La diffusion de cet entretien (le mardi 10 mai 2011) réalisé dans un restaurant de la place, prend aujourd’hui une signification particulière, quelques jours après l’attentat perpétré dans un café voisin, et qui a fait 17 morts.
Une triste coïncidence qui interroge, du coup, le poids symbolique visé dans cet acte terroriste : celui d’une culture ancestrale traditionnelle, porteuse d’échanges et de rencontres véritables, que de nombreux touristes du monde entier visitent, fascinés par ce lieu unique.
Précédant l’entretien d’Abdelmajid Arrif, celui de Mustapha Laarissa, professeur de philosophie à l’Université de Marrakech, rencontré en 2006 et en 2011 sur le même lieu, et qui fait le lien entre le lieu sacré (la Koutoubia) et le lieu profane que représente la place, entre deux hauts-lieux culturels et symboliques de Marrakech.
Une émission d’une heure de David Collin
http://www.rsr.ch/#/espace-2/programmes/babylone/
Outre la diffusion à venir – ce mercredi 6 avril – de l’entretien avec Daho Djerbal, l’émission “BABYLONE” (Radio Suisse Romande) et David Collin continuent de valoriser les travaux universitaires de plusieurs chercheurs de l’ANR IMASUD.
En mai prochain, sera diffusé un entretien avec l’ethnologue Abdelmajid Arrif (MMSH) enregistré sur la place Jemaa el Fnaa en marge du colloque de Marrakech (1-3 mars).
Par ailleurs, ce colloque a également fait germer un projet de documentaire radio d’après le livre “Casablanca”, dirigé par Michel Peraldi et Mohammed Tozy. Plusieurs intervenants au colloque devraient y participer, à Casablanca même.
D’autres projet d’entretiens ou de reportages devraient également voir le jour, avec Nour Farra Hadad sur le Liban, et avec Pierre Sintès sur son livre : La raison du mouvement : territoires et réseaux albanais en Grèce, Karthala, MMSH, Ecole Française d’Athènes, 2010.
L’Algérie face à la révolte
L’émission “Babylone”, sur la Radio Suisse Romande (RSR) reçoit chaque semaine un invité (scientifique, philosophe, historien, homme de culture et de passion) qui partage avec nous son expérience et son regard sur le monde d’aujourd’hui.
Au cours du colloque IMASUD qui s’est tenu à Marrakech du 1er au 3 mars, le journaliste David Collin a eu un entretien avec Daho Djerbal, professeur d’histoire à l’université de Bouzaréah, chercheur et directeur de la revue Naqd.
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Dans l’élan du colloque de Marrakech, l’émission “Babylone”, de la Radio Suisse Romande, propose un entretien de David Collin avec l’historienne Martine Chalvet, auteure de “L’Histoire de la forêt”, paru aux éditions du Seuil.
http://www.rsr.ch/#/espace-2/programmes/babylone/?date=09-03-2011
Après la révolte des pays arabes, du Maghreb aux pays du Moyen-Orient, Babylone s’interroge sur la manière dont les pays de cette région peuvent et doivent réinventer, à tous les niveaux de la société, des liens de solidarité, de réconciliation, de respect et d’écoute entre le politique et la société civile.
Afin de renouer avec leur histoire, d’avoir plus de justice sociale pour éviter les inégalités, et parfois l’exil.
Table ronde enregistrée à Marrakech par David Collin, à l’occasion d’un colloque portant sur “la réinvention du ‘lien’ en Méditerranée, figures, formes, métamorphoses”, organisé par l’ANR (Agence Nationale de la Recherche) Imasud (Imaginaires du Sud).
Avec Mohammed Tozy (anthropologue), Karima Dirèche (historienne), Yazid Ben Hounet (anthropologue social algérien) et Mustapha Laarissa (philosophe).
Abdel Lamhangar, anthropologue, sera en direct dans nos studios de Lausanne.
