisme pour appuyer « le soutien inconditionnel » à l’État d’Israël affaibli dans l’opinion publique de par le massacre qu’il perpétue envers les civils de Gaza en réponse aux actes barbares du Hamas le 7 octobre. À la banderole de tête, c’était la nuit des morts-vivants. On trouvait là tout le vieux monde politique que la vague dégagiste a déjà emporté. Mêmes ceux dont on avait oublié l’existence ! Certaines personnalités participant à la marche interrogées par les médias sur leurs motivations clarifiaient : ils étaient là pour « soutenir Israël ». Ils ne se sont pourtant pas trompés de marche ?
Même l’absence du Président de la République qui venait, pour la première fois après trente jours de massacre et 10 000 morts à Gaza, d’appeler au cessez-le feu, a été vivement critiquée. Le communiqué du CRIF contre le Président de la République était inacceptable. Sur une chaine de télévision française, pour avoir réclamé le cessez-le-feu, Emmanuel Macron a été à son tour accusé d’antisémitisme. Où étaient les macronistes pour défendre leur champion ? Nulle part. Comprendre : lutter contre l’antisémitisme et soutenir Israël, c’est la même chose. Critiquer l’action de l’État israélien, c’est être antisémite. La messe est dite !
Pire, cette marche a servi de grande lessiveuse à l’extrême-droite antisémite héritière de Pétain. Elle a maintenant droit de cité dans le prétendu « arc républicain » puisque sa cible principale a changé. L’ennemi de l’intérieur aujourd’hui, c’est d’abord le musulman. Dès les premières minutes de la marche, les discours islamophobes de Zemmour et Maréchal Le Pen se faisaient entendre. Nous étions donc appelés à marcher contre le racisme avec des racistes ! Sur place, les juifs de gauche qui protestaient contre la présence de l’extrême-droite se voyaient retirer leurs pancartes par la police. Juste à côté, on voyait des porteurs de pancartes où l’on pouvait lire : « face à l’antisémitisme, une seule solution : remigration ! ». Ceux-là n’ont bien sûr pas été inquiétés. La substitution d’un racisme par un autre, le soutien inconditionnel à l’État d’Israël, la finalisation de l’opération de banalisation de l’extrême-droite. Voilà les buts politiques de la marche appelée par la Présidente de l’Assemblée nationale et le Président du Sénat.
Il aurait suffi qu’ils appellent à marcher « contre l’antisémitisme et tous les racismes » et le problème était réglé. Mais ils ne l’ont pas fait. Le soir même, des responsables politiques de droite, comme Edouard Philippe, continuaient d’affirmer que la présence de l’extrême-droite ne posait pas de problème.
Evidemment, nombre de participants étaient présents à juste titre pour le mot d’ordre « contre l’antisémitisme » et n’avaient aucune idée de l’opération politicienne dans laquelle ils étaient embarqués contre leur volonté. A ceux-là il ne s’agit pas de faire le procès. L’augmentation du nombre d’actes antisémites mérite notre vigilance et notre pleine mobilisation. L’augmentation des actes antimusulmans, tout autant. Tous les racismes disloquent la République et rendent impossibles l’union populaire.
Que des citoyens aient participé à cette marche sans avoir conscience des sous-entendus politiques qu’elle accomplissait, c’est évident. En revanche, que des responsables politiques de gauche y aient participé fièrement sans comprendre ce qui était en train de se jouer, est hautement improbable.
Pourquoi donc Fabien Roussel, Marine Tondelier et Olivier Faure ont estimé qu’il fallait être présents à cette marche, dans ces conditions, quitte à se faire traiter de « fachos » par quelques excités comme ce fut le cas devant les caméras dès leurs premiers pas ?
D’abord, la trouille. C’est elle qui dicte l’essentiel de leurs choix politiques. Qu’importe qu’une énorme manipulation politique soit en cours, si elle s’appelle « marche contre l’antisémitisme », Roussel, Faure et Tondelier pensent qu’il est impossible d’assumer de ne pas y être sous peine d’être taxés à tort d’antisémitisme ! À Lille, c’est cette gauche qui a organisé le même jour un rassemblement contre l’antisémitisme. Et comme c’était prévisible, il a été récupéré et détourné par la macronie, la droite et plusieurs nuances des soutiens inconditionnels d’Israël, et la gauche s’est faite grassement huer au rassemblement qu’elle avait elle-même appelé ! Les gros nuls ! Ce sont les mêmes qui participaient à la marche des policiers devant l’Assemblée nationale parce que, vous comprenez, même si des factieux y criaient que « le problème de la police, c’est la justice », il fallait bien soutenir inconditionnellement les policiers ! Si on compte bien, ils ont peut-être participé à plus de manifestations avec Eric Zemmour qu’avec Jean-Luc Mélenchon !
Ils sont de cette gauche qui considère à tort qu’en donnant des gages de respectabilité au système, le système les caressera dans le sens du poil le jour où ils prétendront aux responsabilités. C’est une erreur d’évaluation absolue. Le système ne vous caresse dans le sens du poil que tant que vous ne représentez aucun danger pour lui. Mieux encore, si vous critiquez celui qui incarne la rupture ET la capacité d’accéder au pouvoir, alors vous avez automatiquement les faveurs du système.
Le meilleur exemple de cela s’appelle Fabien Roussel. Un Fabien Roussel, communiste, à 22% n’aurait jamais les faveurs du système ! Mais Fabien Roussel ne fera jamais 22%. Le système le sait. Fabien Roussel aussi. De plus, Fabien Roussel est parfait dans le rôle de l’anti-Mélenchon. Du coup, le système aime vraiment beaucoup Fabien Roussel. On le présente même comme « l’homme de gauche préféré de la droite ». Et l’intéressé sourit. Il est content. Il pense qu’il élargit sa base. Il pense que ces gens qui l’aiment pour ces raisons voteront peut-être un jour pour lui. Ce que, naturellement, ils ne feront jamais parce que, même compatible avec le système, Fabien Roussel est communiste ! Je prends Fabien Roussel parce qu’il est l’exemple le plus évident. Ça n’a rien, ou si peu, de personnel. Je pourrais prendre d’autres exemples chez ses amis de la gauche d’avant anti-Mélenchon. On a même les nôtres à La France insoumise ! C’est dire !
Je lance une annonce : vous êtes de gauche, vous avez toujours rêvé de passer à la télévision ? Dîtes du mal de Jean-Luc Mélenchon !
Si Jean-Luc Mélenchon et quelques-uns de ses compagnons de route n’avaient pas rompu avec le Parti socialiste après le référendum de 2005 pour reconstruire patiemment une gauche radicale digne de ce nom, point d’appui populaire solide, la gauche aujourd’hui en France serait à l’état résiduel des scores rikiki de nos concurrents de 2022.
En 2017, ils ont pris les 19% de Mélenchon comme un accident de parcours. En 2022, ils ont continué à le taper sans relâche et, même avec les communistes en moins, la mobilisation populaire nous a porté à 400 000 voix seulement du second tour. Sans rancune, nous avons vu et saisi l’occasion qui se présentait de nous hisser à la hauteur de l’Histoire. Aux législatives, la gauche pouvait se rassembler autour d’un programme de rupture et ainsi prétendre bâtir une majorité alternative. La NUPES est née de cette volonté. La vérité, c’est qu’elle n’était pas vraiment partagée. Seule La France insoumise inscrivait le moment dans la grande Histoire. Les autres voulaient, en gros, l’un sauver ses sièges, l’autre avoir un groupe.
Avec le recul, je pense qu’ils auraient été prêts à signer « l’Avenir en Commun » tout entier pour avoir leurs « circos ». Ils ont tout de même signé un programme de 650 mesures ! La NUPES, c’est la gauche rassemblée avec La France insoumise dans la locomotive. C’est donc une ligne politique. Pas juste un assemblage. C’est avec ça que nous avons gagné tous ensemble le premier tour des élections législatives. Il a manqué moins de 30 000 voix à l’échelle du pays pour que la NUPES remporte une majorité absolue. On ne l’aurait jamais fait si la NUPES avait été emmenée par Jadot, Hidalgo ou Roussel. Sommes-nous d’accord ?
Alors ce ne peut pas être « on change de conducteur à chaque virage » maintenant. Les gens ne veulent pas que la ligne de l’ancienne gauche dirige la coalition. Est-ce clair ? Sinon, ils auraient voté pour eux à la présidentielle ! Après deux présidentielles, on pouvait avoir l’illusion de croire que c’était compris. Leur en faudra-t-il une troisième comme ça avec le risque que Le Pen l’emporte au carrefour ? Hé ho ! On arrête quand les conneries ? On arrête quand de sacrifier les intérêts populaires sur celui des petits partis ?
La NUPES a été un immense espoir. Immense. Des gens attendaient que leur vie change tout de suite si ce programme s’appliquait. Les 151 députés élus l’ont été sur un programme et, la plupart du temps, avec la tête de Jean-Luc Mélenchon et le logo de La France insoumise sur leurs professions de foi. Quand il s’agissait de se faire élire avec sa tête sur les tracts, « Jean-Luc » était le meilleur. Mais maintenant que les élections intermédiaires approchent, « Jean-Luc » serait le problème ! On a même entendu qu’il fallait « lui couper Twitter » ! Le truc, c’est qu’un tweet de « Jean-Luc » fait une audience de masse quand leurs petits tours sur les plateaux télé intéressent une dizaine de personnes. Jean-Luc les surpasse toujours tous dans les sondages et de très loin.
