Bibliographie
Jean Louis Joubert, Les voleurs de langue, 2006
Mackey W. (1976) Bilinguisme et contact de langues, Paris : Klincksieck.
Autre élément qui a attiré mon attention, c’est la grammatisation. L’auteur explqiue que la grammatisation n’est là que pour décrire une langue et non la normer. Cette idée de bon sens m’interpelle dans le sens où, à force de nous référer à la grammaire d’une langue décrite dans les ouvrages, on avait l’impression que les ouvrages nous dictaient notre façon d’utiliser telle ou telle règle et conditionnait nos pratiques. Or cette réflexion de l’auteur m’a permis de prendre du recul et de reconnaitre aux règles de grammaires décrites dans les ouvrages si incontournables soient-ils, seulement leur rôle de description et non de prescription.
Loin de moi l’idée de faire un compte rendu d’un article aussi dense, mais j’ai voulu en parler parce que je sais que beaucoup de mes camarades travaillent sur des pratiques et des systèmes éducatifs qui sont souvent les fruits des politiques linguistiques.
III- LA REFORME DU SECONDAIRE
3.1- Pourquoi cette réforme?
3-2 La commande institutionnelle (loi, circulaires, document-cadre de la réforme)
3.3 L’enseignement du français avant la réforme
3.4 Les nouvelles orientations
3.4.1- La maîtrise de la langue comme nouvel objectif de l’enseignement du français
3.4.2- L’enseignement des outils de la langue
3.4.3- Les compétences communicatives au centre des apprentissages
3.4.4- La revalorisation de l’oral
3.4.5- La réforme et l’enseignement de la littérature
3.4-6 Le travail sur les compétences culturelles
3.4.7- Les compétences méthodologiques
3.4-8 L’enseignement du français jusqu’en Terminale
3.4- Les nouveaux supports didactiques, leur utilisation et les nouveaux exercices et modes d’évaluation
IV- La réforme et la communauté éducative
4.1- Les équipes engagées et leurs productions
4.2- L’accueil de la réforme chez les enseignants
4.2- La réforme et les chefs d’établissement
4.3- La réforme et les parents
V- Les formations dispensées
5.1- Les formations sur les programmes
5.2- Les formations sur les manuels et son utilisation
5.3- Les formations pour les chefs d’établissement sur la gestion
VI- Les résultats escomptés
6.1. L’indépendance éditoriale
6.2. L’amélioration des résultats des élèves
6.3 Une meilleure formation pour intégrer le marché du travail
VII- CONCLUSION
Les universels singuliers
Pour cela, elle met en avant des propositions mises en avant par Porcher à savoir la culture historique, anthropologique, la culture cultivée et la culture médiatique. Mme Bouznakari prôna une pédagogie comparative mais ce qui m’interpella fut les « universels singuliers.»
Cet oxymore, je devais le comprendre et faire les lectures nécessaires pour le cerner même si, je voyais qu’il m’amenait vers l’interculturel A partir de ce moment de la communication de l’intervenante, je fus largué parce que je ne suivais plus.
Ce que j’appris plus tard avec mes lectures me ravit et je me permets de partager dans ce petit compte-rendu ma compréhension de ce concept.
Il apparait en 1966, pour apporter une clarification sur le rapport de l’individu à son histoire, et figure ; c’est un concept plutôt philosophique et notamment dans la mouvance existentielle. Pour ces philosophes, il s’agit de « replacer l’individu dans son contexte historique, puis de montrer comment il parvient à dépasser cette situation, à lui conférer un sens par un projet (moment progressif du passé vers l’avenir et de l’individuel vers l’universel.)
Ce concept nous interpelle particulièrement, nous étudiants en FLE et futurs enseignants de FLE puisque l’enseignement du français à des étrangers nous amènera à réfléchir et à prendre en considération le contexte de contacts de plusieurs langues et cultures. Ce concept d’ « universel-singulier» nous amène vers la dimension interculturelle, dimension centrale dans le cadre d’un enseignement de FLE et la compétence interculturelle à travailler et à favoriser.