Une émission de David Collin
Processus patrimoniaux et réinvention du territoire
« Enjeux de patrimoine, enjeux de mémoire dans la vieille ville de Rhodes »
Pierre Sintès
(Université de Provence – TELEMME)
DOCUMENTS ÉLECTRONIQUES COMPLÉMENTAIRES A SA COMMUNICATION AU COLLOQUE IMASUD DE MARRAKECH
Photographie n°1
Un panneau public dans la vieille de ville de Rhodes. On y note la présence des logos de différentes institutions : l’Unesco qui a classé la vieille ville de Rhodes au patrimoine mondiale depuis 1988, l’organisation des villes membres de la liste de l’héritage mondial, la municipalité de Rhodes, et l’administration de la vieille ville. Ce panneau a pour objectif d’indiquer aux touristes les lieux dignes d’intérêt.
Photographie n°2
Dans la vieille ville, des panneaux indiquent la direction des lieux à visiter pour les touristes. Cette mise en valeur prend en compte les représentations de la vieille ville en conformité avec l’histoire officielle. Ce cas de figure est représentatif qui indique des vestiges byzantins et antiques, périodes sur lesquelles se fonde le discours de légitimité de l’Etat grec moderne.
Photographie n°3
Un groupe de personne se promènent dans les rues de l’ancien quartier juif de la vieille ville. Il s’agit de descendants de membres de cette communauté qui sont à la recherche des traces du passé juif de l’île.
Photographie n°4
Un descendant d’une famille juive de Rhodes né au Congo belge et résident actuellement au Cap (Afrique du Sud), montre une maison ayant appartenu à ses ancêtres.
Photographie n°5
Intérieur de la synagogue Shalom, pivot du dispositif de mémoire de la communauté juive de Rhodes
Photographie n°6 et 7
La commémoration de la mémoire des déportés à Rhodes est le principal moment de visibilité de l’histoire de la communauté dans l’espace public de l’ancien quartier juif.
Photographie n°8
L’enseigne d’un bar de nuit dans la vieille ville, témoin d’un marketing orientalisé à destination des touristes.
]]>Colloque international de l’ANR Imasud
« Suds imaginaires, imaginaires des Suds : héritages, mémoires et patrimoine en Méditerranée »
Marrakech – 1-3 mars 2011
La réinvention du « lien » en Méditerranée
Figures, formes, métamorphoses
Comment questionner la façon dont s’articulent religieux et politique, sous leur double aspect de pratiques individuelles et collectives? Quels sont les dispositifs et les formes de médiation qui ont accompagné la volonté d’instaurer une réconciliation nationale centrée sur la remémoration des exactions vécues par les victimes ? Sur quels critères idéologiques, politiques, économiques ou touristiques s’opèrent la sélection des « objets » et des « lieux » patrimoniaux communs ? Quels rôles enfin, les médias (télévision, internet) jouent-ils dans les mises en scènes, mise en visibilité ou reconfigurations sociales et culturelles ? Peut-on fabriquer du consensus sans réactiver de nouvelles controverses et susciter des résistances ?
Les communications valoriseront les formes (figures, objets, lieux) sacrées ou profanes, les jeux d’acteurs et les discours, les processus d’exposition.
Programme:
Mardi 1er mars 2011
9h30
Accueil des participants : Mme Widad Tebaa (Doyenne de la faculté des Lettres et de Sciences Humaines de Marrakech – Université Cadi Ayyad)
Présentation de l’ANR et introduction du colloque : Maryline Crivello (Université de Provence – TELEMME) et Mohamed Tozy (IEP d’Aix-en-Provence – LAMES)
Session 1. Dispositifs et scénographies des réconciliations politiques et religieuses
1.1. L’expérience de l’IER au Maroc
Président de séance : Ahmed Herzenni (CCDH)
10h10
Fadma Ait Mous (CM2S, Casablanca)
L’IER, entre la mémoire des victimes et les méandres de l’histoire
10h30
Ahmed Bendella (Université de Lausanne – CM2S, Casablanca)
Les cadres juridiques de la mémoire
10h50
Discussion
11h30
Mohamed Tozy (IEP d’Aix-en-Provence – LAMES)
Scènes de la réconciliation. Réconciliations en scène.
