Débat – Enquête syndicale – Analyse des résultats – Revendications – Mobilisation – Actions
Comme représentant.e.s syndicaux.ales dans nos institutions publiques, nous tirons le constat d’une détérioration importante du bien-être au travail. Les raisons peuvent être diverses : sous-effectif, surcharge de travail, désorganisation, pression, communication défaillante, relations toxiques, épuisement…
Un sujet que nous retrouvons clairement au quotidien dans notre vécu ou lors de discussions avec nos collègues, c’est le type de management développé ces dernières années sur nos lieux de travail. Le management et l’organisation du travail ne sont pas sans conséquences. Ils peuvent protéger les travailleurs… ou les abîmer.
Comment le type de management influence la santé des travailleurs.ses et les facteurs de risques psychosociaux ? Quelles prises en compte de la santé au travail (et de l’humain) par les managers ? Quelles stratégies pour améliorer la santé et le bien-être des travailleurs.ses ? Voilà les questions que nous trouvons urgentes à nous poser !
A l’heure où l’on constate plus de 200.000 malades longue durée pour causes psychosociales, la CGSP ALR Bruxelles souhaite dès lors mener une grande enquête pour tenter d’analyser au mieux la situation actuelle sur nos lieux de travail et ainsi formuler des revendications appropriées auprès des employeurs, autorités politiques, instances syndicales et toute autre instance susceptible d’améliorer le bien-être des travailleur.euse.s.
BRISEZ LE SILENCE. PARTICIPEZ À L’ENQUÊTE !
Nous ne sommes pas naïfs, la lutte pour obtenir des avancées sera nécessaire et cette enquête pourra certainement nous y aider !
Outils de campagne
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Débat – Enquête syndicale – Analyse des résultats – Revendications – Mobilisation – Actions
Comme représentant.e.s syndicaux.ales dans nos institutions publiques, nous tirons le constat d’une détérioration importante du bien-être au travail. Les raisons peuvent être diverses : sous-effectif, surcharge de travail, désorganisation, pression, communication défaillante, relations toxiques, épuisement…
Un sujet que nous retrouvons clairement au quotidien dans notre vécu ou lors de discussions avec nos collègues, c’est le type de management développé ces dernières années sur nos lieux de travail. Le management et l’organisation du travail ne sont pas sans conséquences. Ils peuvent protéger les travailleurs… ou les abîmer.
Comment le type de management influence la santé des travailleurs.ses et les facteurs de risques psychosociaux ? Quelles prises en compte de la santé au travail (et de l’humain) par les managers ? Quelles stratégies pour améliorer la santé et le bien-être des travailleurs.ses ? Voilà les questions que nous trouvons urgentes à nous poser !
A l’heure où l’on constate plus de 200.000 malades longue durée pour causes psychosociales, la CGSP ALR Bruxelles souhaite dès lors mener une grande enquête pour tenter d’analyser au mieux la situation actuelle sur nos lieux de travail et ainsi formuler des revendications appropriées auprès des employeurs, autorités politiques, instances syndicales et toute autre instance susceptible d’améliorer le bien-être des travailleur.euse.s.
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Alors qu’on voudrait célébrer les CPAS, nés il y a 50 ans de la volonté politique d’assurer une vie digne pour tous, nos organisations ont le cœur en berne. Dans une Belgique prospère, au moins 16,5 % de la population continue de vivre en étant privés de l’essentiel. Plus grave encore, le dernier filet de sécurité qui permettait de les sortir de cette situation est mis en danger. Voici 10 raisons pour lesquelles le 50e anniversaire des CPAS n’est pas une fête.
1. Le droit à l’intégration sociale vidé de sa substance.
Le revenu minimum n’a toujours pas passé la barre du seuil de pauvreté européen. Pour un couple avec enfants, il plafonne à 30 % sous ce seuil. Or, de récents changements fragilisent plus encore ce revenu de la dernière chance : réduction de l’enveloppe bien-être, nouveau calcul pour les cohabitants, privatisation de services publics locaux… enlèvent aux ayants droits la possibilité de prendre une part active dans la société, et privent les CPAS d’outils indispensables.
2. Les droits existent, mais les précarisés n’y ont pas accès.
Les dernières recherches montrent que 43 à 46 % des ayants droit ne réclament pas le revenu d’intégration sociale. Ce phénomène de non recours n’est pas un problème individuel mais s’explique par la combinaison de règles complexes, d’obstacles administratifs, de barrières psychologiques et d’un contexte social difficile.