Et bon sang, ce n’est pas une guerre d’égos ni même une question de personnes ! Ce n’est pas juste qu’il est le meilleur. Je pense personnellement qu’il a mis la barre bien trop haute pour que quiconque parmi les actuels prétendants « fasse mieux », c’est clair ! Mais ça, ça se travaille. Non, ce n’est pas la personne de Jean-Luc Mélenchon mais la ligne politique qu’il incarne qui emporte le plus l’adhésion populaire.
On aurait pu choisir de faire sans eux en 2022 compte tenu du rapport de force de la présidentielle. Je ne regrette pas notre décision de faire la NUPES. Il fallait le faire. Parce que la NUPES est incontestablement le chemin le plus court pour l’emporter. C’est la raison pour laquelle ceux qui sont en train de la faire exploser sur des prétextes à la noix pour mieux servir leurs petits intérêts boutiquiers devront le payer cher. Ruiner un tel espoir, ruiner les efforts des jeunes de la NUPES, ruiner tout ce travail acharné, rompre les engagements pris devant les électeurs, être aussi irresponsables en dispersant nos forces alors que l’extrême-droite menace et que les sondages montrent qu’ensemble aux européennes de juin prochain nous pourrions la battre… ruiner tout cela doit se payer cher.
Qu’il ne soit plus permis à aucun de ceux-là de se plaindre de la montée de l’extrême-droite. On ne peut pas se plaindre de la montée de l’extrême-droite tout en détruisant la coalition la plus capable de la battre ! C’est trop grave. Si l’extrême droite gagne, ce n’est pas eux qui en subiront le plus les conséquences ! A l’inverse, celles et ceux qui, d’où qu’ils viennent, veulent continuer à bâtir l’union populaire et rester fidèles au programme et à l’élan de la NUPES doivent être encouragés et accueillis à bras grands ouverts.
Il n’y a pas d’avenir à gauche sans rupture avec le capitalisme. C’est la leçon des deux dernières élections présidentielles. Même si Hollande, Cazeneuve et Delga ne le comprennent pas, l’heure de la social-démocratie est révolue. On n’éteint pas un incendie avec un petit filet d’eau tiède. Or, ça crame de partout ! Partout en Europe, l’extrême-droite progresse sur les cendres chaudes d’un néolibéralisme qu’elle épouse discrètement. En France, ils l’ont tous utilisée en l’aidant jusqu’à sa qualification au second tour, persuadés qu’à la fin, les Français voteraient toujours contre l’extrême-droite. Mais entre deux élections remportées face à l’extrême-droite, ils ont continué à mener des politiques qui sèment le désastre social sur lequel la même extrême-droite prospère tout en imposant son folklore identitaire. Le discours qui consiste à dire que le problème c’est l’immigré est plus facile à déployer et avaler que le discours qui explique que le problème c’est le financier.
Pour la première fois, je crois très probable que dans un face-à-face avec l’extrême-droite, le prochain cheval de la droite macroniste, qu’il s’appelle Philippe, Darmanin, Le Maire, Attal ou Véran, se fasse plier bien méchamment. Et je récuse absolument l’idée selon laquelle une gauche « recentrée », plus molle, social-démocrate ait le moindre avenir. Les gens sont à bout, ils souffrent, ils sont en colère, ils ont peur et ils ont de quoi et l’extrême-droite est aux portes du pouvoir : ce n’est pas l’heure des François Hollande !
Je suis en désaccord total avec ceux de mes camarades qui pensent que La France Insoumise étant la force motrice à gauche, elle doit polir son discours pour gagner en respectabilité, s’occuper un peu moins des quartiers populaires et aller chercher la gauche plus modérée, ce qui signerait une plus grande capacité à gouverner. Ce discours petit bourgeois est consternant ! La gauche ne gagnera plus jamais sans mobilisation massive des milieux populaires les plus abstentionnistes. A part les 2% de Roussel, je ne vois pas sur quel électorat existant mordre pour atteindre l’objectif. Qu’ils nous disent lequel ? Bien sûr, on ne doit jamais renoncer à faire changer d’avis. Seul un effet puissant de vote utile, qui suppose d’avoir suffisamment de force de départ, fera passer les hésitants et l’eau tiède du côté du camp de la rupture. C’est ainsi que le plafond des 19% de 2017 est monté de trois points en 2022. Entre temps, on ne peut pas dire que Jean-Luc Mélenchon avait été particulièrement ménagé !
Mon expérience de terrain me conforte dans l’idée que le salut de la gauche passe par un sursaut de participation et que ce sursaut ne peut s’atteindre que par un travail de terrain acharné qui nécessite bien plus d’huile de coude que la rédaction de belles dissertations de salon à propos du « bon ton » à adopter ! Moi aussi, j’ai mes sujets préférés. Je préfère parler d’économie et d’industrie. Mais quand l’extrême-droite violente instrumentalise des faits divers, descend faire des ratonnades dans la rue et que le discours qui s’impose est celui d’un ennemi de l’intérieur, je ne vais pas me planquer en attendant que l’on puisse reparler d’économie et d’industrie sous prétexte que ce serait électoralement plus vendeur que la lutte antiraciste ! Tout ça, c’est du petit marketing politique imbécile. Nous ne vendons pas des savonnettes ! Nous devons assumer une responsabilité historique à l’heure où la fracture du pays peut mener au pire.
D’abord, vérifions que nous sommes tous d’accord pour dire que, compte tenu de l’urgence de la situation, on n’a plus le temps mais juste des délais. Est-ce entendu ? Si oui, je propose qu’on arrête d’être la gauche qui se coupe sans cesse les cheveux en quatre, qui tergiverse et qui blablate, qui pense tous les six mois qu’elle doit tout recommencer à zéro, tout réinventer et tout réécrire alors qu’elle a le meilleur programme, que rien ne va plus alors qu’elle fait déjà tout ça dix fois mieux que tous les autres, qui pense et dit qu’elle fait tout mal.
À la place, on se retrousse les manches et on occupe le terrain tous azimuts du matin jusqu’au soir. On parle un peu moins et on agit encore plus.
Au porte à porte dans les quartiers populaires les plus abstentionnistes, plus de la moitié des gens à qui on pose la question veulent être recontactés par La France insoumise ! Encore faut-il leur poser la question ! On les écoute, on s’intéresse à eux, à leur vie, à l’état de leur logement. On leur fait connaitre nos propositions. On se rend utile comme on peut pour aider. On fait s’inscrire sur les listes électorales. On mène des actions collectives. On gagne la confiance. On redonne confiance. Quand ils sont intéressés, on les accueille dans nos groupes d’action. On s’insère dans la vie de nos quartiers, de nos villes, de nos villages. On crée du lien direct avec les gens. On mène des actions de solidarité concrètes. Tout ça prend énormément de temps. Dépensons-le !
Faisons en sorte d’être toujours plus nombreux. On se dresse en rempart intraitables contre les logiques de guerre civile. On fait République de tout bois envers et contre tout. On tient bon sur les principes, même quand c’est difficile et que tous les autres s’aplatissent comme des crêpes. On construit l’union populaire avec toutes les bonnes volontés, on affronte les partisans de la division du peuple et on contourne ceux qui se mettent en travers de son chemin.
Et surtout, surtout… on n’oublie jamais pour qui et pour quoi on fait tout ça. D’abord pour ceux qui souffrent et pour que la vie soit plus belle.
L’insoumission est un état d’esprit. Cultivons-le sans relâche !
Ça poussera.
Et ça fleurira.
L’article Union populaire ou choc des civilisations ? est apparu en premier sur Adrien Quatennens.
]]>L’article Israël / Palestine : La France déboussolée est apparu en premier sur Adrien Quatennens.
]]>« Quiconque veut empêcher l’émergence d’un Etat Palestinien doit renforcer le Hamas et transférer de l’argent au Hamas. Cela fait partie de notre stratégie. »
Benyamin Netanyahou, Premier ministre d’extrême-droite élu d’Israël, devant les députés du Likoud, 2019 (Source : Haaretz)
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« L’Autorité palestinienne est un fardeau, et le Hamas notre chance »
Bezalel Smotrich, ministre d’extrême-droite des finances et ministre délégué à la Défense israélienne.————-
L’attaque du Hamas contre Israël, lancée le 7 octobre, 50 ans et un jour après le début de la guerre du Kippour de 1973, est la plus meurtrière en 75 ans. Avec plus de 1 000 morts, en majorité des civils, le nombre de morts en trois jours dépasse celui des vingt dernières années pour l’Etat d’Israël. Les images de ces crimes, qui ont fait le tour de la planète, sont d’une sauvagerie insoutenable. Des enfants, des vieillards, des familles entières, des jeunes faisant la fête, ont été littéralement massacrés par un mouvement dont l’objectif affiché est, même s’il a dit accepter l’étape intermédiaire d’un retour aux frontières de 1967, la destruction de l’Etat d’Israël et l’instauration d’un état islamique palestinien sur tout le territoire de l’ancienne Palestine. 8 Français ont été tués. 20 sont portés disparus. Plus de 150 personnes ont été prises en otages. La compassion pour toutes les victimes et leurs familles n’est pas une option mais une évidence humaine. L’émotion nous submerge. La colère nous enrage.