11h50
Badiha Nahhass (Université Hassan II-Ain Chock – CM2S, Casablanca)
Les associations de la mémoire dans le Rif et le processus de réconciliation
12h10
Discussion
Après-midi
Président de séance : Dionigi Albera (IDEMEC)
1.2. Politiques et rites de la mémoire
14h30
Yazid Ben Hounet (CJB, Rabat – LAS, Paris)
Les trois temps de la réconciliation : une ritualisation manquée ?
14h50
Antoni Segura (Université de Barcelone – Centre d’études Historiques Internationales)
La question de la mémoire historique en Espagne et en Catalogne.
15h10
Discussion
1.3. Initiatives de médiation culturelle et interreligieuse dans les années 1950
15h30
Stéphane Mourlane (Université de Provence – TELEMME)
La Sicile, lieu de médiation culturelle et creuset de la réinvention de la Méditerranée dans les années 1950
15h50
Manoël Pénicaud (Université de Provence – IDEMEC)
Un projet de réconciliation islamo-chrétienne sous le signe des Sept Dormants (1950-1962)
16h10
Discussion
1.4. Pratiques et mises en scènes contemporaines du religieux en Jordanie et au Liban
16h50
Norig Neveu (Université de Provence – EHESS, Paris)
Politiques officielles, pratiques locales : pèlerinages et patrimoine religieux en partage en Jordanie
17h10
Emma Aubin-Boltanski (EHESS – CEIFR, Paris)
Pratiquer le dialogue interreligieux au Liban : la célébration de la fête de l’Annonciation
17h30
Nour Farra-Haddad (Université Saint-Joseph, Beyrouth)
Les maisons des visionnaires au Liban: Entre cloisonnement et ouverture communautaire
18h30
Discussion
Mercredi 2 mars 2011
Session 2. Processus de patrimonialisation et réinvention du territoire
2.1. Enjeux de patrimoine : appropriation et réhabilitation
Président de séance : Mustapha Laarissa (Université Cadi Ayyad, Marrakech)
9h30
Martine Chalvet (Université de la Méditerranée – TELEMME)
« Les Parcs Nationaux en Algérie dans les années 1920-1930 : Une patrimonialisation des « Suds » ? »
9h50
Pierre Sintès (Université de Provence – TELEMME)
Enjeux de patrimoine, enjeux de mémoire dans la vieille ville de Rhodes
10h10
Discussion
2.1. Mots et mémoires de la ville : Alexandrie
10h50
Eric Gady (CEA, Alexandrie)
Alexandrie réinventée
11h10
Jean-Yves Empereur (CEA, Alexandrie)
Métonomases. Les noms des rues d’Alexandrie
11h30
Dominique Gogny (CEA, Alexandrie)
Archives personnelles, Histoire et imaginaire
11h50
Discussion
2.3. Rénovation urbaine, simulacre de lieux, espaces d’oralité
Président de séance : Jean-Yves Empereur (CEA, Alexandrie)
14h30
Maryline Crivello (Université de Provence – TELEMME)
La Medina Mediterranea (Hammamet-Yasmine) entre simulacre du passé et marchandisation de l’espace.
14h50
Dionigi Albera (IDEMEC)
Mémoires cosmopolites et “rénovation” urbaine. Chroniques de La Goulette avant la révolution
15h10
Abdelmajid Arrif (MMSH)
La place Jamaâ Lafna, lieu patrimonial d’une oralité inventive
15h30
Discussion
2.4. Territoires de conflit et crispations patrimoniales
16h10
Yaël Groner-Timsit (CPAF – ECJM)
Mère d’une tradition ou Mère des traditions. La tombe de Rachel dans les trois religions monothéistes à la lumière du journal du gardien juif de la tombe
16h30
Stéphanie Latte-Abdallah (Université de Provence – IREMAM)
Des lieux d’images. Regards sur les territoires de la Palestine, des camps de réfugiés et histoire d’un conflit
16h50
Discussion
17h10
Projection du documentaire : La Maison d’Angela de Olfa Chakroun et Dionigi Albera.