3. L’accès à l’aide du CPAS est de plus en plus strict.
Imaginez que vous devez frapper à la porte d’un CPAS : une perte de revenus, une facture imprévue ou une expulsion imminente vous obligent à ravaler votre honte pour demander de l’aide. Contraint par des politiques fédérales et locales toujours plus restrictives, le CPAS se verra obligé de vous répondre par un « oui, mais seulement si ». Au moment où vous êtes le plus fragilisé, on vous demandera de signer un contrat, le PIIS, qu’il vous sera difficile de négocier et impossible de refuser. Et tant pis s’il est irréalisable à cause d’obligations contre-productives en cas d’assuétude ou d’exigences linguistiques irréalistes : c’est vous qui en payerez le prix puisqu’en guise de sanction, on vous coupera les vivres.
4. Des projets de loi relèguent au second plan les primo-arrivants, les réfugiés reconnus et les bénéficiaires de la protection subsidiaire.
Des modifications législatives en cours d’élaboration visent à introduire une distinction dans l’octroi de l’aide sociale en fonction de la nationalité et du statut de séjour. Ces réformes créeront une société de citoyens de première et de seconde zone, dans laquelle les nouveaux arrivants seront considérés comme une sous-catégorie de personnes : même titulaires d’un titre de séjour, ils ne pourraient plus prétendre à une vie conforme à la dignité humaine. Quant aux personnes sans-papiers qui veulent faire valoir leur seul droit reconnu par l’Etat belge, celui d’un accès (limité) aux soins de santé via le CPAS, ils se heurtent toujours aux failles d’une procédure inopérante.
5. Le CPAS au secours… de la sécurité sociale.
Nous contribuons tous solidairement à la sécurité sociale. En cas de coup dur, chacun peut notamment bénéficier de l’assurance chômage et de l’assurance maladie. C’est un droit. Mais les mesures d’austérité telles que la limitation du chômage dans le temps excluent de plus en plus de personnes de ce droit, les poussant vers le CPAS. Lors de sa création, en 1976, moins de 10 000 personnes percevaient un revenu d’intégration. Aujourd’hui, elles sont plus de 200 000. On ne mesure pas le bon fonctionnement d’une société à la qualité de son dernier filet de sécurité, mais à sa capacité à éviter que les gens aient à y recourir.
6. L’activation à tout prix, au détriment de la dignité humaine.
Ces mêmes mesures détournent le CPAS de sa mission première, garantir une vie digne (art. 1 de la loi organique), pour en faire un instrument de politique du marché du travail. En témoigne le nouveau système de bonus-malus récompensant financièrement les CPAS qui activent les personnes et pénalisant les autres. Et tant pis pour celles qui sont malades, n’ont pas le profil de l’emploi, doivent s’occuper d’un proche…
7. L’aide des CPAS varie d’une commune à l’autre.
Là où certaines communes adoptent une approche émancipatrice, d’autres renvoient les demandeurs d’aide vers un autre CPAS en s’appuyant sur des arguments illégaux. Les finances des CPAS expliquent souvent ces aléas : les communes avec les plus grands problèmes de pauvreté disposent généralement des moyens budgétaires les plus limités. En supprimant plusieurs dispositifs de soutien aux CPAS, le gouvernement fédéral a aggravé ces inégalités de traitement.
8. Des assistants sociaux sous pression.
Près d’un employé sur quatre parle d’une situation intenable dans les CPAS. La charge de travail et le manque de personnel conduisent souvent à des violations des droits des usagers et à l’impossibilité d’assurer la continuité de l’aide : attente trop longue avant un premier rendez-vous, demandes perdues, délais de réponse illégaux, refus non étayés par une enquête sociale, obligation de répéter sans cesse les mêmes informations à cause du turnover important…
9. De l’accompagnement au contrôle.
Sous prétexte de lutter contre une fraude non documentée, des mesures politiques et des propositions récentes transforment en profondeur le travail des assistants sociaux. Le renforcement des contrôles, la restriction du secret professionnel et la multiplication des obligations de signalement dénaturent le travail social. Avec en bout de course, une grave détérioration de la relation de confiance avec l’ayant droit, condition pourtant indispensable pour un parcours d’intégration efficace.
10. Plus de désespoir donc plus de violence aux guichets
Près de la moitié des collaborateurs de CPAS indiquent être confrontés chaque mois à des agressions verbales ou physiques. Selon les personnes interrogées, cette violence s’explique par l’impuissance et le désespoir de personnes bloquées dans le système et ne trouvant pas de réponses à leur problème. Les troubles psychiques sont également régulièrement cités.
