L’article Pied-de-mouton — Hydnum repandum est apparu en premier sur Champignons comestibles.
]]>Ce que j’aime aussi chez lui, c’est sa façon de pousser parfois en ligne dans les bois. Lorsque je découvre les premiers exemplaires, je prends plaisir à suivre cet alignement et à essayer de deviner où se cachent les suivants. Cela ajoute un petit côté ludique à la cueillette.
Sommaire
Chapeau : généralement de 4 à 15 cm de diamètre, d’abord convexe avec une marge enroulée, puis progressivement étalé, parfois légèrement déprimé au centre. Sa forme est souvent irrégulière, bosselée et ondulée, avec un bord qui devient sinueux ou lobé en vieillissant. Sa couleur varie du blanc crème au beige jaunâtre, à l’ocre pâle ou à l’abricot clair, parfois avec des nuances orangées. La surface est sèche et mate, finement veloutée chez les jeunes exemplaires, puis plus lisse avec l’âge. Les zones froissées peuvent prendre une teinte ocracée à orangée, mais cette réaction reste variable.
Aiguillons : la face inférieure du chapeau est recouverte de nombreux aiguillons fins, serrés et très fragiles, généralement longs de 2 à 6 mm. Coniques et pointus, ils se détachent facilement au frottement. D’abord blanchâtres à crème, ils deviennent progressivement jaunâtres ou ocracés avec la maturité et peuvent se colorer légèrement d’orangé lorsqu’ils sont manipulés. Ils sont habituellement décurrents, c’est-à-dire qu’ils se prolongent sur la partie supérieure du pied, parfois seulement sur une courte distance. Leur prolongement peut toutefois être peu marqué sur certains exemplaires.
Anneau : absent.
Pied : généralement de 3 à 8 cm de hauteur pour 1,5 à 3 cm d’épaisseur, plein, ferme et relativement trapu. Il est cylindrique ou légèrement élargi vers la base, souvent excentré par rapport au chapeau, parfois presque latéral. Sa surface est sèche et lisse, de couleur blanche à crème ou jaunâtre, généralement plus pâle que le chapeau. Des taches jaune ocracé à orangées peuvent apparaître après manipulation, mais cette réaction n’est pas systématique. Il ne présente ni anneau, ni volve, ni réseau.
Chair : épaisse, compacte et ferme, de couleur blanche à crème très pâle, aussi bien dans le chapeau que dans le pied. Elle est cassante plutôt que fibreuse, particulièrement chez les jeunes exemplaires. À la coupe, elle conserve généralement sa couleur initiale, mais peut prendre progressivement des nuances jaunâtres à orangées au niveau des blessures. Cette coloration est variable et parfois très discrète. La chair devient généralement moins ferme avec l’âge.
Odeur : faible, agréable et légèrement fongique, parfois décrite comme fruitée. Elle reste peu distinctive et peut être difficile à percevoir sur un exemplaire isolé.
Sporée : blanche à blanchâtre. Les spores sont lisses, presque sphériques à largement elliptiques, mesurant généralement 6,5 à 9 × 5,5 à 7 µm. Leur forme et leurs dimensions peuvent aider à distinguer certaines espèces proches, mais nécessitent un examen microscopique.
Période de cueillette : principalement de septembre à décembre en France.
Biotopes : au sol, dans les forêts de feuillus, de conifères et les boisements mixtes. C’est un champignon mycorhizien, vivant en association avec les racines des arbres.
Confusions : principalement avec l’hydne roussissant (Hydnum rufescens), généralement plus petit, plus élancé et de couleur roux orangé, dont les aiguillons descendent peu ou pas sur le pied ; l’hydne blanc (Hydnum albidum), habituellement plus petit et nettement blanchâtre, mais parfois difficile à distinguer des formes pâles du pied-de-mouton. D’autres espèces proches, notamment Hydnum boreorepandum et Hydnum slovenicum, peuvent présenter des caractères très similaires et nécessiter un examen spécialisé. Une ressemblance superficielle avec la girolle est également possible, mais celle-ci possède des plis sous le chapeau et non des aiguillons.
Famille : Hydnaceae (Hydnacées).
Nom scientifique : Hydnum repandum L., 1753.
Le pied-de-mouton (Hydnum repandum) se rencontre dans les forêts de feuillus, de conifères et les boisements mixtes. Il pousse notamment sous les hêtres, les chênes et les châtaigniers, mais aussi dans les forêts d’épicéas, de sapins et de pins. Il peut être présent aussi bien dans les forêts naturelles que dans certains peuplements forestiers plantés.
Il affectionne les sols forestiers frais, riches en humus, souvent recouverts de feuilles mortes, d’aiguilles ou de mousses. On le rencontre fréquemment sur des terrains acides à légèrement acides, notamment dans les hêtraies et les forêts de résineux. Il n’est cependant pas strictement lié aux sols acides : des observations existent également sur des terrains plus riches en calcaire.
Les sous-bois qui conservent une certaine humidité lui sont favorables. Le pied-de-mouton peut apparaître dans les zones moussues, sur les pentes forestières ou au milieu de la litière de feuilles, parfois partiellement dissimulé sous celle-ci. Il n’est pas nécessairement cantonné aux endroits les plus ombragés, puisqu’il se rencontre également dans des boisements relativement clairs.
Une particularité intéressante est sa tendance à pousser en groupes, en lignes ou en arcs de cercle, parfois avec plusieurs exemplaires très rapprochés. Dans certaines conditions, ses fructifications peuvent former de véritables troupes sur le sol forestier.
En France, le pied-de-mouton est largement répandu, des forêts de plaine aux massifs montagneux. Il peut être rencontré dans les Vosges, le Jura, le Massif central, les Pyrénées et les Alpes, ainsi que dans les nombreuses régions de l’Ouest où les boisements de feuillus et de résineux lui offrent des conditions favorables. Dans mes coins de cueillette, je le rencontre principalement de septembre à début novembre.