On pourrait en rester là. C’est d’ailleurs ce que nous somme de faire presque toute la classe médiatique et politique, dans un alignement absolu et aveuglé avec le gouvernement d’extrême-droite israélien et sa soif de vengeance. Quiconque n’interrompt pas son commentaire à la condamnation des crimes du Hamas de ce week-end serait immédiatement accusé de faire du « oui, mais » ou « d’ambiguïtés », ou carrément « d’antisémitisme » ou pourquoi pas même de « complices des terroristes » ! Des insultes graves, insupportables, totalement infondées et réservées à La France insoumise mais épargnées aux experts et universitaires qui disent exactement la même chose qu’elle. Evidemment, La France insoumise a condamné et condamne totalement l’attaque du Hamas. Il s’agit de crimes de guerre contre une population civile désarmée et non pas d’un acte de résistance. L’objectif est évidemment de terroriser la population israélienne. Nous n’avons jamais soutenu et nous ne soutiendrons jamais le Hamas. La position de La France insoumise est celle de deux Etats coexistants dans la paix et la sécurité. Pourquoi laisser entendre le contraire et nous faire dire ce que nous ne disons pas ou refuser de relayer clairement ce que nous disons ?
En s’arrêtant à l’émotion, ferions-nous oeuvre utile au moment où la réponse du gouvernement d’extrême-droite israélien à la barbarie est la barbarie elle-même ? A l’heure où j’écris ces lignes, la riposte israélienne écrase Gaza et les deux millions de personnes qui y vivent, qualifiées « d’animaux humains » par le ministre de la Défense israélien, pilonnées par les bombes, affamées par un siège total interdit par le droit international humanitaire ainsi que l’a rappelé l’ONU. Benyamin Netanyahu ambitionne de « changer le Moyen-Orient » ! Rien de moins. Et la France n’aurait rien à dire d’autre qu’un soutien inconditionnel ? C’est lamentable. Côté israélien, on déclare 1200 morts et 2616 blessés. Côté palestinien, on déclare 900 morts et 4500 blessés. Et la puissance de la riposte sur Gaza promet un bilan bien plus lourd. Alors quoi ? On se contente de compter les morts et on regarde se dérouler sous nos yeux un désastre humanitaire ? Ou on réfléchit à comment nous en sommes arrivés là et comment retrouver le chemin de la paix ?
« Expliquer c’est déjà un peu vouloir excuser » avait lancé un jour Manuel Valls. Cette affirmation largement reprise aujourd’hui poursuit un but : empêcher de penser et donc de comprendre les évènements. Rien ne justifie les crimes de guerre. Absolument rien. Et il est évident que le Hamas, dont l’idéologie est totalitaire, n’a pas la paix en objectif. Il ne peut donc être question de le confondre avec le droit du peuple Palestinien à son auto-détermination et à la reconnaissance de son Etat. Précisément, pour empêcher la haine et ses tenants de gagner du terrain, notamment dans la jeunesse palestinienne, il faut dire haut et fort le contexte, le ressenti et dénoncer la politique d’oppression systématique menée par le gouvernement israélien à l’encontre des Palestiniens. Elle est le terreau de la situation. Car si le conflit israélo-palestinien n’a que trop duré et fait de bien trop nombreuses victimes, combien de Français connaissent véritablement les conditions de vie faites depuis des décennies aux Palestiniens ? Et pourquoi n’en parle-t-on pas dans les principaux médias précisément au moment où le conflit fait la une de l’actualité dans des proportions rarement égalées ? Comment se fait-il que, quand on allume la télé ou la radio, on soit saisi de cette étrange sensation qu’un mort palestinien aurait moins de valeur qu’un mort israélien ?
Avant la création d’Israël en 1948, les Palestiniens constituaient la majorité de la population (environ 70%) et possédaient 90% des terres. Les juifs, essentiellement venus d’Europe, constituaient 30% de la population. A la création de l’Etat juif, les autorités israéliennes ont agi pour renverser cette situation. Les Palestiniens ont été expulsés en masse et des centaines de villages ont alors été détruits. Après la guerre de 1967, Israël a occupé les territoires palestiniens de Cisjordanie, notamment de Jérusalem Est et de Gaza. En Israël et dans les territoires palestiniens occupés, les Palestiniens sont poussés hors de leurs terres et de leur maison. Les familles sont séparées, les droits différents et les lois constituent un système discriminatoire. Dans tous les aspects de la vie, les autorités israéliennes ont donnés à la population juive israélienne des privilèges sur les Palestiniens. Bien que présents avant la création de l’Etat d’Israël, les Palestiniens sont traités comme un groupe racial inférieur. Benyamin Nétanyahou, premier ministre d’extrême-droite israélien élu, déclarait en 2019 : « Israël n’est pas l’Etat de tous ses citoyens mais est l’Etat-nation du peuple juif et uniquement du peuple juif. » A Jérusalem, la politique des autorités consiste à maintenir une majorité juive d’au moins 60% de la population. Depuis 1967, Israël a révoqué le statut de résident de plus de 14 600 palestiniens de Jérusalem Est. 3,4 millions de Palestiniens vivent hors d’Israël et des territoires occupés, principalement dans des camps de réfugiés dans des pays voisins. 2,5 millions vivent en Israël et à Jérusalem Est, dans des enclaves représentant moins de 3% du territoire. 3 millions vivent en Cisjordanie occupée. 2 millions sont coincés dans la bande de Gaza, véritable prison à ciel ouvert et l’une des zones les plus densément peuplée au monde. Entre 2000 et 2017, les forces israéliennes ont tué 4 868 Palestiniens en territoires occupés dont 1793 enfants en dehors de tout conflit armé. C’est dans ce contexte d’intensification de la colonisation et de non respect du droit international qu’ont eu lieu les attaques du week-end dernier. Ne pas le rappeler, c’est ne pas voir qu’il fait un bon terreau pour la haine et le projet totalitaire du Hamas. Ne pas le dénoncer, c’est s’éloigner des résolutions internationales et donc des solutions pour la paix.
On peut et on doit aller plus loin : si le Hamas poursuit l’objectif de détruire l’Etat d’Israël, il faut également faire connaitre haut et fort les déclaration du Premier ministre d’extrême-droite israélien à propos du Hamas. En 2019, devant les députés de son parti, Benyamin Netanyahou déclarait : « quiconque veut empêcher l’émergence d’un Etat Palestinien doit renforcer le Hamas et transférer de l’argent au Hamas. Cela fait partie de notre stratégie. » Son ministre des finances, Bezalel Smotrich, déclare lui : « L’Autorité palestinienne est un fardeau, et le Hamas notre chance ». Netanyahou et son gouvernement fasciste ont utilisé la carte Hamas pour contourner et affaiblir l’Autorité Palestinienne. Pourquoi cela n’est jamais dit ? Pourquoi le silence médiatique à ce propos ? Comprenez-vous dès lors que La France insoumise se joigne évidemment à l’hommage à toutes les victimes de l’attaque du Hamas (même si elle aurait préféré un hommage à toutes les victimes du conflit) mais refuse de se joindre au concert de soutien inconditionnel au gouvernement israélien dans sa riposte ? On ne répond pas à des crimes de guerre par des crimes de guerre !
A l’avant-poste de l’alignement des médias et de presque toute la classe politique avec le gouvernement israélien, et en rupture totale avec des décennies de diplomatie Française depuis le Général De Gaulle, on trouve évidemment Emmanuel Macron et le gouvernement. Pas une seule fois dans les deux communiqués publiés par le gouvernement après l’attaque de samedi on ne trouve le mot « paix » ni le moindre appel au « cessez le feu » ! On trouve Elisabeth Borne et les membres du gouvernement pour dénoncer les « ambiguïtés » de La France insoumise sans jamais dire lesquelles. Mais ils sont aux abonnés absents pour avoir des paroles claires de désescalade dans le conflit. La participation à la marche du CRIF, réunissant de Zemmour à Europe-Ecologie-Les-Verts, sur des mots d’ordre de soutien inconditionnel à l’Etat israélien et sans le moindre appel à la paix est de ce point de vue édifiante ! La France, devenue aphone, a complètement démissionné du rôle diplomatique qui était le sien. Comme si la paix et le respect du droit international n’étaient plus des objectifs prioritaires, que les morts n’avaient pas la même valeur selon qu’ils soient israéliens ou palestiniens, et que tout le monde devait succomber à une soif de vengeance irrationnelle. Il faut voir la confusion générale à l’Assemblée nationale. Il n’y a guère plus que La France insoumise pour porter un discours clair de paix refusant le choc des civilisations. C’est d’ailleurs pourquoi les mots employés sont importants et doivent être choisis avec soin et sans impulsivité.
A peine les premiers commentaires politiques de l’attaque du Hamas étaient parus que déjà l’offensive contre La France insoumise commençait. En fait, cette offensive est incessante. Elle était déjà à l’oeuvre avant cette tragique actualité. Désormais, la ligne éditoriale nationale est claire en tout et pour tout : banaliser la présence de l’extrême-droite, diaboliser à fond Jean-Luc Mélenchon et La France insoumise à coups de mensonges, de fausses accusations, en nous faisant dire ce que nous ne disons pas ou en refusant de dire ce que nous disons. Et bien sûr, instrumentaliser le moindre membre de La France insoumise qui dirait la même chose que Jean-Luc Mélenchon en faisant croire qu’il dit quelque chose de différent et se « démarque », même s’il n’en est factuellement rien !