Pour une société forte et émancipatrice, il y a urgence à rétablir l’esprit de la loi organique de 1976 relative aux CPAS et à renforcer sa mise en œuvre.
La pauvreté, le fonctionnement de la protection sociale et celui des CPAS sont des sujets complexes. Pour une argumentation plus détaillée, lisez une version longue de notre texte sur le site de nos associations.
Signataires :
Cette carte blanche émane de la Coalition pour une politique CPAS humaine, dont les membres sont :
ACOD-LRB, ACOD-LRB Brussel, Comité de Vigilance en Travail Social, Conseil bruxellois de Coordination Sociopolitique CBCS, CGSP-ALR Bruxelles, Coordination et Initiatives pour les Réfugiés et les Étrangers – CIRÉ, De Link, Fédération des Services Sociaux, Federatie van Vlaamse OCMW-Maatschappelijk Werkers, Front Commun SDF, Ligue des droits humains, le Réseau belge de lutte contre la pauvreté BAPN, le Réseau wallon de lutte contre la pauvreté RWLP, SAAMO, SAM – Steunpunt Mens en Samenleving, Vluchtelingenwerk Vlaanderen, Transit asbl, Vlaamse ABVV
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10 juin 2026
Depuis plus de trois mois, Israël et les États-Unis s’attaquent à l’Iran en bombardant des cibles militaires et civiles sans discernement (comme l’école qui a fait des centaines de morts, majoritairement des enfants). Loin sont déjà les appels au soulèvement populaire contre le régime des ayatollahs du début de la guerre. Nul n’y croit plus, pour peu qu’on y ait cru, que ces bombardements vont libérer le peuple iranien. Cependant, il est de plus en plus clair que la volonté américaine est de redessiner le contrôle des ressources pétrolières au Moyen-Orient et dans le monde.
Mais ce n’est que la dernière de ces guerres : la Palestine, le Congo, l’Ukraine, le Soudan, le Venezuela, le Yémen, Cuba… Ce sont toujours les peuples qui, de leur sang, paient le malheur de vivre sur des terres qui contiennent des ressources naturelles.
Le gouvernement belge, comme pas mal d’autres gouvernements de l’UE et du monde, s’est aligné de façon générale sur les puissants et n’a pris aucune sanction sérieuse face aux génocides et aux abus contre les populations. (Génocide en Palestine, répression du mouvement Femme, Vie, Liberté, guerre au Congo…)
Cependant, le gouvernement a participé avec enthousiasme à l’augmentation du budget de l’armée, à la contribution de la Belgique à l’OTAN et à l’organisation de la foire aux massacres du BEDEX (salon d’armement), alors que, dans le même temps, il saccage les droits de la classe travailleuse belge pour « manque de budget » et provoque la pire régression sociale depuis 60 ans.
Ce n’est pas en suivant la politique folle et guerrière des classes dirigeantes que l’humanité sera plus sûre et que le progrès social avancera. Tout au contraire, pour construire la paix et la solidarité entre les peuples, nous demandons :
Construisons un mouvement populaire international contre la guerre, qui permette la rencontre et la solidarité entre les peuples ! Prenons la rue ce 14 juin 2026 à 15h Gare du Nord pour la justice sociale et la paix !
La CGSP ALR Bruxelles
]]>8 juin 2026
Les enseignant.e.s sont mobilisé.e.s depuis la constitution des gouvernements Arizona et Azur, l’accord de gouvernement de ce dernier annonçant déjà clairement la casse sociale à venir.
Depuis plus d’une année et demie, nous avons vécu un nombre important de mobilisations syndicales, avec des manifestations massives de l’ensemble du monde du travail contre le gouvernement Arizona et Azur, deux gouvernements qui méprisent ouvertement le monde du travail.
Depuis ce jeudi 4 juin, un point d’inflexion dans ce combat s’est produit avec l’entrée en scène de milliers d’élèves qui se sont mis en grève. En organisant des piquets et en se joignant aux mobilisations de leur profs, les étudiant.e.s ont pris en main le combat pour leur avenir.
Il n’y a d’ailleurs pas meilleure école pour apprendre à défendre ses droits que la lutte !
