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]]>Chaque bibliothèque est un autoportrait ou un miroir. Mettez-moi dans une bibliothèque et je vais vous dire beaucoup de choses sur le personnage qui habite là, à condition que ce soit lui qui l’ait constituée et lui qui la lise. (Jean-Claude Carrière)
Umberto Eco est mort le 19 février 2016 à Milan. C’est à cette occasion qu’est apparue cette vidéo qui montre le grand écrivain italien en train de déambuler parmi les 30 000 ouvrages de la bibliothèque de sa maison de Milan. Une plongée vertigineuse et surréaliste dans l’univers d’un puits sans fonds de culture et de connaissance…
Je ne sais pas si Jean-Claude Carrière connaissait intimement Umberto Eco, mais j’imagine qu’il n’aura pas été surpris par la dimension de sa bibliothèque. À propos de bibliothèque, il disait encore à François Busnel, à l’occasion de l’émission Le grand entretien sur France Inter en 2012 (une émission en 3 volets précieusement podcastée) :
Il faut nourrir le corps et l’esprit. Dans une maison, une cave et une bibliothèque sont aussi indispensables l’une que l’autre. Je ne peux pas concevoir une vie sans une cave, une belle cave de préférence, avec des vins bien choisis, et une belle bibliothèque. C’est vrai qu’il y a énormément de rapport entre les deux. Ce sont des endroits de refuge : on va s’assoir, on prend son temps, on n’est pas pressé quand on va dans l’une comme dans l’autre.
De temps en temps, ça m’arrive presque tous les jours, de prendre un livre, d’en lire dix pages, pour voir… ce que ça devient. Exactement comme on goûte un vin, dans une dégustation verticale, de telle année, de tel cru, pour savoir ce que le vin devient. C’est la même chose dans une bibliothèque : tiens, que devient le livre que j’ai feuilleté il y a deux jours ?
D’où ma question : maintenant qu’on a vu la bibliothèque d’Umberto Eco… est-ce qu’on pourrait voir sa cave ?
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]]>Je me balade de plus en plus régulièrement du côté de la galaxie libriste Framasoft, qui s’est récemment lancé dans l’ambitieux projet de dégoogliser Internet. Sur le dernier billet en date du Framablog, on trouve une intéressante citation attribuée à Alexander Graham Bell (oui oui, l’inventeur du téléphone) :
Lorsqu’une porte se ferme, une autre s’ouvre, mais souvent nous restons si longtemps et avec tant de regrets devant la porte fermée que nous ne voyons même pas celle qui vient de s’ouvrir devant nous. — Alexander Graham Bell
Sur le coup, j’ai cru reconnaître une autre citation qui m’accompagne depuis très longtemps, peut-être depuis le jour où j’ai compris qu’une perte pouvait être “le prix de l’agrandissement de la vie” (merci Jacques Salomé). Une citation de Michel Tournier, extraite du Roi des Aulnes, plus positive et engageante que la première :
À force de frapper à coups redoublés sur la même porte, elle finit toujours par s’ouvrir. Ou alors c’est une porte voisine, qu’on n’avait pas vue, qui s’entrebâille, et c’est encore plus beau. — Michel Tournier, Le roi des Aulnes
(Mais tous ces coups redoublés ne nous ramèneraient-ils pas au tailleur de pierre ?)
Une citation qui me rappelle également cet extrait du Manuel du guerrier de la lumière, de Paulo Coelho…
Un guerrier de la lumière se décourage souvent. Il pense que rien ne parviendra à susciter l’émotion qu’il espérait. Il passe des après-midi ou des nuits entières à tenir une position conquise, sans qu’aucun événement nouveau vienne raviver son enthousiasme.Ses amis commentent : “Peut-être sa lutte est-elle déjà terminée.”
Le guerrier ressent douleur et confusion en écoutant ces paroles, car il sait qu’il n’est pas parvenu là où il voulait. Mais il est têtu, et il n’abandonne pas ce qu’il a décidé de faire.
Alors, au moment où il s’y attend le moins, une porte s’ouvre.
Paulo Coelho, Manuel du guerrier de la Lumière
J’aime comme ces trois citations se rapprochent, se complètent et se distinguent. J’ai toujours aimé les portes qui s’ouvrent. J’aime être celui qui les ouvre, celui qui inspire et entraîne. Celui qui dit à ses élèves :
I can open doors for you,
But only you can step in.