Jeudi 3 mars 2011
Session 3. (Mé)-tisser les regards. La Méditerranée en images
Président de séance : Maryline Crivello (Université de Provence – TELEMME)
10h00
Sophie Gebeil (Université de Provence – TELEMME)
Les politiques de coopérations audiovisuelles en Méditerranée (1995-2010)
10h20
Lisa D’Orazio (TELEMME)
La télévision en Corse et la construction d’une identité méditerranéenne, un défi pour l’avenir ?
10h40
Discussion
11h20
Table ronde et projections
. Projet euro-méditerranéen MedMem (Euromed-Heritage IV): archives de la Méditerranée en ligne, publics et usages ?
. Collection universitaire (MMSH-SATIS) : Je me souviens… de la Méditerranée : un projet en devenir ?
Présentation et discussion avec : Mireille Maurice (Ina Méditerranée), Jacques Sapiéga (Université de Provence – SATIS), Sophie Geibel (Université de Provence – TELEMME), Maryline Crivello (Université de Provence – TELEMME), Stéphane Mourlane (Université de Provence – TELEMME), Pierre Sintès (Université de Provence – TELEMME), Karima Dirèche (Centre Jacques Berque, Rabat) – Manoël Pénicaud (IDEMEC).
12h20
Conclusion du colloque
Karima Direche (Centre Jacques Berque, Rabat)
Faculté des Lettres et Sciences Humaines – Amerchich – Daoudiate B.P. 2410, 40000 Marrakech
Tél. : (+212) 5 24 30 19 62 / (+212) 5 24 30 27 42 – Fax : (+212) 5 24 30 20 39
Site web de la FLSH – Marrakech : www.flm.ucam.ac.ma/
Colloque international organisé avec le soutien de l’Agence Nationale de la Recherche. Appel d’offre « Les Suds aujourd’hui » (1).
]]>La place Jamaa Lafna fût décrétée en 2000 « patrimoine oral mondial ». La richesse de la culture orale qui s’y déploie en cercles fut reconnue et défendue par Juan Goytissolo dans un article paru dans le Monde diplomatique.
L’oralité qui s’offre la place Jamaa Lafna comme lieu de performance et de spectacles et s’offre aux touristes, marocains ou étrangers, et aux passionnés de la halqa est par définition fragile, évanescente, se réalisant dans la performance même de l’acte hlayqi et n’existe pas en dehors même du cercle de l’énonciation et de la réception.
Elle puise dans l’exercice quotidien d’une improvisation réglée sur un socle culturel enraciné dont elle varie les motifs, le tissage, les mots… chaque jour au coucher du soleil.
L’oralité patrimonialisée ! Quelle fiction ! Quel malentendu ! La patrimonialisation serait-elle une pollution sacrée qui donne sa bénédiction aux manifestations immatérielles d’une société et en assure par, incantation, la pérennité ? A voir…
Malentendu au centre des interactions qui se déroulent sur la scène de Jamaa Lafna ; malentendu sur la nature de ce patrimoine oral et sur la culture populaire qui lui est associée ; malentendu sur les temporalités dont participe cette oralité.
Malentendu sur le rôle de cette place : Jamaa Lafna, lieu de la clochardiation culturelle aux temps de la mondialisation ? Cours des miracles de la modernité paradoxale et éprouvante du Maroc ? Lieu de spectacle, comme on parle de spectacle de rue en France ? Ou bien lieu privilégié de transmission, consciente ou inconsciente, d’une culture orale menacée d’extinction ? Lieu d’exercice patrimonialisant de quelques lettrés nostalgiques d’un temps révolu où les hlayqia ont nourri leur imaginaire de merveilleux ?
Ou bien Jamaa Lafna serait-il tout cela, agrégeant en mouvement collectif des intentions disjointes, conjoncturelles et individuelles vers cet objectif « noble » : transmettre et perpétuer oralement un patrimoine à dimension universelle ?
Publication de l’ouvrage : Élections au Maroc, entre partis et notables (2007-2009) sous la direction de Mohamed Tozy.