Mais ce 4 juin, nous avons largement constaté la politique répressive à l’encontre des jeunes en lutte. Les charges policières violentes sur des rassemblements de jeunes est profondément révoltant. Cette brutalité devant le parlement de la FWB le 4 juin a d’ailleurs déclenché une mobilisation massive le lendemain des étudiant.e.s qui ont tenu des piquets de grèves dans leurs écoles et ont ensuite débarqué en manifestation dans le centre-ville.
Quelques échauffourées mineures ont à nouveau servi de justification à tout sorte d’exactions policières contre des mineurs qui ont été matraqués, gazés, nassés et pour certains détenus judiciairement.
La loi de protection des mineurs a ainsi été abolie ces 4 et 5 juins à coups de matraques comme relayé par les centaines de témoignages sur place et sur les réseaux sociaux.
La CGSP-ALR soutient pleinement le combat de l’ensemble du monde enseignant, professeurs, élèves et parents, dans toutes leurs revendications légitimes. Nous défendons aussi leur droit à manifester librement.
La CGSP-ALR exige que toute la lumière soit faite sur les évènements de ces 4 et 5 juin. Nous demandons l’ouverture d’enquêtes indépendantes sur les abus policiers. Nous attendons aussi les résultats de ces enquêtes qui trop souvent, dans des cas similaires, tombent dans l’oubli.
La CGSP-ALR demande le retrait de l’ensemble des mesures du gouvernement pour ramener le calme dans le secteur et pouvoir lancer de véritables discussions avec toutes les parties concernées, élèves et parents inclus.
La CGSP-ALR appelle dès lors à l’élargissement de ce mouvement à l’ensemble de la société tout en apportant toute notre solidarité avec la lutte en cours.
La CGSP-ALR appelle à participer à toutes les mobilisations organisées dans les jours à venir pour montrer la solidarité de l’ensemble de la classe travailleuse belge aux légitimes revendications du monde de l’éducation
Pour une école publique, gratuite et universelle, tous et toutes dans la rue !
La CGSP ALR Bruxelles
]]>La CGSP ALR Bruxelles est signataire !
Etre antifasciste aujourd’hui n’est ni un slogan, ni une posture militante réservée à quelques-uns ou quelques unes: c’est une nécessité démocratique. Une carte blanche à l’initiative de La Coordination antifasciste de Belgique.
Etre antifasciste aujourd’hui n’est ni un slogan, ni une posture militante réservée à quelques-uns ou quelques unes: c’est une nécessité démocratique. Face au processus de fascisation que connaissent nos sociétés, alimenté par des politiques antisociales, sécuritaires et autoritaires, il devient urgent de rappeler que l’antifascisme concerne toutes et tous. Dans un contexte où les attaques austéritaires se multiplient, où la peur est instrumentalisée pour gouverner et où la contestation est criminalisée, affirmer l’antifascisme, c’est refuser la résignation et réaffirmer un horizon politique fondé sur l’égalité, la solidarité et la démocratie réelle.
Nous ne vivons pas (encore) dans un régime fasciste, mais les signes avant-coureurs s’accumulent. Il faut acter que nous rentrons désormais dans une période de fascisation. Le fascisme ne surgit jamais d’un coup, il s’installe lentement, par une succession de petites lois, de perquisitions, de renoncements et de complicités. Il avance à bas bruit, à mesure que la démocratie est affaiblie de l’intérieur. Pas de coup d’Etat, pas de rupture spectaculaire, juste un glissement constant vers un Etat où le pouvoir se concentre, où la peur remplace le débat, et où tout mécanisme un tant soit peu démocratique est vidé de sa substance. C’est à ce processus de fascisation que contribue la coalition Arizona.
En moins d’un an, ce gouvernement d’union des droites dirigé par les nationalistes flamands (un parti d’extrême droite siégeant à l’Union européenne aux côtés de partis d’inspiration fasciste tels Fratelli d’Italia) et les «libéraux» francophones, non seulement s’attèle à détricoter les conquêtes sociales, poursuivre le démantèlement des services publics et la répression des personnes migrantes, précarisant ainsi davantage des pans entiers de la population; mais aussi multiplie les dispositifs répressifs afin d’étouffer la contestation que leur politique provoque. Ce double mouvement –austéritaire et sécuritaire– n’est pas qu’idéologique: il est aussi stratégique. Dès lors que l’on casse les mécanismes de solidarité et que l’on nie à une partie de la population la possibilité de se loger, de se nourrir, de se soigner ou de donner un avenir à ses enfants, on ne peut s’attendre à la résignation. La colère et la résistance finissent toujours par s’exprimer et elles sont à la mesure de la violence sociale subie. Le gouvernement le sait parfaitement. C’est pourquoi, parallèlement à ses mesures antisociales, il construit ses outils de répression afin de pouvoir gouverner seul, sans contrepoids, en muselant celles et ceux qui s’opposent. Le tournant n’est pas seulement sécuritaire, il est autoritaire, au sens où le gouvernement s’impose comme la seule source de légitimité démocratique, les autres voix devant être écrasées. Car l’objectif de cette répression n’est pas la sécurité publique, mais la peur. La peur d’oser se mobiliser, la peur d’exiger une vie digne pour toutes et tous, la peur de résister.
