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]]>On veut des vaccins
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J’ai déjà utilisé cette image pour ma carte de vœux de 2003. Ce début d’année sentait la poudre et on retenait notre souffle dans l’attente du déclenchement de la deuxième guerre du Golf.
Cependant, lorsque l’histoire se répète, la farce n’est jamais très loin. Ce n’est plus la guerre du golf, mais la guerre d’un golfeur.
Aujourd’hui, on retient notre souffle dans l’attente d’une guerre menée par un homme qui aura toujours préféré une partie de golf à la lecture des rapports de ses conseillers, de ses diplomates, de ses militaires ou de ses services secrets.
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]]>EXPOSITION PAYSAGES D’ARCHITECTURE : UNE PROMENADE À ISSY PAR RAYMOND DEPARDON
Musée Français de la Carte à Jouer – 5 décembre 2018 / 30 juin 2019

Cette exposition de Raymond Depardon est décevante. Elle ne nous dit pas grand chose de l’architecture contemporaine et rien ou presque sur le paysage urbain d’Issy les Moulineaux.
La ville et son Maire ont demandé à Depardon de photographier un certain nombre d’ouvrages architecturaux récents, réalisés par des architectes connus et reconnus. Je photographie cette ville où je vis et où je travaille depuis près de 30 ans. J’ai donc accompagné sa transformation, là où Raymond Depardon est un peu l’équivalent d’un touriste de passage. Je ne pense cependant pas que ce soit à l’origine de ma déception.Je trouve tout aussi intéressant, pour un photographe, d’être dans la position du Huron qui agit comme un révélateur parce qu’il découvre un lieu qu’il ne connaît pas ou peu, que dans celle du laboureur qui est passé et repassé sur un terrain dont il connaît le moindre relief.
Redécouvrir Issy au travers d’un œil frais, surtout si c’est celui d’un auteur comme Raymond Depardon, aurait du me fasciner.
Pour répondre à cette commande et photographier ces « bâtiments combinant modernité et élégance » (Point d’Appui, le journal de la ville d’Issy Les Moulineaux, janvier 2019), il a repris le dispositif qu’il avait utilisé pour l’exposition « La France de Raymond Depardon ». J’avais adoré cette exposition. Le sujet est reproduit frontalement, et l’intervention du photographe est comme occultée. Ce qui peut sembler paradoxal alors qu’il utilise une chambre 20×25, ce que l’on fait de plus imposant ou presque comme appareil de prises de vue. Dans la pratique, cet appareil qui est extrêmement contraignant laisse peu de place à la flamboyance. Travailler à la chambre suppose du temps et de la transpiration. L’engin est lourd et lent à mettre en œuvre. Le point de vue doit être trouvé avant même d’avoir sorti l’outil de sa caisse. Il est difficile d’embrasser d’un coup d’œil, sous le voile, l’image qui se forme à l’envers sur le dépoli. La mise au point est faite avec une loupe. Je n’ai jamais vu Depardon travailler mais, d’expérience, réaliser deux prises de vue d’architecture en une demie-journée avec une chambre, c’est déjà très bien.
Dans ses choix techniques dans l’instant de la prise de vue, Depardon évite tous les procédés photographiques qui seraient susceptibles de créer artificiellement de l’attention. Les vues sont frontales, sans effet de perspective, avec des verticales parallèles au plan du film. C’est net partout. La technique photographique semble s’effacer derrière le sujet. Il n’y a pas de passant comme s’il fallait éviter tout ce qui pourrait être du registre de l’anecdote. Pour l’exposition, les photographies sont tirées sur de très grands formats.
Le photographe est comme un enfant mal élevé qui chercherait à attirer notre attention en nous montrant du doigt, un lieu, une situation. Mais il ne suffit pas, sauf hasard bien heureux, qu’il ait orienté son appareil dans la bonne direction pour susciter notre intérêt. (André Gunthert a créé un néologisme, la prosécogénie, pour désigner cette qualité, susciter l’attention, qui est propre à certaines images.)
Il n’y a pas de dispositif qui serait en lui-même supérieur à un autre. Je ne doute pas qu’un jour Raymond Depardon (ou plus probablement un autre photographe) réalisera une exposition toute aussi prosécogénique sur la France périphérique en utilisant un smartphone. Son dispositif fonctionnait à merveille pour l’exposition « La France de Raymond Depardon » parce qu’il répondait à son propos. Il distinguait des lieux qui n’auraient pas retenu notre attention dans l’expérience sensible. La chambre 20×25 et les grands tirages, c’était parce qu’ils le valaient bien:-) et un moyen de nous permettre d’en découvrir les moindres détails. En refusant tout effet à la prise de vue, il nous signifiait symboliquement que ces lieux n’avaient pas besoin d’artifices photographiques pour susciter l’attention. L’exposition n’était pas une association, une collection de photos disparates. Alors que ces lieux avaient été photographiés dans différents villages, on avait une unité. Les images se répondaient. C’était la France de Raymond Depardon.
Ici, malheureusement, la commande ce n’est pas L’Issy les Moulineaux de Raymond Depardon, mais un certain nombre de bâtiments remarquables que l’on a demandé à Depardon de photographier à Issy les Moulineaux. Il a fait du Depardon, et c’est d’ailleurs pour cela qu’il a obtenu cette commande. Mais son dispositif ne fonctionne plus. Les photographies manquent d’intérêt. On a l’impression d’être devant les plans qui avaient été dessinés par les architectes pour obtenir le permis de construire. Paradoxalement, alors que (ou parce que) ces bâtiments « combinent modernité et élégance », quelques effets photographiques n’auraient pas été de trop pour retenir notre attention : Gros plans, jeu sur les contrastes, opposition du net au flou, utilisation du noir & blanc etc. Même l’utilisation de tirages grands formats ne suffit pas à donner une prosécogénie à ses photos.
Enfin leur juxtaposition dans une même espace d’exposition ne suffit pas à créer une promenade. Le tissu urbain est dense à Issy. Ces bâtiments sont remarquables, mais ils ne sont pas la ville. Parce que l’on ne voit pas le bâti dans il s’insèrent, ils sont comme hors sol. Les photos les plus intéressantes d’ailleurs sont celles où Depardon s’autorise un, petit, pas de coté. Celles où l’on voit un peu moins le bâtiment et un peu plus la ville.
On est ici dans la limite de la commande. On va chercher un photographe pour son nom et pour son style, mais le dispositif qui donnait une grande prosécogénie à ses photographies dans l’exposition « La France de Raymond Depardon » ne fonctionne pas parce que la commande ne lui a pas laissé le choix du point de vue. Cependant une commande qui aurait laissé une plus grande liberté à Raymond Depardon n’aurait peut-être pas répondu aux attentes de la ville et de son Maire.
Maintenant est-ce qu’une exposition ratée de Depardon n’en reste pas moins plus intéressante que bien des expositions si l’on est curieux de photographie ? Et puis le Musée Français de la Carte à Jouer est un très beau lieu.
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]]>The post Issy les Moulineaux déménage first appeared on Thierry Dehesdin.
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L’interface est également différente. L’ergonomie est plus simple, la navigation plus naturelle, plus fluide. (Merci Sébastien)
Il y a désormais 3291 photographies en ligne et je ne suis pas encore arrivé à AUJOURD’HUI. Les plus récentes remontent à l’année 2014. Autant dire la préhistoire tellement la ville ne cesse de se transformer. La photographie qui ouvre cette page a été prise en juillet 2014. C’est l’entrée de la ville depuis le pont d’Issy. Et en 2018, il n’y a guère que la route qui n’a pas changé.
