« À dater de ce jour, il est demandé à l’ensemble des Membres du Cabinet du Président de la République (…) de s’abstenir, jusqu’à nouvel ordre, de tout contact direct ou indirect avec l’Ambassade du Royaume de Belgique en RDC, ainsi qu’avec son personnel diplomatique et administratif », indique une note circulaire signée par le directeur de cabinet du président, Anthony Kinzo.
En cas de nécessité dûment justifiée, « toute démarche ou communication devra être autorisée et exclusivement emprunter le canal officiel du Ministère des Affaires étrangères », précise le document, qui menace les contrevenants de « sanctions administratives et disciplinaires appropriées ».
Bruxelles dit prendre acte de cette décision et espère qu’elle sera temporaire.
« Nous avons appris avec surprise l’interdiction émise par les hautes autorités congolaises », réagit le ministre des Affaires étrangères Maxime Prévot vendredi. « Aucune situation ne justifie l’interdiction des contacts avec l’ambassade de Belgique. Nous sommes contraints d’en prendre acte et la déplorons profondément. Nous ne pouvons qu’espérer que cela soit extrêmement temporaire.
Le ministre ajoute que « d’autres canaux diplomatiques restent pleinement actifs ». « Nous allons continuer à les utiliser, notamment pour souligner l’attachement de la Belgique à l’excellence de nos relations bilatérales avec la RDC et à un dialogue constructif et transparent sur tous les sujets. »
Cette décision intervient après des perquisitions effectuées mercredi à Bruxelles et dans plusieurs communes des provinces du Brabant flamand et du Brabant wallon, dans le cadre d’une enquête portant notamment sur des soupçons de blanchiment d’argent.
Le parquet fédéral belge a confirmé ces opérations, sans préciser l’identité des personnes visées. L’enquête fait suite à une plainte déposée en juillet 2025, qui évoque également des faits présumés de corruption, de détournement et d’infractions financières.
Selon des organisations de la société civile congolaise à l’origine des accusations, plusieurs membres de la famille de Félix Tshisekedi seraient impliqués dans des opérations présumées d’appropriation illégale de ressources minières dans l’ancienne province du Katanga. Ces accusations n’ont pas été établies judiciairement.
Jeudi, au lendemain des perquisitions, la ministre congolaise des Affaires étrangères, Thérèse Kayikwamba Wagner, avait reçu à Kinshasa l’ambassadrice de Belgique, Roxane de Bilderling. Les échanges avaient officiellement porté sur « l’état des relations bilatérales ».
La Belgique et la RDC entretiennent des liens historiques, politiques et économiques étroits, mais leurs relations ont régulièrement été perturbées par des tensions sous le régime de l’ancien président Joseph Kabila.
L’opinion n’a plus eu échos de tensions depuis l’arrivée au pouvoir de Félix Tshisekedi, lui-même résidant belge ainsi que sa famille.
(Bakolokongo avec Agence Anadolu)
]]>Le président congolais Félix Tshisekedi pourrait être tenté de paraphraser le président français Jacques Chirac : “Les emmerdes, c’est comme la patrouille de France, ça vole toujours en escadrille”.
Un peu plus de 24 heures après l’annonce, par son prédécesseur Joseph Kabila, de la création du Front pour la Refondation de la Nation (FRN) à Goma et l’annonce d’un raidissement militaire sur le front de l’est du Congo, le président congolais est confronté en Belgique à une salve de perquisitions menées par des dizaines d’enquêteurs dans le Brabant wallon (Waterloo) et dans le Brabant flamand (Leuven), une information confirmée ce mercredi après-midi à La Libre Belgique.
Selon le communiqué, ces perquisitions sont menées “dans le cadre d’une instruction judiciaire ouverte sur réquisition du parquet fédéral du chef de blanchiment suite à la réception de plaintes déposées par des organisations non gouvernementales en juillet 2025”. Cette plainte a été déposée par l’avocat bruxellois Bernard Maingain. Neuf membres de la famille du président congolais (son épouse, ses frères, un cousin et deux de ses enfants), tous de nationalité belge, sont cités dans cette plainte. La plupart de leurs domiciles ont été visités mardi soir et pendant une bonne partie de la journée de mercredi.
Selon diverses sources, plusieurs cartons ont été emportés et des voitures saisies.
La justice belge s’intéresse notamment aux comptes bancaires belges des membres de cette famille présidentielle qui, jusqu’à la campagne électorale de décembre 2018 et la “victoire” de Félix Tshisekedi (en réalité installé au pouvoir par Joseph Kabila), vivaient chichement en Belgique. Les enquêteurs ont notamment envoyé un courrier aux différentes institutions belges pour leur demander le détail des opérations bancaires sur ces comptes entre janvier 2018 et janvier 2025.