Une enquête menée dans des forêts irlandaises entre 2007 et 2009 a retrouvé Hydnum repandum dans 24,3 % des sites étudiés. Les hêtraies ont présenté la production estimée la plus élevée, avec près de 12 kg de champignons frais par hectare et par an, contre environ 7 kg dans les pinèdes de pins sylvestres. Ces résultats montrent que sa production peut varier considérablement selon le type de forêt. [1]
Le pied-de-mouton est avant tout un champignon de fin d’été et d’automne, dont la principale période de cueillette en France s’étend de septembre à décembre. Il peut cependant apparaître dès l’été dans certaines régions, lorsque les conditions météorologiques lui sont favorables.
Ses fructifications deviennent généralement plus régulières à mesure que les températures diminuent et que les sols retrouvent de l’humidité. Les mois d’octobre et de novembre offrent souvent de bonnes conditions, notamment dans les forêts qui restent fraîches après les pluies automnales.
Les précipitations jouent un rôle important dans le développement des champignons, mais leur influence dépend aussi de l’humidité déjà présente dans le sol et des températures. Une période sèche peut limiter ou retarder les fructifications. À l’inverse, lorsque les conditions redeviennent favorables, de nouveaux exemplaires peuvent apparaître. Il n’existe pas de quantité de pluie ni de délai universel permettant de prévoir précisément une poussée.
La saison varie également selon les régions et l’altitude. En montagne, les premières fructifications peuvent apparaître plus tôt dans certains secteurs frais, mais l’arrivée du froid limite ensuite leur développement. Dans les régions aux automnes plus doux, la période de présence peut se prolonger davantage.
Le pied-de-mouton possède enfin une particularité appréciable : ses fructifications peuvent persister assez tard dans la saison. Il supporte certaines périodes de froid mieux que de nombreux champignons automnaux, et des exemplaires peuvent encore être observés en décembre, voire ponctuellement au début de l’hiver lorsque les conditions le permettent. Cela ne signifie pas pour autant que tous les exemplaires ayant subi le gel restent en bon état pour la consommation.
Une étude réalisée dans une plantation de pins de Monterey (Pinus radiata), en Galice, a observé l’apparition des pieds-de-mouton dès la première quinzaine d’octobre. Le maximum de production intervenait durant la première quinzaine de décembre, et des exemplaires étaient encore récoltés dans la seconde quinzaine de janvier. Cette fructification particulièrement tardive a été observée dans le nord-ouest de l’Espagne et ne constitue pas un calendrier applicable à toutes les régions françaises. [2]
Dans le massif du Harz, en Allemagne, un inventaire mycologique réalisé par Thomas Schultz signale le pied-de-mouton comme une espèce fréquente d’août à novembre, dans les forêts de hêtres et d’épicéas. Il y a notamment été observé jusqu’à 900 mètres d’altitude. Cette période contraste avec les récoltes hivernales documentées en Galice et illustre les différences saisonnières entre régions européennes. [3]
Classement : Bon comestible, particulièrement apprécié lorsqu’il est jeune.
Personnellement, je trouve le pied-de-mouton délicieux ! J’apprécie particulièrement sa chair ferme et charnue, qui conserve une excellente tenue après cuisson. Sa saveur est douce chez les jeunes exemplaires, avec des notes légèrement boisées et parfois une pointe poivrée.
Il se prête particulièrement bien aux poêlées, aux préparations mijotées, aux omelettes et aux sauces. Sa chair résiste assez bien à la cuisson et accompagne aussi bien les légumes que les plats de viande.
L’une de ses principales particularités culinaires est l’amertume que peuvent développer les exemplaires âgés. Celle-ci devient parfois suffisamment prononcée pour rendre leur consommation peu agréable. Les jeunes champignons, encore fermes et en bon état, sont donc généralement préférables. L’Anses précise d’ailleurs que cette espèce est à consommer jeune.
Les aiguillons présents sous le chapeau sont comestibles, mais ils peuvent se détacher pendant le nettoyage ou la cuisson. Sur les exemplaires âgés, leur retrait peut contribuer à limiter une partie de l’amertume. Cette opération n’est toutefois pas systématiquement nécessaire sur les jeunes pieds-de-mouton.
Pour nettoyer les pieds-de-mouton, je retire la base terreuse du pied et j’enlève les débris coincés sous le chapeau avec une petite brosse souple. Si certaines zones restent sales, je les nettoie avec un linge légèrement humide. Je coupe ensuite les plus gros exemplaires en morceaux de taille régulière pour faciliter la cuisson.
Une étude scientifique publiée en 2023 a analysé la composition nutritionnelle de pieds-de-mouton (Hydnum repandum) récoltés en Tunisie.
Les résultats sont exprimés sur la matière sèche, c’est-à-dire le champignon sans son eau. Les valeurs ci-dessous ne correspondent donc pas à 100 g de pieds-de-mouton frais, tels qu’ils sont habituellement consommés.
| Valeur nutritionnelle | Pour 100 g de matière sèche |
|---|---|
| Énergie | ≈ 416 kcal |
| Protéines | 11,28 g |
| Lipides | 18,28 g |
| Glucides totaux* | 51,64 g |
| Sucres et polyols mesurés** | 14,93 g |
| Fibres alimentaires | Non déterminées |
| Potassium | 2 851 mg |
| Phosphore | 381 mg |
| Magnésium | 75 mg |
Source : Ouali et al. (2023), Chemical composition and nutritional value of nine wild edible mushrooms from Northwestern Tunisia, Italian Journal of Mycology, 52, tableau 2.
*Glucides totaux calculés par différence, et non uniquement glucides assimilables.
**Cette valeur regroupe notamment le tréhalose (un sucre) et le mannitol (un polyol).
Identification et précautions de consommation
L’identification d’un champignon sauvage doit reposer sur plusieurs critères concordants. Les descriptions et photographies de ce site ne suffisent pas à la garantir. En cas de doute, ne consommez pas votre récolte et faites-la vérifier par une personne compétente en mycologie.
Consommez uniquement des espèces comestibles identifiées avec certitude, bien cuites et en quantité raisonnable. Conservez-les au réfrigérateur à 4 °C maximum, séparées des autres aliments, et consommez-les dans les deux jours suivant la cueillette.
Évitez les bords de routes, les décharges et les sites industriels pollués : les champignons peuvent accumuler les polluants présents dans leur environnement.
Crédits photographiques
Photo 1 — Image mise en avant, groupe de pieds-de-mouton : Björn Sothmann — iNaturalist.