Ma résolution pour 2018, ce sera de trier, optimiser, taguer et mettre en ligne 2015, 2016 et 2017…
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]]>D’habitude je ne recycle pas mes anciennes cartes de vœux mais cette photographie que j’avais créée en 1989, m’a semblé approprié pour célébrer l’entrée dans 2018.…
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]]>D’habitude je ne recycle pas mes anciennes cartes de vœux mais cette photographie que j’avais créée en 1989, m’a semblé approprié pour célébrer l’entrée dans 2018.
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Je ne prendrai pas de calendrier cette année,…
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Je ne prendrai pas de calendrier cette année,The post Bonne année 2017 first appeared on Thierry Dehesdin.
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]]>The post Chaussenac s’expose à Chaussenac du 1 au 9 août 2015 first appeared on Thierry Dehesdin.
]]>« Chaussenac s’expose à Chaussenac » c’est aussi un retour à mon premier amour, le monde rural.
Le lien vers un diaporama qui présente mes images.

Le centre du bourg de Chaussenac en Cantal – Région Auvergne – Latitude 45.179 degrés Nord, longitude 2.277 degrés Est, altitude moyenne 700 m – 1613 ha – 235 habitants – 1900 bovins.
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]]>The post Richard Prince mécène ou voleur ? first appeared on Thierry Dehesdin.
]]>Je n’ai pas grand chose à dire de la démarche artistique de Richard Prince, si ce n’est que ça me semble être un énième bégaiement de Marcel Duchamp et que je trouve que ses acheteurs ont bien du mérite lorsqu’ils lui font des chèques à 90 000 euros.
Ce qui justifie ce billet, c’est en fait la réaction collective et solidaire d’un grand nombre de photographes sur le thème de: “il nous vole notre travail”.
Si on considère le droit moral, ils ont raison. Mais d’un point de vue patrimonial, ça me semble plus discutable.
Sur le marché de l’art la signature des photographes dont Richard Prince s’est approprié les œuvres ne valait rien avant qu’il ne s’en soit emparé. Leur photo ne vaut 90 000 euros que parce qu’elle est devenue un objet signé Richard Prince. Il n’y a pas à proprement parler de préjudice économique.
Les vrais voleurs sur un plan patrimonial ce sont les photographes amateurs ou professionnels qui diffusent des images au travers des micro-stocks en cédant tous leurs droits de reproduction pour une poignée de cacahuète. Ils ne volent pas physiquement les images des autres photographes, mais ils les démonétisent en faisant de la photographie un bien culturel que l’on peut acquérir pour une poignée de lentille.
A l’inverse, Richard Prince est à la fois un voleur qui s’approprie des photos qu’il n’a pas réalisé et un mécène qui redonne à la photographie une valeur économique.
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]]>Il y avait 10 000 policiers venus de toute l’Allemagne dans leurs petites camionnettes (bonjour le bilan carbone), 10 000 manifestants venus de toute l’Europe et, …
The post La BCE inaugure son nouveau siège à Francfort first appeared on Thierry Dehesdin.
]]>Il y avait 10 000 policiers venus de toute l’Allemagne dans leurs petites camionnettes (bonjour le bilan carbone), 10 000 manifestants venus de toute l’Europe et, dans la tour vide, une vingtaine de personnes (selon mon estimation) qui ont du manger des petits fours et boire du champagne.
Il y a eu des voitures brûlées et des affrontements violents qui ont fait des blessés et qui ont été rapportés par la presse.
Mais ça c’est passé la matin de l’inauguration, très tôt, et je n’en ai rien vu parce que je prenais mon petit déjeuner.
Ce sont des photos très différentes que j’ai rapportées de cette manifestation.
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(Photographie réalisée lors du Festival Images 2014 de Vevey)…
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(Photographie réalisée lors du Festival Images 2014 de Vevey)
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]]>The post Les laboureurs de la plage first appeared on Thierry Dehesdin.
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]]>The post Bonne Année 2014 first appeared on Thierry Dehesdin.
]]>The post Bonne Année 2014 first appeared on Thierry Dehesdin.
]]>L’appareil dont le teasing a été à l’origine de mon précédent billet “Canon, Nikon, Sony, BlackBerry même combat?” a été présenté à la presse comme un appareil « dédié à la photographie …
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]]>L’appareil dont le teasing a été à l’origine de mon précédent billet “Canon, Nikon, Sony, BlackBerry même combat?” a été présenté à la presse comme un appareil « dédié à la photographie à l’état pur » (pas si facile que cela de traduire « pure photography » en français ) destiné aux photographes « esthètes ».
On avait les amateurs, les experts, les professionnels, on aura désormais également les esthètes.
Le lendemain, Nikon annonçait une chute des bénéfices de 44% sur les 6 derniers mois, supérieure à leurs prévisions, avec en particulier une baisse de la demande sur les réflex pour la première fois depuis 1999, année du lancement de leur premier réflex numérique (le Nikon D1).
« The company posted a 41 percent drop in operating profit to 21.9 billion yen ($222 million) for the six months ended September, saying overseas demand for pricy single-lens reflex models had remained depressed.
It cut its unit sales projection for interchangeable lens cameras to 6.20 million from a previous forecast of 6.55 million, which had predicted the first fall in sales of the format since Nikon’s first digital SLR in 1999. »
Les termes amateur/expert/professionnel sont des appellations qui sont supposées caractérisées trois profils de consommateurs et renvoient à trois approches technologiques différentes de l’outil photographique.
Cette typologie est nécessaire pour aider le consommateur à s’y retrouver dans une offre surabondante.
Le prix est un des éléments du choix du consommateur, mais à la marge. Le prix d’un appareil dédié à la photographie c’est quelque part entre 50 euros (avec un objectif) et 6000 euros (sans objectif). Et encore, je laisse de coté les dos moyen-formats destinés à une niche très particulière.
Contrairement à ce que l’on observe avec la plupart des biens de consommation, la montée en gamme n’est pas une garantie de résultats. Si j’achète le lave linge ou le lave vaisselle le plus cher du marché, je serai peut-être déçu, mais je peux légitimement m’attendre à avoir un linge ou une vaisselle plus propre et une machine plus simple à utiliser.
Ce n’est pas le cas avec un appareil photo. Mes photos ne seront pas nécessairement « meilleures » avec un appareil à 6000 euros qu’avec un appareil à 50 euros et plus l’appareil sera cher, plus il sera difficile à utiliser.
Les fabricants doivent donner une identité à leur matériel pour justifier les différences tarifaires et permettre au consommateur de légitimer son achat quelque soit son montant.
Le matériel est amateur, expert ou professionnel parce que les besoins des utilisateurs sont supposés différents. Le même mot désigne l’utilisateur, l’outil supposé répondre à ses besoins et permet de justifier les écarts de prix.
A l’origine, le numérique est une rupture technologique, et la qualité des images produites grâce à cette rupture a progressé rapidement. Les consommateurs ont renouvelé leur matériel parce qu’ils avaient le sentiment que des progrès significatifs leurs étaient proposés par les nouveaux modèles.
Aujourd’hui l’argument technologique s’essouffle.
La crise économique n’est pas la seule explication à la morosité du marché. Tous les appareils ou presque produisent des photos qui techniquement répondent à la plupart des besoins des consommateurs. Le smartphone n’est pas encore perçu comme un outil permettant de réaliser de « vraies » photos comme le montre l’enquête de l’Ifop que j’ai cité dans mon billet précédent, mais ça n’en reste pas moins un outil sacrément fonctionnel pour un usage amateur. 75% des foyers sont déjà équipés d’un compact numérique. Je n’ai pas les chiffres de l’équipement des foyers en réflex numérique, mais je pense qu’il est très supérieur à ce qu’il était dans les dernières années de l’argentique si j’en juge par mon entourage.