Réflexion faite, je crois que quoi que dise La France insoumise désormais, les commentaires négatifs sont déjà préparés à l’avance. L’opération de diabolisation est massive. C’est incessant. Ça se voit. On nous prête des positions qui ne sont pas les nôtres. On met dans notre bouche des mots que nous n’avons pas prononcés. Et la fabrique de l’opinion tourne à plein régime. Le commentaire à propos de La France insoumise est évidemment beaucoup plus relayé et beaucoup plus entendu que La France insoumise ne l’est elle-même. C’est sur toutes les ondes, partout, tout le temps. Ce témoignage vu sur les réseaux sociaux me parait bien résumer la situation :
« Mon beau-père est en boucle sur C News et BFM TV. Déchainé, il m’explique que Mélenchon soutient le Hamas et ne condamne pas… Je lui lis le premier communiqué de Mélenchon en lui faisant croire que c’est Ruffin. Il me répond « Voilà ! Ruffin, lui, est raisonnable : il a dénoncé les violences. »
C News a même publié un sondage pour dire que « 82% des Français désapprouvent la position de Jean-Luc Mélenchon de ne pas condamner l’attaque du Hamas sur Israël » alors que Jean-Luc Mélenchon condamne l’attaque du Hamas sur Israël. Vous imaginez le niveau de dinguerie ?
Il fallait voir mardi à l’Assemblée nationale, lors de la séance de question au gouvernement, les cris de boeufs complètement hallucinés dans la bouche de parlementaires ahuris, contre le discours de compassion, de clarté et de paix de Mathilde Panot : « Soutien du Hamas ! » « Terroristes ! ». Le problème, c’est qu’à force de prêter aux insoumis des positions qui ne sont pas les leurs, non seulement on empêche un débat public éclairant, mais surtout, on fait courir un danger aux élus et aux militants insoumis. Ainsi, par exemple, sur C News mardi soir, le chanteur Enrico Macias appelait à « dégommer les LFI », « même physiquement ». Les menaces contre nous se multiplient alors que nous sommes les seuls à tenir un discours qui précisément ne souffre d’aucune ambiguïté ni d’aucune géométrie variable dans les indignations face aux crimes.
Le réceptacle des fausses accusations contre La France insoumise semble tenir dans le choix des mots. On nous reproche de parler de « crimes de guerre » et non pas de « terrorisme ». C’est même sur cette base que le Parti socialiste justifie sa « suspension des travaux » de la NUPES ou que le député Jérôme Guedj nous qualifie « d’idiots utiles du Hamas » ! Il ne nous viendrait pas à l’idée de qualifier Jérôme Guedj d’idiot utile du gouvernement d’extrême-droite israélien. Même la verte Marine Tondelier a cru intelligent de s’interroger : « comment certains peuvent ils hésiter à qualifier ce qu’il s’est passé en Israël samedi de terrorisme » ? En fait, les mots, les concepts et le droit n’ont plus grande importance pour eux. L’essentiel, c’est de cotiser au concert général !
Tout le monde s’accorde à dire que les actes commis par le Hamas sont une horreur absolue. Mais pour eux tous, l’essentiel, c’est de souligner un désaccord d’emploi de terme en espérant flétrir les insoumis ! Alors puisque le débat (passionnant et ô combien essentiel face à la situation !) est lancé, allons-y ! La définition des crimes de guerre par l’ONU ne dit à aucun moment que cela ne concerne que des armées régulières. Parler de « crimes de guerre » ne fait donc pas du Hamas un représentant officiel des Palestiniens, contrairement à ce qu’affirment certains.
Par ailleurs, il n’y a pas de définition internationalement agréée du terrorisme. La notion de terrorisme est définie par les juridictions nationales. En revanche, un crime de guerre peut, lui, être poursuivi au plus haut niveau international. Ceux qui exigent de La France insoumise l’utilisation du mot « terroriste » au lieu de « crime de guerre » savent-ils seulement qu’ils atténuent juridiquement les actes du Hamas et la possibilité d’une réponse pénale internationale ? La Cour pénale internationale reconnait les crimes de guerre, les crimes contre l’humanité, les crimes de génocide et d’agression. A noter que tous les pays, comme les Etats-Unis, n’ont pas signé la convention établissant cette cour de justice. Israël non plus. La France, oui. Le Hamas s’est donc bien rendu coupable de crimes de guerre et de violations des Conventions de Genève en s’attaquant à des civils. C’est condamnable et doit être condamné, tout comme les attaques et bombardement d’Israël contre les populations palestiniennes et le siège de Gaza.
S’agissant du conflit israélo-palestinien, le programme de La France insoumise est le suivant :
« Agir pour une paix juste et durable entre Israël et la Palestine. Les conditions d’une paix juste et durable au Proche-Orient sont connues. Elles sont inscrites dans les résolutions de l’ONU depuis 1967. Il manque la volonté politique de les faire appliquer. La France doit reconnaitre l’Etat palestinien et prendre une initiative pour la paix entre cet Etat et Israël. Nous proposons de réaliser les mesures suivantes :
Souffre-t-il d’une quelconque « ambiguïté » ? Non.
La France insoumise condamne-t-elle depuis le début les crimes du Hamas ? Oui.
La France insoumise peut-elle être suspectée d’antisémitisme ou de vouloir la destruction de l’Etat d’Israël ? Non.
La France insoumise soutien le droit international et celui des Palestiniens à disposer d’un Etat et de voir cesser la colonisation illégale de l’Etat Israélien.
Fait notable qui témoigne de la folie dans laquelle bascule le débat public en France : le député Meyer Habib, proche du pouvoir israélien, juge que le Rassemblement national, contrairement à La France insoumise, est « rentré dans le champ républicain. » C’est intéressant quand on connait le rapport historique et factuel de l’extrême-droite française à l’antisémitisme. En effet, La France insoumise n’a pas été fondée par d’anciens SS. Un ancien membre du service d’ordre de La France insoumise n’a pas fourni d’armes au terroriste antisémite de l’Hyper Cacher. Un ancien candidat de La France insoumise n’a pas négocié avec Daech le maintien de l’activité du cimentier Lafarge en Syrie.
L’actualité tragique révèle au moins deux choses :
Dans ces conditions, le pire est à craindre. Les insoumis et ceux qui les écoutent peuvent avoir total confiance dans leurs dirigeants.
L’article Israël / Palestine : La France déboussolée est apparu en premier sur Adrien Quatennens.
]]>L’article [Question au gouvernement] La baisse du financement du gouvernement menace les territoires zéro chômeur de longue durée est apparu en premier sur Adrien Quatennens.
]]>Monsieur Quatennens attire l’attention du Ministre du Travail, du Plein emploi et de l’Insertion sur les enjeux budgétaires auxquels sont confrontés les acteurs de l’expérimentation Territoires zéro chômeur de longue durée.
Les acteurs des 58 territoires zéro chômeur de longue durée habilités ont appris au cœur de l’été la baisse du soutien financier de l’Etat à leur action en faveur du droit à l’emploi. En effet, alors que la contribution destinée à financer les emplois créés était calculée sur la base de 102% du SMIC brut, l’arrêté du 31 juillet 2023 prévoit une baisse de ce taux à 95% dès le 1er octobre.
Cette baisse est de nature à fragiliser le modèle économique d’un grand nombre d’entreprises à but d’emploi, voire à mettre à mal un des principes fondamentaux du projet : l’atteinte à l’exhaustivité.
Alors que les deux lois d’expérimentation ont été adoptées à l’unanimité au Parlement, que 48 territoires supplémentaires ont été habilités par le Ministre ces 2 dernières années, que déjà 4 000 personnes sont sorties de la privation durable d’emploi grâce au projet, cette baisse des financements suscite l’incompréhension.
C’est l’ensemble des conditions d’expérimentation qui sont remises en cause. En plus de la baisse de la Contribution au développement de l’emploi (CDE), les acteurs du projet soulignent les difficultés des territoires candidats à être habilités et l’impossibilité budgétaire de mener à bien l’expérimentation en raison des choix du gouvernement.
Cela augure-t il des arbitrages budgétaires moins favorables encore lors de l’examen du Projet de Loi de finances 2024 ? Les acteurs des territoires zéro chômeur de longue durée auront-ils les moyens de démontrer que le droit à l’emploi territorialisé est possible, comme le prévoit l’article 9 de la loi du 14 décembre 2020 ?
Monsieur Quatennens souhaite ainsi connaître les intentions réelles du gouvernement quant aux moyens alloués à l’expérimentation Territoires zéro chômeur de longue durée pour les années à venir.
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]]>Un chanteur Super
Dimanche 24 septembre, nous étions (presque) tous en éveil devant nos téléviseurs ! Pendant (presque) toute la journée, en boucle, les médias faisaient la publicité de l’interview d’Emmanuel Macron prévue pour le soir même. On allait voir ce que l’on allait voir ! Après une semaine chargée avec le bon repas entre monarques sous les ors de Versailles et la visite du Pape François en France, le chef de l’Etat allait faire le point et surtout, disait-on, faire « une annonce importante pour le pouvoir d’achat des Français ». De quoi vous tenir en haleine jusqu’à l’heure fatidique : 20h00.
