
Envoyée en mission pour 5 mois à Douala, la capitale économique du Cameroun, j’exerce mon métier de psychomotricienne auprès de 13 jeunes de 10 à 26 ans, porteurs d’handicap mental au sein du foyer Soleil Levant. Les petites Servantes du Cœur de Jésus m’accueillent dans leur communauté. Je suis en plein cœur de la ville, qui grouille de monde, surtout au niveau des marchés qui m’impressionnent beaucoup. Et ici, pas moyen d’être discrète, “la blanche” comme on nous appelle ici est directement visible et interpellée. C’est ce qui me frappait beaucoup au départ, et me dérangeait un peu, être la seule blanche à des kilomètres à la ronde. Je dirais désormais que c’est une vraie expérience sociale, à laquelle finalement, on s’y habitue!
5h40 c’est l’heure de mon réveil, mes journées commencent tôt mais avec la chaleur et le bruit dès le matin, je m’y suis faite rapidement ( à vrai dire je me surprends moi-même!). A 6h15 je suis assise sur le banc de l’église tout près de chez nous, afin d’assister à la messe, quelle chance de recevoir Jésus tous les jours ! Ensuite, à dos de moto taxi, je me rends au foyer Soleil Levant.
J’ai été chaleureusement accueillie par l’équipe d’éducateurs du foyer. J’appelle les éducatrices maman suivi de leur prénom (Maman Marie, Maman Nicolle,…) et je suis appelée tata Maelig. J’ai tous pleins de neveux et nièces! C’est une façon conviviale et sympathique je trouve de se nommer ainsi entre nous et qui est totalement normale ici.
Au foyer, les journées sont composées de temps d’école ( écriture, lecture, mathématiques…) en fonction du niveau de chacun, des temps de bricolage, d’activités artisanales (création de chapelets, dessins, origamis,…) et des temps de pauses et siestes pour les enfants. Du sport une fois par semaine pour garder la forme, une balade le lendemain. Et quelque fois l’activité physique est simplement d’aller puiser l’eau, qui n’est pas tout près, et porter les bidons remplis c’est sportif. Mais bientôt, un nouveau système d’eau sera installé dans le foyer, ce qui nous facilitera la tâche. Je ne viens donc pas seulement en tant que psychomotricienne, et l’aspect polyvalent de la mission est encore plus enrichissant. Les séances de psychomotricité que je propose se font en groupe et en individuel. C’est une belle expérience professionnelle, étant toute jeune diplômée. D’autant plus qu’une psychomotricienne camerounaise est présente au foyer 2 jours par semaine.
Les enfants me surprennent beaucoup, quelquefois m’agacent, je l’avoue et me demandent d’invoquer Sainte Patience, mais j’apprends aussi énormément grâce à eux. Le rire est souvent de la partie ici ! En ce moment nous organisons la fête de Noël du foyer, qui sera rythmée et musicale.

La vie spirituelle, que j’approfondis énormément, est une force dans ma mission, elle m’apporte du réconfort dans les moments plus difficiles notamment de solitude, de craintes, quand la France me manque,… elle rythme mes journées et fait grandir ma vie intérieure. Ces temps de prière sont aussi un beau moment de partage et de communion avec les sœurs qui m’accueillent.
La culture est si différente qu’il n’est pas évident de tout comprendre, et il m’est arrivé de me sentir en décalage, en désaccord quelque fois notamment sur l’éducation, la famille… mais j’apprends à accepter, à être à l’écoute pour mieux comprendre. Vivre l’interculturalité devient alors une vraie richesse !