L’enseignant de FLE doit tout faire tout pour proposer un enseignement qui prône la relativisation des us et des coutumes qui doit permettre un décentrement de soi et une ouverture vers l’Autre.
Le Cadre Européen commun de Référence pour les langues reste un des moyens qui nous incite à permettre le décentrement en prônant la prise de conscience interculturelle et en précisant les aptitudes et les savoirs-faire interculturels. Il s’agira, désormais de s’intéresser aux particularités de l’Autre non pas pour mieux prendre conscience de nos différences mais de les comprendre pour mieux communiquer parce qu’il ne suffit d’entrer en contact avec des personnes appartenant à d’autres univers culturels pour se faire comprendre, un travail de recul et de prise de conscience s’impose car « l’objectif est d’apprendre la rencontre et non pas d’apprendre la culture de l’autre. »
Pour Porcher, pénétrer une culture étrangère, c’est toujours se décentrer sans pourtant oublier sa propre identité culturelle et le meilleur chemin pédagogique, selon Porcher (1995 : 68).
DR : Alors, as-tu affiné ta réflexion ? Résume-moi en une phrase ton projet. Ton courriel partait un peu dans tous les sens.
E : Je veux montrer à travers mon travail de recherche, comment la nouvelle réforme du secondaire, dans mon pays, a enfin pris en considération, le statut officiel du français, à savoir le statut de langue seconde. Avec les anciens programmes, le lycéen djiboutien était considéré comme un locuteur natif et suivait les mêmes programmes que ceux de l’Académie de Bordeaux.
DR : Je dis une phrase.
E : Plus succinct que ça, je ne peux pas. Désolé.
DR (il sourit) : Parfait. Résumé ainsi, je vois plus clair. As-tu une deuxième proposition de sujet à me faire ?
E : Non. Je veux travailler coût que coûte celui-là. C’est clair dans ma tête depuis le début.
DR : Pourquoi ?
E : Parce que j’ai participé à cette réforme. Je l’ai vécue de l’intérieur.
DR : Tu crois que c’est suffisant ? Si j’ai bien compris, tu es convaincu que c’est un bon sujet de mémoire.
E : Au moins, avec ce sujet, je suis dans le concret. Je ne veux pas perdre mon temps avec des thèmes qui ne me parlent pas. Les beaux discours sur des choses qu’on ne connait pas ne m’intéressent pas.
DR : Intéressant ! A partir de quels supports, comptes-tu travailler ?
E : Je m’appuierai sur les programmes et les manuels produits à cet effet.
DR : Et la commande institutionnelle ? As-tu les orientations officielles de cette réforme ?
E : Oui et non. Des orientations générales existent mais je ne sais pas si elles sont suffisantes pour déceler une trajectoire claire. Nos décideurs politiques sont assez malins chez nous pour dire une chose et son contraire, au cas où des réserves sont exprimées sur telle ou telle orientation.
DR : Ne me dis pas que vous avez engagé le secondaire de tout un pays à partir de vos intuitions/compréhensions de la commande institutionnelle.
E : Ne vous inquiétez pour ça. Mon pays est tellement englué dans le pétrin que personne ne s’en rendra compte.
DR : Bizarre ! Et ton terrain d’analyse ?
E : Je me contenterai de pratiques pédagogiques à travers les séquences didactiques élaborées par les enseignants.
DR : Je crois que ce n’est pas suffisant pour être dans « le concret », comme tu dis.
E : Mais je ne peux pas me rendre sur place.
DR : Pourquoi ?
E : Je ne veux pas en parler ici.
DR : Merci pour la confiance. Sache qu’une bonne dose de confiance est nécessaire pour ce type de collaboration.
E : Je ne veux pas paraître pitoyable à vos yeux.
DR : C’est-à-dire ?
E : Je vous expliquerai tout à la fin de mon travail de recherche, bien sûr si vous acceptez de m’encadrer jusqu’à la fin.