Les innovations technologiques proposées par les nouveaux appareils, même dans le haut de gamme, qu’il s’agisse d’un progrès en matière de poids ou d’encombrement, de la progression du nombre de pixels ou d’une amélioration des performances en basse lumière, peinent à convaincre les consommateurs de la nécessité de renouveler leur matériel.
La distinction amateur/expert/professionnel s’inscrit dans la genèse de l’image numérique et suppose que le consommateur estime que dans la catégorie qu’il a fait sienne, un progrès technologique suffisamment significatif a été fait pour justifier un nouvel achat. Certains photographes vont renouveler leur achat pour progresser dans cette hiérarchie implicite, mais pour l’essentiel ils se sont appropriés l’identité photographique qui leur convenait.
L’apparition d’une nouvelle catégorie, les “esthètes”, est significative des difficultés que rencontre aujourd’hui l’industrie photographique et de la nécessité de trouver un nouveau moteur pour relancer les achats.
Le thème du « vintage » est porteur (l’automobile par exemple), et tout particulièrement dans la photographie où l’argentique est resté la référence symbolique. Que ce soit pour le matériel ou pour les images comme le montre le succès d’Instagram sur les réseaux sociaux.
Sur ce terrain, Nikon arrive très tard vis à vis de Fuji qui s’est fortement inspiré de Leica pour le design de ses boîtiers depuis deux ans, et d’Olympus qui a retrouvé les formes anguleuses des boîtiers argentiques.
Mais je ne pense pas que ces constructeurs aient ouvert un nouveau marché. On ne va pas plus acheter une nouvelle voiture parce qu’elle est « vintage » que l’on ne va acheter un nouvel appareil pour cette seule raison. Avec Olympus et Fuji on est dans une logique de conquête de part de marché. Les outsiders essaient de tailler des croupières aux cadors en séduisant les consommateurs avec un design différent.
Nikon doit persuader le consommateur que leur nouvel appareil est unique et indispensable en n’utilisant qu’à la marge l’argument technologique qui n’est plus suffisant. Sans cela pas de nouveau marché susceptible de séduire aussi bien les amateurs que les experts ou les pros chez qui ont créerait un nouveau besoin photographique, mais la montée dans un train déjà bien encombré. En plus cela signifierait qu’il faudrait redessiner tout ou partie de la gamme, juste pour ne pas perdre de parts de marché.
C’est l’explication de ce nouveau concept, la “pure photography” auquel est associé un nouveau profil de photographe, les “esthètes”.
Si j’en juge par les réactions sur les forums, ce concept est porteur.
Maintenant, la question pour Nikon c’est de savoir si le DF va être reçu comme un objet vintage ou comme l’objet/outil emblématique de la “pure photography”.
Porter un jugement sur cet appareil, après une manipulation de quelques minutes, est très difficile dans la mesure où le commentaire technique est un peu hors sujet. Plus encore que d’habitude, ses performances sont plus de l’ordre de la justification d’une acquisition qui relève de l’image que l’on se fait et que l’on veut renvoyer aux autres de sa pratique photographique, que d’une réflexion en termes de besoin, de performances et de coût.
Disons que de face et en vue aérienne, c’est un appareil rétro avec plein de boutons partout et de dos un appareil qui reprend l’ergonomie des boîtiers numériques réflex Nikon. J’ai trouvé la prise en main agréable. Il m’a semblé plutôt léger (765 g avec accumulateur et carte mémoire) et bien que ce soit le plus petit des réflex FX Nikon, on l’a bien en main.
A l’intérieur, c’est le capteur du Nikon D4, le vaisseau amiral de la flotte Nikon.
Mais contrairement au D4, le DF n’offre pas la vidéo. C’est un choix purement marketing que rien ne justifie techniquement ou économiquement. C’est un pari sans doute moins risqué qu’on pourrait le supposer dans la mesure où de nombreux photographes se plaignent régulièrement sur les forums de ce que leur appareil propose un mode vidéo dont ils n’ont que faire et c’est en adéquation avec le concept de la “pure photography”.
Ses rafales ne sont « que » de 5,5 images/secondes (contre 11 sur un D4). Je suppose que ce dernier point se justifie plutôt par la volonté de ne pas cannibaliser les ventes du D4, nettement plus cher, même si l’ergonomie de ces deux boîtiers n’est pas comparable. Mais si on se réfère aux teasing, une rafale limitée correspond bien à l’idée d’une pure photography, puisque chaque image se doit d’être pensée, réfléchie, rare.
Pour en finir avec le capteur, je suppose que lorsque l’appareil a été conçu, ses ingénieurs se sont demandés s’il fallait adopter le capteur du D800 ou celui du D4. Le capteur du D4 a 16 millions de pixels contre 36 pour le D800. Cette relative modestie lui permet d’avoir des rafales plus soutenues que le D800 (avantage perdu avec le Nikon DF) et d’avoir une qualité d’image supérieure à très hauts Iso.
Mais surtout, le capteur du D4 est un capteur griffé Nikon, là où celui du D800 est un Sony.
Enfin, on peut utiliser toutes les optiques Nikon, même les plus anciennes, ce qui n’est pas le cas des autres appareils numériques Nikon. (A l’exception de quelques optiques très anciennes et très rares, genre Fish-eye, qui supposaient que l’on relève le miroir pour les utiliser.)
Pour en finir avec cette présentation technique sommaire, son système autofocus est moins performant que celui du D4. Là je suppose qu’il s’agit à la fois de ne pas cannibaliser les ventes du D4 et de faire des économies.
Je n’ai manipulé l’appareil que quelques minutes ce qui est très insuffisant pour donner un jugement définitif sur son ergonomie. Sur la base de cette expérience limitée, les molettes finalement, même si c’est beaucoup plus intuitif et à ce titre intéressant pour un débutant (fortuné…), c’est quand même moins pratique. Ou alors, c’est une habitude que j’ai perdue. C’est d’autant moins pratique, que Nikon a mis des verrous partout pour éviter qu’on les bouge involontairement, mais du coup j’avais l’impression qu’une troisième main n’aurait pas été inutile. Bon, j’en rajoute un peu, mais je pense qu’à l’usage, l’appareil sera agréable à utiliser en mélangeant les commandes issues de l’argentique et celles qui appartiennent au numérique en fonction de ses habitudes de prises de vue.
Esthétiquement, Nikon l’a décliné en deux versions. Une version chromée qui est supposée nous renvoyer aux premiers réflex de la marque et une version noire nettement plus discrète. C’est là encore un retour à la tradition.
Le prix: Annoncé à 2900 euros prix public, il se positionne au prix du D800 lors de son lancement et nettement en dessous du D4 qui est à plus de 5000 euros. Mais c’est difficile de porter un jugement sur son prix en le comparant aux autres appareils de la marque, dans la mesure où il n’a pas été conçu pour venir s’insérer dans la gamme existante mais trouver sa place à coté.
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]]>The post Canon, Nikon, Sony, BlackBerry même combat? first appeared on Thierry Dehesdin.
]]>Si l’effondrement du marché des compacts est acté et fait consensus, c’est beaucoup plus difficile d’obtenir une vision claire de ce qui se passe sur le marché des hybrides et des appareils reflex à objectifs interchangeables. (Les hybrides sont des appareils dont le capteur est plus grand que celui des compacts mais qui sont normalement moins encombrants et lourds que les reflex parce qu’ils n’ont pas de chambre avec un miroir et un viseur optique permettant de cadrer en voyant l’image au travers de l’objectif.) D’autres billets font état d’une remontée des ventes d’appareils à objectifs interchangeables.