— The Traveler to Wesley in Journey’s end by R. C. Sherriff
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]]>Quand rien ne semble aider, je regarde un tailleur de pierre qui frappe une pierre peut-être cent fois sans qu’aucune marque n’apparaisse sur la pierre. Et puis, au 101e coup, elle se fend en deux et je sais que ce n’est pas le dernier coup qui a tout fait, mais tous ceux d’avant (Jacob Riis).
Pound the Rock : à l’initiative du légendaire coach Greg Popovich, cette citation (en anglais) est affichée dans la salle d’entrainement de l’équipe des San Antonio Spurs… (source : liketolearn).
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]]>L’article Les deux loups – sagesse amérindienne est apparu en premier sur Radioactiste !.
]]>Un vieil indien explique à son petit fils que chacun de nous a en lui deux loups
qui se livrent bataille.
Le premier loup représente la sérénité, l’amour et la gentillesse.
Le second loup représente la peur, l’avidité et la haine.
“Lequel des deux loups gagne ?” demande l’enfant.
“Celui que l’on nourrit”, répond le grand-père.
(Sagesse amérindienne)
Un texte à rapprocher d’un conte soufi, la parabole des oiseaux blancs et des oiseaux noirs, à découvrir également en court-métrage.
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]]>L’article BB King, BB blues est apparu en premier sur Radioactiste !.
]]>Il est considéré par certains comme l’un des plus grands guitaristes de l’histoire.
BB King est mort, sauf dans ma discothèque (plus exactement ma mp3thèque), où il reste présent au travers de l’album Riding with the King, qu’il avait enregistré avec Eric Clapton en 2000.
Mais la voix et les accords de Riley Ben King résonnent surtout en moi au travers d’une autre collaboration mémorable : la rencontre avec Bono et le groupe U2 lors de l’enregistrement de l’album Rattle and Hum, en 1988. Une rencontre immortalisée dans le fabuleux film documentaire qui accompagnait la sortie de l’album, autour de la chanson When love comes to town. En découvrant les paroles de la chanson, le facétieux bluesman glissa à Bono : “You mighty young to write such heavy lyrics…” (“Tu es un peu jeune pour écrire des textes aussi forts…” – déjà cité sur ce blog)
Ah, c’était le bon temps, quand U2 était le plus grand groupe du monde et remplissait les stades !
Aujourd’hui, The Edge ne tient plus debout et Bono et ses potes sont contraints de jouer dans le métro… ;-)
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]]>Tiens, Steven Gerrard prend sa retraite. Le capitaine emblématique des Reds aura accompli 17 saisons sous le maillot rouge de Liverpool, son club de toujours. Une fidélité rare dans le sport de haut niveau, et une légende du football anglais, dont je garderai deux souvenirs :
Une chronique résolument anti-hygiénisme, que j’avais à l’époque publiée sur le feu-forum de ce site, où il me fut reproché de promouvoir l’esthétisme sportif et à travers lui, tous les excès du sport de compétition, “outil pour apaiser, doper, ou émerveiller le peuple…” – l’auteur se reconnaitra certainement ;-)
Pourtant, la chronique parle bien moins de football que de relâchement et de cool attitude, quelque chose qu’en impro on appelle le “lâcher-prise”… Ce petit truc qui permet aux artistes – musiciens, comédiens, danseurs, poètes, écrivains, photographes, dessinateurs, sculpteurs, sportifs… – de se sublimer, de prendre du plaisir, et d’en donner !
Une chronique de François Bégaudeau parue sur lemonde.fr, le 26.01.09
Sans attendre le verdict du procès prévu pour mars, réjouissons-nous des déboires judiciaires de Steven Gerrard, qui comparaissait vendredi pour faits de baston. Non par ressentiment plébéien (plaisir de voir un seigneur en piteuse posture) ou pulsion répressive (plaisir de voir la force revenir à la loi, comme disait le regretté Charles Pasqua). Le contraire. Plaisir du désordre. Plaisir d’imaginer Gerrard débarquer en boîte le 29 décembre 2008, régaler tout le monde pour fêter la branlée foutue à Newcastle l’après-midi même, demander au DJ de passer Two Become One des Spice girls (on invente mais on adore l’idée), rigoler jaune d’un refus dudit, puis s’assombrir soudain pour lui sauter à la gorge au-dessus du comptoir, bientôt retenu par ses deux compagnons de bière soucieux de corriger eux-mêmes le type qui n’a pas l’heur d’aimer les Spice Girls.
