Advertise with Googlier.com Le futur Amphithéâtre de Québec http://amphitheatre-quebec.org/blog Réflexions et documents Sat, 27 Dec 2014 14:07:28 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=7.0.8 23045137 Observations (7): dans le monde du sport, les olympiques sont la plus grande des arnaques. http://amphitheatre-quebec.org/blog/2013/07/19/observations-7-dans-le-monde-du-sport-les-olympiques-sont-la-plus-grande-grande-arnaque/ Fri, 19 Jul 2013 17:25:54 +0000 http://amphitheatre-quebec.org/blog/?p=432 Continuer la lecture →]]> En investiguant le merveilleux monde de la subvention publique du sport professionnel, je suis tombé sur une arnaque similaire a celle des stades pour des clubs professionnels, mais encore bien plus grande: les olympiques. Ce sont les vrais pros avec des projets de dizaine de milliards, à comparer aux piètres centaines de millions des équipes sportives.

C’est un peu le même principe: on va distribuer beaucoup d’argent (toujours beaucoup plus que prévu au départ) en faisant la promotion d’un projet basé sur des études promettant mer et monde. Pendant la période d’excitation publique autour du projet, on va oublier le bon sens financier en empruntant pour dépenser presque sans compter. On va goaler les critiques en utilisant des stratégies de communication éprouvées et souvent en adoptant des lois spéciales.

Les promoteurs moussent les avantages du projet: des emplois, du tourisme, du développement immobilier, l’augmentation de l’activité physique des citoyens, et de la fierté. En faisant le tour de la littérature (par exemple Journalist’s Resource et 3 Reasons Why Hosting Olympics Is A Loser’s Game), on se rend bien compte que ces promesses ne sont jamais réalisées.

Il est évident que construire beaucoup d’édifices et de routes et y assurer la sécurité va employer beaucoup de monde. C’est en comparant ces activités avec d’autres qui auraient pu être réalisées avec cet argent qu’on se rend compte que ce sont les moins utiles qui soient. On aurait pu créer des écoles techniques pour fournir les employés dont l’industrie a besoin et ne trouve pas, ou créer des centres de recherche en énergies renouvelables, ou même simplement réparer des ponts et routes délabrées. Les activités olympiques génèrent un grand brouhaha en ne laissant rien de durable sauf des dettes et des éléphants blancs. Je vous laisse imaginer ce qui pourrait être fait à la place créant des institutions durables avec des emplois permanents à long terme.

L’amélioration du positionnement touristique de la ville est un mythe. Les études faites après coup démontrent que le tourisme baisse dans le pays pendant les olympiques et n’augmente pas dans les années suivantes. Posez-vous simplement la question « est-ce que je vais visiter la Chine parce qu’il y a eu des olympiques en 2008? » Si vous répondez oui, vous êtes vraiment bizarre. Un exemple parmi mille, lisez British tourism slumped during London Olympics.

Au chapitre du développement immobilier, l’organisation nous promet la revitalisation de quartiers et même des logements sociaux. La réalité, constatée après coup, est que les promoteurs immobiliers s’en mettent plein les poches avec l’accord des autorités municipales, et que des populations pauvres sont expulsées vers d’autres lieux. Souvent la nature en prend un coup, car on a besoin d’y implanter des édifices et des routes. Les promoteurs gagnent aux frais des citoyens. Par exemple, lisez ceci: Olympics blamed for forcible removal of 2m over 20 years.

Les olympiques n’augmentent pas l’activité physique de la population. Un récent rapport (page 37) concluait « No host country has yet been able to demonstrate a direct benefit from the Olympic Games in the form of a lasting increase in participation. » On peut en lire plus ici.

La promotion de la « fierté » me laisse de glace. Quelle fierté tirer de dépenses publiques somptuaires? L’athlète qui s’entraîne à chaque jour et qui participe aux Olympiques a de quoi être fier. Il a réalisé quelque chose de difficile. Si on veut être fier de sa ville ou de son pays, rendons les beaux, agréables à vivre, et justes envers tous les citoyens, spécialement les plus vulnérables et démunis.