A new report from retail researchers NPD tallies U.S. sales of $2.1 billion worth of interchangeable lens cameras between June 2012 and May 2013, an increase of 5 percent over the same period a year ago. U.S. sales of compact cameras, meanwhile, plunged 26 percent, to $1.9 billion. This is the first time interchangeable lens cameras have surpassed the sleek-and-shiny segment.
Les données à l’origine de ces articles sont le plus souvent inaccessibles parce que payantes, et la situation est différente selon les continents et probablement les pays.
Et pour tout arranger, les différentes statistiques ne parlent pas nécessairement des mêmes choses. Il y a celles qui concernent les appareils qui ont été chargés dans les portes containers au départ du Japon, celles qui concernent les appareils effectivement vendus, et aucune n’indique les remises qu’il a fallu consentir pour vider les étagères des revendeurs.
A défaut d’avoir des données sur les ventes, on dispose d’une enquête d’Ipsos publiée par le Sipec sur les tendances du marché (mais qui ne concerne que la France) et des annonces produits des fabricants qui montrent les axes autours desquels la résistance s’organise.
L’enquête d’Ipsos:
Les précautions d’usage :
Je n’ai pas eu accès au questionnaire, mais aux slides présentant les résultats de l’étude. Le questionnaire a été commandité par l’industrie photographique, et parfois la réponse est induite par la formulation de la question, formulation que je ne connais pas. L’industrie photographique est mondiale et ce questionnaire ne concerne que le consommateur français.
Selon cette enquête, les foyers sont équipés, sinon suréquipés: « En 2013, 71% des Français déclarent posséder au moins un appareil photo numérique au sein de leur foyer. » (page 2)
Je suppose que dans cette question les smartphones sont exclus de la catégorie « appareil photo ». Lorsque l’enquête porte sur le matériel, l’opposition appareil photo / smartphone est marquée, même si lorsque l’enquête porte sur la fréquence des images ou leurs utilisations, l’enquête s’intéresse à toutes les photographies, qu’elles aient été réalisées avec un smartphone ou un appareil dédié à cet usage. (Dans la suite de ce texte, lorsque j’emploierai le terme appareil photo, ce sera à l’exclusion des smartphones.)
Le nombre de foyers qui possèdent un smartphone vient seulement maintenant de rattraper celui des foyers qui possèdent un compact. (Page 8 )
L’appareil photo répond à une exigence qualitative et à un goût pour la photo. (page 3)
Ces deux critères sont en forte progression depuis deux ans. Comme si la généralisation des smartphones et la progression de la photographie conversationnelle nourrissait l’envie d’une autre photographie.
On prend de plus en plus de photos. « La part des photographes quotidiens a doublé en 5 ans ». (page 4)
Et c’est pour les partager, mais pas uniquement. La photographie improvisée pour prendre des photos rapidement, sur le vif, est également en forte progression. (Page 5)
L’appareil dédié à la photographie, qu’il s’agisse d’un réflex ou d’un compact, est encore considéré majoritairement comme plus approprié à cette activité. (Page 10)
Et le réflex reste, parmi les possesseurs de smartphone, l’appareil photo qui correspondrait le mieux à l’usage qu’ils font de la photo. (Page 11)
Sur les critères: « Fait les plus belles photos », « A la plus grande rapidité de prise de vue », « A les meilleures capacités techniques », le réflex écrase la concurrence qu’il s’agisse de smartphones, de compacts ou d’hybrides. (Page 12)
Pour les moments exceptionnels (mariage, baptêmes, naissance, voyage, vacances) l’appareil photo reste l’outil privilégié. Pour la vie quotidienne (inclus le travail), le smartphone est jugé plus adapté (Page 13)
J’ai voulu voir si avec le temps le smartphone ne gagnait pas du terrain, y compris sur les moments exceptionnels, mais je n’ai pas pu accéder à l’étude de 2012 (un bug), et la question était posée différemment en 2011.
Ce questionnaire met en évidence une opposition dans le ressenti des personnes interviewées entre les photographies réalisées avec un smartphone et ce que j’appellerai, faute de mieux, la « vraie » photographie.
On a beau pratiquer toujours plus la photographie conversationnelle avec son smartphone, la « vraie » photographie, c’est à dire ici la photographie réalisée avec un appareil dédié à cet usage reste, au moins en tant qu’idéal, celle que l’on pratique ou que l’on souhaiterait pratiquer dans les moments exceptionnels.
On a beaucoup écrit sur la facilité de la photographie numérique avec l’écran situé au dos de son appareil qui permettait de visualiser immédiatement la prise de vue, les appareils dédiés ont cependant conservé un caractère intimidant. 53% des 15-30 ans seraient intéressés par une formation à la photo et l’on monte à 61% chez les possesseurs d’appareils à objectifs interchangeables. Ce dernier chiffre me ferait émettre l’hypothèse que ce caractère à priori intimidant d’une technique que l’on ne pense pas maîtriser, n’est pas un frein, bien au contraire, à l’acquisition d’un appareil plus compliqué à utiliser qu’un smartphone. (Pages 17 et 18)
Le match compact/smartphone
L’effondrement du compact n’est pas qu’un problème de concurrence avec les smartphones. Le compact, parce que c’est un appareil dédié à la photographie, semble plus susceptible de réaliser des « vraies » photos que le smartphone. C’est également un problème de saturation d’un marché où les nouveaux produits ne semble pas se distinguer suffisamment des produits déjà en possession du consommateur pour susciter une envie de renouvellement de son matériel. Le consommateur n’a pas le sentiment qu’il y aurait une rupture technologique qui justifierait qu’il renouvelle son appareil.
La réponse d’un fabricant comme Nikon passe par l’offre de pas moins de 38 modèles dans la gamme compact. (Offre en Coolpix de Nikon France)
Il s’agit d’occuper tous les créneaux en matière de prix (la gamme démarre à moins de 50 euros sur le net) car le prix reste un des critères principaux (page 14) dans l’achat, de s’opposer à l’uniformité du design des smartphones avec un festival de couleurs, de proposer le petit plus qui pourrait susciter l’envie de renouveler son smartphone (zooms plus ou moins extravagants, promesses toujours renouvelées de facilité d’emploi), de toucher des niches (appareils antichocs pour les enfants et les adeptes de sports extrêmes, appareils étanches pour la photo sous-marine), et de proposer des appareils plus ou moins communicants (pour gagner je suppose quelques euros), avec ou sans GPS embarqué .
Dans la mesure où ce marché est actuellement très encombré par de nombreux acteurs et où il n’y a plus les volumes qui permettaient de gagner sa vie malgré des marges très faibles, cette politique de la diversité de l’offre devrait vite atteindre ses limites.
Du coté des smartphones, on constate une progression constante de la qualité technique du module dédié à la photographie et des tentatives pour donner au smartphone une ergonomie ou des capacités techniques lui permettant de prétendre jouer sur le terrain de la « vraie » photographie avec des capteurs parfois plus grands que ceux de bien des compacts.
C’est le smartphone S4 zoom de Samsung qui a coté face le look d’un compact équipé d’un zoom 24-120mm stabilisé et d’un flash, et coté pile celui d’un smartphone.
C’est la gamme des Lumia de Nokia qui multiplie les records en matière de nombres de pixels.
Pour l’instant, on ne peut pas dire que cette volonté de donner aux smartphone la qualité d’objets susceptibles de réaliser des « vraies » photos soit une réussite en matière de vente. Le Samsung S4 existe en deux versions, avec et sans zoom, et j’ignore malheureusement leurs performances respectives en matière de vente. Mais les malheurs de Nokia par contre sont du domaine publique. Alors il est vrai que Nokia est handicapé par son système d’exploitation, mais ces ennuis me semblent révélateurs du statut de ces smartphones dans l’imaginaire du consommateur. Ils restent avant tout des smartphones, et peinent à devenir des appareils susceptibles de réaliser de « vraies » photos.