La pauvreté est frappante ici, la vie est dure pour beaucoup, et je me rends compte de la difficulté à trouver un travail pour certains même en ayant une licence, un master ou un autre diplôme. J’ai pu avoir de belles discussions, auprès de personnes qui vivent avec peu. Mais il y en a aussi qui viennent à ma rencontre par intérêt, en pensant obtenir de l’argent… et cela biaise la relation. Malheureusement cela arrive souvent. L’insécurité à certains lieux et moments, les vols en ville, les routes dangereuses,… sont présents et demandent d’être vigilant. Trouver un équilibre entre la prudence et à la fois se laisser une certaine liberté n’a pas toujours été facile et prenait même une place importante au début de la mission. Mais mes craintes diminuent de plus en plus en étant plus proche des camerounais que je rencontre, et plus à l’aise dans ce nouvel environnement.
Les toutes petites choses que je fais dans une journée, un petit service, un petit geste du quotidien, un court dialogue échangé dans la rue deviennent des pépites, qui ne sont pas anodines. J’apprends à être attentive au moment présent, et je me sens beaucoup moins stressée que dans ma vie en France. Le rapport au temps, qui semble extensible ici, joue sans doute aussi! Mais je crois que c’est une grâce, un certain clin Dieu, qu’il me donne 
J’ai eu l’occasion de voyager avec d’autres volontaires français. C’est une chance de pouvoir partager, échanger sur ce que l’on peut vivre. J’en ai eu besoin et cela fait du bien. Au bord de la mer, à 5 mètres d’une île peuplée de chimpanzés, en figuration sur un tournage de film, sur l’île de Mbappé (oui oui, bon… à vrai dire elle s’appelle l’île Djéballé, mais une partie de sa famille y habite et il a financé les locaux d’une école dessus) : j’ai pu vivre de belles expériences dans ces deux premiers mois de mission, et surtout découvrir ce beau pays et sa nature verdoyante, un sol rouge vif à l’Ouest, des cascades et une mer chaude (quel bonheur!).
Malgré des hauts et des bas, je réalise la chance de pouvoir vivre cette expérience, j’y trouve du sens et une vraie joie ! C’est une belle aventure humaine, spirituelle et professionnelle.
Maëlig, Lettre de mission, 12 décembre 2024
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Pauline, interne en médecine
C’est parti pour la mission. A la clinique il n’y a pas de médecin pour le moment, je pensais qu’il était en vacances mais j’apprends au fil de la semaine que cela fait quelque temps qu’il n’y en a pas et les infirmiers me disent que le directeur compte peut-être sur moi. En effet, je fais avec les infirmiers les consultations, dès le premier jour ils voulaient que je les fasse toute seule je leur ai aussitôt dit que j’allais d’abord observer comment ils faisaient !
Les rôles sont décalés, les infirmiers font les consultations, prescrivent, et font les diagnostics, les aides-soignants font les soins, posent les perfusions et font les prises de sang. Il y a un petit labo pour les analyses essentielles (NFS, CRP, gouttes épaisses pour le paludisme, ionogrammes…
Le vendredi je ne vais pas à l’hôpital mais à l’école primaire de saint augustin. Il y a 2 classes de maternelles, équivalentes à la petite et moyenne section en France. Il y a une maîtresse pour les petits et c’est la sœur, qui est également directrice de l’école, qui fait la classe au moyen. Je vais donc les aider 1 jour par semaine.
Nous étions déjà venus les voir le lundi matin après la clinique Saint Luc, et quand nous étions rentrés dans la classe tous les enfants avaient répété en chœur après la maitresse : « Bonjour Papa et Maman ! ». Par la suite les enfants m’appellent « Tata Pauline » !

Dans la classe des petits, je découvre et apprends leurs petits chants et leurs manières de faire pour apprendre. On fait une leçon pour apprendre à tourner les pages d’un livre et la maîtresse raconte un conte illustré par des images : « Doudou et l’œuf », pour apprendre aux enfants qu’il ne faut pas voler.
Je l’aide à colorier des images pour une activité de la semaine prochaine, elle remarque que je suis assez à l’aise pour colorier. Je lui dis que j’aime bien dessiner et donc elle me dit que je pourrai l’aider à faire des dessins pour des contes ou des activités afin de varier ceux qu’elle a déjà. Je vais l’aider pour ça et je vais réfléchir aussi à des activités manuelles ou d’expression plastique que je peux faire avec les enfants. Je suis ravie d’avoir trouvé quelque chose de concret que je pourrais faire avec eux.
Pour ne pas avoir trop chaud, Achille part en footing à 6h30. Il croise deux blancs. Ils échangent rapidement, c’est un couple anglo-suisse qui vit au Bénin depuis 20 ans, ils traduisent la Bible dans un dialecte local.
Nous partons le dimanche dans leur Toyota en direction du sud de la ville, dans une ferme biologique tenue par deux suisses…