Licence : CC BY-SA 4.0.
Photo 2 — Aiguillons développés : Dr. Alan Inman — iNaturalist.
Licence : CC0 1.0.
Photo 3 — Aiguillons courts d’un jeune exemplaire : Dr. Alan Inman — iNaturalist.
Licence : CC0 1.0.
Références scientifiques
[1] Harrington T. et Cullen M. (s. d.).
Assessment of production of wild edible fungi (WEF) in selected Irish forest sites, and an evaluation of the commercial potential of harvesting (FORESTFUNGI).
University of Limerick, rapport de recherche FORESTFUNGI.
[2] Pereira-Espinel Plata J., Rodríguez-Soalleiro R. et Alonso-Díaz J. (2026).
Wild mushroom productivity in timber plantations: a case study of Pinus radiata in Galicia, north-western Spain.
Forest Systems, 35(1), 21047.
[3] Schultz T. (2010).
Die Großpilzflora des Nationalparks Harz.
Schriftenreihe aus dem Nationalpark Harz, volume 5, 216 p.
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]]>L’article Pleurote à odeur d’estragon — Pleurotus euosmus est apparu en premier sur Champignons comestibles.
]]>Son apparence rappelle celle du pleurote en huître (Pleurotus ostreatus), avec un chapeau beige à brunâtre, des lames décurrentes et un pied généralement excentré. Cependant, son odeur caractéristique et les dimensions de ses spores permettent de mieux le distinguer des espèces voisines.
Décrit principalement dans les îles Britanniques, où il pousse sur le bois de feuillus, notamment les ormes, ce champignon peut également être cultivé sur différents substrats végétaux.
Découvrez ses caractéristiques, son habitat naturel et ses paramètres de culture.
Chapeau : généralement de 5 à 15 cm de diamètre. D’abord convexe, il s’étale progressivement et peut devenir légèrement déprimé au centre avec l’âge. Sa couleur varie du beige au brun clair ou gris brunâtre. Sa forme rappelle celle du pleurote en huître, parfois avec un aspect plus évasé ou en entonnoir à maturité.
Lames : relativement larges, claires à légèrement grisâtres, nettement décurrentes, descendant le long du pied.
Anneau : absent.
Pied : généralement court, latéral ou excentré, parfois presque absent. Il peut toutefois être plus développé selon les conditions de croissance, avec une insertion parfois proche du centre du chapeau. Sa couleur est blanchâtre à crème.
Odeur : caractéristique, souvent décrite comme rappelant fortement l’estragon, avec des nuances anisées. C’est l’un des principaux caractères rapportés pour cette espèce, mais il ne suffit pas à garantir son identification.
Sporée : rose lilacé très pâle.
Période de cueillette : les données disponibles sont trop limitées pour établir une période de fructification fiable en France. Les observations historiques concernent surtout les îles Britanniques.
Biotopes : pousse sur les souches, les troncs tombés et les autres bois de feuillus en décomposition, avec une association particulièrement rapportée aux ormes. Il peut se développer en groupes de plusieurs champignons. C’est un champignon lignicole principalement saprotrophe, pouvant également coloniser du bois affaibli.
Confusions : principalement avec le pleurote en huître (Pleurotus ostreatus), dont la morphologie est très proche. Le pleurote pulmonaire (Pleurotus pulmonarius) et le pleurote en corne d’abondance (Pleurotus cornucopiae) peuvent aussi présenter des ressemblances. L’odeur d’estragon et les dimensions des spores contribuent à différencier Pleurotus euosmus, mais la seule couleur du chapeau ne permet pas une identification certaine. Comme pour les autres pleurotes sauvages, il convient d’exclure les champignons lignicoles ressemblants avant toute consommation.
Famille : Pleurotaceae (Pleurotacées).
Nom scientifique : Pleurotus euosmus (Berk.) Sacc.
Caractères microscopiques : les spores de Pleurotus euosmus sont allongées et mesurent généralement autour de 12 à 14 × 4 à 5 µm. Elles sont notamment plus longues que celles habituellement décrites chez le pleurote en huître. Leur examen peut donc être utile pour distinguer ces espèces proches (observation de Paul Stamets)
Les paramètres de culture présentés ci-dessous proviennent de l’excellent ouvrage Growing Gourmet and Medicinal Mushrooms, de Paul Stamets. Ils constituent des valeurs indicatives susceptibles de varier selon les souches et les conditions de culture.
Caractéristiques du mycélium : blanc, à croissance rapide, d’abord relativement linéaire puis cotonneux. Il peut devenir suffisamment dense pour former une couche épaisse sur les milieux gélosés.
Culture sur gélose : milieux MYA, MYPA, PDYA ou OMYA.
Céréales pour la production de blanc : utilisation de blanc sur céréales pendant les premières étapes de multiplication, puis éventuellement de blanc sur sciure de feuillus pour l’inoculation du substrat final.
Substrats de fructification : sciure de bois feuillu, paille de céréales, coques de graines de coton, bagasse de canne à sucre, résidus de café et autres matières végétales riches en cellulose.
| Paramètres | Incubation | Formation des primordiums | Fructification |
|---|---|---|---|
| Température | 21–27 °C | 18–24 °C | 21–27 °C |
| Humidité relative | 98–100 % | 95–100 % | 90–95 % |
| Durée | 7–14 jours | 7–10 jours | 4–8 jours |
| CO₂ | Plus de 10 000 ppm | Moins de 2 000 ppm | Moins de 1 000 ppm |
| Renouvellement d’air | 0–1 fois/h | 4–8 fois/h | 4–8 fois/h |
| Lumière (lux) | Non nécessaire | 750–1 500 | 750–1 500 |
Rendement potentiel : Paul Stamets mentionne une efficacité biologique pouvant atteindre 75 à 100 %, selon les conditions de culture, le stade de récolte et le nombre de volées.
Récoltes : jusqu’à trois volées possibles, généralement espacées d’environ deux semaines.
Particularités de culture : contrairement à certains pleurotes cultivés à basse température, Pleurotus euosmus n’a pas nécessairement besoin d’un choc thermique froid pour former ses primordiums. Il peut fructifier à des températures relativement douces ou chaudes.