DR : Bien. Je vois clairement les contours du sujet. Envoie-moi rapidement une proposition de plan. Et moi je t’enverrai une bibliographie plus exhaustive que ce que tu m’as envoyée.
En République de Djibouti, le français est une des langues officielles avec l’arabe. Elle est la langue d’enseignement ; elle est aussi enseignée en tant que discipline. Dans les pratiques sociales, elle joue un rôle non négligeable.
Vers les années 90, les responsables du système éducatif ont décidé d’adapter les contenus pédagogiques à notre contexte. Ainsi, les programmes et les manuels de l’enseignement de base se sont vus revisités, du moins dans les situations et le vocabulaire proposés. Les méthodologies SGAV déclinées par le Centre de Linguistique Appliquée de Dakar étaient utilisées à l’époque.
En 1992, le Nouvel Ensemble Didactique (NED), nouvelle approche issue des approches communicatives est mise en place dans l’enseignement de base ; approche qui met en avant la lecture globale et les situations qui relèvent du contexte national et régional avant d’être remplacée par l’Approche par les Compétences (APC) qui sera généralisée de l’enseignement de base à l’enseignement moyen.
En 2007, alors que le contexte socioculturel de l’élève du primaire et du collégien est pris en considération, le lycéen continuait à baigner dans un univers franco-français. Comme notre baccalauréat était sous la tutelle de l’académie de Bordeaux IV, les programmes français étaient en vigueur.
Ainsi, en français par exemple, l’élève de seconde était censé maîtriser la langue française pour basculer directement dans la littérature française et ses complexités tant au niveau du style qu’au niveau des idées véhiculées, certes universelles et atemporelles par les textes mais adossées au contexte français et européen.
Sur le terrain, tous les acteurs du système ont remarqué qu’un bon nombre des lycéens avaient du mal à suivre le rythme imposé par ces programmes conçus pour les élèves qui ont pour langue maternelle le français. C’est pourquoi, une refonte de ces programmes s’est imposée.
En 2008, le Ministère de l’Education Nationale et de la Formation Professionnelle de Djibouti lança la refonte des programmes du secondaire. En septembre 2013, le Centre de Recherche, d’Information et de Production de l’Education Nationale (CRIPEN) disponibilise les premiers manuels de la classe 2nde de l’enseignement secondaire de la République de Djibouti, en septembre 2014 ceux de la classe, en septembre 2015 ceux de 1ère et en septembre 2015 ceux de la classe de Terminale issus de nouveaux programmes proposés par des équipes pédagogiques nationales épaulées par des experts/ inspecteurs généraux français.
Dans cette communication, nous mettrons en évidence de quelle manière le statut de langue seconde a été pris en considération dans cette réforme (dans ses finalités, les programmes, les supports à travers les activités et les activités proposées). Nous travaillerons notamment la place de la littérature, l’introduction de l’enseignement des outils de langue et la prise en considération des compétences culturelles.
Bibliographie
CUQ, J. P, Le français, Origines d’une notion et implications didactiques, Hachette, 1991
Vigner Gérard, Enseigner le français comme langue seconde, Clé internationale, 2001
SPAETH Valérie, Le français : langue de scolarisation et les disciplines scolaires, Didier, 2007
Concepts-clé sur l’apprentissage du français langue de scolarisation, Circulaire MEN – DGESCO, 2 octobre 2012
Manuel de seconde, CRIPEN, 2013
Manuel de 1ère, CRIPEN, 2014
Manuel de Terminale, CRIPEN, 2015
Programmes de français au lycée et documents d’accompagnement, CRIPEN, 2014
Document cadre sur la réforme du secondaire, document de l’inspection générale, MENFOP – CRIPEN, 2011
Mots-clés : français langue seconde, français langue de scolarisation, compétences linguistiques, compétences culturelles, compétences méthodologiques, profil d’entrée et profil de sortie, genre social, genre littéraire, enracinement et ouverture