Nous nous promenons dans la brousse, débouchons sur des champs de culture d’igname, de sorgho, de maïs, de palmiers, de manioc et de riz. Nous ne connaissons aucune plante sauvage à part quelques fougères. La nature est dense, c’est dépaysant, elle s’étend loin, sans traces humaines, dotée d’une diversité impressionnante d’essences. De temps en temps, nous avons les pieds dans l’eau en passant dans des rizières.
Les discussions vont bon train. Afin de traduire la Bible le plus fidèlement possible, ils font aussi de l’anthropologie. En wamman le mot « esprit » n’existe pas… difficile lorsque l’on veut traduire la Bible. Mais cela questionne aussi sur la perception de l’être vivant dans cette ethnie. Avant eux, un seul anthropologue a travaillé dans les années 70 sur le même domaine qu’eux.
Et puis il faut parler des oiseaux, Charonne et Johannes sont aussi passionnés d’ethnologie. Avant que les djihadistes n’occupent les parcs naturels au Nord de Natitingou, ils se rendaient souvent dans ceux-ci et ont découvert des espèces d’oiseaux qu’ils étaient les premiers à voir au Bénin !
Jumelles autour du cou, nous nous arrêtons souvent, regardons des oiseaux, aux couleurs souvent chatoyantes, chanter. Johannes estime qu’en Suisse, sur une balade équivalente, ils voient une vingtaine d’espèce… et ici une soixantaine. Nous retenons le cordon bleu (équivalent du moineau mais en bleu), la tourterelle (une cousine de la tourterelle que nous connaissons… mais là elle n’a pas fait d’effort de couleur, elle est grise), une sorte de colibri et un oiseau noir à tête rouge orangé (évêque quelque chose).

Achille, prof de math physique :
Je donne mes premiers cours au collège. Lorsque les élèves entrent dans la salle de classe, certains se figent, ont les yeux qui s’arrondissent et la mâchoire qui tombe.
Ce n’est pas le scénario d’un dessin animé, c’est vraiment ce qui s’est passé. Certains reculent précipitamment lorsque je leur adresse la parole… ils ont un peu peur visiblement. J’apprends suite à un rapide sondage, qu’une infime partie d’entre eux a déjà parlé avec un blanc.

Les effectifs sont très gros : jusqu’à 71 par classe. Il y a une craie blanche, un tableau noir, parfois un chiffon pour le tableau. Les élèves qui ont suffisamment d’argent peuvent avoir des photocopies du cours, les autres font sans. Les heures de cours de 17h à 19h se terminent à 18h30 car les élèves ne voient plus le tableau : les salles ne sont pas électrifiées.
Passé leur mutisme de stupeur initial, ils deviennent rapidement des élèves qui savent bavarder. Je commence à faire la police dans les rangs… et ce n’est vraiment pas la partie que je préfère. Je réalise aussi de grosses audiences parmi un public qui n’est pas celui de mes élèves. Il y a souvent un attroupement d’élèves d’autres classes qui me regardent faire cours par la porte ou par les fenêtres… si C8 et NRJ12 cherche à se relancer, j’ai une piste pour eux, gros audimat garanti !
Les cours reprennent. J’essaie de faire quelques travaux de groupe, visiblement ils n’y sont pas habitués, je rectifie le tir sur les cours suivant en instaurant un cadre de plus en plus précis sur la manière par laquelle je veux qu’ils travaillent ensemble. Certaines salles de classes à 3 murs sur 4 font qu’un va et vient incessant passe à côté du cours. Mes audiences de curieux à la porte ne retombent pas, j’ai décidément un public très fidèle !
Achille et Pauline, Natitingou, Bénin, octobre 2024
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Voilà déjà un mois que je suis au Congo ! J’ai fini ma mission à la bibliothèque. Tous les livres sont triés avec une étiquette par thème sur des étagères. Dans la salle informatique, j’ai monté des étagères et classé les livres. Les ouvrages sont des livres scolaires, des romans, des ouvrages de droit, de politique, d’histoire, de religion et d’art. Je joue souvent au foot avec les enfants, ce sont des moments que j’apprécie. Et je vais de temps en temps au village pour rencontrer les locaux et faire mes quelques courses.
Les mercredis à 18h, j’organise le chapelet dans la future grotte mariage où j’installe un tableau de la vierge. De temps en temps, on joue au jeu de société. Le mardi matin et le vendredi matin, nous avons au petit-déjeuner des pâtes à choux, et je prépare avec le cuisinier la pâte. De plus, je les roule et je les fais cuire dans l’huile.