Ses fructifications se développent souvent en groupes de plusieurs individus. Les conditions optimales peuvent varier selon les souches cultivées.
Découvrez les différentes espèces de pleurotes comestibles.
Crédits photographiques
Illustration 1 — Image mise en avant, aquarelle de Pleurotus euosmus : R. Baker (1896) — Wellcome Collection via Wikimedia Commons.
Licence : CC BY 4.0.
Rendement potentiel : Stamets mentionne une efficacité biologique pouvant atteindre 75 à 100 %, selon les conditions de culture, le stade de récolte et le nombre de volées.
Récoltes : jusqu’à trois volées possibles, généralement espacées d’environ deux semaines.
Particularités de culture : contrairement à certains pleurotes cultivés à basse température, Pleurotus euosmus n’a pas nécessairement besoin d’un choc thermique froid pour former ses primordiums. Il peut fructifier à des températures relativement douces ou chaudes.
Ses fructifications se développent souvent en groupes de plusieurs individus. Les conditions optimales peuvent varier selon les souches cultivées.
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]]>Sommaire
Chapeau : De 2 à 6 cm de diamètre, d’abord légèrement convexe à déprimé au centre, puis progressivement en forme d’entonnoir, parfois profondément creusé et perforé jusqu’au pied. Sa marge, initialement enroulée, devient mince, ondulée, irrégulière et souvent lobée avec l’âge. Sa couleur varie du gris brunâtre au gris noirâtre, parfois presque noir lorsqu’il est humide. Elle s’éclaircit généralement par temps sec, prenant des nuances gris cendré à brun grisâtre. La surface est mate, finement fibrilleuse à légèrement squameuse, notamment vers le bord du chapeau.
Plis : Absence de véritables lames. La face inférieure présente des plis épais, bien marqués, espacés et irrégulièrement fourchus, parfois reliés entre eux par de petites veines transversales. Ils sont nettement décurrents, descendant sur la partie supérieure du pied. Leur couleur varie du gris cendré au gris bleuté, parfois gris blanchâtre, généralement plus claire que celle du chapeau. Ces plis en relief constituent l’un des principaux caractères permettant de la distinguer de la trompette de la mort, dont la surface fertile est presque lisse.
Anneau : Absent.
Pied : De 2 à 6 cm de hauteur et de 0,3 à 0,8 cm d’épaisseur, relativement mince, cylindrique, parfois légèrement comprimé ou courbé, généralement atténué vers la base. Sa surface est lisse à finement fibrilleuse, sans réseau ni écailles marquées. De couleur gris brunâtre à gris noirâtre, il peut être légèrement plus clair que le chapeau, notamment vers la base. D’abord plein, il devient généralement creux avec l’âge, parfois en continuité avec la cavité centrale du chapeau.
Chair : Très mince, peu charnue, grisâtre à gris noirâtre, souple et légèrement élastique, parfois plus fibreuse dans le pied. Elle peut devenir relativement fragile en séchant. Aucun changement de couleur caractéristique à la coupe n’est suffisamment établi dans les descriptions consultées.
Odeur : Agréablement fruitée, parfois assez prononcée, rappelant notamment la prune ou la mirabelle. Son intensité reste variable selon les exemplaires.
Sporée : Blanche à crème très pâle. Les spores sont ellipsoïdales à ovoïdes, lisses et incolores au microscope, mesurant généralement 7,5 à 10,5 × 5 à 7 µm.
Période de cueillette : De la fin de l’été à l’automne en France.
Biotopes : Pousse au sol, principalement dans les forêts de feuillus. C’est un champignon mycorhizien, vivant en association avec les racines des arbres.
Confusions : La trompette de la mort (Craterellus cornucopioides), généralement plus grande, possède une surface fertile presque lisse ou faiblement ridée, sans plis aussi développés ; la chanterelle sinueuse (Craterellus sinuosus), souvent plus brunâtre, présente une marge particulièrement ondulée et une face inférieure lisse à faiblement ridée ; la chanterelle en tube (Craterellus tubaeformis) se distingue notamment par son pied jaunâtre.
Famille : Hydnaceae (Hydnacées). L’espèce est également classée parmi les Cantharellaceae (Cantharellacées) dans le référentiel français TAXREF.
Nom scientifique : Craterellus cinereus (Pers.) Pers., synonyme Cantharellus cinereus Pers.
La chanterelle cendrée (Craterellus cinereus) pousse principalement dans les forêts de feuillus, notamment sous les hêtres, les chênes et les châtaigniers. Elle est également signalée sous les charmes et, plus occasionnellement, dans des boisements mêlant feuillus et conifères. Elle apparaît au sol, parmi les feuilles mortes et l’humus forestier, parfois en petits groupes ou en touffes de plusieurs exemplaires.
Cette espèce apprécie les sous-bois relativement frais, où la végétation et la litière de feuilles permettent au sol de conserver une certaine humidité. Elle peut se rencontrer dans les hêtraies et les chênaies de plaine comme dans les forêts de montagne. Sa présence reste toutefois assez localisée et elle semble généralement moins fréquente que la trompette de la mort, avec laquelle elle partage certains habitats.
Concernant la nature du sol, plusieurs descriptions européennes signalent une préférence pour les terrains riches en humus, souvent calcaires. Cette association n’est cependant pas une condition absolue de sa présence. La chanterelle cendrée est notamment observée dans les forêts tempérées d’Europe centrale, mais aussi dans certaines régions méridionales, où elle peut accompagner les châtaigniers.
Une étude britannique publiée en 2016 par Smith et ses collaborateurs a recensé la chanterelle cendrée dans 102 stations géographiques distinctes en Grande-Bretagne. L’espèce a principalement été observée dans des forêts de feuillus, notamment sous les hêtres, les chênes et les tilleuls, mais aussi occasionnellement à proximité de bouleaux, de noisetiers et de certains conifères. Ces résultats montrent qu’elle possède une répartition relativement étendue dans le pays, même si le nombre de stations répertoriées reste limité. [1]
Une observation plus surprenante a été réalisée dans les montagnes du nord du Pakistan. En juillet 2015, deux chercheurs ont récolté des chanterelles cendrées à 2 800 mètres d’altitude, dans une forêt de chênes de l’espèce Quercus incana. Leur identification, confirmée par une analyse génétique, a permis de documenter pour la première fois la présence du genre Craterellus au Pakistan. Cette découverte illustre la capacité de l’espèce à se développer dans des milieux montagnards très différents des forêts européennes où elle est habituellement rencontrée. [2]
En France, la chanterelle cendrée apparaît principalement de la fin de l’été à l’automne, avec une période de fructification généralement située entre août et novembre. Sa saison varie selon les régions, les conditions climatiques et l’altitude.
