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C’est en raison de multiples embûches que je me suis décidé à emprunter le chemin de l’auto-edition. Enumérons la cause de ce chemin choisi : refus des Comités de Lecture de Maisons d’édition officielles (quand le manuscrit est lu !), longueur des attentes (jusqu’à 1 à 2 ans), investissement financier (manuscrits à payer, envois postaux, retours non gratuits)… Voilà en vrac ce qui pousse à se débrouiller tout seul, à endosser sans aucune honte l’habit social de l’Auteur-Démarcheur, la panoplie du Voyageur de Commerce littéraire. Ajoutez-y des velléités fortes d’indépendance, un orgueil sûrement démesuré et mal placé, une envie aussi de faire définitivement le deuil de cet ouvrage pour en commencer plus sereinement… un autre.
Un livre.
Oui, un livre de plus. Et puisque ce livre est là, fébrile entre mes mains, entre les vôtres (je l’espère), me voilà dans l’obligation de vous expliquer un peu la genèse de ce travail.
Il y a quelques années, je me suis abonné à un réseau social (Twitter) dont le fondement était une incontournable contrainte d’écriture, une interdiction d’alors (2018) de dépasser 140 caractères dans les propos mis en ligne. J’acceptais facilement cette limitation, ayant rapidement intégré qu’à l’épreuve de cette règle, tout pouvait être possible.

« ELLE ME DISAIT ». Avec ce décor posé, j’ai été aussitôt happé, hanté par cet intitulé, aspiré par cet incipit, par cette Voix inconnue qui m’appelait. Je me suis retrouvé dès lors dans un triangle avec ses trois sommets mystérieux : Elle (le premier), Moi (celui à qui Elle s’adressait et qui acceptais de l’accueillir) et, en 3, son Dire.
Tout était en place.
Alors il y eut, à tout berzingue, afflux de tweets à 140 caractères. La répétition de ces trois mots « Elle-Me-Disait » devenait mon jardin, mon enfer, trois mots qui lançaient la machine. Pulsions d’écriture irréfléchie. Quelques 500 à 600 aphorismes. Avec, dès les premiers tweets lancés et mis en ligne cette forte parole de Georges Haldas qui me portait et continuait de m’accompagner :
«Ce n’est pas moi qui pense. Des pensées me traversent. Dont je suis le premier surpris».

Tous ces tweets aphorisés s’empilèrent. Exposés, mis en ligne, ils recevaient l’aval – via des retweets – d’abonné(e)s fidèles. Quelques commentaires bienveillants m’encourageaient à les faire éditer mais, pendant longtemps, j’ai refusé cette mise en demeure. Rien de plus pénible qu’une suite d’aphorismes réunis en recueil. Un peu comme lorsqu’on vous oblige à regarder une séance de diapositives chez des amis au retour de leurs vacances. Non pas d’empilage, pas d’inventaire, rien de tout ça.
Mais Elle commençait à prendre beaucoup beaucoup de place. Elle venait me dire à l’oreille tellement de choses que je fus dans l’obligation de les copier. De faire le copiste. De les relever. De les entasser. Copier, recopier ce qui passait dans sa tête, dans la mienne, les déposer en tweets. Tout cela commençait par devenir insupportable.
Puis, l’aurore advenant, tout me redevint subitement clair.

Non, qu’il eût fallu la faire disparaître de mon esprit (cesser de penser à ELLE s’avérait impossible). Miracle de la vie, de l’écriture. Tout s’enchaîna. Un exergue de Françoise Dolto qui collait parfaitement (« Ecouter l’autre c’est le faire exister« ). Un aphorisme après l’autre. Pièce par pièce. Page après page. Un récit qui se construisait comme une évidence. Comme en rêve.
Puis, dans ce labyrinthe, j’allais enfin trouver une sortie. Ma sortie de secours, c’est bien sûr ce récit et son épilogue, c’est ce livre où vous slalomerez entre ses paroles (consignées) et mes réminiscences (réciproquement ?), c’est ce livre qui traverse la Grande Forêt des Signes, passant de l’Ombre des premières pages à la Clairière des dernières.

Tout est donc en place.
« ELLE ME DISAIT » : Le livre écrit, imprimé est sur les quais, prêt à l’embarquement.
Pour le soutien financier, l’exemplaire est à 13 euros (les 5 à 50 euros). La marche à suivre est très simple : vous cliquez sur ce lien pour commander (chèque bancaire ou PayPal ).
L’invitation au Voyage est lancée. Avec désormais ce seul souhait : que vous en en partagiez, bien sûr, l’Aventure.