Au village, j’ai acheté de quoi faire une canne à pêche en bois et donc certains matin tôt, je vais aller à la pêche. Pour l’instant, j’ai réussi à pêcher qu’un seul poisson.
Les soirs, je donne des cours particuliers de révision à Frid qui passe son brevet des collèges dans 1 mois.
L’avant-dernier week-end, nous avons eu la visite d’un séminariste qui sera ordonné diacre en juillet. Nous n’avons pas eu de prêtre pour ce dimanche, il est venu nous apporter la communion. C’est très agréable d’être entouré de beaucoup de chrétiens et le plus souvent très fervents.
Je suis allé faire faire des vêtements traditionnels par une couturière. Ce dimanche toujours pas de prêtre pour une messe donc une simple célébration a eu lieu. L’après-midi, je suis allé faire une balade.
Je suis toujours très content ici, une partie des enfants sont en vacances. C’est l’occasion pour moi de préparer des ateliers et des topos pour la semaine prochaine.
Gaspard, Kingoué (Congo Brazzaville), juin 2024
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J’ai pu aller à la messe à 6 h 15 puis à partir de 9 h, nous avons fait, avec l’abbé plusieurs visites. La plus marquante a été la première dans le quartier populaire avec un foyer pour les enfants qui vivent dans la rue. Très touchant et beaucoup de courage de la part des volontaires sur place. Nous sommes allés voir L’orphelinat, puis la commission des droits de l’Homme. Enfin, nous sommes allés visiter une grande école où nous avons fait la rencontre avec Sœur Myriam qui était très touchante.
Pour finir cette journée, je suis allé dîner avec les volontaires français présents à Brazzaville. La journée du mercredi, 8 mai se résume par la route que nous avons effectuée pour se diriger vers le village de Kingoué où se trouve mon lieu de mission. Nous nous sommes arrêtés à la paroisse du prêtre pour pouvoir manger. J’ai été accueilli avec un chant de bienvenue. Puis après le repas nous avons passé une très belle soirée à l’auberge avec Marie-Aude et Florine. Ces deux volontaires françaises de la DCC sont très sympathiques et nous passons de bons moments au bar malgré l’écart d’âge.
L’auberge est un restaurant-bar où nous allons une à deux fois par semaine, boire un coca ou une bière. Le jeudi 9 mai a commencé avec une grande partie de foot, puis une présentation de l’école. Il s’agissait d’un jour férié donc nous sommes allés à la rivière avec les enfants. Puis nous sommes allés à la messe de l’Ascension à 18h le vendredi 10 mai. Je suis allé à la messe à 6h30 puis j’ai aidé à désherber le jardin. L’après-midi, j’ai pu faire un tour de moto pour me présenter aux villageois et visiter le village. Encore une fois, le samedi 11 mai, je suis allé à la messe à 6 h 30.
En 4×4, nous avons effectué un tour du village pour me présenter aux villageois que je n’avais pas pu rencontrer. J’aime beaucoup aller au village pour acheter mes courses, car c’est un moyen de rencontrer la culture locale et de passer des bons moments. J’ai donné un cours d’informatique, puis nous avons joué au foot pour après désherber autour de l’église. Le dimanche 12 mai, nous sommes allés à la messe à 11h et j’ai dû aussi faire ma lessive.
Je suis très heureux de partager le quotidien avec les enfants, car nous mangeons tous les repas ensemble en communauté. De plus, j’apprécie tout particulièrement ce retour à une vie simple avec des repas simples, des douches froides avec peu de débit, la lessive à la main,… Mon rôle est d’aider les éducateurs sur place. J’aide pour les cours d’informatique, de sport et de culture.
Gaspard, à Kingoué, mai 2024
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Mais le 9 Septembre dernier, j’ai été accueilli au sein de la “Spiritan House of Theology” de Manille. Fondée en 1703 en France, la Congrégation du Saint-Esprit est une communauté religieuse de prêtres ou de frères qui se destinent à servir des missions éloignées ou délaissées. Aujourd’hui les spiritains sont présents sur tous les continents et c’est ici à Manille que j’ai la chance d’être accueilli par le Père Patrick et le Père Quoc ainsi que seize séminaristes. Je partage donc avec la communauté des moments uniques et fraternels qui se concentrent essentiellement autour de prières et de réflexion.
J’échange aussi beaucoup avec mes “Brothers” séminaristes sur des sujets divers et variés et je tisse au fil du temps des liens forts.
Manille est une ville marquée par la mixité et les nuances sociales. Sulacan Sampaloc est donc un quartier universitaire mais aussi un espace surpeuplé et défavorisé. C’est pourquoi ici une petite fraternité de frères et de sœurs. s’est lancé le défi de donner une chance aux enfants de la rue en lançant un programme scolaire soutenu par des parrains et sponsors européens. Depuis trois semaines maintenant je suis au service de ce projet.

Ma chère et tendre école de commerce dira que j’occupe ici le “poste” de “Responsable des partenariats”. En fait, mon rôle est simplement d’essayer d’offrir un avenir meilleur à des enfants dont on ne soupçonne pas la motivation et le courage. Mon rôle premier est donc de chercher des parrainages en Europe et à travers le monde pour donner à chacun la possibilité de réaliser leurs rêves, qui croyez moi sont souvent très touchants.