La photo est un plus, mais n’est un élément décisif pour l’achat qu’à la marge. Mon hypothèse, c’est que ce n’est pas une question de qualité d’image, mais de statut. Pour faire de « vraies » photos, il faut un appareil dédié et inversement, pour la photographie conversationnelle, le smartphone reste l’objet approprié.
Sony vient d’ouvrir une piste originale que je trouve très maligne avec ses QX10 et QX100. Ce sont des objectif qui possèdent un capteur numérique que l’on peut tenir à bout de bras ou fixer sur son smartphone ou sa tablette connectée qui vont permettre de visualiser les images et commander les fonctions de la prise de vue. Une version lourde de l’image est conservée sur la carte associée à l’objectif, une version légère est envoyée sur le smartphone ou la tablette et peut-être utilisée pour la photo conversationnelle.
En vidéo, c’est une réinvention de la paluche de Beauviala sans les contraintes de la liaison par câble avec l’enregistreur et la possibilité de réaliser facilement des mouvements de grue ou des travelling. En photo, c’est à la fois très ludique (l’idéal pour un selfy), la possibilité de réaliser des angles originaux sans avoir à se contorsionner, un écran de visualisation de grande taille si on les associe à une tablette, et la possibilité de réaliser des photos de grande qualité avec un objet de taille réduite.
Je trouve ça très malin parce que plutôt de chercher à concurrencer les smartphones avec des compacts communicants qui ne sont pas pour autant des téléphones, ils proposent des objets que l’on peut utiliser en complément de son smartphone. On peut changer son smartphone et conserver son objectif ou monter en gamme dans son appareil photo et conserver son smartphone. Et plus le marché des smartphones s’étend, plus Sony a de chance de vendre son matériel.
Le QX10 à moins de 200 euros (capteur CMOS EXMOR de 1/2,3″ 18 Mp), ne me semble pas susceptible de permettre à cette association objectif déporté/smartphone le statut d’objet permettant de réaliser une « vraie » photo. Le QX100 à 400 euros (capteur CMOS EXMOR de 1 pouce) a sans doute d’autres ambitions, mais pour l’instant son logiciel est inférieur à ce que propose l’appareil embarqué dans la plupart des smartphones récents. Ce qui devrait sérieusement limiter ses ventes auprès de photographes désireux de réaliser de « vraies » photos.
Et parce que ces objectifs sont nécessairement associés à une tablette ou à un smartphone, il n’est pas dit que quelque soit la qualité de leurs logiciels et de leurs images, ils puissent bénéficier de cette reconnaissance, au moins dans l’immédiat.
Les hybrides et les réflex:
Les hybrides sont une vraie rupture technologique, dans la mesure où ils sont désormais susceptibles d’offrir la qualité d’image d’un reflex dans un boîtier dont l’encombrement est beaucoup plus réduit que celui d’un réflex, là où les compacts supposaient nécessairement de réaliser des compromis sur la qualité d’image. C’est d’ailleurs sans doute ce qui explique leur succès en Asie,
Je suppose que dans l’esprit des fabricants, ils auraient du trouver un marché à la fois chez les utilisateurs de smartphone et de compact en leur permettant d’accéder à la « vraie » photographie, et chez les utilisateurs de réflex en leur proposant un matériel moins encombrant et moins lourd.
Mais ça n’a pas pris en Europe et aux Etats-Unis pour autant que je puisse me fier à mes sources. Je pense que l’explication tient à ce qu’alors que leur coût est plutôt supérieur à celui des réflex d’entrée de gamme, leur statut n’est pas suffisamment fort. Le réflex est perçu comme supérieur, si l’on parle de « vraie » photographie, dans l’imaginaire du consommateur.
En fait, les appareils qui réussissent le mieux sur ce marché sous nos latitudes, ne doivent pas leur succès à leur compacité mais à leur look, inspiré des modèles argentiques. Le Fuji RX100 étant sans doute le précurseur en la matière. Comme si seule la référence esthétique de l’objet à la photo argentique pouvait lui donner cette dimension.
Nikon a mis en ligne des teasers pour un appareil qui semble devoir s’inscrire dans cette stratégie (lorsque vous lirez cet article, l’objet sera sans doute dévoilé) et qui nous donne en creux une idée de ce que serait la « vraie » photographie:
Le photographe ici est homme solitaire qui n’est pas là pour rigoler et qui a “repris” la main sur ces photos. Bref l’inverse de la photographie conversationnelle.
La grande question sur les forums hantés par les photographes dits “experts” en découvrant ces teasers, c’est d’ailleurs de savoir si dans cette recherche de la vraie photographie, Nikon aura renoncé à proposer la vidéo sur son appareil. Comme si cette fonction conférait aux appareils photos quelque chose d’impur.
A l’inverse, le dernier réflex d’entrée de gamme de Nikon, le D5300, n’hésite pas à mettre en avant dans sa communication des fonctions telles que le Wi-Fi, le GPS ou des effets logiciels. Parce que c’est un réflex, son statut d’objet permettant de réaliser de « vraies » photographies, n’est pas menacé. Nikon peut proposer un appareil susceptible de séduire les utilisateurs de smartphone qui seraient tentés par la “vraie” photographie en leur offrant des fonctionnalités auxquelles ils sont habitués sans craindre qu’il ne soit assimilé à un appareil tout juste bon à la photographie conversationnelle.
En conclusion:
La photographie conversationnelle ne tue pas la “vraie” photographie. Au contraire, pour l’instant elle suscite de nouveaux adeptes.
Je pense que les fabricants de matériel vont devoir s’adapter à une nouvelle donne économique avec en particulier une contraction très forte en volume, mais qu’ils ne sont pas menacés dans leur survie tant que cette idée d’une « vraie » photographie qui serait liée au matériel que l’on utilise restera aussi forte. L’enquête Ipsos montre que l’appareil photo répond à une exigence qualitative et à un goût pour la photo (page 3) et que ces deux critères sont en forte progression depuis deux ans.
Je n’ai pas parlé d’image, je n’ai parlé que de matériel et il serait très intéressant de réaliser une enquête auprès des producteurs d’images, dans l’esprit de celle qui avait été menée par Bourdieu dans les années 60, pour voir si cette distinction qui est très présente lorsque l’on parle de matériel entre la photographie conversationnelle et la « vraie » photographie se retrouve dans les commentaires sur les images.
Mais en même temps, je ne pense pas que les images soient importantes dans cette affaire. C’est plus une affaire de posture et de plaisir que l’on éprouve en manipulant un outil que de résultats.
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]]>The post Adobe et son Cloud commencent à me les briser menu first appeared on Thierry Dehesdin.
]]>Souvent dans nos régions tempérées les nuages sont le signe annonciateur d’une douche glacée.
Je comprends que le modèle économique des opérateurs téléphoniques puisse faire saliver tous les industriels, avec une clientèle captive qui verse tous les mois son obole pour pouvoir continuer à profiter de leur service, mais je supporte mal que l’on me torde le bras pour m’obliger à consentir à ces nouvelles conditions de commercialisation.
Aujourd’hui j’achète très cher, mais je considère que le produit le vaut bien, un logiciel que je peux utiliser “à vie”. Je bénéficie gratuitement pendant une période d’environ deux ans de mises à jour, puis sort une nouvelle version payante que je peux acquérir à un prix plus intéressant que si c’était un premier achat.
Si j’estime que mes finances et/ou les nouveautés proposées par la mise à jour payante ne me permettent ou ne justifient pas l’investissement, je peux sauter une génération.
Dans la pratique, c’est aussi lié au rythme de renouvellement de mes boîtiers.