Les pluies estivales peuvent favoriser ses premières apparitions lorsque le sol conserve suffisamment d’humidité. Les périodes prolongées de chaleur et de sécheresse limitent généralement les fructifications, tandis que le retour de conditions douces et humides en automne peut permettre de nouvelles poussées. Aucun délai précis après la pluie n’est établi pour cette espèce.
Dans les régions tempérées, les récoltes sont surtout signalées durant les mois de septembre et d’octobre. En montagne, certains exemplaires peuvent apparaître dès le mois d’août, alors que dans des régions bénéficiant d’un automne relativement doux, des fructifications restent possibles plus tard dans la saison.
Sa présence peut être irrégulière d’une année à l’autre. Les observations disponibles montrent qu’elle n’apparaît pas nécessairement en abondance, même dans les secteurs où elle est connue. Lorsqu’elle fructifie, plusieurs exemplaires peuvent toutefois pousser à proximité les uns des autres.
Dans une étude consacrée aux champignons de Calabre, publiée en 2015, Caroti et ses collaborateurs signalent la présence de la chanterelle cendrée d’août à décembre dans la province de Cosenza, au sud de l’Italie. L’espèce y est surtout rencontrée dans les châtaigneraies, plus rarement sous d’autres feuillus. Cette observation montre que sa période de fructification peut se prolonger jusqu’au début de l’hiver dans certaines régions méditerranéennes, sans que cette saison tardive soit nécessairement représentative du reste de l’Europe. [3]
Classement : Bon comestible.
La chanterelle cendrée est un champignon comestible apprécié pour son parfum fruité, parfois assez prononcé, qui rappelle notamment la prune ou la mirabelle. Sa saveur est douce et agréable, avec un arôme qui peut être plus marqué que ne le laisse supposer sa chair très mince.
Sa texture est souple, légèrement élastique et parfois un peu ferme, notamment dans le pied. Elle peut être préparée à la poêle, incorporée à des sauces ou associée à d’autres champignons comestibles. Son parfum constitue son principal intérêt culinaire, davantage que sa consistance ou le volume de chair récolté.
J’apprécie particulièrement la chanterelle cendrée, que je trouve très bonne en poêlée. J’aime également l’ajouter à mes bouillons, un peu comme la chanterelle en tube. Malgré sa chair relativement mince, elle apporte un parfum agréable à ces préparations.
Il n’existe pas de données nutritionnelles fiables pour Craterellus cinereus afin d’établir un tableau de valeurs représentatif.
Identification et précautions de consommation
L’identification d’un champignon sauvage doit reposer sur plusieurs critères concordants. Les descriptions et photographies de ce site ne suffisent pas à la garantir. En cas de doute, ne consommez pas votre récolte et faites-la vérifier par une personne compétente en mycologie.
Consommez uniquement des espèces comestibles identifiées avec certitude, bien cuites et en quantité raisonnable. Conservez-les au réfrigérateur à 4 °C maximum, séparées des autres aliments, et consommez-les dans les deux jours suivant la cueillette.
Évitez les bords de routes, les décharges et les sites industriels pollués : les champignons peuvent accumuler les polluants présents dans leur environnement.
Découvrez les principales chanterelles comestibles.
Crédits photographiques
Photo 1 — Image mise en avant, chanterelles cendrées : vuikaan — iNaturalist.
Licence : CC BY 4.0.
Photo 2 — Plis décurrents de la chanterelle cendrée : vuikaan — iNaturalist.
Licence : CC BY 4.0.
Photo 3 — Chanterelles cendrées dans la mousse : Davide Puddu — iNaturalist.
Licence : CC BY 4.0.
Références scientifiques
[1] Smith, Suz & Ainsworth (2016).
Red List of Fungi for Great Britain: Bankeraceae, Cantharellaceae, Geastraceae, Hericiaceae and selected genera of Agaricaceae and Fomitopsidaceae.
[2] Naseer & Khalid (2018).
A New Record of Genus Craterellus, Edible Basidiomycotous Fungus from Pakistan.
[3] Caroti, Lavorato & Rotella (2015).
Cantharellaceae Schroeter della Calabria (Italia).
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]]>L’article Bolet à pied rouge — Neoboletus erythropus est apparu en premier sur Champignons comestibles.
]]>C’est après avoir suivi les cours publics de la Société mycologique de Lorraine que j’ai appris à le reconnaître. Je ne le cueille que depuis trois ans, alors que je le croisais déjà régulièrement, surtout entre septembre et octobre dans mes coins de cueillette.
Depuis, j’ai appris à le cuisiner et je comprends mieux pourquoi on le surnomme parfois « la récompense du mycologue ». À mon goût, il vaut largement un bon cèpe ! Et ce qui me plaît aussi, c’est qu’il passe souvent inaperçu auprès des autres cueilleurs. Il m’arrive d’en trouver encore sur place alors que les cèpes des environs ont déjà été ramassés. J’imagine que ses couleurs rougeâtres et son bleuissement impressionnant en découragent plus d’un.
Sommaire
Chapeau : généralement de 5 à 20 cm de diamètre, d’abord hémisphérique, puis convexe et progressivement étalé avec l’âge. Charnu et robuste, il présente une couleur brun chocolat à brun châtain, parfois brun rougeâtre, avec des nuances olivâtres ou cuivrées. Sa surface est finement veloutée chez les jeunes exemplaires, devenant plus lisse avec la maturité. Habituellement sèche et mate, elle peut prendre un aspect légèrement brillant ou visqueux par temps humide. Le bord du chapeau est parfois plus clair.