Entre août 2021 et août 2023, les prix à la consommation ont globalement grimpé de 10,5% en France. En août, l’inflation accélère de nouveau à 4,9% sur un an. Alimentation :+11,2% (c’est +20% sur deux ans). Energie : +6,8% (c’est +31% sur 2 ans). Electricité : +18% sur un an. Gaz : +7,6% sur un an. Essence : +7% (c’est +25% sur deux ans). Loyers, eau et enlèvements des ordures ménagères : +3% sur un an. Transports : +4,8% sur un an. Réparations automobiles : +8,42% sur un an. Assurances : +4,2% sur un an.
De tels chiffres donnent le tournis. Les salaires ne suivant pas l’inflation, les salaires réels dans le secteur privé ont reculé, notamment de 2,9% au seul deuxième trimestre 2022. C’est pire encore dans le secteur public après un gel du point d’indice pendant plus de cinq années.
Résultats : 14% de la population de France hexagonale (9 millions de personnes) était en situation de privation matérielle et sociale début 2022.
24,4% des personnes déclarent ne pas pouvoir se payer, pour des raisons financières, une semaine de vacances dans l’année. 30,4% déclarent ne pas pouvoir faire face à une dépense non prévue de 1 000 euros. 13,1% déclarent ne pas pouvoir dépenser une petite somme librement. 10% déclarent ne pas pouvoir se chauffer correctement. 9,6% déclarent ne pas pouvoir payer à temps les loyers et les factures. Les inscriptions au fichier de la Banque de France pour incidents de paiement ont bondi de 16% de janvier à juillet 2023. Fin 2022, un Français sur six déclarait ne pas pouvoir manger à sa faim. 8 millions de personnes recourent à l’aide alimentaire. 11 millions de concitoyens vivent dans la pauvreté. La rentrée étudiante marque aussi la reprise des interminables files d’attente devant les banques alimentaires.
Voilà comment la septième puissance économique du monde traite la génération qui va devoir relever tous les défis à venir ! Alors, on a allumé la télé pour entendre la grande annonce du Président. Allait-il annoncer une allocation d’autonomie pour la jeunesse du pays ? Un blocage des prix comme cela se fait dans la plupart des territoires d’Outre-Mer ? L’indexation des salaires sur l’inflation comme le font nos amis belges ? La revalorisation des minimas sociaux, de sorte que personne ne vive sous le seuil de pauvreté ? Il n’en fut évidemment rien.
Il faut dire qu’Emmanuel Macron partait de loin. La semaine dernière, sa première ministre a fait les gros yeux en annonçant « la possibilité de vendre à perte ». Un peu plus tôt, la ministre Olivia Grégoire avait même proposé des cours de cuisine à l’école contre l’inflation ! Tremblez superprofiteurs ! En quelques heures, le PDG de Total et celui de Carrefour avaient soigneusement fermé la porte au nez de la Première ministre. Humiliation pour le gouvernement. Mais cette fois, on nous annonçait que Macron allait reprendre les choses en mains et sortir les grands moyens. Quelle fut donc notre stupeur quand, après avoir annoncé qu’il mettait l’idée toute neuve de la vente à perte à la poubelle, il annonça… une table ronde, la possibilité de vendre à prix coûtant le carburant et un chèque de 100 euros par an pour que les plus modestes puissent faire le plein d’essence pour se rendre au travail ! Le foutage de gueule n’a vraiment plus de limite. Un gouvernement qui en appelle à des opérations commerciales mais n’agit pas sur les causes de l’inflation peut-il encore s’appeler gouvernement ? Emmanuel Macron est chef de l’Etat, pas chef de rayon ! Ce pourrait être drôle si, derrière cette inaction gouvernementale, il n’y avait pas des millions de femmes, d’hommes et d’enfants pour qui la vie est rendue quotidiennement impossible par la hausse des prix. Macron sait-il seulement qu’un plein d’essence coûte à peu près 100 euros aujourd’hui, lui qui aime tant la bagnole ?! Quant à la vente à prix coûtant du carburant, elle représenterait une réduction de l’ordre de 1 centime par litre. Merci, votre bon maître ! Ca valait vraiment le coût d’attendre 20h00 pour entendre tout ça !
Les journalistes qui l’interrogeaient avaient beau lui tendre dix fois la perche en espérant une annonce de taille, il n’en fit rien. « Monsieur Macron, le blocage des prix comme le réclament certaines de vos oppositions ? » Non ! Pourquoi ? « Parce que les prix ne sont plus administrés en France » répondit-il. C’est un argument ça ?! Les prix sont bloqués dans 9 territoires d’Outre-Mer sur 11. Macron l’ignore ?! « Monsieur Macron, l’indexation des salaires sur l’inflation, comme le réclament certaines de vos oppositions ? » Non ! Pourquoi ? « Parce que vous allez créer une boucle inflationniste salaires-prix ! ». Ah bon ? Macron ignore-t-il à ce point la principale cause de l’inflation ? Ce ne sont pourtant pas les insoumis mais bien l’INSEE et le FMI qui ont établi et dit que la principale cause de l’inflation, ce sont les superprofits. Traduisons en langage simple et direct : c’est parce que certains se gavent comme des porcs que 87% des Français doivent se serrer la ceinture ! Oui mais voilà, Macron est là et gouverne par et pour ceux qui se gavent. La politique qu’il mène depuis six ans n’atteint principalement que cet objectif : offrir toujours plus à ceux qui ont déjà beaucoup. Les 500 plus grandes fortunes de France possèdent la moitié des richesses produites dans le pays. Et les actionnaires continuent de se voir distribuer des dividendes records. 2023, année record ! Et ne parlez surtout pas à Emmanuel Macron de « taxer les superprofits » ! Car alors, il vous répondra qu’il « n’est pas question d’augmenter les impôts ». Avez-vous remarqué comme, dans le débat public, quand il est question d’impôts, on englobe tout le monde dans le même sac ? On dit « les Français ». On dit « les impôts ». Mais la bonne question c’est : pour qui les impôts doivent-ils baisser et pour qui doivent-ils augmenter ? L’impôt en France permet la redistribution. Il est progressif : plus on a, plus on paye. Sauf ? Sauf pour les 0,1% les plus riches pour qui l’impôt est dégressif ! La France ressemble de plus en plus à un pays du quart monde mais, pour la toute petite minorité qui se trouve tout en haut, elle est une sorte de paradis fiscal. C’est sans compter la fraude et l’évasion fiscale qui représentent un manque à gagner de 100 milliards pour financer nos services publics, par exemple ! Une montagne à côté de la poussière que représente la fraude aux prestations de la CAF, par exemple aussi ! Mais bon, il parait que s’ils n’aiment pas Macron, les pauvres gens peuvent toujours se tourner vers les bras ouverts de Madame Le Pen. Si, si : elle l’a dit. Elle va s’occuper du pouvoir d’achat ! Qu’importe qu’à l’Assemblée nationale, macronistes et lepénistes avancent main dans la main contre la hausse du SMIC et contre le rétablissement de l’impôt de solidarité sur la fortune ! Elle l’a dit. C’est, parait-il, l’essentiel. Qu’importe ce qu’elle fait ! En plus, elle est à la mode en ce moment !
Pour la route, voudriez-vous quelques chiffres plus impressionnants encore que l’inflation ? En voici :
Pendant qu’un Français sur trois ne dispose plus que de 100 euros sur son compte bancaire dès le 10 du mois, que 87% des Français déclarent devoir « faire attention », que le renoncement à des repas, aux soins, à des vêtements, à des loisirs concerne toujours plus de monde, pendant ce temps là :
La famille Hermès possède 137 800 millions d’euros (une hausse de 59 100 millions depuis l’an dernier).
Bernard Arnault et sa famille possèdent 203 000 millions d’euros (une hausse de 54 000 millions depuis l’an dernier).
Alain et Gérard Wertheimer et leur famille possèdent 100 000 millions d’euros (une hausse de 20 000 millions depuis l’an dernier).
Françoise Bettencourt Meyers et sa famille possèdent 77 200 millions d’euros (une hausse de 14 800 millions d’euros depuis l’an dernier).
Nicolas Puech possède 9 300 millions d’euros (une hausse de 4 000 millions d’euros depuis l’an dernier).
On continue ? Non, on arrête ?
On arrête car on va encore dire que la France insoumise déteste « les riches et ceux qui réussissent ». Parce qu’il est vrai qu’accumuler un tel pognon de dingue qu’on ne comprend même pas ce qu’ils peuvent bien en faire, avec les aides de l’Etat et pendant que le pays compte 11 millions de pauvres, ça s’appelle « la prise de risque » et « la réussite », messieurs dames !