Mais le bonheur de cette mission ne réside pas seulement dans ce travail administratif. Il est aussi et surtout dans les moments d’échanges et de partage avec chacun d’entre eux. Qu’ils soient âgés de 5 ou de 15 ans, il est difficile de s’imaginer à quel point ces enfants sont déterminés, joyeux et intelligents.C’est lors de moments simples comme le partage d’un repas ou une partie de basketball (sport national et rêves de tous ici) que l’on découvre la vraie richesse de ces derniers. Richesse d’âme, richesse de volonté et richesse de joie ; qui me marquent chaque jour et qui me marqueront à jamais j’en suis convaincu.
Il est difficile pour moi de transmettre à l’écrit les valeurs et les émotions que je reçois chaque jour, mais sachez bien que je conçois la chance que j’ai de partager ici des moments uniques. Enfin, j’aimerais simplement transmettre les sourires et la joie qui me sont transmis ici. Sachez que je prends un plaisir fou à vivre ici des moments uniques. Nous nous devons de s’inspirer de la richesse de cœur et d’âmes de chacun d’entre eux.

N’oubliez pas de porter chacun de ses enfants, leurs histoires et leurs familles dans vos prières. Que Dieu vous bénisse. Salamat Po !
Paul-Adrien, à Manille, fin septembre 2023
]]>L’avion a été difficile, 2 avions avec escale de 1h, une valise perdue, 2h de retard, la chaleur, le regard des gens…
Mais depuis que je suis arrivée chez les spiritains c’est un bonheur
!!! Extrêmement bien accueillie par tout le monde, le sourire au lèvre, le check avec les Pères tous les matins…
Maxence, volontaire Amos depuis mars, est aussi top, il m’aide à m’intégrer et m’apprend pleins de choses sur la culture
J’ai eu la messe la plus longue de ma vie, 4h, c’était pour célébrer un diplôme et un baptême, ici rien n’est fait à moitié.

Le soir nous avons dansé avec les enfants, ils sont tellement joyeux et curieux, je pense qu’ils n’ont jamais vu d’asiatique.
J’ai une super chambre, avec une chasse d’eau qui ne fonctionne pas mais c’est normal apparemment, personne s’affole.
Aujourd’hui j’ai fait du boda, c’est un taxi moto, au début ça fait peur, personne ne respecte personne. C’est la guerre donc il faut s’imposer sur la route (quand il y a une route, sinon c’est des chemins avec des gros trous).
Ici les piétons ne sont pas prioritaires, et on peut traverser l’autoroute, c’est tellement différent de ce que je connais.
C’est vraiment un merveilleux début de mission, même si ici je ne fais pas grand chose, j’essaie de me balader le plus possible et de rencontrer des locaux, les garçons (Maxence et un espagnol) m’accompagnent généralement.

J’ai très hâte de rencontrer les sœurs et d’aller à Kanungu, même si les Pères et la vie que je vis depuis seulement 2 jours va me manquer. Je suis quelqu’un de très nostalgique comme tu peux le voir.
Merci pour ce choix de mission, merci pour ce pays et cette opportunité !!!
Je n’y crois toujours pas

Le matin mon réveil sonne vers 6h45. Je me prépare puis je pars petit déjeuner à 7h00. Un peu de baguette et un grand café pour tenir la journée.
Nous ouvrons l’infirmerie à 7h30. Après un bon coup de ménage, nous accueillons les premiers malades et cela pendant toute la matinée. Des grands aux petits « bobos » , tout y passe. A 13h00 nous partons déjeuner jusque 15h00 la réouverture de l’infirmerie. Nous soignons les quelques patientes jusque 17h30 si pas d’urgence.
Quand je rentre le soir en communauté, j’aime aller marcher en écoutant de la musique quand je le peux. C’est mon petit moment d’évasion , en solitaire, loin du bruit et de l’action de la journée. J’en profite également pour appeler mes proches. On s’est fixé le mercredi et le dimanche comme jour d’appel vidéo. Ça me fait du bien de pouvoir les entendre mais aussi les voir. C’est l’un des avantages des téléphones portables d’aujourd’hui. Évidement ma famille, mes amis me manquent mais ce n’est pas un frein pour vivre pleinement mon voyage car je sais que je les revois bientôt.