Elle me disait : «Si le poète ramasse du bois mort c’est pour en faire de somptueuses forêts».
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« À première vue, à première écoute, ses associations, ses raccourcis paraissaient incongrus, incohérents. Puis ses mots, jusque là figés, jusque là décomposés, se recomposaient et finissaient par s’avancer. En pleine lumière.
Alors on l’écoutait, on prêtait l’oreille. Ce fut ainsi lorsque nous nous retrouvions dans cette chambre, en lits distincts, tout juste séparés par l’épaisseur d’une table de chevet. Allongés, dans le noir de la pièce, nous étions face à face, chacun sur nos matelas respectifs, immobiles, rêveurs. Alors, elle se mettait à parler. En ma direction mais aussi par-dessus moi. Elle parlait aux murs, aux Océans, aux Pôles Sud , aux Mers du Nord. Elle parlait d’une voix mesurée, lancinante. Mais dans les résonances inside me, c’était comme une tempête, vagues immenses qui me venaient, me revenaient, flux et reflux battant à mes oreilles. Cela ne faisait pas grand-bruit, souffles retenus, respirations si légères.
Elle parlait, elle ne cessait de parler, elle parlait, elle disait : en métronome de la Nuit ».

Elle disait : «Le courage, c’est de continuer de mettre un pied devant l’autre même quand la terre s’ouvre sous tes pas».
Elle disait : «Oui je crois être courageuse mais d’un courage stupide. Et suis aussi têtue. D’un entêtement lamentable».
Elle disait : «Retiens ces deux paroles. Ezéchiel : «Les hauteurs ne sont que duperies» et Elias Canetti : «La gloire, cette vermine».
Elle disait : «Lecteur glouton, tu te crois malin à dire que tu dévores les livres. Plus intéressant serait de dire en quoi ils te nourrissent».
Elle disait : «Tout va bien» : voilà bien une phrase catastrophique».

Elle me disait : «A croire que toute oreille humaine vibre à la force des vents. Vents de l’obéissance, vents de la révolte».
Elle disait : «Partout, toujours, l’unanimité moins un».
Elle me disait : «Ecrivant, l’écrivain est Solitude. Auteur, il est l’Être social. Porteur des deux, ainsi va t-il, claudiquant».
Elle me disait : «Lorsque le temps était à l’incertain, il n’hésitait jamais entre le parapluie et le parasol. Il partait tête nue».
Elle me disait : «Si le poète ramasse du bois mort c’est pour en faire de somptueuses forêts».

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]]>Plus tard, je changeai de lieu éditorial pour être publié dans une Maison de Rhône-Alpes (Editions Lapeyronnie) avec mon recueil de 14 nouvelles (noires elles aussi) qui avait le football pour fil rouge. Nous étions alors dans la France black-blanc-beur (1996-1997) et mes nouvelles n’étaient pas forcément en phase avec l’esprit d’alors. (Vous pouvez en lire une ici intitulée « L’Accolade des Ours », fiction qui se passe à Rio de Janeiro).

Mon aventure éditoriale se poursuivit avec mon cinquième ouvrage (« Boston-En-Périgord » paru aux Editions Odin en 2001). Une possibilité d’en faire un téléfilm via TF1 finalement échoua.
Depuis cette époque, mon écriture se continua avec l’ouverture de mon blog généraliste Pensez BiBi en 2008. Dès mes premiers billets, je fus repéré par un nouvel hebdo papier « Vendredi » (aujourd’hui défunt) dont l’équipe « journalistique » se composait exclusivement d’auteurs de billets de blogs. Pendant de nombreuses semaines, mes billets étaient régulièrement acceptés et publiées sous la rubrique « Les Flèches de BiBi ».
Cette écriture bloguesque dure depuis 14 années (2022), période durant pendant laquelle j’ai mis en ligne plus de… 1550 billets.
Ecriture aussi via ma profession d’éducateur spécialisé avec mises en place de deux expériences d’écriture théâtrale avec des jeunes enfants et adolescents (mises en scène avec multiples représentations en Ardèche et autour du Lac Léman). Titres : « Le Cauchemar de BiBi » et « Les Aventures du Professeur Troc »). Autres expériences éducatives avec adolescents : trois longs-métrages filmiques et deux court-métrages écrit en collaboration avec Alexis (dont le premier peut être vu ici : « La Course de Ma Vie »).
Le début des années 2000 fut la période au cours de laquelle je passais le « diplôme » de moniteur d’atelier d’écriture (à l’Université de Montpellier) suivies trois années durant, d’organisation de séances sur la Vie Quotidienne avec un maximum de 10 participants.
« ELLE ME DISAIT » est en auto-edition sous le pseudonyme Adrien WALPOLE (clins d’oeil à Adrien, Valentin et Pauline, trois de mes trésors).
Il serait trop long pour vous dire quels sont mes auteur(e)s fréquentables et infréquentables. Dans cette vidéo montée en 2011, voilà les livres qui me tenaient alors compagnie. Depuis se sont ajoutés bien d’autres.
Je vous souhaite bonne lecture de ce premier tirage à 150 exemplaires. Je remercie l’Imprimerie VILLIERE à 74160 Beaumont (Haute-Savoie) et j’attends vos commentaires à la page ici réservée sur ce site.
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