Plaisir de se voir confirmer qu’un grand joueur n’est pas un gendre idéal, que le talent d’exception est amoral. Zidane est une teigne, Maradona un castriste cocaïné, Ronaldinho est réputé chaud lapin. Ce n’est pas bien de boire comme un trou, ce n’est pas bien de taper sur un DJ ou sur un Materazzi, ce n’est pas bien de sniffer avec Fidel, mais cela ajoute une nuance piquante au tableau que compose la somme des apparitions d’un footballeur. Qu’en décembre un Govou se fasse arrêter au volant avec 2,8 grammes, qu’un Diego essuie une mésaventure semblable du côté de Brême, voilà qui attriste légitimement leurs parents respectifs mais réjouit, oui oui, le spectateur las de l’hygiénisme qui sévit dans le sport.
Depuis le village olympique de Pékin, Christine Arron s’étonnait de voir les sprinters américains se gaver quotidiennement de junk food à base de hamburgers et de potatoes. Beaucoup plus équilibrée et bien moins performante, la pauvre ne savait plus à quel saint de la médecine du sport se vouer. Car de deux choses l’une : ou bien ces sprinters dominent malgré leur bouffe contre-indiquée, et alors l’infériorité de Christine s’en trouve redoublée et encore plus humiliante ; ou bien leurs performances prouvent que la rigueur diététique c’est de la connerie, et alors Christine doit pleurer à la fois son échec et les sacrifices inutiles consentis pour un si pauvre dénouement. Si elle avait su, elle aurait englouti des tombereaux de McChicken.
Allons plus loin. Et si les sprinters américains étaient performants, non pas malgré mais grâce à leur désinvolture alimentaire ? On n’ira pas jusqu’à affirmer qu’une hygiène de vie irréprochable nuit à la santé, mais disons qu’elle vous communique une sorte de rigide droiture qui vous déshabitue au relâchement propice à l’exécution du geste sportif, à sa splendeur cool, à son swing. Les footballeurs anglais baignent dans le rock, la bière, et arrivent au stade une heure avant le match en sifflant de l’Oasis. C’est une condition socioculturelle, qui est la condition de leur génie. Celui d’un Gascoigne ou d’un Gerrard.
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]]>L’article Un cheminement, des errances est apparu en premier sur Radioactiste !.
]]>Voici un joli texte reçu par mail de ma cousine… Il évoque le cheminement personnel et les errements qui l’accompagnent, la dépendance et la difficulté de s’en libérer. Il me ramène à quelques épisodes de ma propre existence, à une jolie illustration trouvée sur Twitter et à la citation suivante :
À force de frapper à coups redoublés sur la même porte, elle finit toujours par s’ouvrir. Ou alors c’est une porte voisine, qu’on n’avait pas vue, qui s’entrebâille, et c’est encore plus beau. (Michel Tournier – le Roi des Aulnes)
Il me parle surtout du long chemin de l’apprentissage sur lequel j’essaie d’engager mes élèves au quotidien, de leurs erreurs et de leur progression : ceux qui choisissent très vite le meilleur itinéraire, ceux qui savent tomber et se relever pour continuer à avancer, et ceux qu’il faut sans cesse sortir du trou…
1. Je descends la rue.
Il y a un trou profond dans le trottoir :
Je tombe dedans.
Je suis perdu… je suis désespéré.
Ce n’est pas ma faute.
Il me faut du temps pour en sortir.
2. Je descends la même rue.
Il y a un trou profond dans le trottoir :
Je fais semblant de ne pas le voir.
Je tombe dedans à nouveau.
J’ai du mal à croire que je suis au même endroit.
Mais ce n’est pas ma faute.
Il me faut encore longtemps pour en sortir.
3. Je descends la même rue.
Il y a un trou profond dans le trottoir :
Je le vois bien.
J’y retombe quand même… C’est devenu une habitude.
J’ai les yeux ouverts.
Je sais ou je suis.
C’est bien de ma faute.
Je ressors immédiatement.
4. Je descends la même rue.
Il y a un trou profond dans le trottoir :
Je le contourne.
5. Je descends une autre rue…
Portia Nelson, actrice américaine (1920-2001)
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]]>L’article Charlie catharsis (3) : la vie Charlie est apparu en premier sur Radioactiste !.
]]>Y’a rien là ? Quinze ans après la mise en ligne originelle et plus de 3 ans après le dernier billet publié, mon site cy-real.com reprend vie sur la toile, en toute confidentialité, avec un nouveau blog – oui oui, celui-là ! – intitulé Radioactiste !