Contacté, l’avocat Bernard Maingain se contente de souligner “le travail exemplaire de la justice belge et du parquet fédéral”.
La plainte déposée en Belgique par différentes structures de la société civile katangaise porte sur des accusations de corruption et de détournement des richesses de sites miniers par la famille présidentielle essentiellement dans les provinces du Lualaba (Kolwezi) et du Haut-Katanga (Lubumbashi), comme l’avait expliqué en juillet 2025 Jean-Pierre Muteba, activiste et syndicaliste katangais.
Monsieur Muteba a été entendu à plusieurs reprises par les enquêteurs. De nombreux autres Congolais ont aussi pris le risque de venir témoigner à Bruxelles, souvent au terme de voyages rocambolesques marqués par de multiples étapes pour tenter de dissimuler leur point de chute final. “Si le pouvoir congolais sait que nous sommes venus témoigner en Belgique, nous ne pourrons pas rentrer chez nous”, expliquait un de ces témoins à La Libre. Jean-Pierre Muteba, lui, a accepté de vivre en exil pour mener son combat.
Tous ces témoins ont dénoncé “les dizaines de millions de dollars détournés par la famille présidentielle aidée par des entrepreneurs, souvent chinois ou libanais. Le système est simple. Ils expulsent les opérateurs des sites miniers et installent leurs hommes, encadrés par la garde républicaine, l’armée personnelle du président. Ils continuent d’exploiter le site, mais ils mettent tout le bénéfice dans leur poche. Le fisc belge, qui semble avoir besoin d’argent, devrait être attentif à ce qui se passe chez nous.”
(Bakolokongo avec La LibreAfrique)
]]>Un nouveau mouvement politico-militaire, le Front pour la refondation de la nation, a vu le jour ce lundi 12 octobre à Goma, chef-lieu du Nord-Kivu, sous contrôle de la rébellion depuis janvier 2025. Selon des sources proches du mouvement, il est présidé par l’ancien chef de l’État Joseph Kabila, lui-même secondé par deux vice-présidents, Corneille Nangaa et Bertrand Bisimwa, jusqu’ici respectivement coordonnateur de l’Alliance Fleuve Congo (AFC) et président du M23.

La création de cette nouvelle structure s’accompagne de la dissolution officielle de l’AFC/M23, d’après les mêmes sources. Le secrétariat général serait confié à Freddy Kaniki, coordinateur adjoint de l’AFC/M23, secondé par Benjamin Bonimpa, secrétaire permanent du M23. Sultani Makenga, chef militaire du M23, occupera le poste de chef d’état-major général du mouvement, avec rang de vice-président.
Le Front pour la refondation de la nation se donne pour objectif de « mutualiser les forces et les efforts » pour mettre fin à la présidence de Félix Tshisekedi, qu’il qualifie de « tyrannie ». Il dit vouloir recourir à « tous les moyens », y compris la force, en invoquant l’article 64 de la Constitution. Cet article dispose que tout Congolais a le devoir de faire échec à tout individu ou groupe qui prend le pouvoir par la force ou l’exerce en violation de la Constitution.
Cette annonce marque l’engagement officiel de Joseph Kabila à la tête d’un mouvement armé, un peu plus d’un an après sa condamnation à mort par contumace par la Haute Cour militaire, notamment pour trahison et complicité avec l’AFC/M23.
Le 9 octobre, Joseph Kabila avait déjà pris la parole, en des termes qui laissaient présager la teneur de l’annonce de ce jour. Jugeant que ses « propositions, ses mises en garde et ses conseils ont été superbement ignorés par ceux qui gouvernent », il avait conclu : « N’étant pas de ceux qui se dérobent à leur devoir, je partagerai donc avec notre peuple dans les heures, les jours ou les semaines à venir, ma conviction sur ce que nous devons entreprendre ensemble, pour répondre à la gravité et à l’urgence de la situation, et ainsi sauver la RDC. »
Condamné à mort par la justice militaire en septembre 2025, Joseph Kabila est accusé par les autorités congolaises d’être le parrain de la rébellion AFC/M23. En mai 2025, il était revenu dans son pays, après plusieurs mois passés à l’étranger, en se rendant à Goma alors sous le contrôle de l’AFC/M23. Il y a depuis effectué de nombreux séjours.
Dans son dernier rapport paru en juin 2026, le groupe d’experts des Nations unies sur la RDC avait documenté l’ampleur des liens qui unissent, de fait, l’ancien président au mouvement rebelle. Les experts prévenaient alors qu’un « remaniement en profondeur de la direction et de la structure du mouvement était imminent » et que « Joseph Kabila devrait y occuper des fonctions de premier plan ».