Finalement, rappelons-nous que le comité olympique est une organisation qui ramasse des milliards en Suisse sans en faire de rapport public. C’est une organisation privée et secrète associée à répétition à la corruption. Est-il bon de faire affaire avec ces gens?

Les olympiques est un sujet très vaste, mais retenons que ces projets sont nuisibles aux populations qui payent pour et qui en endurent les conséquences. Cette histoire se répète sans cesse parce que les politiciens et les promoteurs s’en sortent d’habitude gagnants.

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Observations (6): subventionner le sport professionnel est une arnaque. http://amphitheatre-quebec.org/blog/2013/04/21/observations-6-subventioner-le-sport-professionnel-est-une-arnaque/ Sun, 21 Apr 2013 13:30:38 +0000 http://amphitheatre-quebec.org/blog/?p=433 Continuer la lecture →]]> Au cours de l’année, j’ai compris que ce qui est arrivé à Québec n’est qu’un cas particulier d’une arnaque perpétrée à la grandeur de l’Amérique du Nord par le sport professionnel: baseball, football, basketball, et hockey. Ce dernier est le plus petit, le moins mauvais des quatre. Ensemble, ils réussissent à recevoir un milliard de dollars d’argent public en moyenne par année. Ils appliquent tous la même recette, une danse en 7 temps qui est très bien documentée dans le livre Field of Schemes. Si vous allez voir le site du livre , jetez un coup d’oeil aux résultats de recherches avec les mots Nordiques, Coyotes, et Markham par exemple. Si vous êtes pressés, l’article Why Do Mayors Love Sports Stadiums? résume bien le sujet. Le même sujet est repris avec humour dans l’article Congress Threatens To Leave D.C. Unless New Capitol Is Built. Voici les 7 étapes.

  1. Le stade est désuet
  2. L’équipe menace de s’en aller si la situation n’est pas corrigée
  3. On ne peut pas être compétitifs sans un apport d’argent public
  4. Publication d’études montrant que le nouveau stade créera des emplois et des investissements par multiplication miraculeuse
  5. On crée un sentiment d’urgence
  6. Une fois qu’on commence à avoir l’acquiescement des autorités publiques, on augmente la facture
  7. On recommence les étapes 1 à 6 dix ou vingt ans plus tard.

Dans notre cas, la désuétude est facilement plaidable vu l’ancienneté de l’édifice. Mais ça commence toujours par cette étape. Même un stade vieux de 15 ans est obsolète lorsqu’on en veut un autre. En 2004 le gérant des Blue Jays déclarait que le Sky Dome, âgé de 15 ans seulement, et ayant coûté 600 millions, était désuet. Il fallait recommencer.

Deuxième étape, l’équipe va déménager si on n’a pas un nouveau stade. On invente une série d’endroits où elle pourrait aller et on met la pression. Dans notre cas elle était déjà partie, mais on peut jouer le jeu à l’envers: on invente une série d’équipes qui pourraient venir ici et on met la pression. La plupart du temps c’est de la frime. Le présumé départ est une tactique de négociation. Il arrive parfois qu’un joueur s’échappe et révèle la tactique. Après avoir obtenu ce qu’il voulait de la ville de Pittsburgh, Mario Lemieux a admis que « Nous n’avions aucune intention de quitter Pittsburgh. Nous avons visité Kansas City et Vegas et d’autres villes uniquement pour bien manger et revenir…. Ce n’était qu’une façon de faire monter la pression, et on savait que ça allait marcher. »

Troisième étape: les autres sont mieux équipés que nous donc nous ne sommes pas compétitifs. On perd de l’argent et il n’y a qu’un nouveau stade pour changer la donne. Il m’est difficile de voir un lien entre le nombre de loges, la grosseur du tableau d’affichage, le prix des hot dogs, et la performance des joueurs, mais bon, puisqu’ils le disent, ça doit être vrai. C’est un cycle infini: dès qu’une équipe a un stade « plus meilleur », les autres deviennent immédiatement « pas compétitifs » et ils réclament à leur tour un nouveau stade ou au moins des améliorations.