“L’expérience politique marocaine actuelle ne peut pas être analysée sans rappeler le niveau de maturation réalisé préalablement pour réunir les deux conitions principales de tout changement politique : un pacte politique de non belligérance et un train de réformes constitutionnelles négocié qui met entre parenthèses la question du lieu de souveraineté.
Ainsi, on ne peut pas s’étonner que dans le cas du Maroc, les élections ne remplissent pas exactement les mêmes fonctions que dans les démocrates occidentales. la compétition étant circonscrite ds des espaces contrôlés qui ne débouchent qu’exceptionnellement sur le pouvoir effectif, les élections permettent juste une certain e circulation des élites en avalisant des processus de cooptation définie par la classe politique ou de plébisciter des hommes ou des projets sans possibilité réelle de choix.
Les résultats des élections sont souvent dissociés du processus lui-même ds la mesure où les suffrages ne sont pris en considération que comme un indicateur parmi d’autres. le moment électoral est une parenthèse ds la vie politique qui s’avère intéressante pour l’observateur à cause de la liberté relative du jeu rôles qui s’y déroule. l’organisation des élections ne peut pas être prise comme un indicateur de démocratisation. Les performances tribuniciennes permettent de consolider les effets de scène et rendre visible les protagonistes, indiquer les cheminements hypothétiques des projets politiques en concurrence en vue de séduire le “souverain”, occupant unique de l’espace réel du pouvoir.”
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L’UMR 6570 TELEMME – Programme 4, groupe 3, « Mobilité des mémoires, Europe – Méditerranée », le Pôle Images/Sons et pratiques numériques en SHS (MMSH), en collaboration avec l’IREMAM, L’INA- Méditerranée, La Pensée de Midi et l’ANR IMASUD – « Questionner les images au Proche-Orient » (3) –
Figures du Palestinien à l’écran
Programme :
Maryline Crivello (TELEMME, Pôle Images/Sons, MMSH), présentation
Cédric Parizot (IREMAM, Pôle Euromed, MMSH), médiation
Jérôme Bourdon (Université de Tel-Aviv, CSI-École des Mines, Paris) : Les Palestiniens à la télévision française 1948-2000: un répertoire complexe.
Stéphanie Latte-Abdallah (IREMAM, MMSH) : Une histoire politique du regard. Les documents visuels sur les réfugiés palestiniens depuis 1948.
Jérôme Bourdon est l’auteur de l’ouvrage : Le Récit impossible. Le conflit israélo-palestinien et les médias, coédition De Boeck et INA, 2009. Diffusion d’extraits de son film, Israël-Palestine. L’emprise des images, 2 fois 53′, coproduction INA, La Chaîne parlementaire en collaboration avec Courrier International, 2008.
Stéphanie Latte-Addallah est l’auteur de l’ouvrage : Femmes réfugiées palestiniennes, Paris, Presses Universitaires de France, janvier 2006. Elle a dirigé le travail collectif sur Images aux frontières. Représentations et constructions sociales et politique. Palestine, Jordanie 1948-2000, Beyrouth, Institut Français du Proche-Orient (IFPO), 2005. Diffusion d’extraits de son film en cours de réalisation sur les réfugiés palestiniens.
Vendredi 17 décembre 2010 de 9h à 13h, salle PAF, MMSH, Aix-en-Provence
Photographie : “Enfant palestinien et soldat israélien. Jérusalem-Est”, 1988, J.-C. Coutausse
]]>Les rencontres se proposeront de réfléchir aux espaces méditerranéens imaginés au sens où ils supposent un imaginaire créatif de références et de pratiques mobilisées par des groupes qui se rattachent à la Méditerranée par leur passé ou celui de leurs ascendants. Il ne s’agit pas d’analyser les espaces migratoires en montrant – ce qui a été fait dans beaucoup de publications – comment se transposent des pratiques et se recomposent des représentations de la Méditerranée; mais de partir d’espaces autres, d’hétérotopies dont la fonction est de représenter tout en les inversant et les contestant les espaces sociaux ou institutionnels.