(Bakolokongo avec JeuneAfrique)
]]>Dans un communiqué conjoint signé par Martin Fayulu (ECiDé), Jean-Marc Kabund (A.Ch), Moïse Katumbi (Ensemble), Augustin Matata Ponyo (LGD) et Delly Sesanga (Envol), la coalition estime que ces prétendus « états généraux » ne constituent qu’un « détournement » du dialogue national inclusif promis. « Le peuple congolais n’est pas dupe », martèle le texte, en relevant que ces consultations ne répondent ni à l’urgence de la guerre, ni à l’insécurité, ni aux crises sanitaires, ni à la détresse sociale des populations.
La C64 affirme que derrière cette initiative se profile un objectif unique : ouvrir la voie à un troisième mandat de Félix Tshisekedi, au-delà de l’échéance fixée dans 754 jours. La coalition dénonce également un risque de « balkanisation » du pays, accusant le chef de l’État d’être prêt à sacrifier l’intégrité territoriale pour se maintenir au pouvoir.
« Pendant que le pays est confronté à la guerre et que les Congolais subissent chaque jour l’insécurité et la dégradation de leurs conditions de vie, M. Tshisekedi est cyniquement préoccupé par un seul projet : comment se maintenir au pouvoir au-delà des limites constitutionnelles », peut-on lire dans le communiqué.
Les signataires dénoncent par ailleurs une exploitation de la crise sécuritaire dans l’Est du pays, utilisée selon eux comme « fonds de commerce » pour justifier la prolongation du régime. Incapable de résoudre les urgences du présent, le pouvoir préparerait les conditions de son maintien en jouant sur la détresse des populations orientales, affirme la coalition.
La C64 réaffirme son opposition ferme à tout changement de la Loi fondamentale. « Le Congo n’appartient pas à M. Félix Tshisekedi. La République ne sera pas sacrifiée pour un troisième mandat après 2028 », conclut le communiqué.
En conséquence, la coalition lance un appel au peuple congolais pour une marche nationale prévue le 15 septembre 2026 contre le changement de la Constitution. Ce rendez-vous citoyen entend faire entendre une voix unie contre ce que l’opposition qualifie de péril pour la stabilité et l’avenir de la République démocratique du Congo.
(Bakolokongo avec Le Potentiel)
]]>Félix Tshisekedi a détaillé dans une adresse à la nation diffusée ce jeudi 27 août à la télévision nationale les modalités du dialogue national qu’il entendait ouvrir, en excluant toutefois la participation de l’AFC/M23 « en tant que composante politique ».
« Le processus de Doha demeure le cadre approprié pour traiter avec » l’AFC/M23, « et le dialogue national ne se substituera pas à ce processus », a déclaré le chef de l’État lors de cette allocution, au cours de laquelle il a de nouveau exigé le retrait des « forces étrangères » du territoire congolais.
Une « voie de réintégration au sein de la communauté nationale restera néanmoins ouverte à ceux qui, à titre individuel, renoncerons de manière sincère et vérifiable à leur engagement armé et à toute forme de violence et qui condamnerons sans équivoque l’agression dont notre pays est victime », a-t-il ajouté.
Le dialogue, d’une « durée maximale de trois mois » sera convoqué par le président à l’issue des travaux d’un comité de préparation qui sera institué « dans les tous prochains jours », a-t-il précisé. Les discussions doivent, selon Félix Tshisekedi, permettre à l’ensemble des Congolais, à l’exception de « ceux qui combattent par les armes l’ordre constitutionnel », d’examiner « avec lucidité » les « fractures » du pays.
La feuille de route présentée par le président congolais prévoit que des consultations seront d’abord organisées dans toutes les provinces du pays, puis leurs recommandations seront réunies dans un document qui servira de base à des « assises nationales » prévues à Kinshasa, la capitale. Ces assises aboutiront à l’adoption d’un « pacte national », dont les institutions seront chargée d’appliquer les conclusions, a-t-il indiqué.
Le dialogue « devra servir exclusivement la paix, l’unité nationale et l’intérêt supérieur de la République », a souligné le président de la RDC, invitant les responsables politiques à « renoncer à tout discours de haine » et annonçant des mesures de « décrispation politique ». « Face aux armes, aux divisions et aux blessures de l’histoire, nous avons toujours su chercher par la parole le chemin du compromis », a plaidé Félix Tshisekedi.
L’AFC/M23, qui n’a jamais officiellement reconnu ses liens avec Kigali, n’a pas réagi à ces annonces à ce stade. Les rebelles et leurs alliés rwandais se sont emparés début 2025 des grandes villes de Goma et Bukavu, capitales des provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu. Le chef de l’État n’a pas précisé si leurs habitants pourraient participer à ce dialogue et dans quelles circonstances.