Quatrième étape: la facture s’en vient et l’opposition aussi. On publie des études qui promettent un retour extraordinaire sur l’investissement: emplois mirobolants, revitalisation du quartier, effet multiplicateur. Tout y passe. On ne dépense jamais. On investit et c’est payant. C’est tellement payant qu’on se demande pourquoi on n’en construit pas deux. Lorsqu’on lit les études, on voit bien les trous. Par exemple, on peut lire une analyse, publiée sur le site du Grand Club à RDS, du rapport D’Ernst and Young. Ces « études » ne font jamais état des résultats dans les autres villes qui montreraient les dépassements de coûts, les dettes énormes laissées aux villes, les hôtels et autres édifices non construits. C’est pourtant la réalité. Regardez simplement l’état des finances de la ville de Glendale.

Cinquième étape: il faut forcer le vote en créant l’urgence. Il faut décider maintenant sinon il sera trop tard – un peu comme chez le mythique vendeur d’autos usagées. Chez nous c’était les Coyotes qu’on allait perdre si on n’agit pas tout de suite. En plus c’est une période unique avec le dollar canadien et je ne sais quelles autres conditions dans la ligue. Ces urgences sont factices. Les Marlins de Miami ont été dans l’urgence de 2004 à 2008! Rappelons-nous aussi l’urgence qu’il y avait au mois de juin 2011 pour voter la loi 204. Si elle n’était pas votée, le projet était terminé. C’était, comme les autres, une fausse urgence.

Sixième étape: on augmente la facture. Tout bon projet avec de l’argent public commence avec une estimation trop basse qui ne fera qu’augmenter par la suite. Un exemple pas loin de chez nous: le Sky Dome de Toronto a commencé à 150 millions et fini à 600 millions au moins. À Québec, on retient le chiffre de 400 millions. Dès qu’on en a commencé la construction il y a eu des augmentations dans les chiffriers des autres, mais c’est toujours le même projet: 40 millions rajoutés par Québécor pour payer son studio que la Ville devait lui payer, 35 millions en retour de taxes provinciales et 35 millions pour déplacer Loto-Québec. 400+110=510 et on n’a pas encore coulé de béton. 28% d’augmentation déjà. Combien coûtera le réaménagement des routes aux alentours? Nous en saurons plus dans quelques années.

Septième étape: on recommence. Un exemple: en 2004 Ricciardi, le gérant des Blue Jays, déclarait que le SkyDome (âgé de seulement 15 ans) était désuet. À Québec c’est en partie réglé d’avance, car les contrats stipulent que la Ville doit fournir, à ses frais, toutes les améliorations technologiques pour demeurer « state of the art », et tout changement demandé par la LNH.

Enfin, je reviens sur le mot « arnaque ». Je l’utilise à bon escient, car le public se fait sciemment promettre des bénéfices qui n’arrivent jamais, des budgets limités qui explosent toujours, des urgences qui n’en sont pas. Puisque c’est la même histoire répétée partout en Amérique du Nord depuis des décennies, ce n’est pas un hasard mais un système efficace, bien établi, pour obtenir de l’argent public pour enrichir encore plus les milliardaires.

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Observations (5): viser la jugulaire tout de suite. http://amphitheatre-quebec.org/blog/2013/04/21/observations-5-viser-la-jugulaire-tout-de-suite/ Sun, 21 Apr 2013 13:08:15 +0000 http://amphitheatre-quebec.org/blog/?p=443 Continuer la lecture →]]> Avec le recul, je me rends compte que lorsqu’on a une bonne cause contre une action gouvernementale, il vaut mieux viser la jugulaire tout de suite.  Une ville ou un gouvernement est une organisation bien structurée qui connaît profondément la loi et si l’action contourne la loi, ce n’est pas par accident. Il ne faut pas lui laisser le temps pour préparer sa riposte.