Je suis Charlie. Je suis une puissance. Et mon pouvoir est redoutable.
Je ne sais pas encore ce que je veux en faire, mais je me suis également créé un compte Twitter (@chicraote), un réseau sur lequel j’ai repéré plein d’amis Charlie et plein de dessinateurs à suivre. Je poste une image amusante, trouvée sur le site arretsurimages, qui illustre les bienfaits… de l’éducation civique post-Charlie.
Et je reçois enfin une vraie bonne nouvelle par mail : la confirmation que mon Charlie Hebdo n°1178 a – enfin – été expédié !
Luz encore. Le dessinateur de Charlie, qui a échappé au massacre du 7 janvier, se confie dans un entretien vidéo accordé au magazine en ligne Vice News. Waouh encore.
Bonne nouvelle ! Sur Twitter, Laurent Léger annonce le prochain Charlie pour le mercredi 25 février.
Enfin! Encore un peu de patience, mais @Charlie_Hebdo_ ressortira le 25 février. Rendez-vous donc dans tous les bons kiosques
— Laurent Léger (@laurent_leger) February 2, 2015
Bonne nouvelle ! Trois semaines après sa sortie officielle, alors que j’avais fini de me persuader qu’on me l’avait volé dans la boite aux lettres, mon Charlie est enfin dans la boîte aux lettres ce matin-là !
Tout est pardonné, #jaimoncharlie
‘coute-moi Rouya, cé dé gars, ils fézé dé dessins, cé tout… Tu les tchues pas pour ça, cé tout… voilà voilà… La violonce, apré ça fé de la violonce qui aprés fé encore la violonce, ki fé encore la violonce Hé ouais… (Riad Sattouf – la vie secrète des jeunes)
Bonne nouvelle ! Yoann Sfar ouvre un nouveau carnet sur le site du Huffington Post, pour y publier textes et dessins, un mois après l’attaque de Charlie.
Le carnet s’appelle “Si Dieu Existe », et c’est aussi le titre du premier billet.
On ne décide pas le moment où l’on a un besoin vital et de son lecteur et de son papier. A chaque fois que j’ai recommencé des carnets, c’est parce que j’étais en travaux. Il y avait des brisures à colmater.
Bonne nouvelle ! Finalement, ce sont près de 8 millions d’exemplaires du numéro 1178 de Charlie Hebdo ont été diffusés.
Fin des bonnes nouvelles… et retour des fous de Dieu.
Les 14 et 15 février 2015, deux fusillades se produisent à Copenhague, la capitale danoise. La première se produit lors d’une conférence publique dont le thème est « Art, blasphème et liberté d’expression », organisée pour rendre hommage aux victimes de l’attentat contre Charlie Hebdo.
La cible ? Lars Vilks, un artiste suédois connu pour avoir représenté la tête de Mahomet sur un corps de chien en 2007 dans le journal suédois Nerikes Allehanda. Sa tête est mise à prix depuis cette date par l’État islamique, sur la même liste que Charb.
Il en sortira indemne. Mais le réalisateur danois Finn Nørgaard est tué et trois policiers sont blessés.
Lors d’une seconde fusillade quelques heures plus tard, le même assassin tue une personne et en blesse deux à la grande synagogue de Copenhague. Il est abattu par la police quatre heures plus tard, lors d’un échange de coups de feu.
(Source : Wikipédia)
François Morel, encore. En ces temps troublés, il est à la fois un phare et un gardien. Indispensable et précieux sur France Inter, il donne une belle interview aux Inrocks, et Libé lui consacré un portrait éclairé.
Un autre phare, et une autre parole précieuse et réconfortante : celle de Daniel Schneidermann. Le fondateur d’arrêt sur images publie un petit livre intitulé On n’a pas fini de rire, et adresse ainsi “Quelques mots à sa nouvelle famille Charlie”.
Avec une belle ambition dans laquelle je me reconnais : poser des mots sur ses effondrements intimes…
“Un 11 Septembre intime” : ainsi ai-je ressenti, à chaud, la tuerie de Charlie Hebdo. En un instant, la guerre m’avait rattrapé. J’étais Charlie, totalement. […]
Disons-le simplement : je crois que cet événement m’a changé. Il a bouleversé mon rapport à la liberté d’expression, cette vieille lune, que j’ai redécouverte à l’occasion. Mais aussi à l’école, à la Justice, aux politiques, et au combat pour la laïcité. Et bien sûr, aux medias. Sur ces vacillements, j’ai eu besoin de poser des mots. Et de tenter d’explorer, en éclaireur, les tiraillements et les effondrements intimes de beaucoup d’entre nous.