Mercredi, les autorités congolaises ont ordonné la suspension des activités des universités publiques situées dans les zones sous contrôle de l’AFC/M23, qui y a établi une administration parallèle, après avoir dénoncé des nominations « illégales » au sein de ces établissements.
L’opposition politique congolaise, de son côté, fait front commun ces derniers mois contre un projet de changement de la Constitution porté par la majorité au pouvoir, qu’elle accuse d’ouvrir la porte à un troisième mandat pour Félix Tshisekedi, élu en 2019 puis réélu en 2023.
(Avec AFP)
]]>Après deux mobilisations populaires réussies, le mouvement a dû reporter à plusieurs reprises une grande marche populaire qui inquiétait particulièrement le pouvoir congolais mais aussi ses principaux voisins qui ont compris que les autorités de Kinshasa pouvaient être dépassées par une grogne qui s’intensifie jour après jour.
Le président burundais, dernier allié régional de Tshisekedi et président en exercice de l’Union africaine est parvenu à annihiler la première marche en invitant les principaux leaders de la C64 à Bujumbura à la veille de la première date fixée pour la marche. Denis Sassou Nguesso, le président du Congo Brazzaville, et les responsables des Églises congolaises ont désamorcé une autre marche en mettant en avant la volonté affichée par Félix Tshisekedi d’organiser un dialogue inclusif.
La prochaine date annoncée par la C64 pour sa marche est le 15 septembre. « La population a accepté les premiers reports. Elle reste mobilisée, mais Tshisekedi compte sur son talent de négociateur et, surtout, sur l’appétit ou la faim de certains opposants pour obtenir un nouveau report qui pourrait décourager la population et semer la discorde au sein de la C64 ou de certains partis », explique un diplomate bien introduit dans les milieux politiques africains.
Au centre des enjeux définis par le pouvoir congolais : Moïse Katumbi et son parti Ensemble pour la République qui traverse des moments de fortes tensions. Moïse Katumbi est l’ennemi juré des Félix Tshisekedi qui n’ignore rien des réseaux de l’ancien gouverneur du grand Katanga qui lui ont permis d’entrer dans les salons de Washington alors qu’il n’était qu’un fils de, un exilé en Belgique.
Malgré ce parrainage qui l’a fait naître politiquement sur la scène internationale, Félix Tshisekedi répète à l’envi qu’il a été trahi par Katumbi lors des négociations de Genève en novembre 2016. A l’époque, l’opposition politique congolaise unifiée contre Joseph Kabila avait désigné Martin Fayulu comme candidat unique de l’opposition. Félix Tshisekedi avait donné son aval à cette désignation avant de reprendre sa signature 24 heures plus tard et de fonder, dans la foulée, le mouvement Cach avec Vital Kamerhe. Depuis lors, Félix Tshisekedi reproche à Moïse Katumbi d’avoir joué la carte de la démocratie et de ne pas l’avoir imposé comme candidat unique lors de ces négociations genevoises.
Félix Tshisekedi n’a pas oublié non plus que Moïse Katumbi a refusé le poste de Premier ministre qu’il lui proposait au lancement de la plateforme politique de l’Union sacrée pour la nation (USN) mise sur pied pour défendre sa politique.
Le président de la RDC sait aujourd’hui que Moïse Katumbi, qui a fait de la lutte pour le respect de la Constitution son cheval de bataille, ne rejoindra pas le dialogue national qu’il veut organiser à sa main. «Moïse Katumbi n’ira pas au dialogue si Félix Tshisekedi ne dit pas clairement et publiquement qu’il renonce à changer la Constitution, qu’il ne briguera pas un troisième mandat et qu’il organisera en 2028 les élections qui désigneront son successeur. Un postulat qui d’ailleurs aussi celui des autres partis de la C64 », explique un diplomate européen longtemps en poste en Afrique, «persuadé que les Évêques catholiques de la Cenco et les protestants de l’ECC rejoindront cette position.»
« Moïse Katumbi a pris des coups sous Joseph Kabila pour défendre le respect de la Constitution, ce n’est pas pour céder face à Tshisekedi », explique un homme politique africain.
Contacté, Moïse Katumbi « préfère se taire pour l’instant » mais promet « une prochaine interview à La Libre Belgique ». Le rendez-vous est pris.
« Moïse Katumbi est déterminé », explique un cadre de la société civile katangaise. « Il sait comment le peuple congolais souffre. Il ne va pas céder aux sirènes de Tshisekedi. Si certains au sein d’Ensemble pour la République ont ouvert des canaux de négociations avec Tshisekedi, ils agissent pour leur propre compte, dans le dos de Moïse Katumbi », poursuit-il avant d’ajouter : « le dialogue que veut Tshisekedi se fera sans Katumbi et sans Kabila et donc sans le Katanga. »
(La LibreAfrique)
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