Ce fut une erreur de faire une conférence de presse dénonçant les chiffres de la Ville et sa façon cavalière de négocier le contrat. Ça lui a permis de riposter par la loi 204. Nous aurions dû immédiatement déposer une contestation juridique qui aurait inclus une demande de déclaration en inhabilité du maire. Nous aurions peut-être eu une loi 204, mais je crois que ça aurait été politiquement beaucoup plus difficile à faire passer. Les gens en place ont tellement de moyens à leur disposition (parlement, médias, argent, réseaux de partisans, longue pratique) que le citoyen part perdant d’avance. S’il a un avantage, il doit l’utiliser immédiatement.

 

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Observations (4): dénoncer une situation ne change pas grand-chose. http://amphitheatre-quebec.org/blog/2013/04/14/observations-4-denoncer-une-situation-ne-change-pas-grand-chose/ Sun, 14 Apr 2013 20:07:34 +0000 http://amphitheatre-quebec.org/blog/?p=428 Continuer la lecture →]]> Au début, n’ayant aucune expérience, je croyais que si, avec preuves à l’appui, je dénonçais que la Ville présentait les chiffres de façon tendancieuse et qu’elle avait pris des raccourcis par rapport aux lois municipales, les médias et le public en général seraient indignés suffisamment pour que la Ville prenne le droit chemin. Il n’en est rien.

La capacité d’indignation est relativement faible et de courte durée. Elle ne suffit généralement pas à faire changer les décisions gouvernementales. Le public et surtout les médias passent rapidement à un autre appel. En vivant, comme un rêveur, dans un temps présent continuellement changeant, ils ont de la difficulté à établir une continuité. Le changement vient de groupes de pression de citoyens agissant pendant des années comme ce fut le cas pour le mont Orford ou la centrale du Suroît. Même avec de tels groupes, les chances de succès sont faibles. Le pouvoir essaye toujours de faire ce qu’il veut malgré de tels mouvements. Il peut compter sur des études complaisantes pour supporter son point de vue, et surtout il peut modifier les lois à sa guise.

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Observations (3): les radios-poubelles mènent le bal. http://amphitheatre-quebec.org/blog/2013/04/14/observations-3-les-radios-poubelles-menent-le-bal/ Sun, 14 Apr 2013 20:04:51 +0000 http://amphitheatre-quebec.org/blog/?p=420 Continuer la lecture →]]> À Québec les radios-poubelles se mêlent activement de la vie municipale. Elles ne font pas qu’informer. Elles déforment et transforment.

Les radios ont jeté la suspicion sur notre démarche. Est-ce que nous travaillions pour Bell? Avais-je des ambitions politiques? M. de Belleval couvait-il une ancienne haine envers M. Labeaume? Était-ce une vengeance? Rien de ce que j’ai pu dire n’a pu leur faire abandonner ces idées. La notion que des gens pouvaient être motivés par le bien public sans gain personnel leur échappait complètement. Après une entrevue à un de ces postes, les animateurs discutaient entre eux et disaient, en dérision, qu’ils venaient de parler à Batman.

Ensuite il y eut les attaques ad hominem (pour ceux qui ne font pas partie de l’élite, ça veut dire « contre la personne »). M. de Belleval ne serait pas resté assez longtemps dans ses emplois passés. Il en aurait tiré des indemnités de départ trop avantageuses. À les écouter, il n’aurait accepté des emplois que pour les quitter avec indemnités de départ. Il était à la Ville lors du départ des Nordiques et ne les a pas sauvés (ça c’est VRAIMENT mauvais). On ne pouvait rien dire sur moi, car je n’avais jamais été un personnage public.

Je ne sais quel poste a lancé ses auditeurs contre nos efforts pour ramasser des fonds. Leur croyance était que PayPal prenait des frais sur tout don, donc un don de 0.01 nous coûterait de l’argent. Nous avons eu des centaines de dons de 0.01. En fait, PayPal se paye à même le don, alors tout ce qui s’est passé est que PayPal a gardé le 0.01!

Une autre manoeuvre fut l’envoi massif de courriels pleurnichards intitulés « Mon amphithéâtre, je le veux ». Nous avons reçu des centaines et peut-être des milliers de tels courriels. Je ne sais combien, car dès le début j’ai appliqué un filtre électronique pour nous débarrasser de cette nuisance.