Les hétérotopies, au sens de Michel Foucault – espaces qui renvoient à ceux qui y séjournent l’image d’eux-mêmes comme prise dans le miroir de l’ailleurs; espaces fonctionnant comme microcosmes et comme théâtres – ne peuvent être pensées dans leur rôle d’altérité et de réflexion d’un ailleurs ou d’une origine imaginés que si l’on interroge les rapports mémoriels que les immigrants ou leurs descendants entretiennent avec leur passé méditerranéen. Les récits d’immigration s’organisent, le plus souvent, selon le principe du muthos, terme que Ricœur emprunte à Aristote et qui désigne le processus de mise en intrigue. Le retour au passé repose sur l’organisation de cette mise en intrigue, fondée à la fois sur l’oubli ou le travestissement des faits historiques et sur l’instauration d’un ordre non chronologique. Dans l’analyse que fait Ricœur de la mimesis-muthos d’Aristote, la première, « imitation créatrice », se trouve définie par le second, « agencement des faits en système », où ce qui compte ce n’est pas l’histoire (history) mais l’intrigue (story).
Ce mode de temporalité conçue, non comme une division entre passé, présent et avenir mais à partir d’un présent qui condense les autres dimensions du temps explique que les rapports à l’espace de l’immigration ne soient pas réductibles à une simple reproduction ou permanence du passé. Les espaces imaginés sont construits à partir d’une position dans le présent. Ils sont compatibles avec des modes de spatialités à la fois fragmentées – en lien avec des constructions fragmentées de l’identité – et totalisantes, parce qu’elles juxtaposent une série d’appropriations. Parmi ces dernières, on peut compter un certain nombre de pratiques qui relèvent de la globalisation. Les phénomènes de globalisation ont généralisé et standardisé un certain nombre de productions matérielles ou symboliques – culinaires, musicales ou picturales et souvent associées au religieux. Mais elles ne se déploient que dans des espaces spécifiques, rendus possibles par le repli sur le local, lié à la globalisation.
Université Paris 8 : 2, rue de la Liberté 93526 Saint-Denis Cedex – Salle G-2
]]>Programme :
FRIDAY 12th NOVEMBER
9:30 Opening: Angela Hobart (London University Goldsmith College and UCL / director of the Centro Incontri Umani)
9:45 Introduction to the programme
Pedram Khosronejad (Department of Social Anthropology, University of St Andrews, Scotland)
Thierry Zarcone (CNRS – GSRL, Paris)
Session I: Ambiguous sanctuaries and pilgrimages in the Mediterranean
Chair: Tadeusz Skorupski (School of Oriental and African Studies, University of London, UK)
10:00 Diogini Albera (CNRS – Aix-en-Provence, France)
Ambiguous sanctuaries in the Mediterranean
10:35 Yasushi Tonaga (Kyoto University, Japan)
Sanctity, pilgrimages and ambiguity in Islam
11:40 Pierre-Jean Luizard (GSRL, CNRS/EPHE, Paris)
Pharaonic reminiscences in Muslim saints pilgrimages in today’s Egypt: the case of two major mûled
12:15 Speakers’s panel – Questions and discussion
Session 2: Multi-faceted heritage pilgrimages and sanctuaries in Indo-Persian world
Chair: Diogini Albera (CNRS – Aix-en-Provence, France)
15:00 Pedram Khosronejad (Department of Social Anthropology, University of St Andrews, Scotland)
Battlefield pilgrimage in Iran: ambiguity of sacredness
15:35 Jürgen Wasim Frembgen (Staaliches Museum für Völkerkunde, München, Germany)
Betwixt and between: figures of ambiguity in the Sufi cult of Lal Sahbaz Qalandar in Pakistan
16:40 Thierry Zarcone (GSRL, CNRS/EPHE, Paris)
Syncretism and superimposition of Islam on Buddhism in the Pamir: mountain cult and saint veneration
17:15 – 18:00 Speakers’s panel – Questions and discussion
SATURDAY 13th NOVEMBER
Session 3: Shared and/or disputed pilgrimages and sanctuaries in China
Chair: Yasushi Tonaga (Kyoto University, Japan)