Cette semaine, l’Assemblée nationale reprend ses travaux en séance. Et donc naturellement, Macron reprend son offensive contre les plus pauvres. Après l’épisode des deux meilleures années de la vie de tous les Français volées sans que leurs représentants au Parlement n’aient pu voter, voici l’épisode « France Travail forcé ! ». Ca s’appelle « projet de loi pour le plein emploi » mais, ne vous laissez pas impressionner par le titre. En effet, il ne s’agit ni de diminuer le temps de travail pour permettre de travailler moins, tous et mieux. Ni d’instaurer une garantie d’emploi pour rendre effectif ce droit alors que notre pays compte environ 1 emploi non pourvu pour 18 chômeurs disponibles. Non, non, rien de tout cela. Véritable usine à gaz, ce projet de loi prévoit l’inscription automatique et généralisée à Pôle Emploi. Seront inscrits d’office les demandeurs d’emploi, les bénéficiaires du RSA et leur conjoint (vous avez bien lu !), les personnes sollicitant les missions locales ou les Cap Emploi. Alors que les conditions de travail des 55 000 conseillers Pôle Emploi sont déjà insoutenables, ils devront gérer 1,14 millions de personnes en plus, rien que pour les allocataires du RSA. L’inscription automatique des bénéficiaires du RSA contrevient aux principes fondamentaux de notre système de protection sociale. En effet, le statut de demandeur d’emploi suppose une démarche volontaire, des conditions précises de disponibilité, et la capacité de pouvoir occuper un emploi. Le RSA est un minima social mais il n’a jamais été question d’être en recherche d’emploi pour le percevoir. Si la perception du RSA vaut inscription comme demandeur d’emploi, une prestation d’assistance familiarisée devient une prestation de solidarité chômage alors qu’elle est fondée sur la solidarité nationale, financée par l’Etat. Ce projet est absurde. Par exemple, tous les jeunes accompagnés par les missions locales ne sont pas en recherche d’un emploi à court-terme : ceux engagés dans une reprise d’étude ou de formation vont se voir imposer le statut de demandeur d’emploi !
Avec cette loi, le « projet personnel d’accès à l’emploi » deviendra le « contrat d’engagement », avec un plan d’action hebdomadaire d’au moins 15 heures imposé au signataire dudit contrat. Les personnes en situation de handicap ou les jeunes en reprise de formation se verront eux aussi imposer ces 15 heures. Alors que l’objectif initial du gouvernement était d’instaurer ces 15 heures d’activité pour les bénéficiaires du RSA, les demandeurs d’emploi bénéficiant de l’allocation chômage se voient eux aussi imposer ces 15 heures minimales ! Le gouvernement instaure ici la grande confusion entre assistance et assurance. En effet, l’allocation de retour à l’emploi est une contrepartie des cotisations sociales versées par l’assuré. Les salariés cotisent pour toucher le chômage. Pourquoi devraient-ils désormais se voir imposer 15 heures d’activité pour bénéficier des garanties pour lesquelles ils ont cotisé ? De plus, le projet de loi ne prévoit aucun droit opposable à l’accompagnement. La logique « droits et devoirs » réciproques bascule donc au profit d’une logique unilatérale et construite sur la contrainte. Il va durcir l’obligation à accepter n’importe quel emploi. En liant contrôle des demandeurs d’emploi et contrôle des allocataires, une personne radiée de France Travail verra son RSA menacé alors même que le RSA est un revenu minimal garanti par la Constitution :
« Tout être humain qui, en raison de son âge, de son état physique ou mental, de la situation économique, se trouve dans l’incapacité de travailler a le droit d’obtenir de la collectivité des moyens convenables d’existence. »
La Défenseure des droits a d’ailleurs donné son avis : « une sanction ne peut priver un individu de tout moyen de répondre à ses besoins élémentaires en le privant notamment du reste à vivre. »
C’est pourtant bien ce que Macron a l’intention de faire.
Car pour lui, mieux vaut faire disparaitre les pauvres que de traiter le chômage et la pauvreté !
Alors cette semaine à l’Assemblée, c’est contre cela que l’on se bat.
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]]>Cet été, les températures extrêmes, les incendies et la grande sécheresse ont mis au coeur de l’actualité la question centrale de l’accès à l’eau. La situation atteint son paroxysme à Mayotte. Dans ce département français, il n’y a plus d’eau au robinet deux jours sur trois. Si la même situation se produisait dans une grande ville de la métropole, la mobilisation de l’Etat serait immédiate. Que fait le gouvernement à Mayotte ? L’« arc républicain » serait-il à ce point sélectif qu’il ne considère pas d’égale importance certaines parties du territoire de la République ?
Quand en 2020, en pleine pandémie de Covid, Jean-Luc Mélenchon consacrait deux heures d’un meeting numérique en réalité augmentée à la question de l’eau, présageant qu’elle serait la grande question des temps à venir, quelle fut la réaction des principaux commentateurs ? Une indifférence presque moqueuse. Qui s’y risquerait encore trois ans plus tard alors que le sud de l’Espagne et la Sicile sont menacés d’être des régions désertiques à horizon 2100 ?
De même, quand Jean-Luc Mélenchon expliquait que l’une des premières conséquences du changement climatique dans le bassin Méditerranéen serait l’aggravation des tempêtes et des inondations du fait de l’évaporation de l’eau de la Mer qui met cent ans à se renouveler. Qui viendrait le moquer après le bilan terrible que vient de connaître la Libye ?
Le changement climatique s’accélère, ses conséquences s’aggravent. Il est irréversible. L’Etat Français, où ont été signés les accords de Paris, a été condamné par la justice pour inaction climatique. Considérer que l’on peut limiter suffisamment le changement climatique, mais surtout se tenir prêt à affronter ses conséquences irrémédiables, sans remettre en cause le mode de production, de distribution et de consommation (disons-le, le capitalisme), est une dangereuse illusion.
Les évènements annoncés appellent une grande bifurcation et une entière mobilisation qui met l’entraide et la coopération au coeur de son mode d’organisation, à rebours de la compétition généralisée et du libre-marché. C’est cette entraide que l’on voit se mettre à l’oeuvre de façon spectaculaire face à des tragédies comme celle que viennent de connaître nos amis marocains avec ce nouveau tremblement de terre au bilan humain si lourd. L’entraide et la solidarité face aux évènements. En tout et pour tout. C’est ça l’avenir.
Cet été encore, les Français se sont serrés la ceinture. Pendant que Macron et son gouvernement répètent depuis de longs mois que l’on est au coeur du pic à moins que ce ne soit le pic du coeur de l’inflation et « demandent » des efforts aux industriels, l’écrasante majorité des Français renonce à presque tout.
87% des Français déclarent devoir « faire attention ». « Faire attention », cela parait être du bon sens. Mais la traduction concrète de « faire attention », c’est un quotidien à scruter et comparer les prix, à craindre la boîte aux lettres et son lot de factures, à renoncer aux loisirs, aux vêtements, aux soins… à des repas même.
La moitié des Français les plus précaires et la moitié des moins de 25 ans déclarent sauter des repas. Un Français sur trois ne dispose plus que de moins de 100 euros dès le 10 du mois. Une fois les dépenses contraintes réalisées, la vie se résume à la privation ou à « faire attention ». Tout le temps « faire attention », ça n’est pas une vie. Les revenus ne suivent pas la hausse des prix.
Or l’inflation est un choix politique. Elle ne s’explique pas d’abord par le retour de la guerre sur le vieux continent, comme l’ont répété à l’envie beaucoup de responsables politiques. L’INSEE et même le FMI sont passés par là et on pu confirmer que, pour l’essentiel, la hausse des prix s’explique par la hausse des marges et des profits.
Cessons de tourner autour du pot ! C’est parce que certains se gavent que la majorité doit se serrer la ceinture. L’inflation est un choix politique car le gouvernement pourrait bloquer les prix. Il pourrait indexer les salaires sur l’inflation. Il pourrait augmenter les minimas sociaux. Au lieu de quoi, il « demande » des efforts aux industriels. Et on devrait se féliciter que Total, dont le PDG a gagné 23% de plus en 2022 qu’en 2021, maintienne les prix de l’essence sous la barre des 2 euros, c’est-à-dire à 1,999 euros ! Le plein d’essence à 85 euros ! Merci votre bon maître ! Plutôt que de contraindre les puissants, le gouvernement leur « demande ». Mais quand il s’agit de voler deux années de la vie des Français avec la réforme des retraites, le gouvernement ne « demande » pas. Pas même aux représentants du peuple. Il impose. Durement.
En cette rentrée déjà marquée par la hausse de 11% des prix des fournitures scolaires, l’alerte lancée par le Président des Restos du Coeur a fait l’effet d’une bombe. L’association ne parvient plus à faire face à la demande. Quand Coluche a créé les restos en 1985, ce devait être pour répondre à une urgence temporaire que la politique viendrait ensuite régler. Il n’aurait sans doute pas imaginé que, près de 40 ans plus tard, l’association croulerait sous les demandes. 5 000 bénévoles en 1985. 72 000 aujourd’hui.
Pour la première fois en 2022, la campagne d’été a dépassé la campagne d’hiver en nombre de repas servis. La rentrée scolaire sonne le retour des files d’attente interminables d’étudiants devant les banques alimentaires.
Cette plongée de la France dans le quart monde n’est pas une fatalité. Car dans le même temps, les 500 plus grandes fortunes de France possèdent désormais près de la moitié des richesses produites. Applaudissons Bernard Arnault pour son don de 10 millions d’euros aux Restos du Coeur ! A moins que nous ne réservions plutôt nos applaudissements pour le jour où il paiera sa juste part d’impôt et que l’impôt des très riches sera véritablement progressif et proportionnel à leurs revenus.
C’est l’impôt qui organise et doit organiser le partage des richesses. Qui pour affirmer aujourd’hui qu’il n’y a pas de lien entre le fait que 500 personnes s’accaparent la moitié des richesses produites dans le pays et le fait que la pauvreté s’y étend toujours plus ?