Après tout cela, à 18h30 il y a la prière avec les sœurs de la communauté. J’aime y assister quand je peux, assez souvent à vrai dire. Les sœurs m’ont appris comment utiliser le livre de prière donc je peux suivre ces moments plus aisément. Et ce temps me permet de prier également dans mon cœur. Quand je n’y vais pas, ou même à d’autres moments de la journée, j’apprécie passer un temps avec Dieu car finalement si j’ai la chance de vivre ce voyage c’est grâce à lui. Ici j’ai le temps de lire ma bible, d’écouter des louanges, des prédications,… ce voyage à pleinement renforcé ma relation avec Dieu. Il est mon confident, mon protecteur, mon ami tout simplement.
Après cela , je me lave, je fais un peu de rangement et puis je pars dîner. Nous mangeons toutes ensembles le soir contrairement au déjeuner. C’est le moment où chacune se donne les « nouvelles » de la journée. C’est une habitude très importante ici. A chaque rencontre ou déplacement, les habitants se donnent les nouvelles, résumé de leur vie du moment. Pendant le repas, nous regardons les informations et nous papotons. Ensuite on fait toute la vaisselle puis chacune part à ses occupations (télévision, chambre). Voilà comment se passe une journée habituelle ici.
Sinon quand je ne suis pas à l’infirmerie, je vais aider une des sœurs à la ferme pour nourrir les animaux. J’apprends beaucoup. Pour tout dire, la vie en communauté se passe bien, nous sommes 8 avec moi mais chacune fait attention à l’autre. Venant d’une grande famille, je n’ai pas de difficulté à vivre en communauté mais c’est vrai que j’apprécie les moments où je peux me retrouver seule dans ma chambre.
Quand j’ai du temps libre, le week-end en particulier, j’essaie d’aller voir les collégiennes. On s’entend bien, elles me montrent leurs danses, leurs musiques ou leurs chanteurs préférés. Le problème c’est qu’elles sont si nombreuses (500 élèves et 300 internes) que c’est compliqué de nouer des liens plus personnels avec toutes. Je ne veux pas que certaines se sentent exclues ou trouvent que je m’adresse moins à elles…

De plus, je dois garder une certaine frontière entre être leur copine et être leur infirmière. Je dois conserver le statut « hiérarchique » question de respect… Cependant, elles restent assez bien informées, pour la plupart, sur la santé car elles ont la chance d’avoir accès aux soins avec la situation financière de leurs parents.
D’ailleurs, l’accès à la santé est un sujet qui me peine énormément ici…
Quand je suis partie travailler au dispensaire d’un village, j’ai pu constaté que de nombreux habitants n’avaient pas accès aux soins. Car ici, contrairement à la France, les médicaments, les soins, les consultations, tout est payant. Rien est remboursé. Donc certaines femmes viennent avec leurs enfants très malades car elles n’ont pas pu les emmener au dispensaire avant, faute de moyens. Régulièrement, nous prescrivons des médicaments et les patients ne vont pas les chercher en pharmacie car ils n’ont pas d’argent… et je trouve cela tellement injuste de ne pas être égaux en matière de santé. Nous avons énormément de chance d’être en France et il faut le souligner.

C’est d’ailleurs au sein de ce même dispensaire que j’ai vécu mon meilleur souvenir ( pour l’instant). Je savais qu’il y avait une partie maternité dans le dispensaire donc j’avais demandé à la sage-femme de m’appeler si jamais il y avait une femme sur le point d’accoucher pour que je puisse observer. Mais finalement quand elle m’a appelé, c’était au delà de mes espérances car je n’ai pas simplement observé mais j’ai exécuté. J’ai aidé la maman à sortir le nouveau né de son ventre et tout ce qui suit ( j’épargne les détails…). J’ai prodigué les premiers soins au bébé et à la maman. J’ai également eu l’honneur de donner mon prénom à cette jolie petite fille. Cette expérience, mon première accouchement, restera gravé dans ma mémoire. C’était tellement intense! Je pourrais le revivre 100 fois.
Tous les moments au dispensaire étaient intenses et nouveaux pour moi. Réaliser des soins aux enfants parfois si petits, m’adapter au manque de matériel ou aux techniques différentes. C’est une chance dans mon parcours professionnel et cela va m’apporter que du plus. L’équipe était géniale. On a tissé des liens et on s’est échangé nos numéros. Ils m’ont tellement touché et bien accueilli que quand j’ai raconté cela à ma mère, on a décidé de leur faire un don de matériel médicale. J’irai leur apporter à la fin de mon voyage quand j’aurai reçu le matériel voulu.
C’est vrai que la vie ici est totalement différente, les gens vivent beaucoup dehors et se contentent de peu. Parfois je culpabilise car j’ai l’impression d’avoir tout et même trop. Mais d’un autre côté, je me dis qu’ils sont heureux comme ça car ils ont toujours vécu comme cela ? Enfin je ne sais pas vraiment, c’est une supposition.
Ce que j’ai remarqué aussi c’est qu’ils ont l’image de l’européen qu’à travers les films donc quand j’échange avec eux, ils ont une vision totalement différente de la réalité. Mais ce n’est pas de leur faute. C’est difficile de se faire une idée autrement aujourd’hui avec les médias, les films ou les réseaux sociaux.
Ce qui était dure également au début , ça l’est encore parfois aujourd’hui, c’est d’être regardée, observée et touchée car je suis blanche. C’est parfois oppressant.
Je ne trouve pas qu’ici la vie est spécialement simple.
Ce qui m’a frappé également ce sont les déchets. Tous les déchets au sol me brisent le cœur car la nature ici est tellement belle. Mais il n’y a pas de poubelle dans les rues ou devant chaque maison comme chez nous. C’est une autre manière de vivre, un autre continent, un autre pays, je pense que la comparaison n’est pas faisable.
Sinon la nourriture est très bonne ici. J’ai goûté pleins de nouvelles choses. Très enrichissant. Je vais repartir pleins de recettes dans mon carnet de voyage.