Lorsque l’on achète Photoshop, on acquiert en réalité 3 logiciels: Photoshop proprement dit, Adobe Camera Raw qui permet d’ouvrir et de traiter les fichiers au format raw de son appareil et Adobe Bridge qui permet de trier, cataloguer, classer et retrouver sur son disque dur ses images.
Adobe Camera Raw est l’élément central de mon workflow et Adobe me tord déjà le bras, mais y mettant les formes, parce que lorsque sort une nouvelle version payante les anciennes versions d’ACR ne sont plus mises à jour pour les nouveaux boîtiers. Je peux cependant faire de la résistance si je le souhaite en utilisant un logiciel gratuit fourni par Adobe pour convertir le format raw propre à mon nouvel appareil dans un format plus universel que mon ancienne version d’ACR est capable d’exploiter.
C’est discutable en termes de workflow, mais je ne suis pas obligé d’investir dans la nouvelle version de Photoshop.
Avec les nouvelles conditions de commercialisation et le passage obligé au Cloud, je vais installer comme aujourd’hui Photoshop sur mon ordi, mais je ne pourrais le faire tourner que si je suis à jour de mon abonnement mensuel. Je peux travailler sans être connecté, mais je dois me connecter, pour l’instant, au moins une fois par mois pour pouvoir continuer à utiliser Photoshop.
Le logiciel que j’achetais est devenu un logiciel que je dois louer.
Le Cloud proprement dit, c’est à dire la disponibilité de 20 Go d’espace disponible sur les serveurs d’Adobe, est optionnelle.
Si l’on ne considère que le calcul économique, la location peut présenter des avantages. Essentiellement parce que l’on peut préférer avoir des coûts de fonctionnement fixes à des investissements au coup par coup. Et qu’au départ la location est intéressante, surtout pour un jeune photographe qui n’a pas ainsi à se couper un bras pour acquérir Photoshop.
Mais dans le temps:
Restons avec Photoshop et examinons les coûts cumulés sur plusieurs années. Pour simplifier le calcul, plaçons-nous le jour de la sortie d’une nouvelle version. Les données de base sont les suivantes : 954, 48€ pour une version complète, 273 ,06€ pour une mise à jour (tous les deux ans) et 24,58€/mois pour l’abonnement annuel (soit 294,96€/an, ce qui est déjà nettement moins excitant). On obtient les coûts cumulés suivants :
• Après 2 ans : 589,92€ pour l’abonnement, 954,48€ pour la version “normale”
• Après 4 ans : 1179,84€ pour l’abonnement, 1227,54€ pour la version “normale”
• Après 6 ans : 1769,76€ pour l’abonnement, 1500,60€ pour la version “normale”
Au-delà, l’écart ne fait que se creuser en défaveur de l’abonnement…
On le voit, la “bonne affaire” n’est qu’apparente et ressemble un peu à ces abonnements qui permettent d’acheter moins cher un téléphone en s’engageant deux ans chez l’opérateur. Ils aboutissent in fine à payer l’appareil beaucoup plus cher que s’il avait été acheté à prix normal en magasin ! Mais au moins a-t-on un téléphone au bout des deux ans, même si l’on cesse tout engagement chez cet opérateur. Avec le Creative Cloud, on n’a plus rien. Le prix de 24,59€/mois est donc très aguichant, mais ne présente que l’avantage (à court terme) d’étaler la dépense initiale. S’agissant des mises à jour partielles, il suffit d’examiner la liste des nouveautés récentes pour se rendre compte de leur intérêt très limité. Seuls les photographes seront vraiment intéressés par l’acquisition des versions ultérieure afin de bénéficier de la prise en charge des nouveaux boîtiers par Camera Raw. Et encore, on peut s’en passer grâce au DNG Converter…
Le tarif franchement dissuasif si l’on n’utilise que Photoshop devient plus intéressant si l’on utilise plusieurs logiciels d’Adobe:
Q : Est-il possible de composer son panier de logiciels et de ne payer que pour ceux-ci ?
Non. Vous n’avez le choix qu’entre le bundle complet et les logiciels individuels, sachant que le tarif du bundle (61,49€/mois) ne coûte “que” 2,5 fois celui d’un logiciel individuel (24,59€/mois). Le prix exorbitant du logiciel individuel (295€/an) pousse clairement les utilisateurs à choisir le bundle, même si la plupart des logiciels ne les intéressent pas. Un bundle destiné aux photographes est actuellement à l’étude chez Adobe, mais comme son tarif ne saurait être inférieur aux 24,59€/mois du seul Photoshop, il a bien peu de chances d’être intéressant.
Il faut ajouter à cela que lorsque l’on possède plusieurs logiciels d’Adobe, on n’a pas nécessairement besoin d’acquérir les mises à jour payantes au même rythme.
Enfin je terminerai par une dimension totalement irrationnelle. J’ai commencé la photo à 14 ans et j’ai tout de suite développé et tiré mes films noir & blanc. Lorsque je suis devenu un professionnel, j’ai très rapidement mis en place successivement une chaîne E6 pour pouvoir développer mes films inversibles, une chaîne C41 pour développer négatifs couleur et internégatifs et une chaîne RA4 pour pouvoir réaliser mes tirages en couleur. L’opération c’est avérée économiquement rentable, même si aujourd’hui tout ce matériel est parti à la décharge.
Cependant, à l’origine ce n’était pas un calcul économique, mais un parti pris créatif. Et je vis comme une régression l’éventualité de devoir louer le logiciel qui est désormais au centre de ma pratique photographique.
Mon modèle économique ce n’est pas le Cloud, mais l’artisanat.
Dans l’immédiat, je vais pouvoir conserver mon vieux rasoir, CS6.
Le jour où l’évolution des logiciels de traitement d’image me donnera le sentiment que le temps est venu de succomber aux sirènes du changement, le choix sera douloureux. Changer de logiciel, c’est repasser par une phase d’apprentissage et de frustration.
L’offre d’Adobe
Sur le blog d’Adobe consacré à Photoshop
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]]>The post Séance de signatures samedi 23 février à la médiathèque d’Issy les Moulineaux first appeared on Thierry Dehesdin.
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]]>En 1989, la plaine d’Issy était un vaste chantier:
La ville avait accueilli, au XIXème et au début du XXème siècle, les industries polluantes dont Paris ne voulait pas. La désindustrialisation, la pression foncière et de nouvelles exigences en matière de pollution et de sécurité ont condamné ces activités libérant de vastes terrains.
La vie quotidienne et ses trajets répétitifs incitent rarement le passant à regarder son environnement immédiat et à prendre conscience de sa dimension esthétique. Issy les Moulineaux, comme nombre de villes de banlieue, vit une mutation, une transformation radicale de son paysage urbain, que l’on ne pourrait sans doute comparer dans l’histoire qu’à la transformation de Paris par le baron Haussmann.
Ce bouleversement se déroule sous nos yeux sans même que nous n’y prenions garde, probablement parce que ces villes sont comme écrasées par leur proximité avec Paris, ville musée par excellence. Elles ne sont pas supposées avoir un cachet, une esthétique ou une importance dans l’histoire qui justifierait qu’on les considère.
L’origine de mon projet:
Je suis un photographe indépendant, travaillant dans le cadre de commandes destinées principalement à la communication des entreprises. A l’époque, je réalisais peu d’images en amateur, sans logique économique, pour mon seul plaisir. J’habitais à Boulogne Billancourt et je traversais tous les jours la plaine d’Issy les Moulineaux pour me rendre sur le coteau où se trouve mon studio. Est-ce parce que j’ai été formé à la sociologie, documenter cette révolution urbaine m’est brutalement apparu comme une évidence et une nécessité.