Tubes et pores : tubes presque libres ou légèrement échancrés autour du pied, d’abord jaune vif, puis jaune verdâtre à olivâtres avec l’âge. Les pores sont petits, arrondis et serrés, initialement jaunes à orangés, devenant rapidement rouge orangé à rouge sang, puis brun rougeâtre chez les exemplaires âgés. Ils peuvent rester jaunâtres près du bord du chapeau. À la pression ou au frottement, les pores bleuissent rapidement et intensément, prenant une coloration bleu foncé à bleu noirâtre. Les tubes présentent également un bleuissement marqué lorsqu’ils sont coupés.
Anneau : absent.
Pied : généralement de 5 à 15 cm de hauteur pour 2 à 5 cm d’épaisseur, robuste et charnu, cylindrique à ventru, souvent élargi vers la base. Sa couleur de fond est jaune à jaune orangé, mais sa surface est densément recouverte de fines ponctuations et granulations rouge vif à rouge brunâtre, parfois si rapprochées qu’elles masquent presque entièrement le jaune. Ces ponctuations sont généralement plus discrètes près du sommet, tandis que la partie inférieure peut paraître presque entièrement rouge. Contrairement à plusieurs bolets ressemblants, le pied ne présente habituellement pas de véritable réseau. Il bleuit également lorsqu’il est manipulé ou blessé.
Chair : épaisse, ferme et compacte chez les jeunes exemplaires, devenant progressivement plus tendre dans le chapeau avec l’âge, tandis que celle du pied reste relativement ferme. D’abord jaune vif à jaune soufre, elle présente un bleuissement très rapide et intense à la coupe, prenant une coloration bleu foncé à bleu noirâtre au contact de l’air. Cette réaction touche généralement la chair du chapeau et du pied, mais son intensité peut varier selon les exemplaires. La coloration bleue peut ensuite s’atténuer progressivement.
Odeur : faible, généralement agréable et légèrement fongique, parfois décrite comme fruitée, mais sans caractère suffisamment distinctif pour permettre l’identification.
Sporée : brun olivâtre. Les spores sont lisses, allongées à fusiformes, mesurant généralement 12 à 16 × 4,5 à 6 µm.
Période de cueillette : principalement de juin à novembre en France.
Biotopes : au sol dans les forêts de feuillus, de conifères et les boisements mixtes. C’est un champignon mycorhizien, vivant en association avec les racines des arbres.
Confusions : principalement avec le bolet blafard (Suillellus luridus), dont le pied présente généralement un réseau rouge plutôt que de fines ponctuations ; le bolet Satan (Rubroboletus satanas), toxique, au chapeau habituellement blanchâtre à gris pâle et au pied ventru orné d’un réseau rouge ; et le bolet de Quélet (Suillellus queletii), dont la base du pied présente une chair rouge pourpré caractéristique à la coupe. D’autres espèces proches du genre Neoboletus peuvent également présenter des caractères très similaires.
Famille : Boletaceae (Bolétacées).
Nom scientifique : Neoboletus erythropus (Pers.) Bertolini & Papetti, 2026. Ancien nom scientifique : Boletus erythropus Pers.
Le bolet à pied rouge (Neoboletus erythropus) se rencontre dans les forêts de feuillus comme dans les forêts de conifères. Il pousse notamment sous les hêtres et les chênes, mais peut également être observé sous les épicéas et les pins. On le retrouve aussi dans les boisements mixtes, où ces différentes essences se côtoient.
Il affectionne particulièrement les sols acides, siliceux et pauvres en calcaire. Cette préférence explique sa présence dans de nombreuses forêts développées sur des terrains granitiques ou gréseux, tandis qu’il peut être beaucoup plus rare, voire absent, dans certains massifs calcaires. Il apprécie les sols forestiers riches en matière organique, recouverts de feuilles mortes, d’aiguilles de résineux ou de mousses.
Il peut fructifier dans des sous-bois relativement ouverts, sur les talus forestiers et à proximité des lisières, mais aussi sous un couvert arboré plus dense. Les terrains conservant une certaine fraîcheur lui sont favorables, sans qu’il soit nécessairement cantonné aux endroits les plus humides. Les champignons apparaissent isolément ou en petits groupes, parfois à proximité les uns des autres.
En France, le bolet à pied rouge est largement réparti, aussi bien en plaine qu’en montagne. Il peut notamment être rencontré dans les Vosges, le Massif central, les Pyrénées et les Alpes, ainsi que dans de nombreux massifs forestiers de l’Ouest et du Nord-Est. Sa fréquence varie cependant considérablement selon la nature des sols et les arbres présents.
Une étude publiée en 2004 par Richard et ses collègues a recensé les champignons d’une ancienne forêt méditerranéenne dominée par le chêne vert (Quercus ilex), en Corse. Sur 6 400 m² suivis pendant trois saisons de fructification, les chercheurs ont identifié un exemplaire de bolet à pied rouge, sous son ancien nom Boletus erythropus, parmi 5 382 fructifications de différentes espèces. Cette observation documente sa présence dans une chênaie méditerranéenne, sans prouver que le chêne vert était précisément son partenaire mycorhizien. [1]
Le bolet à pied rouge possède une saison de fructification relativement longue. En France, il apparaît principalement de juin à novembre, avec des poussées parfois observées dès le mois de mai lorsque les conditions sont favorables.
Il fait partie des bolets susceptibles de fructifier assez tôt dans l’année. Les premières apparitions peuvent avoir lieu à la fin du printemps dans certaines régions, tandis qu’en montagne, la saison commence généralement plus tard en raison des températures encore fraîches. Les récoltes peuvent ensuite se poursuivre pendant l’été et l’automne, avec une abondance très variable selon les années.
Les pluies estivales et automnales jouent un rôle important dans ses fructifications. Lorsque le sol retrouve une humidité suffisante après une période sèche, des poussées peuvent se produire si les températures restent favorables. À l’inverse, une sécheresse prolongée peut interrompre les apparitions, même au cœur de sa saison habituelle.
Le bolet à pied rouge peut ainsi produire plusieurs poussées successives au cours d’une même année. Une période estivale suffisamment arrosée peut être favorable, tout comme un automne doux et humide. Cependant, les conditions météorologiques des semaines précédentes interviennent également, et il n’existe pas de délai universel permettant de prévoir son apparition après une pluie.