Au niveau des coups durs, je n’ai pas souvent été confronté à des baisses de moral depuis le début de mon voyage car j’ai la chance que mon voyage se passe bien et je vis pas mal de chose. Mais quand cela m’arrive j’en parle à mes proches qui me rassurent et m’encourage et avant tout j’en parle à Dieu. Je prie pour qu’il m’aide à rester focus sur pourquoi je suis partie. Cela me redonne le sourire.
Cette expérience reste un voyage où il faut savoir gérer la solitude. Je n’étais jamais partie seule, si loin et pendant une si longue période donc sans l’aide de Dieu je n’aurais pas réussi à vivre ces moments pleinement. J’ai appris que je pouvais vivre sans artifices avec peu de chose dans un environnement et un climat totalement différent de celui dans lequel j’ai toujours vécu. Je sais que j’en sortirais changé et grandi.
Cependant il me reste encore un bon mois à vivre en Côte d’Ivoire donc c’est parti pour vivre ce mois à fond !


Ce premier mois a été à la fois difficile mais aussi très enrichissant :
J’ai mis, au début, beaucoup de temps à atterrir à cause de deux raisons : l’absence d’activité chronophage et régulière et la distance avec ma copine.
Après deux semaines à compter les jours, il a fallu se réveiller et changer d’état d’esprit. D’abord en arrêtant de se morfondre sur le manque et en essayant de l’accepter.
Puis en cherchant mes propres activités en dehors de celle de la mission :
– Suivre certains prêtres dans leurs journées et découvrir la véritable culture ougandaise
– Visiter la capitale, les différents lieux culturels et historiques ainsi que les restaurants locaux (un bon repas suffit à rendre votre journée très agréable.)
– Se mettre en contact avec un architecte de la ville afin de travailler avec lui et de se rendre plus utile.


– Rencontrer aussi quelques Français afin de parfois prendre un verre et d’échanger sur l’expérience du pays.
– Voyager dans le reste de l’Ouganda et s’émerveiller des richesses de ce pays assez peu connue.
– Apprendre le Luganda afin de faire rire les Kampalais qui s’étonnent à chaque fois de m’entendre dans leur langage.
Je suis arrivé ici en sachant très bien que je ne serai pas un sauveur, mais j’imaginais au moins que chaque jour allait être consacré à aider. Il en a été autrement. À partir du moment où j’ai accepté ceci, je me suis mis à bien plus profiter de chaque moment, que j’ai la chance de vivre ici. Dieu révèle petit à petit le sens de ma présence ici.
Merci! A bientôt !


C’est un lieu très différent du reste de la ville et qui offre un peu de souffle aux habitants. Dans ce pays, les gens travaillent, dorment, font les courses ou vont à la mosquée uniquement. Tous les lieux de distraction ont été fermés par l’Etat. Même pas le moindre cinéma ou bar à l’horizon.
En se promenant à Nouadhibou, on remarque tout de suite le nombre impressionnant de déchets à terre, mais il paraît que Nouadhibou est propre par rapport à d’autres villes du pays. De même, au milieu de la
douce odeur d’une combustion mal effectuée, on peut sentir un doux parfum de poisson pourri. Afin d’éviter de trop polluer en emmenant les déchets en dehors de la ville, les restes de poissons des usines
sont déposés sur le bord de la route. Néanmoins, cet écosystème permet de nourrir des chèvres et des
chiens. De plus, les plus pauvres recherchent dans les tas d’ordure ce qui pourrait être récupéré comme le montre la photo ci-dessous.