Or, c’est sous couvert de «sécurité» que le gouvernement Arizona renforce la police, la surveillance et la criminalisation de la contestation. La répression violente de la manifestation du 14 octobre dernier, dans la continuité de celle des mobilisations pour la Palestine, en est une démonstration: garantir l’ordre devient le prétexte pour contrôler la population et restreindre les libertés. Ce 9 février, une autre étape dans la répression de la contestation a été franchie. Des militants et militantes antifascistes ont été perquisitionnés et arrêtés à Liège pour leur participation à une mobilisation contre la venue de Georges-Louis Bouchez et du centre d’étude du Mouvement Réformateur à l’Université de Liège le 18 septembre 2025. Le projet de loi permettant les visites domiciliaires, sans autorisation judiciaire, afin de rafler et déporter des personnes migrantes, est une autre déclinaison de cette accélération sécuritaire, qui témoigne également d’une escalade du racisme d’Etat.
Car les processus de fascisation se nourrissent toujours de la mise au ban de personnes jugées ennemies externes à la nation. Hier, le juif. Aujourd’hui, l’étranger, le musulman. Mais ils requièrent aussi la désignation de figures internes à abattre, car elles menacent la prospérité de la communauté nationale, à savoir l’assisté. C’est ainsi que les politiques d’austérité visent systématiquement les plus vulnérables: allocations de chômage limitées à deux ans, chasse aux malades, fin du plan grand froid, coupes dans la protection sociale au profit d’exonérations patronales massives. Et pendant que la population s’appauvrit, les budgets militaires explosent: 34 milliards d’euros pour atteindre et dépasser les 2% du PIB exigés par l’OTAN. L’économie se militarise, l’industrie de l’armement prospère, le déploiement de dispositifs de surveillance et d’armement se généralise. Et le discours nationaliste s’impose comme une évidence.
Enfin, les contre-pouvoirs, essentiels à une démocratie digne de ce nom, sont méthodiquement affaiblis, afin de permettre au gouvernement d’avancer sans entraves. Cela fait un petit temps que le gouvernement piétine les décisions de justice, mais avec l’avant-projet de loi Quintin qui permettrait, dans sa première version, à l’exécutif de dissoudre des associations jugées trop «extrêmes» ou «radicales», il prépare la possibilité de se passer totalement du juge pour s’attaquer à l’opposition, tout en permettant ensuite la poursuite pénale des individus participant aux activités des associations dissoutes. La réduction des financements aux associations (éducation permanente, organisations de jeunesse, socio-culturel) s’inscrit dans cette même logique: réduire les espaces d’autonomie et de critique. Les prochaines cibles, ce pourrait être les syndicats, dont la légitimité est déjà quotidiennement attaquée, ou encore les mutualités et les associations, en les accusant de «sortir de leur objet» ou de «dévoyer leurs missions» dès lors qu’elles contestent une mesure gouvernementale. Dans quel type de régime le gouvernement définit-il ce que les corps intermédiaires ont le droit de faire? Parallèlement, la concertation sociale devient une coquille vide, la presse subit des pressions et la rue est muselée. Mais le plus grand danger pour la démocratie, l’ennemi intérieur du moment –tant nécessaire au fascisme pour se mettre en place– ce serait, entre autres, les antifascistes.
Quand Georges-Louis Bouchez appelle à «dissoudre la structure Antifa», c’est la musique de l’extrême droite qu’il reprend. Rappelons-nous la proposition du Vlaams Belang en 2024, ou, plus récemment, le décret signé par Donald Trump visant à classer les antifas comme organisations terroristes. Faute de pouvoir «dissoudre les antifas», ce sont les moyens répressifs traditionnels qui sont utilisés de manière démesurée: des perquisitions, arrestations et comparutions immédiates de jeunes pour quelques pommes pourries lors d’une manifestation protestant contre la politique impulsée par les «libéraux».