Toute la crudité de cette réalité justifie la tentative du gouvernement d’orienter le débat publique et de fabriquer des sujets. Toujours les mêmes d’ailleurs. Abaya les prix qui montent ! Abaya pas assez de profs malgré les promesses ! Abaya pas assez d’AESH pour accompagner les élèves en situation de handicap ! Abaya encore des lits qui ferment à l’hôpital ! Abaya plus d’eau à Mayotte ! Mais… Abaya l’Etat qui finance grassement les écoles privées confessionnelles ! Et Abaya le Président de la République qui va assister en sa qualité de chef d’Etat à la messe du Pape à Marseille !
Ceux qui proposent d’étendre sans fin le débat sur la laïcité se fichent en fait pas mal de la laïcité. Leurs agissements le prouvent. Ils instrumentalisent la laïcité pour stigmatiser nos compatriotes de confession musulmane et ainsi répandre le poison de la division au sein des classes populaires. C’est la condition de la survie du système. Il ne résisterait pas une seule seconde si les classes populaires et moyennes se retrouvaient dans les urnes, par delà leurs origines, leurs appartenances religieuses réelles ou supposées et leur lieu d’habitation (le fameux débat ruraux / urbains), pour défendre leurs intérêts communs.
Intérêts communs pour la hausse des salaires, le partage des richesses, la planification écologique, des droits nouveaux pour les citoyens etc… C’est la résistance à cette division que nous devons cultiver. C’est au rassemblement du peuple, dans sa diversité, autour de ses intérêts communs, que nous devons travailler. Sans relâche.
C’est en cette rentrée et dans ce contexte que la campagne des élections européennes de juin 2024 est lancée. Plus précisément, ce sont deux membres d’une même famille qui ont sifflé en choeur le coup d’envoi le dimanche 10 septembre. Marine Le Pen et Marion Maréchal. La première depuis Hénin-Beaumont en fin de matinée. La deuxième depuis Gréoux-les-Bains.
Marine Le Pen a bien noté que le pouvoir d’achat était (et de loin), la première préoccupation des Français en cette rentrée. Cela en fait-elle pour autant une défenseure ? Il n’y a qu’a regarder de près les votes des députés RN à l’Assemblée, mutiques au moment de la réforme des retraites et du plus grand conflit social depuis des décennies en France. Pour la hausse du SMIC par exemple, à laquelle une écrasante majorité de Français est évidemment favorable, les députés RN s’y sont opposés, avec les macronistes.
Avec les macronistes encore, les députés de Marine Le Pen ont aussi voté contre le blocage des prix. Mais aussi contre le renforcement de l’ISF. Ou encore pour la préservation des niches fiscales.
L’ambition de Marine Le Pen pour la France populaire s’arrête en bas des escaliers des podiums de meeting. Le système l’a d’ailleurs bien compris et il en joue, à grands renforts de médias accompagnant la stratégie de dédiabolisation de l’extrême-droite et de diabolisation de la NUPES et, plus particulièrement, des insoumis et Jean-Luc Mélenchon.
C’est ainsi qu’un sondage commandé par le journal Libération se plait à montrer que le RN serait jugé « moins inquiétant », « moins dangereux » que La France insoumise aux yeux des Français. On a envie de dire aux médias et au bloc macroniste et de droite dont c’est l’oeuvre conjointe : « peut mieux faire ! » En effet, les proportions qui séparent le RN de la FI dans ce sondage, ne sont pas à la hauteur du bashing permanent contre Jean-Luc Mélenchon, ni du tapis rouge fait à l’extrême-droite qui dispose maintenant, en plus du reste, d’une chaine de télé à plein temps, d’un grand journal de fin de semaine et même d’un ancien Président de la République, Nicolas Sarkozy, qui vient à son renfort au JT de 20h de TF1 !
Dès lors, discuter de la bonne stratégie face à la montée de l’extrême-droite, évidemment. Mais, plutôt que de se couper parfois les cheveux en quatre dans des débats prétendument stratégiques qui, en fait, servent surtout à marquer artificiellement des différences entre nous, voyons que la diabolisation de ce que nous représentons est d’abord et avant toute chose une construction politique de la part de nos adversaires et du système médiatique qui les sert.
C’est difficile à accepter, c’est vrai. Mais la majorité des gens qui ont une opinion à propos des insoumis se la forgent davantage à travers ce que les médias disent des insoumis plutôt qu’à travers ce que font ou disent véritablement les insoumis ! Lutter contre la fabrique de l’opinion est un travail de chaque instant. La présence et l’action des militants partout sur le terrain avec les gens, l’extension de notre implantation géographique et l’utilisation intensive de tous les moyens de communication à notre disposition sont autant d’atouts pour mener cette lutte. De même pour déjouer l’arnaque sociale que constitue le vote RN pour les classes populaires que leur colère, souvent juste, pourrait peut-être tenter.
A Gréoux-les-Bains, l’ambiance était un poil plus folklorique. Limite carnavalesque. Pendant quinze petites minutes qui furent tout de même bien longues, Marion Maréchal a lu son papier et les phrases hallucinées qui étaient écrites dessus comme : « Nous, la terre romanisée, christianisée et soumise à l’esprit de disciplines des Grecs. Nous ne sommes pas une terre d’Islam, de charia, et de terrorisme. » Ou encore : « pour que nos enfants ne soient pas les cobayes de l’idéologie transgenre. »
Elle a aussi parlé de son parc d’attraction préféré au Puy-du-Fou et d’autres trucs assez étonnants. Le partage des richesses, l’eau, le climat, bref les défis de ce temps ? Abaya rien. Abaya même rien du tout.
Néanmoins, la nièce et sa tante ont ce jour-là vu juste sur un point en invitant les Français à bien noter une date dans leur agenda : les européennes du 9 juin 2024 seront des élections de mi-mandat décisives.
Le soir de l’ouverture de la Coupe du Monde de Rugby, Emmanuel Macron a été sifflé et hué très fortement lors de son allocution au coeur du Stade de France. Il l’a été tout pareillement dans les fans-zones et les bars qui diffusaient le match un peu partout. L’onde fût de grande portée puisque l’évènement était retransmis à travers le monde entier.
Alors, quelques macronistes un peu chagrin comme Monsieur Olive peuvent toujours redoubler d’imagination pour penser comment on pourrait faire taire le bon peuple, ce moment n’en reste pas moins porteur d’un message : on ne vole pas les deux meilleures années de la vie de tous les Français contre leur volonté et en piétinant leurs représentants élus impunément. Maintenant, il faudrait pouvoir passer du stade à la rue et de la rue au vote. C’est le plus sage et surtout le plus efficace. Mais Macron ne veut pas d’un référendum sur les retraites.
Alors oui, il faut noter et faire noter la date du 9 juin 2024 comme un grand rendez-vous. Ce jour-là, on vote. On vote pour nos représentants au Parlement européen. On parlera d’Europe bien sûr. Mais il ne faut pas être un aigle pour comprendre que, dans pareil contexte, ce qui sera surtout lu, commenté et décisif le soir du 9 juin 2024, c’est le paysage politique sorti des urnes. Or tous les sondages l’indiquent : une liste de la NUPES aux élections européennes peut l’emporter face à Macron et l’extrême-droite. Imaginez la déflagration ! Deux ans après la réélection d’Emmanuel Macron face à Marine Le Pen et à peine trois avant la prochaine présidentielle, la NUPES apparaitrait comme l’alternative après qu’elle ait déjà infligé à Macron un défaite lors du premier tour des élections législatives !
On peut toujours bavarder, mais cet enjeu-là est bien plus fondamental que toute autre considération. Car le chemin de la victoire en 2027 a commencé dès les législatives de juin 2022. Déjouer le face-à-face qui dure entre Macron et l’arnaque Le Pen dès 2024 serait salutaire.
Le soir du premier tour de l’élection présidentielle de 2022 fut celui d’une confirmation pour l’espace politique de la gauche en France. En 2017 déjà, la gauche de rupture incarnée par Jean-Luc Mélenchon dépassait largement la social-démocratie. Pour certains, c’était un accident. Puis, on a dit Jean-Luc Mélenchon politiquement mort après les perquisitions au siège de La France insoumise. Mais quand en 2022, Jean-Luc Mélenchon fait 22%, même pour ceux qui le croyaient, ce n’est plus un accident, c’est une confirmation. Et c’est bien normal et heureux que ce soit ainsi.
Le tableau des évènements nécessite un programme de rupture. Comment pourrait-ce être autrement à l’heure d’une situation sociale si critique, d’un changement climatique que le capitalisme provoque, et d’une cinquième République qui entrave la souveraineté populaire ? Au soir du premier tour de l’élection présidentielle de 2022, EELV faisait 4%. Le PCF 2%. Le PS 1%. Après que les trois aient largement fait campagne contre Jean-Luc Mélenchon, son score de 22% nous donnait le choix. Partir seul contre tous aux élections législatives ? Il n’y aurait alors pas eu de groupe EELV, PS et PCF à l’Assemblée nationale. Ou proposer de bâtir ensemble un accord programmatique de gouvernement et espérer bâtir une majorité pour imposer à Macron la cohabitation ? Nous avons fait le second choix. De longs jours et de longues nuits de négociation ont permis d’aboutir à l’adoption d’un programme de gouvernement de 600 mesures par les quatre forces politiques de gauche plus le mouvement Génération.s. Un programme de rupture dont la construction a permis de démontrer qu’en débattant, nous arriverions à gouverner ensemble, y compris sur les questions internationales et européennes auxquelles le programme consacre tout un chapitre. La NUPES était née.