9:30 Tadeusz Skorupski (School of Oriental and African Studies, University of London, UK)
The Buddhist pilgrimages sites: understanding and resolving ambiguities
10:05 Isabelle Charleux (GSRL, CNRS/EPHE, Paris)
Chinese, Tibetan and Mongol Buddhists on Mount Wutai (China) from the eighteenth to the early twentieth century
11:00 Eloisa Concetti (Durham University, UK)
Saint cult among Hui Muslims in Popular Republic of China
11:35 – 12:10 Speakers’s panel – Questions and discussion
Session 4: Ambiguous pilgrimages in the Christian world
Chair: Jürgen Wasim Frembgen (Staaliches Museum für Völkerkunde, München, Germany)
15:00 Manoël Pénicaud (IDEMEC, University of Aix-en-Provence, France) The Seven Sleepers pilgrimage in Brittany. Ambiguity of a Christian-Muslim « heterotopia
15:35 Claudia Liebelt (University of Bayreuth, Germany) On Filipina domestic workers in the ‘Holy Land’, pilgrimages for a cause and sanctuaries as ambiguous zones of Contact
16:40 Angela Hobart (London University Goldsmith College and UCL / director of the Centro Incontri Umani)Monte Verita in Ascona. A pilgrimage site of paradoxes and contradictions
17:15 Speakers’s panel – Questions and discussion
18:00 General discussion and conclusion
All are welcome
– Additional academic information and details:
Dr P Khosronejad
Pk18@st-andrews.ac.uk
]]>Résumé :
Nous assistons à d’importants mouvements de mise en patrimoine portés par des institutions légitimées par le pouvoir politique. Une longue tradition scientifique a mis en avant le caractère « mécanique », institutionnel et consensuel de ces processus de constructions patrimoniales par les professionnels de la conservation, de la sauvegarde et de la médiation culturelle ou de la gestion des espaces naturels, en analysant leurs pratiques, leur vocabulaire et leurs représentations. Mais un mouvement critique récent des Heritage studies élargit l’approche de ce phénomène en se penchant sur les résistances et les oppositions que de tels processus peuvent susciter. L’image consensuelle du patrimoine en tant que richesse singulière et universelle à valoriser, telle que la véhicule l’Unesco en particulier, ne résiste pas toujours à l’examen des situations concrètes des conditions sociales et historiques de sa création. Cette première journée d’étude du réseau des chercheurs sur les patrimonialisations entend participer à ce questionnement renouvelant la question des patrimonialisations.
Programme :
14h00 : Accueil/Introduction
Julien Bondaz, Cyril Isnart et Anaïs Leblon
14h15 : David Berliner – Université Libre de Bruxelles
Fabriquer du patrimoine en l’absence de consensus patrimonial. Un exemple au Laos
15h15 : Isabelle Mauz – Cémagref
La dimension temporelle dans le “charisme” des animaux. Patrimonialisation, dépatrimonialisation et repatrimonialisation du bouquetin des Alpes
16H30 : Julien Bondaz – Créa et Université Lumière Lyon II
Animaux et objets marrons. Résistances à la mise en exposition dans les zoos et les musées d’Afrique de l’Ouest
17h30 : Mise en perspective : Nathalie Heinich – CRAL et Lahic
9h00 : Anaïs Leblon – Cemaf et Université de Provence (Aix-en-Provence)
Résistances pastorales et enjeux patrimoniaux. Les fêtes peules du yaaral et du degal comme « chef d’œuvre du patrimoine oral et immatériel de l’humanité » (Mali)
10h00 : Thomas Poméon – UMR Innovation-CIRAD et Université de Chapingo (Mexique)
De l’ordinaire au patrimoine : la qualification des fromages mexicains face à ses contradictions internes et aux résistances externes
11h15 : Olivier Givre – Créa et Université de Lyon II
Fictions et frictions patrimoniales. L’exemple du nestinarstvo (Bulgarie)
12h15 : Conclusion : Gaetano Ciarcia – Lahic, Cerce et Université de Montpellier
L’imaginaire consensuel du patrimoine à l’épreuve des inventaires
Avec la participation et le soutien