C’est dans ce contexte répressif, et afin d’améliorer l’arsenal pour faire taire la contestation, que se profile l’attaque sur la liberté d’association que constitue l’avant-projet de loi Quintin, jugé contraire aux droits fondamentaux par l’Institut fédéral des droits humains, sévèrement critiqué par le Conseil d’Etat et dénoncé par la coalition Droit de protester dans sa carte blanche, et le collectif DefendDissent dans sa pétition. Aujourd’hui, ce sont Samidoun et Stop Arming Israel qui luttent contre le génocide en Palestine, ainsi que Code Rouge qui utilise la désobéissance civile pour la justice climatique, qui sont dans le viseur. Mais si l’exécutif juge ces associations extrémistes, alors qu’elles utilisent des modes de contestation acceptés en démocratie, n’importe quel collectif qui conteste la politique du gouvernement peut être attaqué. Et ce d’autant plus lorsque c’est l’exécutif lui-même qui devient extrême… Ces cas d’école servent donc de laboratoire pour tester des dispositifs de répression qui, demain, s’étendront à toute la société civile. La dissolution notamment du collectif antifasciste de La Jeune Garde par le gouvernement en France augure les possibilités d’une telle extension. Nous nous tenons aux côtés de ces associations visées par l’offensive autoritaire.
Ces glissements ne sont pas anodins: ils annoncent une criminalisation progressive de toute opposition politique. Si cette criminalisation des mouvements sociaux contestataires n’est pas nouvelle (les travailleurs et travailleuses de Delhaize, les syndicalistes du pont de Cheratte, la loi anti-squat, les militants et militantes écologistes, des associations musulmanes, etc.), elle connaît sous ce gouvernement une accélération autoritaire inquiétante. C’est ainsi que la répression dans les quartiers populaires ou les lois encadrant les matchs de football servent depuis longtemps à expérimenter des outils —contrôles systématiques, caméras, LBD et grenades lacrymo, fichage— qui vont être généralisés pour museler toute opposition. Cette logique d’initier la répression des marges vers le centre est celle de la fascisation.
Pourtant, tout n’est pas perdu. Face à ce processus en cours, il faut nous rappeler nos forces. Le mouvement social a déjà remporté des victoires récentes: l’abandon du projet de loi «anti-casseur » en 2023, qui visait à criminaliser les manifestants, en est une des preuves. Lorsqu’on se mobilise collectivement, lorsqu’on se rassemble alors que les acteurs de la fascisation veulent nous diviser, il est possible de faire reculer les dynamiques austéritaires et sécuritaires.
Mais faire reculer le gouvernement sur ses ambitions autoritaires n’est pas suffisant. Car la véritable sécurité n’est pas policière, elle est sociale. Elle réside dans le droit au logement, à la santé, à un revenu décent, à l’éducation, à la liberté de circulation et d’installation pour toutes et tous. L’insécurité naît des politiques antisociales qui jettent les gens dans la précarité et la clandestinité.
Etre antifasciste, ce n’est pas seulement s’opposer, c’est construire. Construire une société fondée sur l’égalité, la coopération, la solidarité, plutôt que sur la hiérarchie, l’exclusion et l’exploitation. Cela suppose de transformer notre modèle de société, afin que la satisfaction des besoins essentiels et le droit à une vie digne pour chacune et chacun deviennent notre boussole collective, plutôt que l’accumulation des richesses et du pouvoir par une minorité. Cela suppose aussi de questionner radicalement la démocratie représentative élective qui, loin d’être un rempart contre l’extrême droite (l’histoire nous enseigne qu’elle ne l’a jamais été), est en réalité un de ses marchepieds. Car la montée de l’extrême droite se nourrit de la défiance populaire légitime envers l’idée même de politique, dès lors qu’elle se résume à voter tous les cinq ans afin d’élire une classe dirigeante qui gouverne pour les puissants et qui nous réprime lorsqu’on émet une opposition. Le rempart contre le fascisme, c’est la vraie démocratie. Celle qui s’enracine dans les collectifs, les associations, les assemblées syndicales, les lieux d’entraide et d’organisation collective, les espaces de solidarité. Il est là, le cœur du projet antifasciste. Construisons une démocratie populaire, soyons toutes et tous antifascistes.