Ensemble, nous avons gagné le premier tour des législatives et Macron n’a pas obtenu sa majorité. Certes, nous non plus. Mais un formidable espoir s’est alors levé. A l’Assemblée nationale, une capacité de travail en commun s’est donnée à voir. Et nos électeurs y tiennent puisqu’alors que nous allons voter en juin prochain, 82% de ces derniers veulent que la NUPES se poursuive avec une liste commune aux européennes. A La France insoumise, nous le souhaitons également, comme ces 82% d’électeurs.
Mais il faut bien dire qu’en cette rentrée, nous commençons à nous sentir un peu seul. Nous avons proposé à nos partenaires d’EELV de prendre la tête de liste. Ils n’en veulent pas. Nous avons fait la démonstration argumentée, programme à l’appui, que rien ne justifie que, si nous pouvons gouverner ensemble, nous ne pourrions pas être ensemble dans ce scrutin des européennes. Mais surtout, nous avons insisté sur l’étape cruciale vers 2027 que constitue l’élection de 2024. Nous ne demandons rien pour nous mêmes, sinon que ça puisse se faire pour toutes les raisons précédemment évoquées. Dans chacune de nos organisations, des personnalités se sont clairement prononcées en faveur de cette liste de la NUPES, de Jérome Guedj à Sandrine Rousseau en passant par Ségolène Royal et Benoît Hamon.
Les jeunes de nos organisations ont travaillé ensemble jours et nuits pendant tout l’été pour établir un programme européen complet de la NUPES. Malgré tout cela, le PCF de Fabien Roussel a choisi sa tête de liste et ne veut rien entendre. EELV a choisi sa tête de liste et nous répond « proportionnelle » et « nombre de sièges ». Et le PS, de nouveau empêtré dans ses batailles internes s’appuie sur la décision des deux premiers pour justifier qu’il prendra la même. Raphaël Glucksmann en est ravi et se dit disponible pour rempiler avec le PS.
Le diagnostic très partagé sur la dangerosité du moment politique, les bases posées en 2022 et la pression populaire en faveur de cette union, peuvent encore nous faire y arriver. Nous serons unitaires jusqu’à la dernière minute s’il le faut. L’enjeu est de taille. Si c’est à votre portée, mêlez-vous en ! Rien que l’initiative et l’espoir des jeunes de la NUPES mérite bien qu’on y mette de l’énergie.
Nahel est mort il y a presque trois mois maintenant. Et les multiples actualités de la rentrée qui font qu’une actualité chasse l’autre ne nous le font pas oublier. Que ce soit dans les urnes ou dans la lutte, nous devons cultiver l’union populaire. Le 23 septembre est la prochaine date annoncée de mobilisation depuis que Macron a écrasé à coup de 49-3 la grande mobilisation sociale contre la réforme des retraites.
A l’appel d’une centaine d’organisations associatives, syndicales et politiques, nous marcherons dans plus d’une cinquantaine de villes le 23 septembre prochain. Nous le ferons pour la justice sociale à l’heure où la misère s’étend partout dans le pays pendant qu’une petite poignée ne cesse de se gaver. Nous le ferons contre les violences policières. Nous le ferons contre le racisme, sous toutes ses formes, ce poison qui divise. Quand on prépare une manifestation, on espère toujours qu’elle soit un succès. Celle-ci est inédite de par l’ampleur et la diversité des signataires. C’est déjà une belle avancée que ce front là existe.
Quoi qu’il en soit, concourir à la réussite du 23 septembre est, avec la poursuite des collectes alimentaires pour les associations comme les Restos du Coeur et le Secours Populaire, notre principale tâche militante pour les jours à venir.
Quant à l’Assemblée nationale, la bataille y reprend la semaine prochaine. Et elle commence par une nouvelle charge de Macron contre le peuple. Cette fois, contre les allocataires du RSA. Et une nouvelle fois, on ne va pas se laisser faire. Toutes et tous dans la lutte ! On ne sait pas combien de temps elle durera, mais au bout du chemin, la victoire viendra et la vie changera !
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]]>L’article [Question au gouvernement] Délais de traitement du renouvellement des titres de séjour est apparu en premier sur Adrien Quatennens.
]]>M. Adrien Quatennens alerte M. le ministre de l’intérieur et des outre-mer sur les délais d’attente pour le renouvellement des titres de séjour.
Bien que les délais de dépôt de renouvellement de leurs titres de séjour soient respectés, de nombreuses personnes étrangères en situation régulières, connaissent des délais d’attente extrêmement long pour le renouvellement de leurs titres. C’est particulièrement le cas dans le Nord.
Faute de traitement dans les temps de leur demande, ces personnes, ayant parfois des titres longs de 10 ans, travaillant, ayant construit une famille, ayant des enfants scolarisés en France, se retrouvent de fait en situation irrégulière. Les récépissés de demande de titre de séjour sont eux-aussi livrés avec un grand retard, empêchant parfois les demandeurs de poursuivre leurs activités professionnelles ou leurs formations universitaires.
Privés de revenus professionnels, accumulant des dettes auprès de leurs bailleurs, connaissant des difficultés pour se nourrir, ces personnes sont plongées dans la précarité du seul fait du traitement de leur dossier en préfecture. A cela s’ajoute l’insécurité liée à leur statut.
Quelles mesures le ministre compte-t’il prendre pour permettre le traitement dans les délais des demandes de renouvellement des titres de séjour en préfecture ?
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]]>L’article [Question au gouvernement] Faciliter l’accès au BAFA et revaloriser les métiers de l’animation est apparu en premier sur Adrien Quatennens.
]]>M. Adrien Quatennens attire l’attention de Mme la secrétaire d’État auprès du ministre des armées et du ministre de l’éducation nationale et de la jeunesse, chargée de la jeunesse et du service national universel sur les frais de formation du BAFA et du BAFD.
A la veille de la saison estivale, le secteur des colonies de vacances se retrouve en grande difficulté et cela dans un contexte d’accroissement des inégalités. En effet, le secteur fait face à une pénurie de personnel formé, les structures d’Accueil Collectif des Mineurs nécessitant des titulaires du BAFA ou BAFD.
Le Bafa et les colonies de vacances sont au cœur du projet émancipateur d’Éducation Populaire. En 2021, 45% des 5-19 ans de notre pays ne sont pas partis en vacances. Ces fameuses “colos d’été” et les Accueil Collectif de Mineurs contribuent à offrir aux jeunes de France des séjours libérateurs en sécurité, encadrés par des personnels formés.
Il faut également noter qu’en plus de permettre le départ en vacances de milliers de jeunes chaque année, la formation du BAFA est en elle-même un gage d’émancipation de la jeunesse. Cette dernière est souvent l’occasion d’une formation responsabilisante et d’une première expérience dans le monde de l’animation.
Cette crise doit être solutionnée par deux actions simultanées. D’abord, il est nécessaire d’alerter sur le premier frein : le coût de l’entrée en formation BAFA – BAFD. En effet, malgré les aides de la CAF et des collectivités, il faut compter entre 800 et 1000 euros selon les organismes. La mise en place d’un plan d’accompagnement est indispensable. Ensuite, il est impératif de revaloriser les salaires des encadrants BAFA pour répondre à cette crise de vocation.
Il y a urgence à faciliter l’accès aux formations BAFA, et à revaloriser les conditions de travail des agents BAFA pour encourager les vocations. Quelles mesures la ministre compte-elle prendre en ce sens ?
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]]>L’article [Question au gouvernement] Bonification indiciaire des directeurs et directrices adjoints chargés de Segpa est apparu en premier sur Adrien Quatennens.
]]>M. Adrien Quatennens appelle l’attention de M. le ministre de l’éducation nationale et de la jeunesse sur la bonification indiciaire des directeurs et directrices adjoints chargés de Segpa (DACS)
Dans une pétition récemment adressée au ministre, ces derniers déplorent le plafonnement de l’indice soumis à pension alors même que l’attribution de l’indemnité de suivi et d’accompagnement des élèves (ISAE) leur a été refusée.
Suite à une note des services du ministre, les fiches de paie des DACS concernées ont en effet été modifiées : au-delà de l’indice 972, la bonification indiciaire de 50 points sera remplacée par un complément de rémunération qui, contrairement à cette bonification indiciaire, ne sera pas soumis à retenue pour pension.
Ainsi, au moment de faire valoir leur droit à pension, le retrait de cette bonification indiciaire entraîne pour les DACS une perte variant de 160 à 200 euros mensuels.
Ces modifications s’appuie sur le décret n°81-487 du 8 mai 1981 selon lequel « l’attribution de la bonification indiciaire ne peut avoir pour effet de conférer aux intéressés une rémunération brute soumise à retenue pour pension supérieure au traitement brut maximum soumis à retenue pour pension d’un professeur agrégé du second degré hors classe ».
M. Adrien Quatennens se joint au SNUipp FSU, demandant au ministre de bien vouloir procéder à la modification de ce décret afin qu’il tienne compte de l’évolution des carrières et de la création en 2017 des classes exceptionnelles.
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