Le spectacle des friches industrielles est la manifestation la plus évidente de la rénovation urbaine et c’est qui m’a donné l’envie d’initier ce travail.
De 1989 à 1994, j’ai réalisé mes photographies avec une vision binaire du changement. Il y avait d’un coté la plaine, là où de toute évidence du passé on faisait du passé table rase, et de l’autre le coteau, le plateau et les bords de seine qui semblaient comme figés dans le temps.
Cette période s’est achevée avec la réalisation d’une exposition lors de l’inauguration de la médiathèque de la ville en avril 1994, et la création d’un livre en 2002.
L’évolution du projet original:
J’ai continué à réaliser des photos à un rythme moins soutenu. La transformation de la ville s’est poursuivie et s’est généralisée.
Les grands chantiers ne sont aujourd’hui que la face visible de l’iceberg. Que les changements soient spectaculaires ou discrets, c’est toute la ville qui se transforme et ne cesse de se transformer que ce soit à l’initiative de la municipalité ou avec l’arrivée de nouveaux habitants. Une ville autrefois ouvrière s’embourgeoise. Un petit immeuble remplace un atelier. Des pavillons gagnent un étage lorsqu’ils sont vendus suite au décès de leurs précédents occupants parce que cela revient moins cher que d’acheter un pavillon plus grand. Les commerces changent. Des cafés sont remplacés par des agences bancaires. Des équipements publiques sont créés ou transformés pour répondre aux besoins des nouveaux arrivants (tramway, crèches, écoles etc.).
Le rythme du changement s’accélère. J’ai rédigé un billet sur la tour EDF, construite dans les années 70 et déconstruite en 2007 pour être remplacée par de nouvelles tours. Aujourd’hui, ce sont les ensembles immobiliers construits dans les années 80 à proximité du pont d’Issy les Moulineaux qui vont être déconstruits dans le cadre d’un vaste projet immobilier. En l’espace de 30 ans des immeubles qui symbolisaient la nouveauté deviennent les symboles d’un passé condamné.
On n’est plus dans la dialectique d’une ville ancienne, inscrite dans un passé lointain, qui s’opposerait à la ville nouvelle, mais dans un changement continu. Mon angle initial n’était plus pertinent.
J’aurais pu essayer d’actualiser mon travail en cherchant à revenir systématiquement sur les lieux qui avaient été transformés, dans la logique de ces livres qui opposent un avant à un après en utilisant des cartes postales anciennes, mais ça m’a vite semblé assez vain. En 1989, la transformation de la ville était déjà bien entamée et je n’ai pas de photos de la période antérieure. Cette approche aurait supposé une veille permanente des demandes de permis de construire et donc une disponibilité incompatible avec un fonctionnement en auto-production. J’aurais du intégrer ce dispositif dans mes cadrages. Ne plus cadrer en fonction du présent, mais en anticipant le futur pour que les photographies puissent être rapprochées, opposées.
Mais aussi et surtout j’ai réalisé que ce qui m’intéressait, ce n’était pas d’opposer l’avant à l’après, mais de faire de la transformation mon sujet.
Parce que la transformation de la ville est progressive et que je la photographie de façon continue, les temps se confondent. Les images ne s’inscrivent pas dans une succession de “campagnes photographiques” qui me permettraient de les distinguer chronologiquement.
Elles décrivent une ville virtuelle, subjective et personnelle, où passé et présent sont sur le même plan, et c’est cette ville virtuelle qui est à mes yeux la ville réelle.

Quartier “Centre Ville” – Rue Hoche – 1989/1994
A l’arrière plan, les établissements Wartel dont je fus client, remplacés aujourd’hui par l’immeuble où j’habite
L’expérience sensible et la photographie:
On n’embrasse jamais une ville d’un seul regard, on n’en découvre que des fragments. Le chemin du métro, de l’école, du travail. Le quartier où l’on fait ses courses. Dans l’expérience sensible, c’est l’ensemble de ces fragments disséminés dans l’espace, qui sont à l’origine de sa perception de la ville. Une ville que l’on voit, mais que l’on ne regarde pas. Un carrefour, un ouvrage d’art ou un bâtiment peuvent avoir une identité plus forte au sein de cette perception indifférenciée, mais généralement plus en raison de souvenirs qui leur sont associés qu’en raison de leurs qualités architecturales. Le lycée de son adolescence, la carrefour qui est toujours bloqué par des embouteillages, le commerce où l’on fait ses courses, le café où l’on retrouve ses amis.
La représentation photographique est également fragmentaire. Mes photos sont disséminées dans l’espace et dans le temps. Elles prennent leur origine dans ma perception de la ville et elles y participent. Mon expérience sensible de la ville est modifiée par mes images. Le passé et le présent se télescopent. Une usine comme la Tiru, aujourd’hui disparue, est plus présente dans l’idée que je me fais de la ville que les bâtiments qui l’ont remplacés parce que, au gré de mes envies et des rencontres, je l’ai photographiée à maintes reprises.

Quartier “Les Arches” – Rue Jacques-Henri Lartigue – 1999
Les cheminées de la Tiru, visibles de partout, ont été un des principaux éléments de l’identité visuelle de la ville.
En me mettant en situation de photographie, je cesse d’être un passant qui voit plus qu’il ne regarde son environnement quotidien. C’est toujours ma ville, celle où je vis, mais en en faisant un objet de photographies, j’introduis une distance.
Je me transforme en touriste de mon environnement quotidien.
C’est une position paradoxale. D’habitude, lorsque l’on est dans cette posture photographique, on est dans la recherche consciente ou inconsciente de la différence, d’une certaine forme d’exotisme. Les sujets que le photographe va privilégier vont refléter l’éloignement, la différence, que ce soit parce qu’ils sont à proprement parler exotiques pour le photographe, ou parce qu’ils vont correspondre à l’idée qu’il se fait du beau, de ce qui est digne d’être photographié.
Ici rien de tel. Ce n’est pas le sujet, mais ma posture qui induit la distance, l’éloignement.
Le parti pris esthétique
La photographie, parce qu’elle enferme dans un cadre une représentation en deux dimensions, esthétise nécessairement le réel. A l’inverse de la perception indifférenciée propre à l’expérience sensible, la photographie est nécessairement anecdotique. Elle isole, singularise, donne à voir une vision partielle de la ville. Le cadrage, la perspective, la lumière retenus par le photographe mettent en évidence des détails, des associations des juxtapositions.
Je n’ai pas hiérarchisé mes sujets pour des raisons esthétiques. Je travaille sur un territoire bien défini, mais dans cet espace tout est susceptible d’être photographié.
Dans son livre “un art moyen” (1965) Pierre Bourdieu observait:
“La preuve que l’image belle est l’image de la bonne chose (socialement définie) est fournie par le fait que lorsque l’on nomme une série d’objets en demandant s’ils peuvent donner lieu à une photographie belle, intéressante insignifiante ou laide, on obtient à très peu de chose près la même hiérarchie (relativement indépendante de la classe sociale) que lorsque l’on présente des photographies artistiques des mêmes objets.”
Depuis 1965, la pratique photographique a beaucoup évolué et je pense que la même enquête donnerait des résultats tout à fait différents. Le succès d’applications comme Instagram suppose que désormais la photographie puisse être considérée comme belle indépendamment de ce qu’elle représente. Des codes liés à la représentation photographique (au sens large car il s’agit de programmes numériques qui vont transformer l’image pour lui conférer les signes des photos anciennes ou jouer sur les contrastes et les couleurs de façon à ce que l’on identifie tout de suite l’image comme différente de ce qu’elle aurait du être), sont devenus susceptibles d’attacher à l’objet photographié une valeur esthétique, indépendamment de l’idée que l’on se fait de l’objet.