Je n’ai pas senti qu’il y avait une recherche de la vérité. La Ville avait-elle publié des chiffres incomplets et prêtant à confusion? La Ville avait-elle travaillé selon les règles établies? La Ville avait-elle, comme elle l’avait dit, mis en concurrence diverses entités? Aucun intérêt.

Les radios font leur beurre avec la promotion du hockey et l’attaque des opposants. Pour quelqu’un qui a un peu de culture, c’est un spectacle désolant.

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Observations (2): juste et légal ne sont pas toujours synonymes. http://amphitheatre-quebec.org/blog/2013/04/14/observations-2-juste-et-legal-ne-sont-pas-toujours-synonymes/ Sun, 14 Apr 2013 19:58:16 +0000 http://amphitheatre-quebec.org/blog/?p=418 Continuer la lecture →]]> Les concepts de justice et de légalité sont interreliés, mais ne les confondons pas. Dans le dictionnaire, on retrouve souvent « justice » définit comme « suivant les lois »: c’est la dimension légale. Sa dimension morale est plus fondamentale. Bien qu’on ne puisse légiférer la vertu, les lois sont une tentative d’institutionnaliser une vision morale du monde. Malgré tout, certaines lois sont injustes. La conformité aux lois ne suffit pas à faire qu’une situation soit juste.

Dans notre cas, le juge a statué: la loi 204 est constitutionnelle et les actes de la Ville sont légaux. La légalité est maintenant certifiée, mais il reste un relent d’injustice. Ce n’est pas par hasard que le Barreau du Canada et le Barreau du Québec ont décrié la situation, que le Commissaire au lobbyisme en avait long à dire sur le déroulement des événements et qu’il y a eu toutes ces démissions au Parti Québécois.

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Observations (1): l’accès aux tribunaux est plus facile qu’on le croit. http://amphitheatre-quebec.org/blog/2013/04/14/observations-1-lacces-aux-tribunaux-est-plus-facile-quon-le-croit/ Sun, 14 Apr 2013 19:55:26 +0000 http://amphitheatre-quebec.org/blog/?p=416 Continuer la lecture →]]> Lorsqu’on entame une poursuite judiciaire, on cherche à savoir combien ça va coûter. Avant l’annonce du projet de loi 204, nous avons eu des estimations aux alentours de 100 000 à 150 000 dollars. Il fallait tenir compte de la préparation du procès, des tactiques possibles de nos opposants, des expertises à payer, du procès lui-même, des appels possibles, et ainsi de suite. Après l’annonce du projet de loi 204, nous faisions face à un débat constitutionnel et la facture pouvait facilement monter à 600 000 dollars si on allait jusqu’en cour suprême. N’ayant pas ce genre de petite monnaie dans le fond de nos tiroirs, ni l’expérience et l’espoir de lever de tels fonds, la voie conventionnelle était bloquée. Nous étions encore plus bloqués, car, même si nous avions eu l’argent, nous ne trouvions pas d’avocat à Québec pour nous représenter. Mais c’est une condition peu commune qui n’est pas présente d’habitude.

Il fallait innover ou abandonner. Nous avons décidé de nous représenter nous-mêmes et de faire le plus possible de rédaction et d’intendance. Nous avons dû apprendre beaucoup: procédures juridiques, concepts juridiques, recherche de jurisprudence, etc. Nous avons payé des avocats pour nous conseiller tout le long de notre démarche. Finalement, je conclus que l’accès aux tribunaux n’est pas bloqué principalement par l’argent. Si nous n’avions pas fait face à une loi spéciale, le 15 000 dollars obtenu du public aurait suffi à payer tous nos frais et conseils.

L’obstacle majeur est de croire qu’on ne peut y arriver par soi-même. Si nous sommes sûrs que nous ne pouvons faire quelque chose, eh bien, nous ne pouvons pas. En fait, si on a du temps, une capacité d’étude et de rédaction de niveau universitaire, une certaine capacité de parler en public, des gens qui nous aident gratuitement, et un peu d’argent on peut y arriver. On n’a pas besoin d’avoir toutes ces capacités dans une seule personne, mais l’équipe doit les avoir toutes.