Soirée théâtre à la Criée, avec quelques amis – les mêmes qui avaient accompagné les heures les plus sombres de janvier. Le collectif d’auteurs Les possédés présente Platonov d’Anton Tchekhov, avec Emmanuelle Devos et Rodolphe Dana (qui est également le metteur en scène et accessoirement… l’ex-beauf de mon cousin).
Au milieu de cette belle soirée, une réplique qui claque à mes oreilles :
– Que faire Nicolas ?
– Enterrer les morts, et réparer les vivants.
Je profite des vacances de Pâques pour visionner Religulous, réalisé par Bill Maher. Dans ce documentaire de 2008, l’humoriste américain brocarde les religions en mettant en lumière le ridicule des croyances et des absurdités proférées par les religieux de tous bords. Intelligent et jubilatoire !
Libération nous fait découvrir les coulisses de Charlie Hebdo à la veille de la sortie du tant attendu numéro 1179, qui sera en kiosque le lendemain après six semaines d’interruption. Et parmi ces images de la vie et de l’humour qui reprennent leur droit après les larmes, un éclat de rire : celui de Patrick Pelloux.
Le Charlie 1179 est bien là, dans son film plastique opaque, au courrier du mercredi matin : « C’est reparti ! »
Je trouve le contenu beaucoup plus fort et touchant que le numéro qui avait suivi le massacre. La douleur a eu le temps de faire son œuvre, je ressens beaucoup plus les séquelles et les fragilités…
Les planches de Luz sont celles qui me touchent le plus.
Les comptes Facebook et Twitter de Charlie Hebdo n’ont pas été réactivés. Une simple page proposant de s’abonner en ligne, de faire un don ou de télécharger l’application sert de site web à l’équipe. La raison ? Le webmaster Simon Fieschi, 31 ans, a été grièvement blessé ce 7 janvier, comme l’expliquait Zineb El Rhazoui, journaliste et membre de la rédaction de Charlie Hebdo, dans une tribune accordée au monde, deux jours après l’attaque.
Simon, lui, a survécu. C’était le cadeau du destin en cette interminable journée de mercredi, car « le petit », notre webmaster, revient de loin. Plongé dans un coma artificiel profond, le poumon perforé − lui qui avait réussi à arrêter de fumer −, la moelle épinière atteinte, il reviendra lentement à la vie, mais il reviendra. On l’espère. Eminent spécialiste en aluminium et en histoire de la gendarmerie corse, Simon avait tout ce qu’il faut pour intégrer l’équipe : un sens de l’humour à toute épreuve, et tout le tact, la patience et l’amour nécessaires pour faire face aux « shit storms » quasi-quotidiennes sur les réseaux sociaux. Les réponses courtoises et rigolotes aux menaces de mort, les statuts hilarants sur la page Facebook aux millions de « like », les tweets acides de Charlie, c’était lui.
Le 10 mars, un article évoque le sort de Simon l’oublié, rapidement sorti du coma mais dont on ne sait pas à ce jour s’il remarchera un jour.
Près de quatre mois après l’attaque, je me sens Charlie, plus que jamais.
Je me suis constitué un petit trésor Charlie : j’ai retrouvé chez mes parents une vieille BD de Wolinski (Junior) et un ouvrage de Bernard Maris « Malheur aux vaincus » que m’avait conseillé l’ami Philou. Les deux ouvrages ont rejoint les chroniques 1968-1981 de Cavanna à Charlie Hebdo… et le précieux recueil « Charlie Hebdo – les 1 000 Unes (1992-2011) ».
Pour mon anniversaire, j’ai reçu le recueil La BD est Charlie, et l’essai posthume de Charb “Lettre aux escrocs de l’islamophobie qui font le jeu des racistes”. Hier, j’ai acheté les Inrocks avec l‘interview de Luz…
Et puis chaque mercredi, à midi, c’est Charlie. (Abonnez-vous !)
…Ah, je vous jure que ça va déjà beaucoup mieux depuis que j’ai mis en lignes les deux premières parties ! Il reste deux étapes qui me permettront à coup sûr aller au bout de ce processus :
– la sortie de l’album Catharsis de Luz, prévue le 21 mai prochain…
– … et la naissance de ma fille, à la fin de ce mois de mai ! Elle est pas belle la vie ?
Y’a rien là ?
C’est tout pour aujourd’hui
@+
Cy-real
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