Les migrants peuvent rester à Nouadhibou très longtemps tout en ayant espoir d’aller en Europe. On estime entre 35 000 et 55 000 migrants présent ici. En effet, pour devenir Mauritanien, il faut être musulman. Certains restent donc toute la fin de leur vie migrant sans avoir accès à une nouvelle nationalité. D’ailleurs, les enfants qui naissent de migrants ne peuvent pas avoir la nationalité Mauritanienne si les parents ne le sont pas eux-mêmes.
La cohabitation est aussi compliquée avec les mauritaniens, nous sommes les « khanissa » : il faut s’en méfier car d’après certains, notre objectif serait de pervertir les musulmans. Nous n’avons d’ailleurs pas le droit de parler de religion avec les Mauritaniens car nous serions accusés de prosélytisme.

Le matin, je m’occupe du pôle accueil-écoute de migrants. Je les reçois et je découvre leur histoire. J’essaie ensuite de comprendre leurs motivations afin de formuler leurs besoins.
Une fois leur demande clarifiée, je les renvoie vers la personne qui pourrait les aider. Pour une demande de soins, je leur recommande d’aller à la pharmacie où ils pourront voir un docteur. Pour les autres, j’en discute avec le Père Pachel et il rappelle ensuite les migrants.
Quand on demande aux migrants pourquoi ils viennent à la Caritas, ils nous répondent : « ici, les gens écoutent et essayent de trouver une solution » ou bien : « vous aidez aussi bien les musulmans que les
chrétiens ».
En ce moment, beaucoup de Nigérians passent au bureau. Ils nous demandent de l’aide pour des soins ou pour trouver un travail, car ils vivent dans des situations difficiles. Il existe différents réseaux qui aident les Nigérians à venir en Mauritanie, mais une fois arrivés, ils sont traités comme des esclaves, car leur argent est envoyé directement à leur famille. Ils doivent donc attendre que leur responsable leur donne
de la nourriture ou des habits pour pouvoir vivre.

L’après-midi, je suis souvent arrivé à la pharmacie pour faire l’accueil. Les personnes qui viennent peuvent voir un docteur et recevoir des médicaments à des prix très bas. Les Mauritaniens ne représentent que la moitié des personnes. Il y a aussi beaucoup de Maliennes avec leurs enfants. Des mères viennent pour leurs enfants de quelques mois. Ça me fait toujours bizarre de voir des femmes plus jeunes que moi qui viennent avec leurs enfants.
En moyenne, une vingtaine de personnes viennent consulter chaque jour en l’espace de deux heures. Le plus dur dans cette tâche, c’est de communiquer avec les personnes pour leur demander des renseignements sur leur identité. Beaucoup ont du mal à parler français et certains ne le parle pas du tout. J’ai donc appris quelques mots dans différentes langues pour me faire comprendre.










Je suis face à des réalités bien différentes de chez moi mais je m’ouvre à d’autres cultures et à d’autres façons de vivre. Discuter avec les migrants permet de voyager un peu partout en Afrique de l’ouest et du centre. Je ne regrette pas du tout d’être parti faire cette expérience.
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La découverte et l’émerveillement continuels laissent la place à une vie plus routinière ou nous avons nos petites habitudes qui nous permettent d’approfondir les relations ici et de se sentir bien dans la mission.
Tous les matins nous sommes dans un centre pour personnes en situation de handicap ou nous aidons les professeurs pour les cours. C’est très enrichissant et un plaisir de se lever chaque matin pour y aller !
Le reste du temps est partagé entre la visite à des familles de Buena Vista, des jeux avec les enfants et les différentes activités de la paroisse.
La vie de prière est bien rythmée ici ce qui est très agréable et nous permet de confier chaque moment de notre mission et de rendre grâce pour toutes les joies reçues.
L’acclimatation a été bonne, les plats typiques sont parfois un peu étranges et conduisent à des moments cocasses qui font beaucoup rire Maria et les prêtres.
Le petit point parfois difficile est le décalage culturel sur des points d’organisation, les choses peuvent changer du jour au lendemain nous obligeant à repousser des engagements pris à l’école ou auprès des familles ce qui nous paraît compliqué mais qui semble ici assez normal.
Diane
Tout se passe très bien ! Nous restons ensemble avec Flore et notre mission est assez polyvalente : nous prenons part au quotidien des spiritains, nous rencontrons beaucoup de paroissiens tous plus accueillants les uns que les autres et nous passons la plupart de notre temps à nous occuper d’enfants (centre spécialisé, garderie, cours de catéchisme, classe de violon…).

A Buena Vista, qui est un petit village, nous commençons à être connues des habitants et nous avons pu tisser des liens amicaux avec certains ce qui mènent à de très beaux échanges, plus en profondeur.
C’est à nous de nous adapter à leur manière de faire et de s’organiser, qui implique parfois de petites incompréhensions mais on les dépasse et chaque jour apporte son lot de surprises.
Merci Amos de nous permettre de vivre ces moments
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