Sa saison se termine généralement avec l’installation du froid et des gelées régulières. Dans certaines régions aux automnes particulièrement doux, quelques exemplaires peuvent encore apparaître tardivement.
Un suivi mycologique réalisé entre 1997 et 2011 dans les hêtraies de Navarre, au nord de l’Espagne, a révélé d’importantes variations de production selon les années. Dans la hêtraie de Lantz, les récoltes de bolet à pied rouge, alors nommé Boletus erythropus, ont atteint 9,7 kg par hectare en 2006, contre aucune production recensée lors des relevés de 2011. Ces différences illustrent l’irrégularité des fructifications au même endroit, sans permettre d’attribuer ces variations à un facteur météorologique précis. [2]
Classement : Bon comestible, uniquement après cuisson complète. Toxique cru ou insuffisamment cuit.
Je trouve le bolet à pied rouge délicieux. Sa chair épaisse et ferme possède une saveur agréable, douce et légèrement boisée. Les jeunes exemplaires sont particulièrement appréciés pour leur texture, qui se maintient bien à la cuisson. Le bolet à pied rouge convient notamment aux poêlées, aux sauces et aux préparations mijotées, où il peut accompagner différents légumes ou plats cuisinés.
Son bleuissement spectaculaire à la coupe ne signifie pas qu’il est impropre à la consommation. Cette coloration est une réaction naturelle de certains composés de sa chair au contact de l’air. Elle ne permet cependant pas, à elle seule, de distinguer un bolet comestible d’une espèce toxique.
Attention : le bolet à pied rouge est toxique lorsqu’il est consommé cru ou insuffisamment cuit. Il contient des substances hémolytiques sensibles à la chaleur, susceptibles de provoquer une intoxication. Une cuisson complète est donc indispensable : 30 minutes à feu doux ou 15 minutes dans l’eau bouillante, selon les recommandations de VIDAL. Une préparation simplement saisie ou encore partiellement crue est à exclure
Le bolet à pied rouge est un champignon peu calorique, composé majoritairement d’eau. Des analyses effectuées sur des spécimens de Boletus erythropus, son ancien nom scientifique, permettent de présenter les valeurs suivantes.
| Valeur nutritionnelle | Pour 100 g de bolet à pied rouge cru |
|---|---|
| Énergie | ≈ 35 kcal |
| Eau | 88,36 g |
| Protéines | ≈ 2,44 g |
| Lipides | ≈ 0,09 g |
| Glucides totaux* | ≈ 6,10 g |
| Sucres analysés (fructose et tréhalose) | ≈ 0,76 g |
| Fibres alimentaires | Non déterminées |
| Vitamine C (acide ascorbique) | ≈ 19,69 mg |
Source : Grangeia et al. (2011), Effects of trophism on nutritional and nutraceutical potential of wild edible mushrooms, Food Research International, 44(4). Valeurs rapportées à 100 g de champignons frais à partir des analyses sur matière sèche et d’une teneur en eau mesurée de 88,36 %. Les glucides totaux sont calculés par différence et ne représentent pas uniquement les glucides assimilables. L’étude identifie aussi du mannitol, un polyol, non inclus dans la ligne des sucres analysés.
Identification et précautions de consommation
L’identification d’un champignon sauvage doit reposer sur plusieurs critères concordants. Les descriptions et photographies de ce site ne suffisent pas à la garantir. En cas de doute, ne consommez pas votre récolte et faites-la vérifier par une personne compétente en mycologie.
Consommez uniquement des espèces comestibles identifiées avec certitude, bien cuites et en quantité raisonnable. Conservez-les au réfrigérateur à 4 °C maximum, séparées des autres aliments, et consommez-les dans les deux jours suivant la cueillette.
Évitez les bords de routes, les décharges et les sites industriels pollués : les champignons peuvent accumuler les polluants présents dans leur environnement.
Découvrez les principaux bolets comestibles.
Crédits photographiques
Photo 1 — Image mise en avant, bolets à pied rouge en forêt : Björn Sothmann — iNaturalist.
Licence : CC BY-SA 4.0.
Photo 2 — Pores rouges et pied du bolet à pied rouge : purperlibel — iNaturalist.
Licence : CC BY-SA 4.0.
Photo 3 — Bleuissement de la chair à la coupe : Gilles San Martin — iNaturalist.
Licence : CC BY-SA 4.0.
Références scientifiques
[1] Richard F., Moreau P.-A., Selosse M.-A. et Gardes M. (2004).
Diversity and fruiting patterns of ectomycorrhizal and saprobic fungi in an old-growth Mediterranean forest dominated by Quercus ilex L.
Canadian Journal of Botany, 82(12), 1711–1729.
[2] Vizcay Urrutia N. (2011).
Seguimiento de la productividad micológica de los principales sistemas forestales de Navarra. 2011.
Rapport de suivi mycologique, Gouvernement de Navarre, p. 11.
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Identifier les champignons : Guide de poche de mycologie officinale, d’Yves-François Pouchus, a récemment rejoint ma bibliothèque consacrée aux champignons.
Ce guide de terrain se distingue par son approche de l’identification, fondée sur l’observation des caractères visibles des champignons : la forme, la taille, les couleurs, les lames, le pied ou encore l’odeur.
Dans cette troisième édition revue et corrigée, publiée en 2024, l’auteur présente plus de 770 espèces de champignons communs en France, avec de nombreux outils destinés à faciliter leur reconnaissance.
L’ouvrage propose des clés d’identification simples et illustrées, un glossaire des termes mycologiques ainsi qu’un index en images permettant de retrouver plus rapidement les espèces recherchées.
Les champignons sont présentés sur des planches en couleurs, avec des illustrations travaillées numériquement pour faire ressortir leurs caractéristiques. Des pictogrammes permettent de distinguer les espèces comestibles des espèces toxiques, tandis que des planches comparatives attirent l’attention sur les confusions possibles.
Autre particularité intéressante : ce guide aborde les principaux syndromes d’intoxication liés aux champignons. Il ne se limite donc pas à la reconnaissance des espèces, mais accorde également une place importante aux risques associés à leur consommation.