Une carte blanche à l’initiative de La Coordination antifasciste de Belgique. Associations, organisations et collectifs signataires: Agir pour la Paix, ANPI Bruxelles, Antifa Charleroi, ASBL La Cible, Association culturelle Joseph Jacquemotte, CNE – Centrale Nationale des Employés, CGSP ALR Bruxelles, Collectief 8 maars Bxl, Collectif 8 mars Namur, Collectif antifasciste Luxembourg, Collectif antifasciste Namurois, Collectif antifasciste Verviétois, Comité belges des Ami.es de la Commune de Paris, Commune colère Bruxelles, Coordination antifasciste de Belgique, CNAPD – Coordination nationale d’action pour la paix et la démocratie, CSC Bruxelles, CFO – Collectif des Femmes qui l’ouvrent, Équipes populaires, Fédération des maisons médicales, Fédération des services Sociaux, Formation Léon Lesoil, Front antifasciste de Bruxelles, Front antifasciste de Liège, Gauche anticapitaliste, Gang des vieux en colère, Gang des vieux en Colère Entre-Sambre-et-Meuse, Groupe antifasciste de Mouscron, Jeunes FGTB, La santé en lutte, le Front de mères Belgique, Liages association, Maison de santé du Triangle, Mons Antifa, MOC Bruxelles, MRAX, Nivelles Antifa, Rouge!, Soralia.
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Après deux années de mobilisations massives, il nous manque toujours une stratégie pour gagner !
26 mars 2026
La colère ne cesse de gronder face aux attaques sans précédent que le gouvernement fédéral Arizona mène contre l’ensemble du monde du travail.
Malgré un calendrier de mobilisation étalé dans le temps, une réalité s’impose : la mobilisation n’a pas faibli. Au contraire, elle s’enracine. En une année, les 3 manifestations nationales ont été des succès de masse et cela démontre une chose : la détermination à se battre reste actuellement toujours intacte. Le succès de la manifestation du 12 mars confirme cette dynamique et tout indique que le potentiel pour la suite du mouvement existe. Mais c’est là que le bât blesse. En effet, cette force ne peut rester sans perspective.
Nous sommes nombreux·euses à nous souvenir de la séquence de lutte de 2014, brutalement interrompue, laissant un sentiment d’abandon chez des dizaines de milliers de travailleur·euse·s mobilisé·e·s. Il serait mortel pour le mouvement syndical de reproduire cette erreur. Le risque est double : démoraliser notre base et ouvrir un boulevard aux attaques antisyndicales. Car il est important de rappeler que les mesures sur la table du gouvernement ne visent pas seulement à pousser nombre d’entre-nous dans la précarité — elles visent aussi à affaiblir, criminaliser et neutraliser nos organisations syndicales ainsi que tout le mouvement social.
Face à cela, nous pensons qu’il est urgent d’entamer un véritable débat interne dans nos organisations. Nous sommes aussi convaincus qu’il ne suffit plus d’additionner des journées d’action mais que la situation impose la construction d’un véritable plan d’action crescendo qui nous donne collectivement de la force et des perspectives.
Construisons démocratiquement un plan d’action qui vise clairement la victoire.
Ce plan doit s’inscrire dans la durée, monter en puissance et porter des revendications offensives, capables d’unifier largement le mouvement. Le succès du 12 mars doit marquer un tournant. Il doit obliger nos organisations à changer de rythme et d’ambition.
Nous devons franchir une étape.
C’est pourquoi avec cette motion, nous appelons les responsables syndicaux nationaux et régionaux à urgemment :
Mais au-delà des dates, c’est aussi la nature de nos actions qui doit évoluer. Nous pensons que nous devons assumer des actions qui ciblent directement les lieux de pouvoir. Nous ne pouvons plus nous contenter de manifestations qui se limitent à des parcours symboliques d’un point A à un point B. Quand le Parlement prépare des reculs sociaux, notre place est aux abords du Parlement, pas à la Gare du Nord.
Quand le gouvernement attaque, nous devons rendre ces attaques politiquement intenables. Cela suppose de sortir d’une logique routinière et de construire des mobilisations qui perturbent réellement le fonctionnement du pouvoir.
Nous invitons l’ensemble des centrales de nos organisations syndicales, mais plus largement tout le mouvement social, à débattre de ces propositions et à prendre leurs responsabilités dans la construction d’un plan d’action à la hauteur de la situation.
Nous attendons un retour clair de nos instances, afin de permettre à la base de s’organiser, de se préparer et de renforcer le rapport de force. D’ici là, nous invitons tous les secteurs, les associations, les collectifs de lutte,… à signer et partager cette motion.