Ça prend du temps – beaucoup de temps. Il faut apprendre énormément de choses sans qu’il y ait de source unique pour nous faciliter la tâche. Voici, en vrac, ce qu’il faut apprendre:

  • rédiger une requête
  • la signifier aux parties
  • la déposer au greffe
  • les lois directement pertinentes
  • les lois qui décrivent les procédures juridiques
  • faire une preuve
  • le déroulement de la préparation au procès et le procès lui-même
  • se sentir à l’aise à la cour et comment s’y comporter
  • interroger un témoin
  • se faire interroger
  • organiser tous les documents produits et reçus
  • déposer les pièces
  • faire des recherches de jurisprudence
  • discuter efficacement avec les avocats-conseils
  • communiquer avec les représentants des autres parties
  • communiquer avec le juge
  • utiliser un huissier
  • modifier une requête
  • obtenir les enregistrements des séances en cour
  • plaider

Ça fait beaucoup, mais c’est faisable. Surtout quand ça nous fait économiser des centaines de milliers de dollars. Si nous avions eu l’argent au départ, nous aurions fini plus pauvres en ayant sauvé du temps. En étant pauvres au départ, nous avons fini plus riches en connaissances et en expérience.

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Jugement http://amphitheatre-quebec.org/blog/2012/06/14/jugement/ http://amphitheatre-quebec.org/blog/2012/06/14/jugement/#comments Thu, 14 Jun 2012 18:02:12 +0000 http://amphitheatre-quebec.org/blog/?p=407 Continuer la lecture →]]> Le jugement est sorti aujourd’hui. À première vue, le juge ne nous donne raison sur rien. La loi 204 a l’effet désiré par ses auteurs. Nous étudierons le texte en profondeur pour éventuellement décider s’il y a lieu de faire appel. Nous aurons des commentaire plus détaillés dans les jours qui viennent.

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http://amphitheatre-quebec.org/blog/2012/06/14/jugement/feed/ 2 407
Combien ça a coûté? http://amphitheatre-quebec.org/blog/2012/05/18/combien-ca-a-coute/ http://amphitheatre-quebec.org/blog/2012/05/18/combien-ca-a-coute/#comments Fri, 18 May 2012 23:01:30 +0000 http://amphitheatre-quebec.org/blog/?p=393 Continuer la lecture →]]> Je viens de faire la comptabilité presque finale. Il me reste à la vérifier au peigne fin, mais retenons que le projet a coûté 42 009 dont 14 114 ont été fourni par le public par des dons dont le détail est recensé dans une page spéciale. Le reste provient de nos propres économies.

Sans la loi 204 les dons du public auraient suffi pour le procès des illégalités commises par le maire et la Ville. Si nous n’avions pas eu les ressources financières personnelles, la loi nous aurait efficacement baillonés.

Le long de notre parcours, nous avons parlé avec plusieurs avocats dont certains nous ont aidés gratuitement ou contre rémunération. Selon les discussions que nous avons eues, ce projet aurait facilement pu coûter plus de 300 000. Nous avons réussi à faire beaucoup avec peu.

Nous sommes toujours ouverts à des contributions de ceux qui voudraient nous aider à diminuer notre coût personnel.

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Il ne reste plus qu’à attendre http://amphitheatre-quebec.org/blog/2012/05/03/il-ne-reste-plus-qua-attendre/ Thu, 03 May 2012 21:41:13 +0000 http://amphitheatre-quebec.org/blog/?p=390 Continuer la lecture →]]> Le procès s’est terminé au début de l’après-midi. Tout est entre les mains du juge. Dès que nous aurons reçu son jugement, nous le publierons ici.

Nous vous laissons avec cette citation de Tocqueville:

Sans institutions communales, une nation peut se donner un gouvernement libre, mais elle n’a pas l’esprit de la liberté.

Or, au coeur de nos institutions communales, il y a la possibilité pour le citoyen de contester lui-même la légalité des gestes de ses dirigeants. En attaquant ce pouvoir, l’Assemblée nationale a porté atteinte à l’esprit de la liberté.

À bientôt.

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