Avec ses 200 pages et son format compact d’environ 12,5 × 19 cm, il peut facilement accompagner une sortie en forêt. Une règle de 15 cm intégrée au livre permet également de mesurer les champignons observés.
Ce qui m’intéresse particulièrement dans cet ouvrage, c’est cette approche méthodique de l’identification. Plutôt que de se fier uniquement à une ressemblance photographique, il invite à observer plusieurs caractères et à comparer les espèces susceptibles d’être confondues.
Un guide que je compte continuer à découvrir et à utiliser pour approfondir mes connaissances en mycologie.
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]]>Les primordia:
Croissance des Shiitake:
La récolte: 97,2 grammes de Shiitake:
Je me suis servi de cette récolte afin de réaliser des empreintes de spores de Shiitake:

Après 24 heures, les chapeaux ont lâché leurs spores:
Et voila une belle sporée blanche, récupérée sur une feuille d’aluminium (qui sera pliée et rangée dans un sachet « zip »):
Le lendemain, j’ai préparé une bonne poêlée avec les shiitake, de l’ail, des échalotes et un filet d’huile d’olive.
Parmi tous les champignons que j’ai réussi à cultiver à ce jour, je trouve que le Shiitake est l’espèce qui a le goût le plus prononcé, je le trouve délicieux!
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]]>1er substrat:
Primordia de Shiitake
Sur la photo suivante, on peut voir une contamination (moisissure verte) du substrat (au dessus du Shiitake de droite). J’ai jeté le substrat après cette fructification afin d’éviter de contaminer mes autres cultures:
Petite récolte de 81 grammes de Shiitake
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]]>L’article Réhydratation du substrat et technique du choc thermique est apparu en premier sur Champignons comestibles.
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puis je met le substrat dans un sac (congélation)

Je ferme le sac en torsadant l’ouverture,

puis je maintient le tout à l’aide d’un élastique.




Je place ensuite les substrats au réfrigérateur pendant 1 à 2 jours. Cette période pourrait être prolongée plus longtemps, à tester…
Ensuite, je vide les sacs et je remet les substrats en fructification.
Cette technique peut être utilisée de deux façons:
– Après la récolte: pour réhydrater le substrat afin de produire une seconde volée de champignons plus abondante.
-Avant de placer un substrat en fructification: en effet un choc thermique peut favoriser la fructification de certaines espèces ou permettre d’induire la fructification d’une espèce nécessitant une température plus froide que celle de votre pièce de fructification. Par exemple, une espèce fructifiant entre 10 et 16° pourrait produire une fructification à 18° si le cultivateur à utilisé cette technique.
Dans cet exemple, j’ai utilisé cette technique pour réhydrater mes substrats de Shiitake. Il est aussi possible de réhydrater les substrats sans placer les sacs au réfrigérateur ou placer des substrats colonisés directement au réfrigérateur (sans remplir les sacs d’eau).
Dans le prochain article (dimanche 1 décembre) vous découvrirez la deuxième volée de Shiitake sur ces substrats. Et comme toujours, n’hésitez pas à « liker » et surtout partager cet article sur facebook. Merci à tous pour votre soutien!
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]]>L’article Essai de culture: Shiitake sur sciure de hêtre (2eme partie) est apparu en premier sur Champignons comestibles.
]]>Suite de l’essai où je tente de cultiver le shiitake (Lentinula edodes) sur un substrat composé de sciure de hêtre (1ere partie ici). Voici la fructification du 1er substrat:







Pesée de la récolte du 1er substrat 92,8 grammes:
fructification du 2eme substrat de Shiitake:








Le Shiitake (champignon parfumé en japonais) possède une odeur assez forte, particulière mais agréable, sa chair est ferme et a très bon goût.
Récolte du 2eme substrat 176,8 grammes:
Dans le prochain article vous découvrirez comment traiter le substrat après la récolte, pour préparer une 2eme poussée de champignons.
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]]>L’article Essai de culture: Shiitake sur sciure de hêtre (1ère partie) est apparu en premier sur Champignons comestibles.
]]>La culture du Shiitake est un peu particulière par rapport aux autres champignons saprophytes. En effet, après la colonisation complète du substrat, une phase supplémentaire est nécessaire pour obtenir la fructification du Shiitake. Toutes les espèces que j’ai cultivées jusqu’à présent possédaient un mycélium « blanc ». Le mycélium du Shiitake est blanc dans un premier temps, puis il devient brun en vieillissant. Le substrat, complétement colonisé, doit être sorti de l’incubateur pour « vieillir » à la lumière (indirect) du jour jusqu’à devenir plus ou moins brun foncé. Il faut aussi lui fournir un échange gazeux pour qu’il change de couleur (ouverture du sac contenant le substrat). Lorsque le substrat de fructification a bien bruni (environ 50% du substrat), il est préférable de lui faire subir un « choc » (humidité et température) pour obtenir la fructification: le substrat peut être immergé dans de l’eau puis placé au réfrigérateur. Dans cet essai, j’ai utilisé cette technique pendant 48 heures avant de placer le substrat en fructification. Voici l’évolution du brunissement des substrats de Shiitake:
Entre trois à quatre semaines après la sortie de l’incubateur et l’exposition à l’air libre, les substrats sont suffisamment bruns pour procéder au choc thermique:
J’ai immergé mes substrats dans ma cocotte minute remplie d’eau,
puis je l’ai fermé et placé au réfrigérateur pendant 48 heures. Immerger les substrats de cette façon n’est pas très pratique car les substrats ont tendance à flotter: vous découvrirez dans le prochain article, une méthode de procéder un peu plus simple.
J’ai ensuite placé les substrats en fructification en les vaporisant quotidiennement. Après 4 jours les premiers primordia sont apparus en « craquant » la couche brune du mycélium: c’est très joli à voir!
Sur la photo suivante, vous pouvez observer des grains de seigle ayant servis à inoculer le substrat, qui se retrouvent « expulsés » par le primordia:



Rendez vous dimanche 17 novembre pour découvrir la suite de cet essai de culture du Shiitake. En attendant, n’hésitez pas à partager ou « liker » cet article sur facebook! Vous pouvez aussi me poser des questions en commentant l’article.
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