Avec celles et ceux qui signeront cette motion, nous organiserons une rencontre des secteurs combatifs qui souhaitent discuter de ces propositions et de la construction d’une stratégie offensive face à l’Arizona.
L’austérité ne se négocie pas. Elle se combat. Et pour gagner, il nous faut une stratégie.
La CGSP ALR Bruxelles
Si vous êtes d’accord avec son contenu et souhaitez signer cette motion, complétez ce formulaire en cliquant sur ce lien !
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Depuis les élections de 2024, Bruxelles est toujours sans gouvernement. 541 jours de blocage institutionnel, de palabres inutiles et de calculs politiciens sur fond de tensions linguistiques et d’intérêts individuels, pendant que la capitale de la Belgique et de l’Europe s’enfonce dans une crise financière, sociale et politique sans précédent.
Les conséquences sont dramatiques. Les projets sociaux sont suspendus, les aides retardées, les emplois précarisés. Les travailleurs des services publics continuent de répondre aux besoins des citoyens, mais à quel prix ? Ils doivent faire face seuls aux mesures antisociales du gouvernement fédéral, impactant durement Bruxelles, sans soutien régional. Les associations et structures d’accueil sont au bord de la rupture, alors que la demande explose. Bruxelles mérite mieux que le discours de certains qui prône la fin des services publics, de la solidarité, de la multiculture de l’accès à la culture. Un discours de division. Bruxelles sera toujours une région accueillante et qui met les services publics à disposition de tous les citoyens sans discrimination !
La situation économique s’aggrave également. Belfius met fin à sa ligne de crédit de 500 millions d’euros, menaçant le paiement des salaires, des allocations et des services essentiels. Ce1e décision illustre la perte de crédibilité financière de Bruxelles, conséquence directe de l’absence de gouvernement, pour continuer à répondre aux besoins des bruxellois et bruxelloises, les services publics et non-marchands doivent être soutenus à hauteur de l’enjeu actuel, par des choix politiques clairs et une contribution accrue des épaules les plus larges.
Nous exigeons des partis politiques qu’ils assument leurs responsabilités et forment enfin un gouvernement progressiste, qui refuse la division et la discrimination, qui défend le service public, patrimoine de ceux qui en ont pas, et qui combat les mesures antisociales imposées par le gouvernement fédéral.
541 jours, c’est assez ! Bruxelles ne peut plus être otage des jeux politiques. Les travailleurs et les citoyens ne doivent pas payer le prix de l’inaction. Ils veulent un gouvernement qui construit, pas qui détruit !
ACTION DEVANT LE PARLEMENT BRUXELLOIS LE 05 DECEMBRE 2025 !
Rue du Lombard, 69
1000 Brussels
A partir de 09h30 !!!
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Malgré les attaques frontales du MR sur la sécurité sociale, les pauvres, les fonctionnaires, les femmes, les migrants et les personnes issues de l’immigration,
Malgré la provocation constante et obscène de leur président de parti qui attise la haine et les divisions au sein de la société en détruisant la cohésion sociale,
Malgré la mise en place de politiques d’austérité et d’ajustements structurels qui entrainent de nombreuses coupes budgétaires dans les domaines de la santé, du social, de la culture, de l’enseignement et du vivre ensemble,
Nous CGSP ALR considérons que la conférence du MR organisé dans un quartier populaire où de nombreuses personnes vont subir de plein fouet ces politiques réactionnaires est une pure provocation dans laquelle nous refusons de rentrer.
Le prétexte de la violence ou du non respect du débat démocratique utilisé par le MR ne sert qu’à décrédibiliser le mouvement social et syndical qui appelle depuis de nombreux mois à la chute du gouvernement Arizona.
Nous appelons donc massivement à manifester ce dimanche 23 novembre à 14h avec le mouvement MIRABAL contre les violences faites aux femmes, principales victimes des mesures antisociales du gouvernement.
Nous appelons également à un blocage le plus massif possible lors des trois journées de grève des 24-25-26 novembre en soutenant les piquets locaux.
Nous ne rentrerons pas dans le piège tendu par ce parti et continuerons à défendre nos alternatives jusqu’à ce qu’elles soient prises en compte (réduction collective du temps de travail sans perte de salaire et avec embauches compensatoires, revaloriser l’emploi en supprimant les contrats précaires et en améliorant les conditions de travail, créer de l’emploi public pour répondre aux besoins de tous les citoyens…).
Pour ce faire, nous n’hésiterons pas à intensifier la lutte pour faire tomber ce gouvernement.
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