Je suis un peu dans cette logique, non pas que je sois fasciné par la possibilité de modifier au post-traitement l’apparence de mes images, mais parce que ma pratique professionnelle a toujours été de rendre beau ce que l’on me chargeait de photographier, qu’il s’agisse d’un portrait, d’un bidon d’huile, d’une assiette de raviolis en boite, d’un bijou ou d’une station d’essence. A chaque fois la technique est différente, mais il y a toujours un instant, une lumière qu’elle soit naturelle ou artificielle qui mettront en valeur, à mes yeux, le sujet.
La différence c’est que je ne cherche pas à dissimuler l’objet de la représentation derrière un filtre, mais au contraire à le mettre en avant par mes choix esthétiques.
Autant dire que je ne suis pas convaincu par le concept de photographie objective. J’assume totalement la dimension esthétique de mes images. Toute photographie est subjective et le numérique n’a rien changé à mes yeux à l’affaire. Les partis pris techniques et philosophiques des photographes qui se réclament de la photographie objective, sont des choix esthétiques. Ils ont leur prosécogénie. En raison de mon expérience de la commande, les choix techniques sont pour moi un moyen et non une fin. Selon le sujet et mon humeur, je pourrai adopter des techniques qui se rapprocheraient des canons de la photo dite objective, ou en prendre le contre-pied. Je réalise aussi bien des gros plans que des plans larges ou des panoramiques. Des prises de vue frontales qui sont quasiment de l’ordre de l’inventaire, que des photos qui jouent à fond sur tous les “trucs” spécifiques à la représentation photographique: flous, couleurs etc. Je suis guidé par l’émotion que je ressens, l’émotion que je veux transmettre et la qualité de la lumière à l’instant de la prise de vue.
Il n’y a pas d’unité formelle, de parti pris esthétique dans ce travail. Ou plutôt, s’il y a bien un parti pris esthétique, c’est l’absence d’unité formelle.
Le choix de la couleur:
La couleur a été une évidence dès la première image.
Ce n’est pas seulement en raison du caractère documentaire de la couleur. La représentation photographique, en particulier en argentique couleur, peut-être très loin de l’expérience sensible.
Mais dans la photographie de paysage, je trouve que l’esthétique du noir & blanc tend à effacer la spécificité du sujet et de l’instant de la représentation. Elle occulte l’esthétique propre aux lieux représentées. Ce que l’on perçoit devant une photo noir & blanc d’un paysage, qu’il soit ou non urbain d’ailleurs, c’est avant tout la prosécogénie du noir & blanc. On est dans l’effet “Instagram”.
J’ai voulu éviter l’unité visuelle qui en aurait été la conséquence parce qu’elle ne correspond pas du tout à mon ressenti de la ville.
Je ne suis pas opposé par principe au noir & blanc. J’ai réalisé en 1997 des photographies noir & blanc des joueurs de la ville pour le Musée Français de la Carte à Jouer. C’était un parti pris esthétique qui tenait à la nature de mon sujet. C’était le jeu et les joueurs qui m’intéressaient beaucoup plus que leur environnement, et le noir & blanc m’avait semblé être alors une évidence. Sa prosécogénie collait à mon sujet.
Le format 24×36:
Le choix du format 24×36 pour la partie argentique est économique et non esthétique. Il n’y a qu’une dizaine d’images qui ont été réalisées en 4×5” parce que l’essentiel de ces prises de vue a été réalisé en auto-production. C’est un choix économique. Mon travail aurait été très différent s’il avait été réalisé à la chambre.
Mes photos peuvent sembler étrangement vides de présence humaine. Il y aurait environ 60 000 personnes qui vivent à Issy et 60 000 personnes qui y travaillent. Et ce ne sont pas nécessairement les mêmes. Ce n’est pas un choix esthétique, mais le reflet d’une incertitude juridique liée au droit français et à ce que l’on appelle le droit à l’image. Je me suis auto censuré à la prise de vue et lorsque j’ai sélectionné les images que je souhaitais mettre en ligne.
Mais c’est difficile techniquement et affectivement de photographier une ville comme si elle était vide de tout habitant. Parfois, ce sont des proches que je n’ai pas jugé nécessaire d’éliminer. Le plus souvent, des passants se sont glissés, comme malgré moi, dans mes images.
Si quelqu’un se reconnaît sur une photographie et en éprouve un quelconque mécontentement, qu’il me le signale à site[at]dehesdin.com. J’enlèverais immédiatement l’image fautive.
La définition des mots clefs:
C’est un travail nécessaire, ne serait-ce que pour permettre l’identification des lieux et inscrire les images dans leur chronologie, mais c’est long et laborieux sur un corpus de cette importance. J’avais déjà mis en ligne une première fois l’essentiel de ma période argentique, mais il m’a semblé nécessaire de reprendre à zéro tout ce travail d’indexation pour créer des propositions de promenade dans la ville, et dans mes photos, à partir de critères plus ou moins subjectifs tels que “Détails”, “sculptures”, “Culte”, “Paysage urbain” ou “Nuit”.
Cette indexation n’en reste pas moins toujours largement perfectible…

Mots clefs: 2011 – Culte – Eglise Saint Etienne – Mobilier urbain – Nuit – Paysage urbain – Place du 11 novembre – Quartier “Les Hauts d’Issy” – Rue de l’Abbé Grégoire
La datation des images:
Dans un premier temps, j’ai accumulé les photos sans me soucier de leur utilisation. Je n’ai eu en particulier aucune réflexion sur les informations qu’il était nécessaire de leur associer pour une exploitation ultérieure. Il n’y avait que mon envie de réaliser ces images qui était une évidence. Le sujet n’était pas de nature à intéresser les agences qui diffusaient à l’époque des photographies d’illustration et si je m’étais interrogé sur leur exploitation futur, je n’aurai pas donner suite à mon projet. Internet n’existait pas.
Je les rangeais dans des pochettes en plastique et ces pochettes dans des dossiers en indiquant parfois l’année de la prise de vue sur la pochette. Mais pour peu qu’ils me viennent l’envie de réorganiser mes images par thèmes, je perdais très vite le lien entre les images et l’année de la prise de vue.
C’est d’ailleurs aussi lié à la nature du film inversible. Mes négatifs noir&blanc sont classés dans une pochette spécifique à chaque film, identifiée par la date du développement suivi d’une lettre pour différencier les films réalisés le même jour. En inversible, la référence au film disparaît dès que les diapositives sont montées sous cache et, parce que la dia est un positif, elle semble se suffire à elle-même dès lors qu’elle est rangée dans un classeur thématique.
La datation des images réalisées les 10 premières années est très imprécise.
Loué soit le numérique qui a révolutionné l’archivage en associant automatiquement la date de la prise de vue à son fichier au travers des champs Exif.
La navigation dans le corpus:
J’ai associé à la première image les mots clefs qui permettent d’accéder aux différents quartiers ou aux différentes époques des prises de vue, parce que cela m’a semblé être l’accès le plus évident au corpus. Mais ensuite, chaque image devient une porte d’entrée au travers des mots clefs qu’elle propose, et l’on peut aller de mots clefs en mots clefs au gré de ses envies.
Lorsque l’on clique sur une image, on fait apparaître les mots clefs qui lui sont associés. Si on clique sur un de ces mots clefs, on sélectionne toutes les images qui ont le même mot clef en cliquant ensuite sur le bouton “search” situé à la fin des mots clefs.
Lorsque l’on coche plusieurs mots clefs, la recherche procède du « et ». On ne fait apparaître que les images auxquelles sont associés simultanément les différents mots clefs que l’on a retenu.
Pour visiter Issy les Moulineaux, cliquez ici.
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